‹ Histoire de l'anatomie plastiqueChapitre 32 sur 78 · CORP. H V M A N' I · texte numérisé non relu

CORP. H V M A N' I

FIG. 21. l'LANCHF. d'OSTÉOLOGIE.

(Charles Estienne. De disscciione partium corports htimaMt!)*^''''" '■'

Nous ne trouvons cependant aucun indice de cette collaboration dans l'ouvrage de Charles Estienne; les seuls renseignements que nous y rencontrons se trouvent dans le titre et dans une sorte d'Avertissement que donne « Charles Estienne, docteur en médecine, à ses estudians en anatomie ». Nous copions l'un et une partie de l'autre dans l'édition en français datée de 1 546, qui, dans l'exemplaire appartenant à la Bibliothèque de la Faculté de médecine que nous consultons, se trouve annexée à l'édition latine de 1545 : le titre porte « avec les figures et déclarations des incisions, composées par Estienne de la Rivière Chirurgien »; dans l'Avertissement se trouve cette phrase : « ... Pourquoy plus commodément accomplir et parfaire, nous sommes aydez d'ung De la Rivière Chirurgien : le labeur et travail duquel principalement aux pourtraictz des choses que pensions estre plus nécessaires, comme des os, ligamentz, nerfz, venes et artères. » Mais il ne dit pas un mot de Rosso. Quoi qu'il en soit, ce qui est indiscutable, c'est que si certaines planches sont intéressantes comme composition et comme facture, d'autres laissent totalement à désirer : celles que l'on attribue à Rosso doivent être les premières (fig. 19 et 20), et ne peuvent être que celles-ci; quant aux secondes qui sont essentiellement anatomiques (fig. 21 et 22), elles doivent être du chirurgien artiste dont Estienne

declarationibus, a Stephano Riverio Chirurgo compositis, Parisiis, i545. — Charles Estienne (1504-1564), médecin, était le troisième fils de Henri Estienne et le frère de François et Robert Estienne, célèbres dans l'histoire de l'imprimerie dont Charles a été également l'un des maîtres.

DE DISSECT. PARTIVM

(Charles Estienne. De lîïssectione partiutn corporis humant.)

annonce la collaboration, et dont les initiales (S. R., c'est-à-dire Stephano Riverio) sont inscrites, dans Tune d^elles, sur une petite tablette suspendue à une branche d^arbre, ainsi qu'on peut le vérifier sur la planche d'ostéologie que nous reproduisons.

Mais, probablement, la représentation des parties anatomiques seule est due à ce dernier; encore n'en a-t-il peut-être donné qu'un croquis. Il reste donc les parties artistiques qui accompagnent les détails purement scientifiques. Il serait téméraire de les attribuer d'une façon ferme à Rosso, car, ainsi que nous le disons plus haut, rien ne le démontre et Charles Estienne n'en fait aucune mention.

Cette question a du reste été abordée par plusieurs auteurs qui, sans faire allusion à Rosso, ont recherché la genèse des planches dont il est question ici.

Or certaines marques que portent quelques-unes de ces planches sont un indice qu'elles ont été exécutées, très probablement, d'après des esquisses fournies par Estienne de la Rivière, dessinées et gravées par plusieurs artistes, et, en particulier, par Geotfroy Tory et Jollat.

En effet on y voit figurer le nom de Jollat, son monogramme et celui de Tory. Mais la question, malgré tout, reste complexe; car la croix de Lorraine, marque de Geoffroy Tory, qu'il a employée pour signer ses œuvres personnelles, était encore celle de l'atelier de gravure dont il fut le chef, dont Jollat dut évidemment faire partie, mais dans lequel se trouvaient, comme dans tous les ateliers de ce genre, des artistes subalternes ayant plus ou moins de talent et d'habi-

leté, peut-être même des apprentis, dont la collaboration a pu être utilisée pour la confection de quelques-

unes des planches du traité de Charles Estienne. Quoi qu'il en soit, si nous considérons certaines de

ço L'ANATOMIE PLASTIQUE.

ces illustrations (voir fig. 19 et 20), nous serons frappés de la tendance que l'artiste, peut-être sous l'inspiration de Pauteur, avait à donner à la composition de ses dessins une suprématie envahissante sur le côté scientifique. Ne se contentant pas de représenter surtout ce que le lecteur devait le mieux voir, il composait de véritables tableaux dans lesquels la partie essentielle, c'est-à-dire la partie décrite dans le texte, était presque complètement sacrifiée.

Ces réserves étant faites, il faut ajouter que, dans leur ensemble, ces planches ont un certain aspect décoratif, et que c'est surtout, mais seulement, ce caractère particulier qui rend intéressantes les figures du livre de Charles Estienne attribuées à maître Roux.

Avant de quitter Pitalie, dit Vasari, Rosso avait composé un traité d'anatomie qu'il se proposait de publier en France. Ce traité n'a jamais vu le jour, mais Vasari déclare posséder quelques-uns de ces dessins anatomiques, tracés de la main du Rosso. L'un d'eux a été conservé par la gravure, grâce à Domenico del Barbiere, élève du Rosso. Cette planche, gravée sur cuivre, très rare, a été reproduite par Choulant, d'après l'exemplaire qui existe au Cabinet des gravures à Dresde (Choulant, p. 16 et 17)^ Nous la reproduisons (fig. 23) d'après l'exemplaire qui se trouve au Cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale, dans le recueil Jf i ayant appartenu à l'abbé de Marolles. Elle représente deux squelettes et deux écor-

I. Cette gravure est décrite, et signalée comme ayant été exécutée d'après le maître Roux, par A. Bartsch, dans le Peintre graveur, Vienne, i8i8, t. XVI, p. 359.

chés, vus alternativement par la face antérieure et par la face postérieure. Ce dessin a été attribué à tort, par plusieurs auteurs, à Michel-Ange. La planche gravée en question est signée dans le coin gauche : Domenico Fiorentino (c'est-à-dire Domenico del Barbiere).

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