‹ Histoire de l'ancien et du nouveau VitryChapitre 21 sur 41 · RÉDACTION DE LA COUT CM B DB VITRY-BN-PERTHOIS · texte numérisé non relu

RÉDACTION DE LA COUT CM B DB VITRY-BN-PERTHOIS

(an 1481).

Vciij , On distinguait le royaume de France en deux parn, P .ia8 ^ cs ^ j* une noiml ié e la langue d'Oyl , ou le pays coutumier , qui comprenait la France septentrionale : on l'appelait pays coutumier , parce que les provinces qui la composaient étaient régies par la coutume , tandis que la partie méridionale , appelée la langue d'Oc , suivait le droit écrit ; mais c'était la moindre portion du royaume. Jusqu'au règne de Charles vm, dit l'Affable, sur la fin du xv e siècle , les coutumes de chaque province ne s'étaient conservées que par tradition. Ce qui rendait fort difficiles les*jugemens à prononcer dans les contestations qui s'élevaient fréquemment. Il fallait à chaque moment recourir aux informations et s'instruire de la loi par le témoignage des anciens. L'imprimerie avait été inventée en 1444; mais on ne s'en était pas encore servi pour conserver d'une manière plus invariable les anciennes coutumes. Charles vin ordonna qu'elles seraient rédigées par écrit, et que le code où on les allait consigner servirait désormais de règle unique dans les jugemens. On entreprit sur-le-champ la rédaction prescrite par le prince , et elle ne fut terminée qu'après un demi-siècle de travaux. La ville de Vitry ne resta pas en arrière ; il paraît qu'elle devança même l'ordonnance de Charles vin; sa coutume , qui dérivait en grande partie du droit romain et des lois ecclésiastiques , fut écrite par Durand, en 1481. Elle

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rot continuée en 1505 , par Salligny , savant commentateur. Elle régissait non-seulement la province du Perthois, mais encore la plupart des villes de Champagne, qui formaient dix prévôtés , Château-Thierry , Sainte- Ménehoud , Châtillon-sur-Marne , Fismes , Epernay , Rouvray , Passavant, Vertus , Larzicourt, et tous les bourgs ou villages qui en dépendaient , au nombre de plus de cinq cents. Saint-Dizier y fut soumis plus tard. Fismes était de l'ancien domaine de l'église de Reims et les archevêques l'aliénèrent avec Epernay , en faveur des comtes de Champagne, qui leur en firent hommage jusqu'à la réunion de leur province à la couronne. Fismes a passé sous la puissance des comtes de Cham- ***** pagne connus sous le nom des trois Thibaut, dont deux * étaient frères et l'autre cousin. Les rois mirent la prévôté de Fismes sous le bailliage de Vitry , auquel cette petite ville resta soumise jusqu'à la révolution de 1789. Uoe partie des villages du canton de Fismes ressortssaient du bailliage de Vitry , et l'autre de celui de Vermandois. Cette coutume de Vitry ne fut abrogée que par le nouveau code de Napoléon, où elle fut comme fondue , et qui devint commun à toute la France.

CHAFifBS XXIII.

TROISIEME INCENDIE DE VITBY-E.\-PERTH0Ifl , PAR CHARLES-QUINT (an 1544),

François i* r soutint plusieurs guerres terribles contre Charîé*Quint. Dans la première , il avait été fait prisonnier à Pâvie (1525), et était resté près de deux ans captif à Madrid. Dans la seconde , il perdit la Flandre et paya deux millions d'écus d'or , au prix desquels il retira des mains de Tempereurses deox enfans qu'il lui avait laissés en ôtagè au sortir de sa prison (1530). Dans la troisième, il avait proposé un combat singulier à Charles-Quint , q>i ne l'accepta point (1 536). L'empereur entra en Provence à la tête d'une armée formidable , mais elle y périt bjentôt en grande partie par la fstfm et les maladies contagieuses. François i* r avait fait dévaster toutes lés campagnes pour affamer son ennemi. La quatrième guerre s'alluma, parce que Charles-Quint ne tint point aux conventions , et , par une insigne perfidie, souleva contre la France Henri vin, roi d'Angleterre. L'empereur s'avança dans la Champagne, et vint mettre le siège devant Saint-Dizier , qui se défendit avec opiniâtreté. Le seigneur de Brissac était logé dans Vitry avec la cavalerie légère qu'il commandait et deux mille hommes d'infanterie , d'où il faisait des courses fréquentes sur les ennemis , et leur faisait éprouver tant de pertes en fondant sur les fourrageurs et en enlevant les convois qu'on menait à l'armée impériale, qui était devant Sain t-Dizier, que Charles-Quint fut contraint d'y envoyer une partie de son armée avec sept pièces de canon , pour l'assiéger et la forcer. Ce

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qui l'irrita singulièrement, c'est que les habitans s'unirent à la garnison , et surtout un clerc , qui se distingua par son rare e on rage. Mai» comme la place ne valait rien , étant dominée par les montagnes voisines , Krîssac l'abandonna et fît sa retraite avec la cavalerie à Chàlons. Les troupes de l'empereur se placèrent sur Supp4eiat ,

la côte qui est à l'ouest du château : de là , elles fou- *• "«»

droyerent la'ville , la brûlèrent et là ruinèrent de foiie

en comble. L'église , qui se trouvait sous le feu du canon ennemi , fut saccagée en grande partie. On voit encore sur ses tristes restes les empreintes des bîscayens. Elle ne s'est plus relevée de ce dernier désastre : elle n'a plus maintenant qu'un tiers de sa grandeur primitive , et qu'une ombre de son ancienne magnificence. Les impériaux, après avoir saccagé Vitry, y laissèrent une bonne garnison, afin d'avoir la campagne plus libre de ce coté-là. Quelques auteurs ont écrit que l'empereur , en assiégeant Vitry, avait eticôre vouhigc venger du bâîîlT de Liancourt , qui avait menacé debruler quelques places du duché dé Luxembourg, qui appartenaient à Cliarles-Quint. On cite encore cinq ou six maisons qui échappèrent seules a l'incendie. La ville tif- Vitry ne se releva plus de ses ruines.

Elle avait pour armoiries, à ce qrte Ton croit , un paon couronné qui regarde sa queue. L'histoire ajoute à ce sujet : Honni soit qui mal y pense. Cette devise était déjà ancienne. Edouard m, roi d'Angleterre, dans v c ii y , un bal, avait ramassé la jarretière de la comtesse de «'"«.p-** Salisbury ; quelque temps après il institua l'ordre delà p , 39.. Jarretière, pour honorer la valeur de ceux qui s'étaient distingués par quelque belle action , surtout au siège d'Acre. C'était une jarretière bleue que les chevaliers

portaient à la jambe gauche avec la devise en broderie: Honni soit qui mal y pense.

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