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PRÉFACE. IX

bien entendu, cet accueil n'ait eu nullement un caractère qui nous soit personnel, nous tenons à dire combien il nous a été précieux. En tout cas, notre devoir était d'en témoigner ici, de nouveau, nos sentiments de reconnaissance.

Il nous semble qu'il ne sera peut-être pas inutile de considérer maintenant le présent livre à un autre point de vue, d'indiquer — dans une vue d'ensemble — les lignes générales du plan que nous nous sommes tracé et que nous avons suivi, de l'ordre que nous avons adopté.

Par suite des recherches que nous avons dû faire pour mettre notre projet à exécution, nous avons constaté qu'il serait possible de diviser cet historique en quatre parties, correspondant chacune à une phase nettement distincte de l'évolution et du développement des études anatomiques appliquées aux beaux-arts. Ce sont ces phases, ces époques, que nous allons spécifier.

Tout d'abord, à l'époque antique, absence complète d'études anatomiques faites au moyen du procédé d'investigation que l'on emploiera plus tard, c'est-à-dire au moyen de la dissection *, les anciens n'ont eu, pour les guider dans la création de leurs œuvres artistiques, que la simple observation, dans des conditions spéciales, du corps humain vivant et à l'état d'action*, c'est la première phase.

La seconde correspond à l'époque où, les mœurs étant toute différentes, l'observation directe n'étant plus possible, l'étude de la nature vivante fut appuyée sur celle de la construction humaine analysée sur des corps disséqués. Alors prirent naissance les études anatomiques.

Nous verrons, dominant cette seconde phase de toute l'ampleur de son génie, un artiste, Léonard de Vinci, s'adonner avec ardeur aux recherches de ce genre et les poursuivre avec une telle supériorité que, on peut le dire, peu de travaux d'anatomie sont aussi dignes de notre admiration. A ce moment, de plus, les artistes collaborent avec les anatomistes; de cet accord nous verrons naître de remarquables ouvrages didactiques, celui de Vésale, par exemple, dont l'influence fut telle que le reflet s'en retrouve, par les copies nombreuses qu'on a faites de ses planches, jusqu'au début du siècle dans lequel nous vivons. Mais ces ouvrages étaient destinés aux médecins et, à part les études personnelles faites par certains artistes, aucun traité d'anatomie plastique ne vit le jour à ce moment.

Il en fut de même à la troisième époque, avec cette différence cependant que, si jusqu'alors les ouvrages d'anatomie étaient spécialement rédigés dans un but médical, on en voit apparaître qui.

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