Chevalier de B01SRAGON (Louis Chevaleau), 8 mars
Ce régiment allemand, levé le 2 février 1668 par Guillaume Egon , landgrave de Fùrstemberg, esl passé en France au commencement de 1670, et a été admis le 27 mars dans les rangs de l'armée avec la solde étrangère. H était fort de douze compagnies et était commandé par le comte Ferdinand de Fiïrstemberg, frère du landgrave. Il fit la même année la campagne de Lorraine sous Créqui, et ce fui lui qui emporta le 22 septembre la ville basse d'Epi nal.
Il se distingua aussi le 24 à l'assaut du château ; son lieutenant-colonel, M. du Fresnoy, y fut tué.
Porté à dix-huit compagnies pour la guerre de Hollande, Fùrstemberg fit parlie du corps d'armée commandé par le prince de Condé, et servit aux sièges de Wesel et d'Émerik. Il passa l'hiver à Zwoll dans l'électorat de Cologne, et en 1673 il se rendit au siège de Maëstricht. L'année suivante, il combattit à Séneff et passa ensuite à l'armée d'Allemagne. 11 était en quartiers d'hiver à Dornstein sur la Lippe, lorsqu'il reçut l'ordre de partir pour l'armée de Catalogne, que commandait le comte de Schomberg. Conduit par le colonel en 2% baron deZurlauben (I) et par le lieutenant-colonel de Woldemberg, il se trouva en \ 675 à la prise de Figuières, à l'attaque du faubourg de Girone, à la prise d'Ampurias, à celle de Bellegarde, où il se distingua particulièrement, et à la réduction du château de la Chapelle. Le régiment fit la campagne de 1 676 dans les garnisons des Pyrénées. Le 4 juillet 1677, il combattit avec la plus grande valeur à la bataille d'Espouilles. Après avoir fait une décharge sur les premières troupes espagnoles qui franchirent le ruisseau, il jeta ses mousquets, mit l'épée à la main, à l'exemple
(1) Le comte de Fûrsteinberg se fit remplacer pour cette campagne et les suivantes, par un colonel en 2 e , qui fut le baron Conrad de La Tour-Châlillon de Zurlauben, capitaine au corps 20 juin 1668, major 30 juillet 1660, colonel en 2° 10 juillet 1674 et brigadier 24 lévrier 1676.
de ses officiers, et, se précipitant sur deux bataillons qui cherchaient à prendre position au pied de la montagne, il les tailla en pièces. Le capitaine Koweraski el deux lieutenants périrent dans cette brillante affaire; les capitaines Tronck et Rump, trois lieutenants et trois enseignes, furent blessés ; 181 hommes furent mis hors de combat.
La conduite de Fùrstemberg ne fut pas moins belle en 1678 au siège de Puycerda, qui dura du 29 avril au 28 mai. A l'assaut du 3 mai, où il se couvrit de gloire, il perdit les capitaines d'Ourches, Freytag, Bariocheet Petershagen, et les lieutenants La Tour, de Rolas et Dauvers. Ce fut après ce siège que Fùrstemberg reçut par incorporation le régiment anglais deHamilton, levé en 1671 , ce qui le porta à vingt-six compagnies. En 1679, il se rendit à l'armée du Rhin et contribua à la défaite desBrandebourgeois à Minden. A la paix, il subit une réforme, et il fournit en 1 680 douze compagnies, qui entrèrent dans la formation du régiment de La Mark (1).
En 1684, Fùrstemberg retourna en Catalogne; il se distingua le H mai au passage du Ter à Puente- Mayor. Il y franchit avec intrépidité et à découvert un gué profond dominé par des hauteurs. Il se trouva aussi à la prise d'assaut de la place de Girone, qui fut abandonnée sur-le-champ.
(1) M. de Fùrstemberg, colonel en 1682 et neveu du précédent, était entré au corps comme enseigne en 1680, et devint brigadier le 22 octobre 1688.
En 1689, le régiment, devenu Gréder (1) et fort de deux bataillons, combattit à Walcourtà côté des Gardes Françaises. De tous les corps engagés, ce fut lui qui souffrit le plus. Il était Tannée suivante à la bataille de Fleurus ; au mois d'octobre il prit ses cantonnements à Inghelmùnster avec les Fusiliers du roi. Il contribua, en 1691, à la prise de Mons qui lui coûta un lieutenant, soutint la cavalerie au combat de Leu?e et termina la campagne dans les lignes d'Espierres. En 1692, on le trouve au siège de Namur et à la bataille de Steenkerque. En 1693, à Neerwinden, il combat à l'aile gaucbe; il est ensuite employé au siège de Charleroi, où ses grenadiers montent à l'assaut de la lunette de Darmay. Il est en 1694 de la marche de Wignamont au pont d'Espierres, participe en 1695 au bombardement de Bruxelles, couvre en 1 697 le siège d'Àth et fait partie du camp de Compiègne en 1698.
Gréder sert en 1701 en Flandre dans la brigade de Poitou. Il se trouve en 1702 au combat de Nimègue. En 1703, les deux bataillons du régiment font partie de Tannée du Rhin , commandée par le duc de Bourgogne et Tallard, et servent aux sièges de Brisach, de Landau et de Spire. Le 26 août, devant
(1) M. Gréder fat fait brigadier 25 avril 1690, maréchal de camp 3 janvier 1696, et lieutenant-général 26 octobre 1704. André de Lée, lieutenant en 1678 et lieutenant-colonel le H décembre 1687, est passé au commande»^ d'u* régiment irlandais.
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Brisach, ils repoussent une sortie. Le 3 septembre, à dix heures du soir, les deux compagnies de grenadiers sortent du logement établi sur L'angle saillant du chemin couvert du bastion de Vermandois, et se jettent dans le chemin couvert, qui n'était gardé que par 25 hommes. Ceux-ci, après avoir déchargé leurs armes, rentrent dans la place. Les grenadiers s'emparent des deux traverses de la place d'armes et font un logement de cinquante toises sur la contrescarpe, malgré le feu des assiégés. Des quatre officiers de la 2 e compagnie de grenadiers, trois furent tués, le dernier fut blessé. Cette nuit coûta, en outre, au régiment ses deux premiers capitaines tués dans la tranchée, et 35 grenadiers. Au siège de Landau, le 22 octobre, un sergent de Gréder et 10 grenadiers sont envoyés pour reconnaître une lunette construite au pied du glacis. On savait qu'il y avait deux fourneaux de mine préparés dans cet ouvrage, et Ton voulait forcer les assiégés à les faire jouer mal à propos. Le sergent avait, en conséquence, l'ordre d'entrer dans la lunette, d'v crier vive le roi ! et de se retirer aussitôt. Ce stratagème a un plein succès. Après l'explosion des mines le régiment occupe la lunette ; 400 hommes des assiégés s'élancent sur les travailleurs de Gréder, mais ils sont vigoureusement reçus et culbutés. Le capitaine de grenadiers Desroches et 20 hommes de sa compagnie sont tués dans cette affaire. Le 4 novembre, pendant qu'on livre l'assaut à la demi-lune, les assiégés mettent le
DB L'ANCIENNE INFANVftlE FRANÇAISE. {29
feu à trois fourneaux qui font sauter deux compagnies de Gréder; mais, par un bonheur inconcevable, deux soldats seulement sont tués. Le régiment, il est vrai, avait perdu 77 hommes à l'assaut de l'ouvrage.
En 1704, Gréder suit le maréchal de Tallard en Bavière et partage sa défaite à Hochstedt. II était placé à la gauche du régiment d'Artois dans le vil-
lui aussi, adhérer à la capitulation. Vingt-neuf capitaines et trente-frois lieutenants rendirent leurs épées, mais la plupart des soldats parvinrent à «'échapper : une soixantaine seulement demeurèrent prisonniers.
Le régiment se rétablit en 1705 sur la Moselle. Il servil en 1706 à la prise de Druseriheim, de Lauterbourg et de l'île du Marquisat ; après la déroute de Ramilies, il fut appelé en Flandre. Il faisait partie, en 1708, de la réserve de l'armée pendant le combat d'Audenaérde, et lorsque les Alliés assié^è- . rent Lillejl suivit le comte de La Mothe chargé°de tenterune diversion dans la Flandre occidentale. En 1 709, Gréder combattit à Malplaquet dans la brigade du régiment de Gondrin, depuis Aunis. II demeura l'année suivante en garnison à Cambrai, se trouva en 171 1 à l'attaque dIArleux, et en 1712 au combat de Denain et aux sièges de Douai , du Quesnoy et de Boucfiàjn. 11 contribua, avec PiémoiU, l e 29 septembre, à la prise des deux lunettes du Quesnoy ; il perdit un capitaine dans cet assaut. Il fit la campagne
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de 1713 sur le Rhin et servit aux sièges de Landau et de Fribourg.
Le colonel Gréder étant mort le 16 juillet 1716, le régiment fut donné au comte de Sparre (1 ) qui en laissa le commandenlent au lieutenant-colonel baron de Rantzaw, petit neveu du maréchal de ce nom (2). En 1720, M. de Sparre, pour être nommé brigadier d'infanterie, consentit à se démettre du corps, et le régent disposa aussitôt de celui-ci en faveur du comte de Saxe, qui s'appliqua à le dresser d'après les principes qu'il apportai du Nord. Il s'attacha surtout à apprendreaux soldats à tirer, exercice qui avait été complètement négligé jusqu'à ce jour, et bientôt le régiment de Saxe devint un corps modèle
(1) Le comte de Sparre fut uomtné brigadier le 7 août 1720. Son illustre successeur, le couite de Saxe, eut le grade de maréchal de camp le 7 août 1720 en même temps qu'il obtint le régiment, celui de lieutenant-général le 1 er août 1734, et le bâton de maréchal le 20 mars 1744. " . • '
(2) Jacques Armand, baron de Kantzatt, entré au corps le 2 févrior 1668 à la création, fut fait major 25 jiiiUet 1690, lieutenantcolonel 7 février 1703 et brigadier 1 er février 1719. Ses successeurs, sous le comte de Saxe, sont: Chirles-Henri Le Royer, baron de Montclos, entré au corps on 4684, lieutenant-colonel 6 octobre 1723^ brigadier 1" août 1731, maréchal de camp 20 février 1743;. de Russinger", lieutenant en 1708, lieutenant-colonel 24 juin 1743 et brigadier 20 mars 1747 ; de Stellingwoerf , lieutenant-colonel 12 janvier 1748; Jean Herniann, baron; de Dieskau, lieutenant-Colonel 2 août Î748, brigadier le même jour, maréchal de camp 20 février 1755 et lieutenant-général 25 juillet 1762. ,
sous le double rapport de l'instruction et de la discipline.
Le eOmte de Saxe montre son régiment en 1727 au camp de la Sambre et en 1732 à celui de la Moselle. En 1733, il le mène au siège de Kelh. Il s'y distingue fort à l'assaut général du 26 août. Eh 1734, il est à la prise de Trêves et de Traërbach. Il joint ensuite à Spire l'armée du maréchal de Berwick, assiste au blocus de Coblentz, prend part à l'attaque des lignes d'Ettlingen et arrive devant Philisbourg. Dans la nuit du 1 er au 2 juin, il s'empare d'un fort détaché. Attaqué quelques jours après dans sa conquête par des troupes sorties d'une redoute voisine, il les repousse, prend la redoute, tue 22 hommes et rejette le reste dans les marais. Le i 6, avec le régiment irlandais de Rooth, il attaque la redoute de Staremberg, l'enlève et fait prisonniers tous ses défenseurs. Dans la nuit du 12 au 13 juillet, il participe à la prise de l'ouvrage couronné. Le I" août, il se rend maître du château de Nieder-UJm, où il fait 200 prisonniers, et, pendant le reste de la campagne, il accompagne son illustre chef dans une multitude de coups de main heureux et notamment à 1* affaire de Wolfach. En 1735, le régiment fait partie du camp établi devant Ma.iheim, qui tient en échec une armée formidable et l'empêche de passer le Rhin . Plus tard, l'ennemi ayant réussi à franchir le fleuve ailleurs et s'étant dirigé sur Trêves, il le suit et lui - dispute un gué de la Moselle. Il combattit enfin à Klau-
sen, et fut réduit à un bataillon le 8 janvier 1737.
Rétabli à deux bataillons en 1741, il quitte la garnison de Strasbourg pour se rendre en Bavière, puis en Autriche. Il contribue à la prise de Walseck, de Kaaden, d'Elnbogen et de Budwcis, et arrive devant Prague. Le siège de cette grande ville paraissait presque impossible ; l'électeur de Bavière penchait pour une surprise et le comte de Saxe y poussait. Celui-ci envoie à Prague, sous le déguisement d'un paysan, un capitaine de son régiment, M. de Gouru, tué depuis devant Berg-op-Zoom. Cet officier, intelligent et bon dessinateur, revient avec. un plan complet de la place et les détails les plus circonstanciés. On se décida pour une surprise ; elle eut lieu le 26 novembre avec un succès complet, et les grenadiers y eurent part. Le régiment eut cette année ses quartiers d'hiver à Dornstein.
Le 25 avril 1 742, il se trouve au combat de Sahai. Il sert ensuite à la prise de Falkenau, au ravitaillement de Kaaden et d'Elnbogen et au siège d'Egra. Une partie du corps passa l'hiver à Egra et partagea les souffrances du long blocus que cette ville eut à supporter. Le lieutenant-colonel de Montclos y mourut au moment où il venait d'obtenir le brevet de maréchal de camp. Le gros du régiment prit ses cantonnements autour de Methen, entre l'Isar et le Danube. Il les quitta le 1" mars 1743 pour aller à Deckendorf , mais l'échec éprouvé à Simpach par le général bavarois Minuzzi, le fit diriger sur Dingol-
fingen, en même temps que Vermandois et Angoumois, pour garder les rives de l'Isar. A la fin du même mois, il fit partie des onze bataillons de secours envoyés au maréchal de Seckendorf.
Lorsque le prince Charles eut réussi à forcer les passages du Danube, Saxe se retira sous Ratisbonne et de là en France. H y fut réuni au corps de réserve assemblé dans les lignes de la Lauter. Au mois de juillet, il occupait Kaysersberg. Il se rendit bientôt à Markolsheim dans la haute Alsace, et se distingua le 30 septembre au combat de Rheinweiler où il eut onze hommes tués et neuf blessés. Il fut rejoint à cetle époque par un détachement de 62 hommes, commandé par le capitaine Vanaltz, qui avait contribué à la défense d'Ingolstadt.
Saxe entra en novembre en garnison à Schlestadt, d'où il détacha, le 15, ses deux compagnies de grenadiers et 200 fusiliers pour aller rétablir le pont et l'ouvrage à cornes d'Huningue. Le régiment se trouva en 1744 à la défense de Weissembourg, à la reprise des lignes, à l'affaire d'Augenheim et au siège de Fribourg. Il fit partie, au mois de septembre, du secours que le comte de Ségur conduisit à l'électeur de Bavière. Il formait brigade avec La Sarre, et se distingua, en 1745, au combat de Pfaffenhofen et dans la retraite qui suivit. Il acheva cette campagne à l'armée du Rhin. Il fit aussi celle de 1 746 en Alsace, et à la fin de cette année il fut envoyé à Anvers et porté à quatre bataillons.
En avril 1747, Saxe fait partie du corps du comte de Lowendhal, charge d'attaquer les places de la Flandre hollandaise. Il contribue à la prise del'Écluse, du SasdeGand, du Fort-Philippine, et rallie ensuite le camp de Malines. A la fin de juin, quand l'armée quitte ce camp, il reste seul à la garde du pont de VVaëlhem. Il se rend plus tard au siège de Berg-op- Zoom, où il éprouve des pertes considérables, et après la capitulation de cette place, il couvre la marche de la cavalerie du comte de Lowendhal qui rejoint la grande armée. Le 18 octobre, une compagnie de grenadiers se distingue dans un fourrage près d'Anvers, en avant du camp de Schoute. Le régiment assiste en 1748 à la prise de Maëstricht. 11 occupe ensuite Bruxelles, quitte cette ville en octobre pour aller à Strasbourg et est réduit à deux bataillons par ordre du 26 décembre.
Au mois d'octobre 1756, le régiment, qui portait alors le nom de Bentheim, fut destiné à faire partie du secours que le roi envoyait à l'impératrice, mais cet ordre ne reçut point son exécution, et Bentheim fit partie en 1757 de l'armée du Bas-Rhin. Il ne prit part à aucun fait saillant pendant les deux premières campagnes de la guerre de Sept Ans. On le trouve en 1 758 en garnison à Gottingen et plus tard à Drantzfeld.
En 1759, il appartenait à un colonel (1) qui pro-
(1) Le jiriuce d'Auhalt-Coëthen a été nommé brigadier le 10 fé-
de l'ancienne infanterie française. 135
bablement tenait plus que son prédécesseur à ce que son régiment parût; car on trouve celui-ci, le 13 avril, à la bataille de Bergen, où le capitaine de Nardin est tué. Le i" août, il figure avec honneur à la bataille de Minden, où il était à l'extrême gauche avec Auvergne et Aquitaine ; mais il se distingue surtout, le 8, pendant la retraite à travers les gorges deMunden, au beau combat d'Einibeck. Le colonelcommandant deCourvoisier (I), l'aide-majorFreytag, les capitaines de Vanaltz et Culmann, et quatre lieutenants y furent blessés.
Le 18 janvier 1760, le régiment d'Anhalt fut porté à trois bataillons par Tincorporalion du 1 er bataillon du régiment de Lowendhal. Il combattit le 10 juillet avec éclat à Corbach ; mais le 16, il se laissa surprendre à Embsdorf par le prince héréditaire de Brunswick, et fut fait en partie prisonnier de guerre. Le prince d'Anhalt, environné d'Anglais, allait périr et ne dut son salut qu'à un soldat de
vrier 1759, maréchal de camp le 20 février 1761 et lieutenant-général le 29 juillet 1765.
(1) A par ir du prince d'Anhalf, qui était prince souverain et qui ne pouvait pas s'occuper des détails du régiment, on mit a la tête de celui-ci un colonel-commandant ou en second. Le premie fut François Guillaume de Courvoisier, colonel-commandant 21 avril 1759, brigadier 26 décembre 1768 et maréchal de camp 1" mars 1780, auquel succéda, le 26 décembre 1768, Georges Ernest, coinîe de Wittgenstein de Sayu, brigadier 3 janvier 1770, maréchal de camp 1 er mars 1780, et lieutenant-général en 178».
Royal-Bavière qui détourna le coup qui lui était destiné. Le prince demeura prisonnier. Son régiment resta dans les garnisons pendant les deux campagnes suivantes et fut réduit à deux bataillons par l'ordonnance du 21 décembre 1762.
Au moment où la paix se fit, Anhalt était en garnison à Metz; il se rendit en juillet 1765 au camp do Compiègne et, après la levée du camp, il fut à Mézières, d'où on l'envoya à Neufbrisach en octobre 1766, à Toulon en octobre 1767 et en Corse en mai 1768. 11 contribua à la pacification de cette île et revint à Toulon le 6 novembre \ 770. Il alla depuis au Fort-Louis du Rhin en janvier 1771, à Landau en septembre 1772, à Strasbourg en juin 1774, à Bitche en octobre 1776, à Nancy en mai 1777 et à Dunkerque en octobre 1777. Pendant la guerre d'Amérique, il occupa successivement sur les côtes les positions de Gravelines, Montreuil, Avranches, Quimperlé, Saint-Pol de Léon et Roscoff. Le 30 octobre 1780, il s'embarqua à Brest sur la flotte du comte d Estaing pour aller renforcer l'armée de Rochambeau; mais la flotte n'alla que jusqu'à Cadix, et le régiment, à son retour, fut envoyé à Guingamp, d'où il alla à Schlestadt en novembre 1781 et à Strasbourg en mai 1782.
Le 13 mars 1783, le régiment devient la propriété du prince de Salm-Salm (1), et le même jour le roi
(1) Le prince de Salin-Salm, colonel-commandant du corps de-
rend une ordonnance de réorganisation, d'après laquelle le quart de l'effectif du corps, officiers et soldats, devait être formé de sujets français recrutés en Alsace et dans la Lorraine allemande.
Au commencement de 1 784, le régiment deSalm- Salm se mit en route pour Toulon, où il arriva le 29 mars. Il s'y embarqua le 6 avril pour Saint-Florent et Bastia. H ne fit qu'un très-court séjour en Corse, car il entrait à Belfort le 21 octobre de la même année. Il fut de là à Metz en octobre 1 787.
Au mois d'août 1790, le régiment se mit en insurrection à propos du remboursement de la masse , et il ne fallut rien moins que toute l'énergie du marquis de Bouillé pour arrêter cette sédition. Il fut alors envoyé à Belfort, où il sut se concilier l'affection des habitants, dont les inquiétudes étaient grandes au mois de mars 1791, quand les Autrichiens occupèrent le pays de Porentruy. Au mois de juillet, Salm-Salm vint à Weissembourg, et en mars 1792 il fut appelé à Strasbourg qu'il quitta le 25 avril pour se rendre au camp d'observation qu'on formait
puis le 8 mars 1780 et brigadier du 5 septembre 1778, fut fait maréchal de camp le 5 décembre 1781. Charles Daniel O'Connel, colonel-coinmandant du 13 mars 1783, devint maréchal de camp 20 mai 1791 . Lc\ colonel de Meunier, entré au corps comme lieutenant en 1760, major 20 mars 1778, et lieutenant-colonel 2, janvier 1783, devint maréchal tic camp 7 septembre 1792. Rutlemberg était lieutenant-colonel du 2o juillet 1791 et fui fait général de brigade 8 mars 1793.
à Bouquenom sur la Sarre. Quand la guerre commença, le régiment fit partie de l'armée deCustines, et ses grenadiers se couvrirent de gloire le 3 août à l'affaire de Kercheim, où ils soutinrent avec énergie les efforts de Royal-Dragons et d'Artois-Cavalerie. Le colonel Rùttemberg s'y fit fort remarquer. Au mois de septembre, le I e ' bataillon quitta l'armée de Custines pour passer à celle de Kellermann, et se trouva à la bataille de Valmy; ce fut dans ses rangs qu'eut lieu cette explosion de deux caissons qui forme un des incidents les plus remarquables de cette journée. Le 1" bataillon, après la retraite des Prussiens, servit sur la Moselle et demeura une partie de l'année i 793 au camp d'Etange près de Thionville. Ce bataillon passa ensuite à l'armée des Ardennes et entra le 15 avril 1794 dans la 123 e demi-brigade de bataille.
Le 2* bataillon de Salm-Salm, après la prise de Mayence, y avait été mis en garnison. Il s'y distingua extrêmement et chercha à faire oublier que le colonel Rùttemberg, quoique promu au grade de général de brigade par la république, avait eu la lâcheté de passer à l'ennemi avec le plan de défense de Mayence. Après la capitulation de la place, le bataillon fut dirigé sur la Vendée. Il arriva le 22 août à Saumur el prit part, sous les ordres de Kléber, à tous les combats qui amenèrent la ruine des royalistes. Le chef de bataillon de Beurmann fut tué le 26 octobre 1793 au combat de Laval; le lendemain
27, les volontaires fuyaient : cent hommes du 62 e , commandés par le chef de bataillon O'Kelly, vieillard de 70 ans, se jettent à la tête du pont de Chàteau-Gonthier, dernier obstacle que les Vendéens avaient à franchir pour exterminer les fuyards, et arrêtent l'élan des vainqueurs. Ce bataillon demeura dans la Vendée jusqu'à la fin de la guerre; il se fil souvent remarquer par l'ardeur qu'il déploya contre les Chouans et surtout dans un combat acharné qu'il leur livra, en juillet 1795, auprès du château de Brunei. En janvier 1796, quand Stofflet reprit les armes, il accompagna Hoche dans sa marche sur Chemillé et prit part aux opérations qui eurent pour résultat l'arrestation et la mort des derniers chefs royalistes.
Le 2 e bataillon de Salm-Salm est entré directement le 16 septembre 1796 dans la 94 e demi-brigade de nouvelle formation.
Ce régiment avait eu jusqu'à 24 drapeaux. Le drapeau colonel était blanc, semé de fleurs de lis d'or. A la partie supérieure se trouvait un soleil d'or surmonté de la devise Nec plnribiis impar, et audessous un globe terrestre bleu céleste. Les drapeaux d'ordonnance étaient bleus d'azur avec une large bordure façonnée vert et blanc (cette bordure avait varié avec les colonels). Au centre on voyait les armes de France entre deux palmes d'or.
L'uniforme était ainsi composé : habit bleu, parements, revers, collet et doublure jaunes, boutons
uo
blancs, dont huit petits sur chaque revers et trois sur chaque manche, quatre depuis les revers jusqu'aux doubles poches en long, garnies chacune de trois boutons et boutonnières; veste blanche garnie de douze boutons, culotte blanche, chapeau bordé d'argent.
En \ 776, le costume futsemblable à celui d'Alsace, avec la couleur distinctive jaune jonquille.
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DE i/aNCIENNB INFANTERIE FRANÇAISE
Ultima ratio.