FIG. 1$. DESSIN DE RAPHAËL
(Exposition des dessins de maîtres anciens, à l'Ecole nationale des Beaux-Arts, en 1879 )- D'après une photographie de Eraun.
tion de Michel-Ange. En homme judicieux, il considéra que la peinture ne consiste pas seulement à la représentation du nu, qu^elle offre un plus vaste <:hamp \ »
Nous ne saurions mieux faire, à cet égard, que de reproduire ici le passage suivant de M. Eug. Mûntz^ : « Si Raphaël, que nous avons vu jusqu^ici uniquement préoccupé de rendre fidèlement la nature ou d^exprimer des sentiments poétiques, a tout à coup cédé au désir de montrer sa connaissance du corps humain, de résoudre les problèmes d'anatomie les plus compliqués, il est certain qu''il Va fait entraîné par une influence étrangère, et non par suite d^une conviction intime. Cette influence, il n'est pas permis d'en douter, c'est celle de Michel-Ange. Le jeune Urbinaie ne pouvait détacher ses pensées de ce merveilleux carton de la Guen^e de Pise^ où le peintre-sculpteur florentin avait accumulé toutes les difficultés imaginables, comme pour en triompher avec plus d'éclat. Il voulut, lui aussi, s'essayer dans ces tours de force, qui, hélas! l'emportèrent bientôt, aux yeux des artistes et du public, sur le culte de la nature, sur la poésie, sur la beauté. La statue du David^ semble aussi l'avoir préoccupé : on montre au British Muséum un dessin à la plume attribué avec beaucoup de vraisemblance à Raphaël et représentant, avec une recherche évidente de la musculature, le colosse de la place de la Seigneurie.