ALCHER (Étienne ), I 1 avril
Ce régiment, créé comme le précédent pour le service de mer par ordre du 24 décembre 1669, est le dernier qui ligure sur la liste des corps d infanterie sur pied annexée au règlement de préséance du 2b mars 1670. Il était alors le 49*.
Son premier titre fut celui de régiment de l'Amirauté, qu'il échangea presque aussitôt après sa création contre celui de régiment de l'Admirai de France, en l'honneur du jeune comte de Vermandois, fils de Louis XIV et de mademoiselle de La Vallière , que son père avait pourvu de celte charge. En 1671, enfin, le régiment prit le nom de la province de Vermandois, qu'il a toujours porté depuis.
Dès le mois d'août 1670, le régiment fournit un détachement qui s'embarqua sur la Hotte de Duquesne pour l'expédition des Canaries et du Cap- Vert. La flotte rentra à Brest en mars 1 67 1 , et aussitôt après, le régiment, étant passé au service de ferre, se rendit à Amiens au rendi z-vous de à'armée que le roi assemblait pour faire la guerre aux États- Généraux de Hollande. 11 resta cet hiver en garnison à Guise, et, en 1672, il servit aux sièges d'Orsoy et de Rheinberg , au passage du Rhin , et à la prise de Doësbourg, de Deventer et d'Utrecht. A la fin de la campagne, il fut mis en garnison à Kampen, qu'il ne quitta qu'au mois de juin 1673 pour se rendre au
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siège de Maëstricht. Après la prise de cette viffe, il fut dirigé sur Bonn, où il fut assiégé en novembre par toute l'armée de Montecuculli. Il repoussa victorieusement trois assauts, obtint la capitulation la plus honorable et se retira à Nui ts. Il servit en 1674 en Flandre soias le prince de Condé, et combattit avec valeur à h bataille de Séneir. Son colonel y fut grièvement blesse d'un coup de mousquet dans Faine, dotrt il mourut au mois d'octobre suivant (1).
Âpres cette journée, Vermandois alla renforcer l'armée de Turenne, se trouva aux affaires d'Ensheim et de Mulhausén , et se couvrit de gloire le 5 janvfef 1675 il TurCkeim. Il contribua ensuite à chasser les Impériaux de Colmar, et passa enfin sous les ordres du maréchal de Créqui , avec lequel il fit les sièges de Dinant, Huy et Limbourg. Le 1 1 août, à la funeste journée de Consaarbrûck, il se fit tailler en pièces plutôt que de demander quartier. Ses débris s'ouvrirent un passage à travers les —
(1) Le comte de Gacé était brigadier du 13 février 1674. Son frère, qui le remplaça, devint brigadier le 24 août 1688, maréchal do camp le 29 mars 1689, lieutenant-général le 30 mars 1603, et maréchal dé France le 18 février 1708, sùus le nom de maréchal de Matignon.
Louis de Jôs aud, capitaine dans Auvergne, fut le premier lieunant-colonel de Vermandois. Ce fut lui qui organisa le régiment.
11 reprit sa compagnie dans Auvergne en 1671, et fut remplacé le 8 juin par François de Fortia d'Urban , qui devint brigadier le
12 mars 1673.
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bataillons ennemis et se retirèrent à Trêves , qu'ils contribuèrent à défendre.
Le régimertt alla se refaire peiidarnt l'ïrrver à Charleroi, et au printemps de 1676 il fut employé aux sièges de Condé, de Bouchain et d'Aire ; il contribua plus tard à forcer le prince d'Orange de lever le siège de Maëstricht ; il acheva la campagne sut le Rhin et corafbattit à Kokersberg. Après avoir passé l'hiver à Metz, il retourna en 1677 sur le Rhm, et coopéra à la prise de fribourg. Appelé en 1678 en Flandre , il fit tes sièges de Gand et d' Ypres ; il joignit au mois de juin l'armée du maréchal de Créqui au camp de Nomény, entre Nancy et Pont-à-Mousson, passa à la fin de Tannée sur les terres de l'Électeur de Brandebourg, hiverna à Soëst et combattit à Mînden le 26 juin 1679.
Vermandois arrive devant Luxembourg le 29 atvril 1684, et partage les travaux de Bourbonnais au siège de cette plaée. Le 19 mai, il soutient dans la tranchée un beau combat, où îl perd une vingtaine de grénadiers. Le colonel de Gacé, les càpittfines La Touche, Savigny, La Factière et quatre lieutenants, sont blessés à ce siège.
En 1688, on retrouve te régiment devant PhihV bourg. Il demeure à l'armée d'Alleinagtie jusqu'en 1690. Cette année, il va servir en Flandre et se couvre de gloire le 1 er août à la bataille de Fleurus. Il faisait partie de la brigade de Navarre. Cette brigade, flanquée des régiments de cavalerie de Cibcftrr
et d'Imécourt, avait en tête une ligne d'infanterie couverte par des haies avec de la cavalerie et du canon. Il y avait là un régiment suédois au service de Hollande, qui, disait-on, n'avait jamais été baltu. Une bataille particulière s'engagea entre ces troupes et la brigade de Navarre. Après avoir essuyé le l'eu de l'ennemi, les régiments français fondirent sur lui avec impétuosité, enfoncèrent ses bataillons et les mirent dans la plus complète déroute. Vermandois paya cher cette gloire. Le colonel de Soyecourt fut tué; le lieutenant-colonel La Ferrière (1) et treize autres officiers y furent blessés.
Au mois de mars 1 691 , Vermandois faisait le siège de Mons. Le 29, un sergent de bonne volonté alla, de son propre mouvement, l'eau jusqu'au menton, reconnaître et sonder le fossé de l'ouvrage à cornes, observa la contre-garde et les ouvrages voisins, et vint rapporter que l'attaque pouvait se faire. On ne voulut pas le croire à cause de la nature marécageuse du terrain. 11 y retourna et rapporta comme preuve de sa visite une palissade que notre canon avait brisée. Le prince de Conti voulut lui donner 100 pistoles; il les refusa, disant qu'il était gentilhomme et qu'il ne s'exposait que pour la gloire. Le roi l'ayant su, lui donna une lieutenance de grenadiers. Le ré-
(1) Charles-Maurice de La Ferrière-Viucierle, entré au corps à la création, lieutenant-colonel en 1689, brigadier 20 septembre
giment monta à l'assaut du 6 avril, où le lieutenantcolonel La Ferrière fut encore blessé ; il acheva la campagne sur la Moselle et vint prendre ses quartiers d'hiver à Courtrai. 11 contribua, en 1692, à la prise de Namur ; il combattit à Steenkerque, servit au bombardement de Charleroi et hiverua à Hautrage près d'Ath. En 1693, à Neerwinden, la résolution que Vermandois montra à la troisième et dernière attaque du village lui valut des éloges particuliers. 11 fit ensuite le siège de Charleroi où son colonel fut blessé à la tête (1). En 1694, on le trouve à Ja fameuse marche de Wignamont au pont d'Espierres, qui dérangea tous les projets du prince d'Orange. Il fut employé en 1 695 au bombardement de Bruxelles, et fit en 1 697 le siège d'Ath, où ses grenadiers se couvrirent de gloire. Le 1 er juin, à cinq heures du soir, u ri pont de fascines ayant été achevé dans le fossé de la demi-lune, les grenadiers reçurent l'ordre d'attaquer aussitôt cet ouvrage, lisse logèrent sur l'angle saillant, malgré la plus vive résistance, et obligèrent les assiégés à se retirer dans un réduit en briques environné d'eau, construit à la gorge de la demi-lune. Deux heures après, les assiégés entreprirent de regagner le terrain perdu, et bordèrent, pour cet effet, de mousquetaires les remparts de la place qui avaient des vues sur la demi-lune; mais les grenadiers de
(1) Le marquis de Charo-U devint brigadier 30 mais 1 693, maréchal de camp 3 janvier 1 696, lieutenant-général 23 décembre 1702 et capitaine d'une compagnie des gardes du corps en Hil.
Vermandois se maintinrent dans leur logement avec une constance admirable, et la place capitula le lendemain. Cette action ne coûta au corps que deux grenadiers tués, un capitaine et cinq hommes blessés. Le régiment fit partie du camp de Compiégue, en 1698.
Vermandois retourna en Flandre en 1701 et occupa Namur pour Philippe V. L'année suivante il passa à l'armée du Rhin, et il quitta Strasbourg avec Villars, au mois de septembre, pour se rendre à Huningue. Il combattit àFriedlingen avec Bourbonnais. En 1703, il débuta par le siège de Kelh où il se signala à côté de Navarre à l'assaut du 6 mars. Ses grenadiers, conduits par le lieulenant-colonel des Arennes, emportèrent successivement tous les retranchements et s'établirent sur la brèche. Peu de temps après, le régiment passa avec Villars en Bavière; il se trouva à l'attaque des retranchements de la vallée de Hornberg , au combat de Munderkirchen , à la première bataille d'Hochstedt et à la prise d'Augsbourg. ïl passa cet hiver à Neubourg. En 1 704 , il assiste à la deuxième bataille d'Hochstedt au corps de Marchin. Revenu en France fort affaibli, il fut jeté dans Landau et contribua à la belle défense qu'y fit, la même année, M. de Laubanie contre l'armée commandée par le roi des Romains. H se trouvait le plus ancien corps de la garnison, qui comprenait les régiments de Toulouse, Angoumois, Beaufermé, Hessy-suisse, Ponthieu, Agénois, Savigny et Oastelet, en tout douze bataillons très-ftuMes. Le 21
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septembre, le capitaine Saint-Ville, des grenadiers de Vermandois, se précipite bravement avec sa compagnie dans la sape et la nettoie complètement. Le 17 octobre, vers les sept heures du soir, 400 Impériaux se présentent à la place d'armes saillante, située derrière la lunette de la porte de France, qui était déjà en leur possession, et posent plusieurs gabions sur les deux faces. Les deux compagnies de grenadiers de Vermandois accourent, et les attaquent avec tant de valeur qu'elles leur tuent 300 hommes. L'ennemi parvient à faire sauter cette place d'armes dans la nuit du 24 au 25, mais le capitaine Saint- Ville l'empêche encore de s'y loger. Les assiégeants furent plus heureux le 30 à l'angle saillant de la contre-garde de gauche; leur mine tua un lieutenant et onze grenadiers du régiment ; le reste, blessé, se dispersa, et les Impériaux purent faire leur logement. Le 20 novembre, une grenade fit sauter le magasin à poudre de la contre-garde de gauche; son explosion enterra une centaine d'hommes, parmi lesquels se trouvait le lieutenant-colonel des Arennes, qui parvint cependant à se retirer, quoique grièvement blessé (1). Landau capitula enfin le 24 novembre. Ce siège, qui durait depuis le 9 septembre, fît un honneur infini à M. de Laubanie et à sa brave garnison.
(1) Pierre Guérin des Arennes, capitaine en 4671, lieutenant colonel 9 janvier 1694, brigadier 6 novembre 1706.
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En sortant de Landau. Vermandois se retira à Strasbourg. Il servit sur le Rhin en 1705. Le lieutenant-colonel de Nocey s'empara avec 300 hommes du château de Werth et le démolit. Vermandois contribua aussi cette année à l'attaque des retranchements du général Tungen devant Lauterbourg, il perdit son major dans cette affaire (1).
Au commencement de 1 700, le régiment occupait Rheinzabern ; il participa cette année au secours du Fort-Louis et à la prise de Drusenheim. Le 2 juillet, sur la nouvelle que les Impériaux remontaient le Rhin, il fut jeté dans Lauterbourg; il contribua plus tard à l'expédition de l'île du Marquisat . Il suivit Villars en 1707 dans ses courses en Souabe et en Franconie. En 1708, il demeura sur la défensive le long du Rhin, et en 1709 il passa à l'armée de Dauphiné. A la fin de 1710, il se rendit en Espagne avec le duc de Noailles et fut employé au siège de Girone. Il demeura pendant les deux campagnes suivantes sur les Alpes, et en 1713 il retourna à l'armée du Rhin. Il participa celte année à la prise de Landau et de Fribourg, et en 1715 il fut réduit à un bataillon, comme avant cette guerre.
Pendant la guerre de la succession de Pologne, Vermandois fut employé en Allemagne. Il se trouva en 1 734 à l'attaque des lignes d'Ettlingcn et au siège - — • — ■ — — — _____ .
(l) Jii.m-Buptis'p de Nocey, lieutenant en 1673, major 15 novembre 1702, lieiiten.mt-colonel 18 février 1705, brigadier l»'féyier 1719.
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de Philisbourg, et en 1 735 au combat de Klausen (1 ).
Vermandois se mit en route en 1741 pour joindre Tannée du maréchal deMaillebois en Westphalie. Il restaà Paderborn jusqu'en juin 1 742 et se rendit alors sur la frontière de Bohême. Il fît la campagne d'hiver en Bavière embrigadé avec Limousin, et, après avoir contribué à la prise d'Elnbogen et de Kaaden, au secours de Braunau, à la défense de Landau et de Deckendorf, il eut ses quartiers d'hiver à Amberg. Le 17 mai 1743, il concourut à la défense de Dingolfingen, où le capitaine Berrat fut blessé, et il rentra en France au mois de juillet, laissant derrière lui un détachement renfermé dans Ingolstadt, et qui ne rejoignit qu'en octobre. Vermandois fut mis en garnison à Saarlouis. En 1744, il fit partie de l'armée de la Moselle, contribua au mois d'août à la défait; du général Nadasty sur les hauteurs de Savcrne, se trouva à l'attaque des retranchements de Suffelsheirn, et servit ensuite au siège de Fribourg, où il se distingua le 19 octobre, à l'attaque du chemin couvert. Après la prise de cette ville, il fui envoyé à l'armée du Bas-Rhin. 11 servit encore en 1745 sous le prince de Conti qui se tint sur la défensive, et l'an-
(1) Le colonel de Tourouvre, brigadier du 2 avril 1703, mourut le 1 er janvier 1706 et fut remplacé par son frère, auquel succéda le marquis de Saint-Paul, nommé brigadier le 1" février 1719, puis le comte de Lcsparre, depuis colonel de* Gardes Françaises et tué à Fontenoy, puis le duc de Rohao, passé en 1738 au régiment deveit'i Béarn, et le marquis de Clermont. qui quitta le corps en /740 et fut tué en 1742 à Prague.
née suivante, il passa en Flandre avec le comte d'Estrées, fit les sièges de Mons, Saint-Ghislain et Charleroi et combattit à Rocoux. Un ordre du 27 octobre rétablit son 2 e bataillon,
En avril 1747 , Vermandois remplaça à Namur le régiment des Arquebusiers de Grassin qui recevait Tordre de se porter en avant; il rallia lui-même en juin l'armée au camp de Tirlemont, combattit à Lawfeld dans la brigade de Soissonnais et prit part aux cinq charges successives dirigées contre le village de Lawfeld. Il passa l'hiver à Anvers. Chargé en mars 1748 d'escorter un convoi de munitions destiné à Berg-op-Zoom, il fut attaqué en route par des forces supérieures; il se comporta si bien que le convoi arriva le lendemain à sa destination et presque intact. Il servit ensuite avec Champagne au siège de Macstricht. Le 2 e bataillon fut réformé le 15 novembre de cette année, mais le régiment fut reporté à deux bataillons, le 10 mars 1749, par l'incorporation de l'ancien régiment de Vexin, créé en 1684 (1).
(1) M. de Rougé, qui commanda le régiment pendant la fin de cette guerre, fut fait brigadier 1" mai 1745, maréchal de camp 10 mai 1748 et lieutenant-général le 17 décembre 1759. II fut tué h Yillingshausen en 1761. Son successeur, le marquisdeThiuibrune, devint brigadier le 20 février 1701, maréchal de camp le 25 juillet 1702 et lieutenant-général le 5 décembre 1781.
Jean-Baptiste Joseph, chevalier de Grauimont-Vachères, capitaine au corps en 1710, major 13 mars 1737 et lieutenant-colonel 24 avril 1750, fut fait brigadier 23 juillet 1756 et maréchal de camp 20 février 1761.
Vermandois était en 1753 au camp de Saarlouis. Il passa en avril 1756 dans File de Minorque avec le duc de Richelieu, et se distingua le 27 juin à la prise d'assaut du fort Saint-Philippe de Mahon. Une compagnie de grenadiers était à l'attaque de gauche sur les redoutes de Strugen et d'Argyle ; l'autre faisait partie de l'attaque du centre sur la lunette Caroline et la redoute de l'Ouest. Le capitaine de Kerjean et le lieutenant de Charmont furent tués. Parmi les blessés sé trouvaient les capitaines de Chasteignier etEveillon et un lieutenant de grenadiers. Le régiment resta en garnison dans l'île de Minorque jusqu'à la paix.
La nouvelle organisation de l'infanterie du mois de décembre 1 762 l'avait affecté au service des ports et colonies. A sa rentrée en France il fut envoyé à Rochefort, d'où il fut, en mai 1 763, àBlayecl Bordeaux. 11 revint à Rochefort en avril 1764, passa à Brest en août 1765 et s'embarqua en octobre 1667 pour les Antilles. Après avoir successivement occupé les garnisons de la Guadeloupe, de la Martinique et de Saint-Domingue, il quitta celte dernière colonie en octobre 1769 et rentra à Brest le 28 novembre.
Rendu en 1770 au service de terre, Vermandois vint à Metz au mois de novembre, et depuis il est allé à Gravelines en octobre 1772, à La Rochelle en mai 1773, à l'île de Ré en mars 1774, à LaRochelle en juillet 1775, à Perpignan en mai 1776, à Béziers en octobre 1776 , à Montpellier en septembre 1777,
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à Marseille en avril 1778 et eu Corse au mois d'octobre de la même année. Il demeura en Corse pendant toute la durée de la guerre d'Amérique et rentra à Toulon le 10 mai 1784. Envoyé alors à Montpellier et Béziers, il fut à Perpignan en avril 1788, et se trouvait dans cette place quand la révolution éclata (1).
Vermandois mérita d'abord les félicitations de l'Assemblée nationale pour l'énergie qu'il mit à réprimer les émeutes des 10 et 11 mai 1790; mais quelques jours plus tard il se laissa entraîner, à la suite du régiment de Touraiue, dans les tristes événements qui agitèrent la garnison de Perpignan, du 19 mai jusqu'au 12 juin. On sait que le vicomte de Mirabeau, colonel de Touraiue, dominé par une fatale préoccupation, appela 200 hommes de Vermandois pour garder la maison où étaient déposés les drapeaux de son propre régiment. Les soldats de Vermandois, en apprenant la nature du service qu'on
(1) Voiei les noms des derniers officiers supérieurs do Vermandois parvenus au crade d'officier général.
Le comte de Malartic fut fait brigadier 3 janvier 1770, et maréchal de cnmp l ,r mars 1780. Le vicomte de Bernis obtint les mômes grades 1 er janvier 1784 et 9 nia; s 1788. Bernard-Joseph Charles de C'iasteignier de La Chatei^ueraye, enseigne en 1749, major 25 février 1763 et lieutcuaot-colonel 7 mai 1777, fut fait brigadier l ,r janvier 1784 et maréchal de camp 9 mars 1788.
Le colonel Chartogne était major au corps du 9 novembre 1788. Alcher, soldat en 1753, avait été fait sou^-lieutenant en 1776 et capitaine en 1791.
exigeait d'eux , cédèrent à l'indignation que leur inspirait un acte aussi humiliant pour Touraine, et se retirèrent. Après le départ de Touraine, Vermandois se trouva seul à Perpignan, encore avait-il de nombreux détachements dans les petites places voisines. Le soir du 5 décembre, il se trouva de nouveau en face d'une émeute terrible, pendant laquelle ses chefs firent preuve de beaucoup de sagesse et de fermeté. Vermandois quitta enfin Perpignan le 1 er juin 1791 pour se rendre à Béziers. En 1792, le 1 er bataillon fut envoyé à Gap et le 2 e retourna à Perpignan.
Le 1 er bataillon contribua en 1792, sous les généraux Anselme et Bru net, à la conquête du comté de Nice. Il se distingua particulièrement le 28 février 1 793 au combat de Sospello. Le colonel de Chartogne, d'une ancienne famille de braves, mérita l'éloge des généraux et une mention spéciale dans leur rapporta la Convention. Ce même bataillon fut bientôt envoyé en Corse, où le général Paoli avait commencé, avec l'aide des Anglais, une guerre à mort contre la République. Il contribua à la défense énergique que lit dans cette ile, avec une poignée d'hommes, le représentant du peuple La Combe Saint-Michel ; sa compagnie de grenadiers se couvrit de gloire à la prise du couvent de Farinole. Dans une lettre du représentant à la Convention, on lit ce passage : « Le 61 e régiment, ci-devant Vermandois, montre un courage et un patriotisme au-dessus de tout éloge. Aujourd'hui)' (20 pluviôse), venant de
Saint-Florent, j'ai trouvé des soldats de ce corps sortant moribonds de l'hôpital de Bastia et pleurant do crainte de ne pas se trouver à la bataille. » Le 22 pluviôse, une escadre anglaise tenta un débarquement dans le golfe de Saint-Florent ; cent grenadiers du 61% qui gardaient la tour de la Mortella, moutèrent avec le général Gentili dans une chaloupe canonnière et se rendirent à Néro pour prendre les Anglais entre deux feux. Ceux-ci, intimidés, se rembarquèrent à l'instant Le 1" bataillon de Vermandois, revenu sur le continent après la perte de la Corse, fut mis en garnison à Toulon et entra le 10 octobre 1794 dans la composition de la 121° demibrigade de bataille.
Le 2 e bataillon de Vermandois fit partie, en 1 793, de l'armée des Pyrénées-Orientales. 11 se fit remarquer le 31 août à l'affaire de Cornelia, où nos retranchements furent forcés par le marquis de Las Amarillas: il mérita, par sa bonne contenance dans la retraite, d'être cité par le général Ramel; mais il faiblit le 22 septembre, à la bataille de Truillas. Cerné complètement par l'armée espagnole et se croyant perdu, il cria, dit-on , vive le roi. Le général Dagobcrt le lit mitrailler, et profitant d'un moment d'hésitation des Espagnols, il parvint à le dégager et lui fit faire sa retraite en bon ordre. Ce bataillon n'a été amalgaméquele 19 juin 1795 dans la 122* demi-brigade.
Les drapeaux de Vermandois étaient jaune, rouge, vert, et violet. Son ancien uniforme se distin-
guait par la vesle bleue, les parements et le collet rouges, et les boutons et galon de chapeau jaunes. Il avait de chaque côté de l'habit deux poches en long, garnie chacune de six boutons de deux en deux; il y avait trois boutons sur la manche. En 1763, son costume fut entièrement blanc, avec le collet vert de Saxe e.t les boulons jaunes. Le règlement de 1776 lui donna les revers et parements rouge piqué de blanc, le collet aurore et les boutons j aunes.