‹ Histoire de l'anatomie plastiqueChapitre 8 sur 78 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Nous serons obligés d^être brefs à propos des maîtres dont nous allons nous occuper dans ce chapitre, rhistoire étant, à leur sujet, peu riche en renseignements.

Nous n^avons, en effet, sur Antonio Pollajuolo (Florence 1429 — 149^ Rome), sculpteur, orfèvre, peintre, que la courte mention suivante de Vasari : « Il entendait les nus mieux que tous les peintres qui l'avaient précédé. Il avait étudié Tanatomie en écorchant des cadavres, et il fut le premier à étudier le jeu des muscles dans les figures \ )>

Comme preuve des préoccupations anatomiques de Pollajuolo nous reproduisons un de ses dessins(fig. i). L'intérêt qu^il présente n'est pas dû seulement à ce qu'il se rattache au sujet que nous traitons ici, mais en ce qu'il a des rapports avec des dessins que Raphaël

I. Giorgio Vasari, Vies des peintres, sculpteurs et architectes, traduites par Léopold Leclanciié, Paris, 1841, t. III, p. 235.

exécuta dans sa jeunesse. « Ces dessins », dit Mûntz\ à propos de ces derniers, « aujourdUiui conservés à

ex,

Uh-

rt

l'Académie des Beaux-Arts de Venise, font partie du Livre d'études commencé par Raphaël avant son entrée

I. Eug. Mûntz, Raphaël ; sa vie, son œuvre et son temps,. Paris, i88i, p, i23.

aiî L'ANATOMIE PLASTIQUE.

dans Patelier du Pérugin et continué jusque vers i5o6. Une cinquantaine de feuillets de ce précieux volume existent encore, mais ils ont été découpés, séparés les uns des autres, de sorte quMl ne reste plus de trace du classement primitif, et qu'il est impossible d'en fixer avec certitude la chronologie. Tel qu'il est, le recueil de Venise témoigne de la variété des goûts de Raphaël, de sa curiosité toujours en éveil, de la fidélité de ses interprétations. »

Or, parmi ces feuillets, se trouvent deux études anatomiques. Ces deux études sont peut-être de Raphaël; mais, ainsi que le dit Gourajod^ qui, le premier, a attiré l'attention sur leur attribution, « les deux dessins de Venise sont des copies d'un dessin de PoUajuolo ou d'une œuvre qui aurait eu le même point de départ ». C'est ce dessin que nous reproduisons ici.

Au sujet de Andréa DEL Verrocchio (Florence 1435 — 1488 Venise)^ peintre, sculpteur, orfèvre, architecte, qui fut le premier maître de Léonard de Vinci, l'histoire ne nous dit pas d'une manière expresse qu'il ait étudié l'anatomie sur le cadavre humain; mais nous en avons une preuve plus ou moins directe, d'une part dans les dessins anatomiques qui lui sont attribués, d'autre part dans la nature même des œuvres qu'il eut à entreprendre, et dont certaines exigèrent la connaissance exacte des muscles superficiels de l'écorché. Voici, en effet, ce que dit Vasari'' : « Cosme de Médicis

1. Louis Courajod, Observations sur deux dessins attribués à Raphaël et conservés à l'Académie des Beaux-Arts de Venise. Extrait du journal l'Art, Paris, 1880.

Page 1