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CHAPITRE III

Après Galien, dont nous venons d'indiquer les études anatomiques non sur Phomme, mais sur les animaux et particulièrement les singes, Tanatomie n'avait plus été cultivée, et les médecins célèbres des iv^ et vii^ siècles n'offrent plus dans leurs œuvres que des reproductions et des interprétations des descriptions anatomiques de Galien. Plus tard, les médecins arabes (Avicenne, Albucasis, Averrhoès), qui fondèfent des écoles si célèbres (Averrhoès professait à Cordoue au milieu du xii® siècle), ne firent faire aucun progrès

I^'anatomie plastique. 2

i8 L'ANATOMIE PLASTIQUE.

à ranatomie : le Coran leur défendant le contact des cadavres comme une impureté criminelle, ils ne firent ni dissections ni autopsies, et se bornèrent à copier servilement Galien, qu'ils regardaient comme un oracle. '(Laboulbène, les Médecins arabes. Revue scien^ tifique^ nov. i883.)

C'est seulement au xiii^ siècle, en Italie, que fut inaugurée l'ère des dissections : en i23o, Frédéric II, empereur d'Allemagne et roi des Deux-Siciles, rendit une ordonnance célèbre, en vertu de laquelle il était défendu d'exercer la médecine sans avoir étudié l'anatomie, au moins pendant un an, sur des corps humains (Nisi per annum saltem anatomen Jmmanorum corporum; — Codex legum antiqiiior. Lindemb. Francfort, i6i3, in-fol., p. 807) \

Malgré les deux excommunications papales lancées contre l'auteur de cet édit, les dissections furent dès lors régulièrement poursuivies en Italie, et un siècle plus tard, en i3j6, Mundini de Luzi- (i25o — i326) put rédiger le premier traité d'anatomie humaine contenant des descriptions faites sur le cadavre. Cet ouvrage, qui, à l'état de manuscrit recopié par les élèves, était d'abord répandu spécialement à l'Université de Padoue, fut imprimé plus tard un grand nombre de fois, et sa première édition fut faite à Venise en i^-yS {Anatomia Mundini a capite usque ad pedes).

En France, les premiers cadavres disséqués le

1. Cité par A. Chéreau (Art. Anatomie [histoire], du Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, p. 219).

2. Soa vrai nom est Mondino dei Luzzi (dont on a fait Mondini et Mundinus); il professait à Bologne.

furent à Montpellier, dès i3j6, Louis d'Anjou ayant accordé, aux chirurgiens de cette école, la permission de prendre chaque année im cadavre parmi ceux des criminels exécutés; puis à Paris, en 1478. Ce n^est qu^en i568 que PEcole de Paris s'occupa de faire construire un Théâtre anatomique^ c'est-à-dire une salle de dissection ou les recherches furent, dès 1576, régulièrement poursuivies sous la direction de ce qu^on nommait alors un archidiacre^ et qu^on nomme aujourd'hui prosecteur . Le premier archidiacre de ce genre fut le célèbre Riolan. L'amphithéâtre où se pratiquaient ces dissections était une véritable baraque, sans toiture, ouverte à toutes les intempéries des saisons; en 16 17 il fut remplacé par une installation relativement confortable.

Dès lors, les artistes rivalisèrent avec les médecins dans Tardeur avec laquelle ils se livrèrent aux études de dissection, et on peut dire que tous les peintres et sculpteurs du xv^ siècle manièrent le scalpel et suivirent des démonstrations faites sur le cadavre, car, outre les notes biographiques très explicites, tous ont laissé parmi leurs dessins des études qui ne permettent aucun doute à cet égard. Alors apparut Tanatomie plastique.

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