‹ Histoire de l'ancienne infanterie françaiseChapitre 35 sur 46 · de SONNEMBERG (Jacques-Antoine), 26 décembre · texte numérisé non relu

de SONNEMBERG (Jacques-Antoine), 26 décembre

Ce régiment, le troisième des quatre régiments SU1SS6S admis à la solde de la France le 17 février 167.2 , échut en partage à M. de Salis-Zizers, et fit ses premières armes en 1673 au siège de Maëstricht. Le 28 septembre il fut mis en garnison à Grave. 11 combattit à Séneff en 1674 et y perdit le capitaine Sûry à l'attaque du village de Fay. On le trouve au mois de mai 1676 au siège de Bouchain et ensuite à

celui d'Aire. En mars 1677, il est au siège de Valenciennes , et le 28 du même mois il ouvre la trancliée devant Cambrai avec les Gardes. Il sert en 1678 aux sièges de Gand et d'Ypres, et ce fut lui qui prit possession d'Ypres le jour de la capitulation.

En 1684, Salis fait partie dé l'armée qui couvre le siège de Luxembourg. Il se trouve en 1689 au combat de Walcourt et se distingue Tannée suivante à la bataille de Fleurus. Il y perd un capitaine; le colonel, trois capitaines et cinq lieutenants y sont blessés (1).

Le régiment, sous le nom de Porlier, avait en 1691 ses quatre bataillons au siège de Mons. Il se distingua extrêmement à l'assaut du 7 avril, où un aide-major et un lieutenant reçurent des blessures. Mons se rendit le lendemain. Un bataillon y resta en garnison ; les trois autres assistèrent au combat de Leuze et passèrent l'hiver à Courtrai. L'année 1692 fut glorieuse pour les Suisses. Porlier débuta par le siège des ville et châteaux de Namur ; une compagnie de grenadiers s y distingua le 22 juin à l'assaut du Fort-Guillaume. Le 3 août fut livrée la bataille de Steenkerque où le corps s'acquit une gloire immortelle. 11 arriva des premiers au secours do Bourbonnais. Le colonel Porlier le plaça dé façon à boucher

(1) M. de Salis-Zizers, du canton dee Grisons, brigadier 24 février 1676 et maréchal de camp 24 août 1688, mourut le 16 octobre des *uites de sa blessure. Son successeur, Perliéf, éUH de Berne.

une trouée par laquelle l'ennemi allait percer et donna le temps aux Gardes Françaises et Suisses d'arriver sur ce point dangereux. Ce fut la généreuse résistance du corps qui décida la victoire, mais le colonel y fut tué en faisant des actions d'une rare intrépidité. « J'y envoyai, dit le maréchal de Luxembourg dans son rapport, la brigade de Porlier qui marche de fort bonne grâce ; elle reçoit un si grand feu que nous trouvâmes tous que c'étoit toujours beaucoup à ce régiment de se soutenir en plaine, quoiqu'il n'avançât pas autant que nous l'aurions désiré. Le pauvre colonel agit à son ordinaire pour mener son régiment comme il le vouloit, et tout le monde en fut fort content; mais malheureusement il fut tué, et, malgré sa perte, Salseguaibre (Saltzgeber), son lieutenant-colonel, tint si bien le régiment en cette place qu'on ne s'aperçut point de la perte qu'il avait faite. » Outre le colonel, le corps perdit huit officiers et 93 hommes. Le nombre des blessés monta à 276 hommes, dont 16 officiers, parmi lesquels se trouvait le capitaine de Bettens, depuis colonel.

Le régiment, passé aux ordres de M. de Reynoid (1 ), assista encore cette année au bombardement de Charleroi. Il commença la campagne de 1693 par ie

(i) Le cobnel Reynoid et son successeur, le colonel Castellas, sout parvenus, le premier à la tête du régiment des Gardes Suisses, et le second à la charge de lieutenant-colonel du même corps.

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siège d'Huy et combattit avec la plus grande distinction à Neerwinden, le 29 juillet. Il participa à la première attaque de ce village à neuf heures du matin et y perdit le capitaine Roch de Wallier. Le colonel et le capitaine de Bettens y furent blessés. Reynold fit au mois de septembre le siège de Cliarleroi. 11 prit part jusqu'en 1696 à toutes les opérations de l'armée de Flandre et passa au camp de Deynse les deux dernières campagnes de cetteguerre.

11 servit encore sur cette frontière en 1701, et, le 11 juin 1702, on le trouve sous le nom de Çastellas à la défaite des Hollandais sous les murs de Nimègue. Après cette affaire, il fut mis en garnison dans la citadelle de Liège, où la presque totalité du corps se laissa surprendre au mois de novembre , fut faite prisonnière de guerre et conduite en Hollande. Le plus grand nombre des prisonniers parvint à s'échapper au commencement de 1703 et le régiment

se rétablit au mois de mai à Cambrai. Il se rendit de

là à Anvers, où le roi lui fit donner des armes. Il servit en 1 704 aux sièges d'Huy et de Liège, fit partie du camp de Tirlemont et entra ensuite dans les lignes de Namur où il passa l'année 1705. L'année suivante il combat à Ramilics, deux officiers y sont tués et le lieutenant-colonel de Bettensétait parmi les blessés. Çastellas commence la campagne de 1707 eu Flandre au camp de Gemblours; il part de là pour aller au secours de la Provence envahie par les Autrichiens et les Piémontais. Dès son arrivée, il est

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jeté dans Toulon dont le siège est levé dix jours après. 11 poursuit l'ennemi dans sa retraite jusqu'à Nice et passe l'hiver dans cette ville. En 1708, une partie du régiment est placée à Briançon ; le reste opère sur les Alpes et contribue, le 1 5 août, à chasser les Alliés d'Exilés et du col d'Argeville. Castellas demeure sur cette frontière jusqu'en 1712, sous les ordres du maréchal de Berwick, défendant les passages des montagnes depuis Grenoble jusqu'au Var. A la fin de 1 71 2, le gros du régiment était à Colmar, lorsqu'il reçut l'ordre de partir pour la Catalogne, où Girone était sérieusement menacée. II contribua à la levée de ce siège au mois de janvier 1713 et fit toute cette campagne en Catalogne sous le comte de Fiennes. Elle se passa en escarmouches avec les guérillas. En 1714, les trois bataillons firent le siège de Barcelone, où périrent le major et cinq autres officiers : quatre y furent blessés. Le lieutenant-colonel de Bettens , quoique dangereusement malade , se fit porter sur la brèche le jour de l'assaut. Castellas revint en 1715 en Provence et fut réduit à deux hataillons.

Castellas fut employé , en 1 7 1 9, à l'armée d'Espagne. Il contribua à la prise de Fontarabie, de Castelléon et de Saint-Sébastien et commença le siège de Boses, qui fut abandonné à cause du mauvais temps. Cette guerre n'eut pas de suite. Le régiment, devenu Bettens (1), se trouvait en 1725 à ^

(i) Betteng, ^canton de Berne, est détenu plus tard colonel du 4" régiment juiase.

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Strasbourg, lors de l'arrivée de Marie Lekzinska. Il a fait sur la rive gauche du Rhin les trois campagnes de la guerre de la succession de Pologne.

Quand s'ouvrit la guerre de la succession d'Autriche, le régiment portait le nom de Monnin (I). Il servit d'abord à la défense des frontières de Flandre, et fut mis en 1 742 en garnison à Saint-Omer. En 1743, il fut dirigé sur le Palatinat, et il fit la campagne avec les Gardes Suisses à la garde du pont de Rhein-Emkheini près de W'orms. Envoyé ensuite à Landau, que les ennemis menaçaient, deux compagnies de grenadiers et deux piquets exécutèrent le 23 novembre, avec un détachement du régiment de Condé, un beau coup de main sur les magasins que l'armée autrichienne avait à Ettingen de l'autre côté du Rhin. En 1744, Monnin continua de tenir garnison à Landau jusqu'à l'arrivée du roi, qu'il suivit au siège de Fribourg. Passé en Flandre en juin 1745, il fit -le siège d'Audenaërde. En janvier 1746, il se rend au siège de Bruxelles, où il occupe le faubourg de Flandre; il fait ensuite le siège de Mons sous les ordres du prince de Conti, rejoint l'armée du roi devant Namur, est posté entre la Sambre et la Meuse, contribue à la prise du fort d'Orange, et enfin assiste sans combattre à la bataille

(1) Monnin, lieutenant-colonel au corps 4 août 1722, biïgad er I* août 1734, maréchal de camp 1 er janvier H40 et lieutenant-général i" mai 1745. 11 était de Neufchâtel.

de Rocoux. En avril 1747, il fait partie du corps expéditionnaire du comte de Lowendhal, participe à la prise de rÉchse, du Sas de Gand où le capitaine Petitot a une jambe emportée par un boulet , et du fort Philippine; il rallie ensuite l'armée du roi au camp de Tongres et se couvre de gloire à la bataille de Lawfeld. 11 attaque, avec Bettens, le village de Lawfeld jusqu'à six fois, et a plus de la moitié de son effectif mis hors de combat. Le lieutenant-colonel Marquis (1) y est mortellement frappé. Le 29 août, deux bataillons quittent le camp de Tongres pour se rendre au siège de Berg-op-Zoom. Après la prise de cette place, qui coûta la vie au capitaine Malliardoz, le régiment se met en route à marches forcées pour Calais que semblait menacer une escadre anglaise. Monnin fait la campagne de 1748 sur les côtes de Normandie, ayant son principal quartier à Caen, où il se rétablit des pertes qu'il a éprouvées à Lawfeld et Berg-op-Zoom. En 1754, on le voit au camp d'Alsace.

En 1756, il prend le nom de Reding (2) et en mars 1757, il se rend par Liège et Stokheim à l'armée du maréchal d'Estrées. 11 se trouve le 24 juillet à la bataille d'Haastembeck, où le capitaine Biltner

(1) Louis Marquis, nommé lieutenant-colonel 5 août 1739 et brigadier 2 mai 1744.

(2) Reding, du canton de Schwitz, capitaiue au corps en 1719, lieutenant-colonel 29 octobre 1747, brigadier 10 mai 1748. maréchal de camp 20 février 1761.

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et un lieutenant sont blessés; il accompagne ensuite le maréchal de Richelieu dans 6on expédition de Hanovre. Il contribue à la prise de Minden et de Hanovre et reste en repos au camp d'Halberstadt jusqu'au 7 octobre. Il quitte alors l'armée de Richelieu pour aller renforcer celle de Soubise et se trouve ainsi, le 5 novembre, à la malheureuse bataille de Rosbach. 11 y perdit le lieutenant Muller, et parmi ses nombreux blessés se trouvaient les capitaines Reynold, Montaudon, Schatzel, Wiltz et six lieutenants. Reding servit en 1758 sous le comte de Clermont et acheva de se ruiner le 23 juin à la bataille de Créfeld. Rentré alors en France, il fut mis en garnison à Huningue, où il était à portée de recevoir des recrues.

On voit le régiment, devenu Pfifter (1), en garnison à Colmar à la fin de 1762. Il passe de là à Phalsbourg en mai 1763, puis à Bitche en août 1765, à Tours en avril 1766, à Verdun en décembre 1766, à Metz en août 1767 et à Saarlouis en octobre 1768* Ce lut peu après qu'il devint la propriété de M. de Sonnemberg, son dernier colonel (2), qui le conduisit l'année suivante au camp de Yerberie.

(1) Pfiffer de Wyher, de Lucernr, est parvenu le 20 avril 1768 au grade de lieutenant-général.

(2) Sonnemberg, de Lnceme, a été nommé brigadier 12 novembre 1770, et maréchal de camp 5 décembre 1781. Joseph Ulrich Goldlin deTieffenau, lieutenanl-colonel 26 décembre 1768, fut fait brigadie r 5 décembre 1781 et maréchal de camp 0 uuua 1788.

Après ce camp, il se rendit au Forl-Louis du Rhin en août 1769, et de là à Aire en janvier 1771, a Douai en avril 1772, à Condé en octobre 1772, à .Douai en août 1 774, àMontmédy en novembre 1774. à Besançon en octobre 1776, à Antibes et Monaco en octobre 1778, à Toulon en décembre 1778, à Bastia et Saint-Florent -en juillet 1779. Il ne revint à Toulon que le 28 avril 1784 et fut immédiatement dirigé sur Mont Dauphin. Il occupa la garnison de Marseille en octobre 1787, et en avril 1788 il vint à Besançon, d'où il passa au mois de juin suivant à Grenoble.

Sonnemberg fut dirigé, en septembre 1789, sur Lyon, où la présence des soldats suisses excita une vive fermentation. Les choses arrivèrent à un tel point que le régiment fut obligé de se retirer dans ses casernes et d'y demeurer consigné. Cependant il se concilia bientôt l'amitié des Lyonnais par une démarche spontanée, dont on le loua fort dans le temps. « Le 9 février 1790, vingt soldats, députés par leurs camarades, se rendirent, sans armes, au magasin à poudre gardé par la milice nationale, et là, s'adressant aux officiers et soldats de cette garde, avec l'enthousiasme de l'honneur et du dévouement ; Nous venons, dirent-ils, au nom de nos camarades, vous annoncer que si, pour la défense de votre poste, il vous arrive d'avoir besoin de secours, nous nous offrons avec transport. Le plus beau moment pour uous serait celui où nos services ne laisseront plus

douter à celte ville que nous méritons votre estime,

votre confiance et votre amitié » A la suite de

cette démarche, le meilleur accord s'établit entre Sonnemberg et la milice citoyenne. Cela dura jusqu'au 26 juillet. Ce jour-là, la démission du commandant de la garde nationale causa dans Lyon une émeute terrible ; le peuple força les postes de l'arsenal, et le régiment fut requis par la municipalité de marcher à la défense des lois. Les défenseurs de la loi sont en France souvent considérés comme des ennemis. Sonnemberg en fit l'expérience : il rétablit la paix et la tranquillité dans la ville de Lyon et recueillit pour récompense la haine des habitants. Bientôt les troubles d'Avignon vinrent "donner au régiment une autre occupation. Le 2" bataillon quitta Lyon, le I e * juin 1791, pour se rendre à Pierrelatte, et fit partie du premier corps assemblé pour mettre un terme aux abominables désordres qui désolaient le Comtat venaissin et surtout les villes d'Avignon et d'Orange. Il demeura que'que temps dans cette dernière ville et la quitta au mois de septembre pour se rendre à Metz où arrivait en même temps le 1 er bataillon parti de Lyon.

Sonnemberg fut mis en garnison à Saarlouisen mai 1792, il comptait dans l'armée du Centre, et ce fut dans cette ville que son licenciement fut opéré quatre mois plus tard.

Les drapeaux d'ordonnance de ce régiment présentaient dans chaque carré quatre flammes ondées,

deux jaunes et deux noires. Le Médaillon de 1771 donne un autre drapeau, dans lequel chaque carré était partagé en sept flammes , une blanche au milieu, puis de chaque côté, en s'éloignant, une rouge, une blanche et une bleu céleste.

L'ancien uniforme consistait en : un habit garance, collet, veste, parements et culotte bleus, boutons blancs, pattes ordinaires garnies de cinq boutons et boutonnières; trois sur la manche; l'habit et la veste avaient des boutonnières bleues des deux côtés ; chapeau bordé d'argent.

Vers 1760, le régiment avait les parements, les revers et le collet bleu céleste, avec la doublure, la veste et la culotte blanches. En 1770, le bleu de roi remplaça le bleu céleste.

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