‹ Histoire de l'anatomie plastiqueChapitre 61 sur 78 · Çh. Clément, op. cit., p. i3i · texte numérisé non relu

Çh. Clément, op. cit., p. i3i

d'évoquer le souvenir de Géricault,et d^en profiter pour démontrer de nouveau que Pimagination n'est pas entravée, au contraire, par les études anatomiques ; ensuite, parce qu'elles contiennent une erreur involontaire d'attribution au sujet de certains des dessins anatomiques auxquels il y est fait allusion.

Donnés par M. de Varenne à l'École des Beaux- Arts, en i883, ces dessins furent longtemps considérés comme étant des études complètement originales exécutées parle maître d'après des pièces disséquées. Cette interprétation, admise par le donateur et par les auteurs qui s'en occupèrent, en particulier par Gh. Cléme'nt (voir plus haut, page 210, ce qu'en a dit cet auteur); nous engagea à les reproduire dans la pul^lication déjà signalée, c'est-à-dire dans VAnatomie des maîtres. ' '

C'est à propos de cette dernière que l'opinion généralement admise fut discutée par M. L. Tréal, profôs^ seur d'anatomie artistique à l'Ecole régionale des beaux-arts de Rennes dans les circonstances suivantes.

Ayant trouvé par hasard, chez un bouquiniste, vingt-quatre planches dépareillées faisant partie d'un recueil d'anatomie artistique dont le titre manquait, et ne portant d'autre nom que celui du graveur Demarteau, M. Tréal reconnut dans ces planches les dessins de Géricault que nous avions reproduits, à l'exception pourtant de certains d'entre eux\

Étant indécis sur le nom de l'auteur de ces planches, ou, pour mieux dire, de l'auteur du traité auquel elles

I. Ceux qu'il reconnut sont reproduits dans les planches V, VI, XI, XII, XV, XXIV, XXV, XXVI de VAnatomie des maîtres.

XVIIF SIECLE. 2ij

avaiient appartenu, M. Tréal nous fit part de sa décou-

(Charles Monnet. Études d'anatçmîc à l'usage des peintres,)

verte et de ses doutes, en nous soumettant les planches,

aii L'ANATOMIE PLASTIQUE.

qu'il avait acquises^ Nous fîmes des recherches, et c'est seulement au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale que nous trouvâmes deux exemplaires d'un recueil contenant les planches en question, exemplaires identiques tous deux, mais différents par le titre et en ce que l'un est imprimé en noir et l'autre en couleur sanguine ; c'était le traité de Charles Monnet {Paris 1732 — travaillait encore en 1793) ,. peintre, élève de J. Restout.

L'un des exemplaires que nous venons de signaler a pour titre : Etudes d'anatomie àTusage des peintres^ par Charles Monnet peintre du roi, gravé par Demafteau graveur du roi, rue de la Pelterie, à la Cloche. Il ne porte pas, ainsi que l'autre exemplaire du reste, l'indication de la date de publication; mais il a dû être édité entre 1769 et 1776. Nous choisissons ces limites, parce que Gilles Demarteau, qui a gravé ces planches, ayant été nommé membre de l'Académie royale en 1769, n'a pu prendre qu'à cette époque le titre de graveur du roi, et que 1776 est la date de sa mort.

Cet atlas contient quarante-deux planches imprimées en rouge sanguine. Le frontispice (fig. 78) représente un squelette se dégageant de son linceul et semblant obéir à l'appel d'un génie ailé tenant un flambeau. Vient ensuite un « Avertissement » dans lequel l'auteur parle de l'utilité de l'étude de l'anatomie, et dit à ce propos: « C'est le seul moyen de rendre raison des

I. Voir dana ia Chronique des arts et de la curiositéf supplément à la Ga:^ette des Beaux-Arts, numéro du 11 févier iSgS, p. 44, l'article de M. L. Tréal sur « Les dessins anatomiques de Géricault à la Bibliothèque de l'Ecole des beaux-arts ».

contours et de les faire justes, de savoir articuler les

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(Charles Monnet. Etudes d'anaijinie à l'usage des peintres.)

muscles dans leurs actions et de les rendre doux et coulans dans leur repos. Ceux qui n^en ont qu^une

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légère idée, veulent en faire parade, ils caractérisent les muscles en toute rencontre, ce qui fait appercevoir plutôt leur ignorance. »

Puis se succèdent des figures d^ostéologie et de myologie; celles qui ont rapport à cette dernière sont accompagnées pour la plupart d^un dessin de la région squelettique que les muscles représentés recouvrent. Nous reproduisons deux des planches de Monnet (fig. 79 et 80)".

L'autre exemplaire est imprimé en noir, il a pour titre : Anatomie ou la connaissance du Corps humain détaillée dans chaque partie pour la facilité des personnes qui prof essent le Dessin, Composée de quarantedeux planches d'après les dessins originaux de Charles Monnet Peintre de la ci-devant Académie^ et la description générale des muscles faite par Tanude chirurgien, Anatomiste de Montpellier. Se vend à Paris che:{ Jean, rue Saint- Jean-de-Beauvais. «" 32.

Cet exemplair" :)n daté, fait certainement partie d'une sp'^ édition du livre de Monnet. Les mots

du ** vv ci-devant Académie » Pindiquent déjà ; les planches, par leur facture, le déînontrent aussi. En effet, on constate facilement que ce ne sont plus les mêmes planches, mais qu'elles ont été copiées d'après celles que grava Demarteau ; elles leur sont très inférieures comme exécution. Cette édition ne contient pas d'Avertissement; malgré l'indication du titre, l'explication des planches est moins détaillée. C'est en un mot une sorte de contrefaçon de beaucoup inférieure à l'édition originale.

Le traité de Monnet est devenu si rare que, jus-

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