‹ Histoire de l'anatomie plastiqueChapitre 46 sur 78 · IS · texte numérisé non relu

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(C. Errard et B. Gengi. Anatomia pcr uso et intelligeuza del disegno.)

€t ses élèves examinant un cadavre, et, dans la partie

droite, d'autres élèves dessinant un squelette d'après lequel un professeur fait une démonstration. Comme il ne présente aucun caractère intéressant au point de vue de la facture, nous ne le reproduisons pas.

En résumé, nous ne trouvons pas dans cet ouvrage le résultat de la préoccupation, chez Fauteur, de faire un véritable traité d'anatomie plastique, et nous ne pensons pas que les artistes qui Font consulté aient jamais réussi à y trouver les renseignements que, d'après le titre, ils étaient en droit d'espérer.

En 1691, à Rome, Charles Errard (Nantes 1606 — 1689 Rome), peintre, nommé membre de l'Académie de peinture et de sculpture en 1648, fit exécuter par Fanatomiste Bernardino Genga (i655 — 1734), un traité d'anatomie plastique, comprenant neuf planches d'ostéologie, quatorze de myologie, et seize planches reproduisant des statues antiques, telles que le Laocoon. le Gladiateur^ le Faune et VHercule Farnèse. Ce traité porte le titre suivant : Anatomia per uso et intelligett^a del disegno ricercata non solo su gVossi. e muscoli del corpo humano ; ma dimostrata ancora su le statue antiche piii insigni di Roma delineata in piii tavole con tutte le figure in varie faccie. e vedute. Per istudio délia régi a academia di Francia pittura e scultura. sotto la dire^^ione di Carlo Errard gia direttore di essa in Roma. Preparata siii cadaveri dal dottor Bernardino Genga regio anatomico. Con le spiega^oni et indice del signor Canonico Gio. Maria Lancisi gia medico segreto délia S''^ Mem'' di papa Innocentio XI. Opéra utilissima à Pittori^ e Scultori^ et ad'ogni altro studioso délie nobili Arti del Disegno. Roma, 1691.

FIG. $6. — PLANCHE DE MYOI.OGIE.

(C, Errard et B. Gen^a. Anatomia per uso et Intdligenza del dlsegno.)

î6o L'ANATOMIE PLASTIQUE.

Il débute par une planche symbolique d'une composition et d'une exécution véritablement remarquables; nous la reproduisons (fig. 55).

Les planches, gravées en taille-douce, sont d'une grande souplesse d'exécution, quelquefois même d'une souplesse qui enlève, en particulier aux figures d'écorchés, un peu de fermeté, et détruit cette exagération de modelé des formes extérieures qui est due à l'absence de la peau. Les écorchés représentés dans ces planches semblent revêtus d'un voile léger et transparent au travers duquel on apercevrait les muscles (fig. 56) ; pour certaines figures même, ce n'est qu'après les avoir regardées avec attention qu'on acquiert la certitude qu'elles sont bien des figures de myologie; l'Hercule Farnèse, entre autres (fig. Sj)^ donne l'impression d'une statue sur laquelle les intervalles qui séparent les muscles auraient été seulement un peu plus accusés qu'ils ne le sont dans l'original antique. Cependant, malgré cette grande discrétion de modelé, on aperçoit tous les muscles et on peut étudier leur forme, l'emplacement qu'ils occupent, le trajet qu'ils suivent et leurs terminaisons. Mais c'est tout; on ne peut y apprendre leur constitution.

Or on sait qu'un muscle est composé d'une partie charnue, rouge, et de tendons blanchâtres ; que de ces deux éléments, qui ne diffèrent pas uniquement par leur aspect, l'un seul se contracte et change de forme, tandis que l'autre ne se contracte pas. On sait aussi que, pour représenter ces deux parties, il est nécessaire de les différencier, en donnant aux fibres charnues une tonalité d'une valeur plus foncée que celle du ton

(C. Errard et B. Genga. Anatomia per iiso et inlelli^aua del lUseotio.)

l'aNATOMIE rLASTIQ.L'E.

au moyen duquel on indique les tendons. Dans les planches de Pouvrage qui nous occupe, chacun des muscles est de la même teinte claire dans toute son étendue, la direction des libres est à peine indiquée; de sorte que rien dans leur aspect, dont nous venons de rappeler Pimportance, ne révèle les détails relatifs à leur constitution. Cette lacune est regrettable, car, si elle .n^existait pas, nous pourrions dire, sans restriction, que les planches du traité d'Errard et de Genga ont une très grande valeur au point de vue de l'enseignement de Tanatomie plastique.

Vers la même époque, c'est-à-dire à la fin du xvii« siècle, un élève de Berrettini, Carlo Cesio (Rome 1626 — 1686), peintre et graveur, qui avait fondé une académie de peinture, composait un traité d'anatomie plastique, qui ne fut publié qu'après sa mort, sous le titre : Anatomia dei Pittori. CognÎT^ione dei muscoli del corpo iimano per il disegno. Roma, 1697. — Une édition allemande en a été publiée par Daniel Preisslern, sous le titre : Uanatomia dei pittori dçl Signoi^e Carlo Cesio; Nûrnberg, 1759. L'exemplaire que possède la Bibliothèque de l'école des Beaux-Arts ne porte pas l'indication de la date d'édition, en tout cas cetle éâîtion italienne : Cogni^ione de Muscoli del Corpo Umano. Per iiso di disegno^ Opéra di Carlo Cesio. Roma^ doit être de la fin du xviii^ siècle, car sur le titre est représenté FÉcorché de Houdon.

Malgré qu'il nous soit pénible d'avoir à signaler la faiblesse d'un ouvrage ; malgré la pensée des efforts que l'on peut supposer que l'auteur a faits pour méditer et exécuter cet ouvrage; le souvenir du talent qu'il

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FIG. 58. — PLANCHE d'oSTÉOLOGIE.

(Carlo Cesio, Cognhione de muscoli del corpo umano.)

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a déployé dans certaines de ses œuvres; malgré ces considérations auxquelles nous voudrions pouvoir donner la préférence; nous sommes obligés, c'est un devoir qu'il faut remplir, de dépeindre les faits avec sincérité.

Les regrets que nous venons d'exprimer, nous les ressentons aussi vivement qu'il est possible, à la contemplation des planches de l'ouvrage que nous venons de signaler. Mais hâtons-nous d'ajouter que (nous avons eu déjà l'occasion de le dire, p. 154) ce sont surtout les dessins de squelettes qui présentent la plus grande infériorité, et que, à la rigueur, les figures de myologie, quoique médiocres, .même très médiocres, n'auraient pas excité d'une façon aussi vive notre mécontentement. Reproduisant l'un de ces squelettes (fig. 58), peutêtre n'aurons-nous pas besoin de parler bien longuement de ces planches d'une exécution si enfantine. Nous

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