I. Saint-Foix, Essais historiques sur Paris, Londres, lySg
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par Padjonction des mots « exclusivement destinée )> et (( entièrement appliquée », l'inconvénient qui aurait pu résulter d'une rédaction analogue à celle qu'avait choisie Gerdy, inconvénient que nous avons signalé, page 309, à propos de ce dernier. Péquégnot, du reste, a connu cet ouvrage, car il en choisit une phrase pour la citer en épigraphe, et, dans le texte même, il parle de son auteur.
Le traité qu'il a publié est élémentaire. On y retrouve par instants les qualités qui distinguaient Péquégnot; mais, il faut bien le reconnaître, on y retrouve aussi les défauts qui résultent de cette tendance à croire que les descriptions précises sont opposées au tempérament artistique. Il nous semble entendre notre auteur répondre à une remarque de ce genre : qu'une précision rigoureuse n'est pas indispensable et que, pour lui, même sans cette qualité, les démonstrations sont faciles à comprendre. Malheureusement, il n'en est pas ainsi.
Les vingt-quatre planches qui accompagnent ce petit ouvrage sont empreintes d'un caractère général analogue à celui que présente le texte. Les formes, un peu lourdes, semblent avoir été plutôt devinées que dessinées d'après nature et, ainsi que nous l'avons déjà constaté pour d'autres planches, celles qui concernent la myologie sont supérieures à celles qui ont rapport à l'ostéologie. Nous n'insisterons pas davantage sur leur valeur, ne voulant les considérer, ainsi que le texte, que comme le résultat d'une tentative honorable se rattachant aux autres œuvres du même genre, surtout par les bonnes intentions de l'auteur
qui, désirant sincèrement être utile, fit de laborieux efforts pour mettre son projet à exécution.
Antoine-Louis-Julien Fau (Londres i8ii^ — 1880 Paris) médecin français, élève de Gerdy auquel il dédia son ouvrage, publia en 1845 une : Anatomie des formes extérieures du corps humain, à l'usage des peintres et des sculpteurs, avec un atlas de vingt-quatre planches (fig. 116 et 117) dessinées diaprés nature et lithographiées par M. Léveillé, élève de M. Jacob. Il a été traduit en anglais par R. Knox, sous le titre : The anatomy of the externats forms of man. intented for the use of artists. painters and sculptors. London, 1848. Cet ouvrage eut une seconde et nouvelle édition en i85o sous le titre de : Anatomie artistique <?7emewf<i[fre, accompagnée de dix-sept planches copiées d'après celles de Pédition précédente, mais gravées sur acier. Le format plus modeste de cette seconde édition, et peut-être son prix moins élevé, lui firent obtenir une des plus grandes vogues qu'il soit possible d'espérer. Chaque étudiant possédait ce livre et il nous souvient que, il y a encore quelques années, il se trouvait, sous cette forme, entre les mains de tous les artistes qui, identifiant, comme cela arrive parfois, le nom de l'auteur et celui du volume, le désignaient familièrement sous le nom « le Fau » ou, à cause de son format, sous celui de « le petit Fau ».
I. Ce n'est qu'aux archives de l'état civil du IX® arrondissement de Paris que nous avons pu être renseignés sur le lieu et la date de naissance de Fau. Mais comme ces indications nous ont été fournies par l'acte de décès, et que. en ce cas, ils n'ont pas une authenticité certaine, nous ne les don'nons que sous toutes réserves.
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Les qualités que cette édition réduite présentait au
FIG. I l6.
PLANCHE DES FORMES EXTERIEURES ET D ' O S f É O L O G I E.
(J. Fau. Analoinie des formes extérieures du corps humain.)
point de vue des planches furent certainement la cause du nouveau succès qu'elle obtint lorsque, il y a quelques
3î8 L'ANATOMIE PLASTIQUE.
années, Péditeur, pensant très justement que le texte était insuffisant, chargea Pun de nous de refaire ce texte en lui donnant plus d'étendue \ Pour cette raison, et à cause de l'époque récente à laquelle il parut sous cette nouvelle forme, nous ne considérerons le traité deFau que dans ses deux éditions primitives, et surtout dans la plus ancienne, c'est-à-dire celle qui parut en 1845.
Fau, dans sa préface, après avoir parlé des ouvrages d'anatomie plastique et des écorchés modelés qui servent aux études, ajoute à propos de ces derniers « que, tout en conservant à ces modèles la grâce, les belles proportions, en un mot l'harmonie artistique, il eût été possible de les exécuter avec plus de précision anatomique, sans, pour cela, nuire à la beauté de l'ensemble ». Ces réflexions lui suggérèrent Tidée de faire modeler un nouvel écorché, et il en confia l'exécution à Jacques-Eugène Caudron (Paris i8i8-i865), sculpteur, élève de David d'Angers. Son espoir ne fut pas déçu relativement à la valeur de l'œuvre qu'il chargea cet artiste d'entreprendre et, nous tenons à le déclarer, l'écorché dit « de Caudron » est certainement l'un des plus exacts et des plus démonstratifs que nous connaissions (fig. 118).
Ensuite Fau aborde son sujet. Nous trouvons dans son texte des pages excellentes au point de vue didactique; mais nous y rencontrons aussi, malheureusement, bien des choses superflues; par exemple, à propos de ces dernières, déjà dans le premier chapitre où l'auteur, voulant faire naître des sensations artistiques
I. Anatomie artistique du corps humain, planches par le D^ Fau, texte avec figures, par Edouard Guyer, Paris, 3'= édition, 1896.
chez le lecteur, dépeint, avec lyrisme, l'espèce humaine d'une façon quelquefois un peu déplacée. Malgré les excellentes intentions de Tauteur qui, après avoir parlé de rhomme sauvage et de Phomme civilisé, nous