‹ Histoire de l'ancien et du nouveau VitryChapitre 39 sur 41 · CHAPITRE M · texte numérisé non relu

CHAPITRE M

ies armées etrangeres forment le siege de v1try-lk-

françois (an 1814 et 1815).

Les armées étrangères , après avoir envahi le nord de la France, vinrent, le 2 février 1814, former Je siège de Vitry-le-François. Elles bombardèrent cette ville pendant toute la matinée ; mais ne pouvant pas l'emporter, et y éprouvant une vigoureuse résistance, elles se retirèrent. Les habitans se croyaient délivrés ; mais le 5 les ennemis reparurent avec des forces plus considérables et un appareil de guerre plus terrible. Comme les fortifications de la ville de Vitry n'étaient qu'ébauchées et qu'en terrasses, elle craignit d'être réduite en cendres , d'être emportée d'assaut , et d'éprouver une ruine totale 5 elle ouvrit ses portes.

L'empereur Napoléon , après quelques pertes assez importantes, remporta la victoire de Champaubert, puis celle de Montmirail , qui fut plus brillante encore. Il fut également victorieux à Château-Thierry. Vauxchamps vit une nouvelle déroute des Prussiens qui perdirent trente-deux mille hommes , et soixante pièces de canon dans le court espace de cinq jours. Un des plus beaux faits d'armes fut celui du pont de Nogent-snr- Seine. Mais Napoléon s'épuisait par ses triomphes mêmes ; ses ennemis lui opposaient sans cesse de nouvelles masses ; pendant qu'il les écrasait d'un côté , ils continuaient leur marche d'un autre.

Cependant il faillit les attérer entièrement et remonter subitement au faîte de la puissance, si son coup de main

sur Vitry-le-François eut réussi. L'empereur de Russie, le roi de Prusse et Schwartzemberg , général autrichien , s'étaient réfugiés dans cette ville. Us y coururent un grand danger , et pensèrent y être pris comme dans un filet. En se retirant d'Arcis-sur-Aube sur Vitry , Napoléon avait dessein de grossir son armée d'une partie des garnisons répandues dans les places fortes du nord , d'insurger la Lorraine , l'Alsace et la Franche- Comté , comme l'étaient déjà divers points de la Champagne , d'intercepter les communications aux alliés , de leur couper les derrières , et de les exterminer au centre même de cet empire qu'ils venaient subjuguer. Il s'avance donc à marches forcées sur Vitry, et traverse la Marne à Frignicourt. Déjà ses colonnes se développent et commencent à entourer la ville d'une part. Il fait tirer un coup de canon pour donner le signal de l'attaque ; mais ses généraux n'ont point exé- v cuté ses ordres avec assez de promptitude , et ne sont point arrivés par les autres routes pour envelopper Vitry de tous côtés , et ne laisser aucune issue à la fuite. Il est contraint d'aller établir son quartier-général à Orconte, et il occupe le château de M. Duplessis , qui logeait dans sa maison à Vitry l'empereur Alexandre. On ne lui remet que trop tard les avis qu'on lui envoie de la ville. Il semble que tout s'unit pour le trahir et faire échouer son entreprise. Il poursuit alors son premier projet et marche sur Saint-Dizier. Il avait compté attirer sur ses pas toute l'armée des alliés ; mais pour le tromper, on n'envoya que quelques divisions qui le suivirent. Toutes les autres troupes , même aussitôt le combat de Fèrechampenoise s'étaient portées en masse sur Paris. Aussitôt que Napoléon en a connaissance ,

il y court par Vandœuvre, Troyes et Sens; mai» il arrive à Fontainebleau vingt-quatre heures trop tard ; Paris avait fait sa soumission et avait reçu les troupes étrangères dans ses murs. La fortune, qui l'avait autrefois comblé de toutes ses faveurs, l'accablait alors de ses rigueurs les plus extrêmes. Sa déchéance fut prononcée, et il fut relégué à l'île d'Elbe. C'est ainsi que tomba ce fameux conquérant, après avoir broyé l'Europe sous ses pieds pendant douze ans.

Son retour imprévu en France y ramena les alliés. Vitry fut encore assiégé ; mais il tint ferme , et n'ouvrit ses portes qu'après la seconde déchéance de Napoléon. Il subit les désastres inévitables de cette seconde invasion sans qu'il s'y passât aucun fait remarquable.

Un homme bienfaisant l'aida à cicatriser quelquesunes de ses plaies.

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