‹ Histoire de l'ancien et du nouveau VitryChapitre 11 sur 41 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

CHARLBS-LE-CHAUVE EST DÉPOSE A PONTHION , PUIS IL T BST RÉTABLI DANS UN CONÇUE (AN 858).

Charlemagne , successeur de Pépin , rassembla plusieurs fois ses troupes à Ponthion et à Vitry , qui était une des principales forteresses de la Champagne * pour les diriger contre les Barbares du Nord , qu'il dompta après trente-trois ans d'efforts , moins encore par la force de ses armes , que par la vertu de l'Evangile ± qu'il leur fit annoncer.

Louis-le-Débonnaire , son fijs et son successeur* 9 reçut en 813, dans le palais de Ponthion, les hommages des Esclavons , des Saxons et des autres tributaires de la France. Il y rendit" aux Saxons le droit sacré d'hériter de leurs pères , dont Charlemagne les avait privés , et par-là il réussit à se les concilier , et, en quelque sorte , à s'en faire adorer.

C'est surtout pendant le règne orageux de Charlesle-Chauve que le palais de Ponthion devint le théâtre de grands événemens , et auxquels Vitry prit nécessairement part.

Les Normands s'étaient rendus maîtres de la place (TOysseî , près de Rouen. Charles court à la tête de ses troupes pour la reprendre. Pendant qu'il était occupé à ce siège , les grands du royaume , dont il avait soulevé le mécontentement, pressent Louis de Germanie , son frère , de venir s'emparer de ses états.

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Louis assemble une puissante «innée, e»lre en France, et arrive sans éprouver de résistance , dans les premiers jours de novembre, en 858 , au palais de Ponthion. De là , il mande aux é vèques^ de France de se trouver à Reims , le 25 novembre , pour y traiter du rétablissement de l'Eglise et de l'Etat. Mais les évêques des provinces de Reims et de Rouen, qui demeuraient fidèles au roi Charles , se réunirent à Quierzy , et écrivirent à Louis une lettre remarquable , pour le détourner de son usurpation. Ce furent Vénilou , archevêque de Rouen , et Erchanraus , évoque de Chà-

' Ions , qui la portèrent à Louis , qui avait établi sa résidence au palais de Ponthion. Mais cette lettre, qu'on a nommée lettre d'or , et l'excommunication lancée contre les conjurés , ne produisirent d'abord aucun effet. Les évoques de France , les grands du royaume, tous les comtes et tous les seigneurs qui avaient pris le parti de Louis , se rendirent au palais de Ponthion, où ils déposèrent Charles-le-Chauvc , sous le prétexte de la faiblesse de son gouvernement , proclamèrent Louis de Germanie roi de France , et lui firent hommage. Les princes du sang , Lothaire même , roi de Lorraine , qui était avec Charles au siège d'Oyssel , abandonnèrent ce prince , et approuvèrent sa déposition. Charles, à cette nouvelle imprévue, quitte le biége cTOyssel , remonte la Seine , ensuite la Marne , arrive à Chàlons , et s'avance jusqu'à Bricune enr Champagne , à la tète de ses troupes , pour combattre l'usurpateur. Les deux années furent trois jours en présence. Mais bientôt Charles s'aperçoit que la désertion

v se met dans ses rangs ; craignant avec raison d'être livré à son compétiteur, il s'enfuit presque seul, et se

saure avec précipitation en Bourgogne. Aussitôt soir armée, qu'on -avait travaillée sourdement , reconnaît Louis. Ce prince alla se faire sacrer roi de France à Sens , par Vénilon , puis passa par Vitry et retourna à Ponthion, où il établit son quartier-général. Croyant sa puissance affermie , il renvoya les troupes de Germanie qu'il avait amenées avec lui , dont les désordres, disait-on , pouvaient lui attirer l'aversion des peuples. Mais Charles , informé de tout ce qui se passe , réunit une nouvelle armée , plus fidèle que celle qui l'avait lâchement abandonnent marche à grandes journées vers Ponthion pour surprendre Louis qui , épouvanté à son tour , quitte promptement cette résidence royale etfft.*etire en Germanie. Par une révolution inattendue^, Charlcs-le-Chauve. recouvre ses états avec autant de promptitude qu'il les avait perdus. De là il se îjend à Rome , où il fut couronné empereur d'Occident par le pape Jean vm. jMr/lj ,

Pour affermir son autorité, il convoqua un concile dans k palais de Ponthion , au mois de juin 826. Il s > trouva deux légats du pape et cinquante évêques de France , à la téte desquels étaient neuf archevêques, Bosoa i er , comte de Vilry, y parut avec éclat., Il s'y tint huit sessions. On fit l'ouverture du çouci|e par la lecture des lettres pontificales qui donnaient àAnségise, archevêque de Sens, un des grands prélats de son temps , le titre de primat des Gaules et de Germaoie r c'est-à-dire de, vicaire apostolique pour l'empire franr tais en deçà des, r nionts. Mais tous lés évéques du concile 9 dominés par l'ascendant d'Hincraar , arche- ( véque de Reims, refusèrent de le ratifier. Malgré cette résistance , l'empereur Charles fit placer Anségise sur

un siège près de lai , au-dessus de tous les autres

évêques. Dans la troisième session , tenue le troisième jour de juillet , l'empereur donna audience aux ambassadeurs de Louis de Germanie, son frère, qui réclamait sa part du royaume de France. On leur répondit en leur lisant les lettres du pape *Jean vin , qui blâmait sévèrement l'invasion de Louis , la faiblesse des évèques qui rayaient accueilli et la félonie des comtes qui s'étaient rangés sous ses étendards. Dans les autres sessions on fit différens canons pour détruire les abus et les désordres. Dans la huitième et dernière session , qui eut lieu le 16 juillet, l'empereur entra vêtu à la grecque et une couronne sur la tète ; il était conduit par les légats vêtus à la romaine ; les évêques étaient en habit ecclésiastique. Après les prières d'usage , Charles se fit prêter un nouveau serment par ses vassaux. On confirma son élection à l'empire comme on avait fait au concile de Pavie. L'acte en est conçu en ces termes :

« Gomme le seigneur Jean, pape universel , a d'a-

> bord élu à Rome et sacré notre auguste et glorieux » empereur Charles, et que tous les évêques, abbés, » comtes et autres personnes du royaume ti'Italic una-

> nimement l'ont aussi élu pour leur protecteur et dé-

> fenscur; ainsi, nous, qui sommes assemblés de ' » France , de Bourgogne , d'Aquitaine, de Septimanie,

» de Neustrie et de Provence , dans le lieu nommé » Ponthion, par ordre du même seigneur et empereur, » nous l'élisons pareillement, et confirmons son élec-

> tion avec la même unanimité. »

Ensuite commencèrent les acclamations de louanges ' pour le pape, pour l'empereur, pour l'impératrice

Richildc cl pour les autres , suivant la "coutume. L'évêque Léon de Gabii prononça l'oraison de clôture, et ainsi finit lè ( concile.

La plupart des pères passèrent par Vitry et visitèrent ses antiquités , surtout Erchanraus , trente-troisième évêque de Chàlôns.

chApetre XI.

fondation de la chapelle sainte » gbnevibve dbtitbt

(an 865).

La population de Vitry s'étant beaucoup augmentée, fat forcée de construire des maisons hors de l'enceinte des murs. À l'ouest , elle poussa ses habitations jusque sur un monticule qui est à un quart de lieue de la Ville ; on appela ce nouveau quartier, qui était assez considérable , la ville haute. Erchanraus , évêque de Chàlons , pour lui procurer plus facilement les secours religieux , y établit une chapelle sous l'invocation de sainte Geneviève ; il y mît , pour la desservir , un prêtre nommé Herbert , lui fit construire un logement auquel était joint un jardin , et lui assigna pour sa subsistance la dime de tout le territoire de fa vallée. Tels furent les commencemens d'un prieuré claustral de l'ordre de saint Benoit, qui paraît avoir été assez important, comme l'attestent ses ruines et un puits d'une profondeur enrayante , qui était au milieu de la cour du monastère. Cette chapelle Sainte-Geneviève ne resta pas toujours indépendante ; elle fût soumise en 1097 au monastère de Sainl-Pierre-du-Mont , à Châ^ Ions. Philippe, quarante-sixième évêque de cette ville,

lui donna l'autel de Sainte-Geneviève sans lepersonnal. Guillaume de Ghampeaux ^ quarante-huitième évêque de Chàlons, confirma au monastère de Saint-Pierre-du— Mont tous les biens et tous les droits qui appartenaient à l'église Sainte-Geneviève , Tau tel, le champ qui y est contigu , et un pré sur les bords de la Saulx. Geoffroy , cinquante-et-unième évêque de Chàlons, do consentement de son chapitre , accprda en 1 1 58 , à ce même monastère de Saint -Pierre -du -Mont, le personnât de toute la paroisse de Vitry. Le pape Anaslase iv , par une bulle de l'année 1153 , confirma à ce même monastère la possession des biens et des droits de l'autel de Sainte-Geneviève, avec les chapelles de Saint- Jacques et de Saint-Memmie de Vitry. Par là on voit que le monastère de Saint-Pierre-du-Mont de Chàlons jouissait des revenus des églises de Sainte-Geneviève , de Saint- Jacques et de Saint-Memmie, qui n'était qu'une chapelle depuis que Vitry avait été incendié par Louis vu , comme nous le verrons plus loin. Mais on ne peut nullement en conclure que Sainte-Geneviève fut jamais l'église paroissiale de Vitry ; rien ne l'annonce* Les ruines qui en restent , et son ancienne enceinte, qu'on découvre encore, indiquent que l'église ne fut jamais assez spacieuse pour recevoir toute la population d'une ville. Il eut été inconcevable d'obliger tous les habitans de Vitry d'aller assister aux saints offices à un quart.de lieue, sur un monticule fort escarpé, pendant plusieurs siècles, quand la religion était dans toute sa splendeur , et qu'on bâtissait partout des églises magnifiques. # • , ,

Le monastère de Samte-Genevieve souffrit aussi, . beaucoup «Je*, désastres qui accablèrent Vitry j il finit.

par n'être plus qu'an prieuré comm en da taire. Cependant il fut toujours un pèlerinage fort célèbre. Les peuples y accouraient ; de fort loin.

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