‹ Histoire de l'ancienne infanterie françaiseChapitre 36 sur 46 · deCASTELLAS (Rodolphe), 14 mars · texte numérisé non relu

deCASTELLAS (Rodolphe), 14 mars

Le régiment de Pfiffer, le dernier des quatre levés par les soins de Pierre Stuppa, fit la campagne de 1672 en Hollande. Complété Tannée suivante par l'incorporation de quelques détachements qui excédaient l'effectif des Gardes Suisses, il servit au siège de Maëstricht. Après la prise de cette place , il fut envoyé à Utrecht, qu'il évacua le 27 octobre pour se rendre à Nimègue. Il fit partie en 1674 de l'armée

du prince de Condé et combattit à Séneff, où le colonel Pfifler (1) fut blessé à l'attaque du village de Fay. En 1675, il était de l'armée d'observation qui couvrit Jes sièges de Dinant, Huy etLimbourg. En 1676, il prit part, sous les ordres du roi , aux sièges de Condé, de Bouchain et d'Aire. L'année suivante, Pfifler servait sous les ordres du duc d'Orléans. 11 ouvrit la tranchée devant Saint-Omer, dans la nuit du 4 au 5 avril, avec Navarre et Touraine, et se trouva le 1 1 à la bataille de Cassel. Sa brigade était placée au centre de la 2 e ligne et s'y distingua beaucoup. Le régiment ne perdit qu'un lieutenant, mais il eut beaucoup de blessés, parmi lesquels se trouvaient les capitaines Bogeli, Markdossi et Aëth et trois officiers inférieurs. Le régiment acheva le siège de Saint-Omer et contribua encore cette année à la prise de Saint-Ghislain. Il débuta en 1678 parle siège de Gand, qui fut suivi de celui d'Ypres, et combattit avec valeur à Saint-Denis.

En 1683, Pfîffer fît partie de l'armée de Flandre. 11 contribua au mois de novembre à la prise de Courtrai et de Dixmude et passa l'hiver à Courtrai. L'année suivante il couvrit les opérations du siège de Luxembourg. 11 servit en .689, sous le maréchal d'Humfères, et assista au combat de Walcourt. En

(I) Pliffer de Wylter , de Lucerne , fut fait brigadier 25 février 1677, et maréchal de camp 24 août 1688.

1690, sous le nom de Hessy (1), il se distingua à Fleuras. Il fit en 1691 le siège de Mous et passa en 1692 à l'armée que Callinat commandait sur les Alpes. Il fut d'abord mis en garnison à rignerol, qu'il défendit énergiquement pendant les mois de juillet et d'août 1693. Après la levée du siège, il sortit de celte place pour rallier l'armée et il assista à la bataille de la Marsaglia. En 1094, Cattinat l'employa à la j arde des défilés' des Alpes. Au mois de novembre deux bataillons rentrent dans Pignerol ; ils y sont rejoints par les deux autres en 1096, et après la signature des préliminaires de la paix avec le duc de Savoie, le régiment est dirigé sur la frontière de Flandre, où il fait le siège d'Ath en 1697.

Hessy fut rappelé en 1701 à l'armée de Flandre. 11 travailla cette année aux lignes d'Anvers. En 1702, il concourut à la défaite des Hollandais à Nimègue et à la prise de la Chartreuse de Liège. Il prit ses quartiers d'hiver dans le pays de Waës, et en. 1703, il combattit avec éclat à Eckeren. En 1704, après les revers de l'armée d'Allemagne, il courut vers le Rhin et jeta ses 2 e et ? e bataillons dans Landau. Ces deux bataillons s'acquirent beaucoup de gloire à la défense de Landau : le capitaine Buffel se fit surtout remarquer en défendant avec sa compa-

(1) Hessy, du ranton de Glaris, est devenu brigadier 30 mari 1693, maréchal de camp 23 décembre 1702 etlieuten.int-géuéral26 octobre 1704.

gnie la lunette de la porte de France. Après la capitulation de Landau, les 2' et 3 e bataillons furent mis en garnison à Phalsbourg et Sarrebourg : le 1 er était retourné en Flandre. En 1705, le régiment tout énticr fut envoyé à l'armée que le maréchal de Tessé commandait en Espagne. Hessy fut employé au siège de Gibraltar qu'on fut obligé de lever, marcha au secours de Badajoz et contribua à en faire lever le siège. En 4706, il servit sous le maréchal de Berwick. Détaché seul au mois d'octobre, il força la garnison de Cuença, composée de 2,000 hommes, à se rendre prisonnière de guerre. 11 participa ensuite à la prise de Garthagène. Il était Tannée suivante à la bataille d'Almanza et à la soumission du royaume rie Valence. En 1708, on le trouve à la prise de Lérida et de Tortose et à la canonnade de Puente-Major. Il prit part, en 1709, à la défaite du général Franckemberg près deGirone, et il passa ensuite dans le Languedoc, d où il retourna en Flandre en 1710. Le régiment se distingua fort en 1712 à l'attaque de Denain et au siège du Quesnoy , où il perdit le capitaine de Ballhazard. Ses trois capitaines de grenadiers furent blessés le 17 oclobre à Tatlaque du chemin couvert et de la lunette de Bouchain. En 1713, Hessy se rendit sur le Rhin et contribua à la reprise de Kayserslautern et de Landau. Le lieutenant La Harpe fui tué devant Landau.

La guerre ayant éclaté, en 1719, entre la France et l'Espagne, Hessy fut envoyé sur les Pyrénées et fit

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les sièges de Fontarabie et de Saint-Sébastien. H demeura ensuite longtemps dans le Midi , faisant partie du cordon sanitaire qui enveloppait Marseille. Il prit le nom de Burky en 1729 (1).

En décembre 1733, Burky quitte ses quartiers du Roussillon pour être cantonné dans différentes villes du Languedoc. H s'embarque à Toulon, le 8 novembre 1734, pour aller renforcer l'armée d'Italie, qu'il joint à Modène le 1 3 janvier suivant. H occupe d'abord divers postes dans le Modenaisetle Mantouan, et passe enfin le Mincio le 18 juin à Goïto. Après la dispersion des troupes impériales, il fut mis en garnison à Guastalla, où 1,300 hommes lui furent enlevés par la fièvre. Il quitta cette ville le 22 avril 1736 pour rentrer en France, el fut établi à Perpignan , Colliourc et Montlouis. En 1 738, il fut envoyé à Embrun ; il portait alors le nom de Tschudy.

Devenu Vigier (2) en 1740, le régiment quitta Embrun en 1742 pour se rendre dans les environs de Toulon qu'inquiétait la présence d'une flotte anglaise. Il fit, en 1743, partie de l'armée des Alpes et

(1) Burky, de Fribourg, avait été lieutenant-colonel au corps et devint brigadier le 1 er février 1719. Son successeur Tschudy était du canton de Glaris.

(2) Vigier, de Soleure, sortait do» Gardes; il fut fait brigadier 1 er janvier 1740, maréchal de camp 2 mai 1744 et lieutenant-général 10 mai 1748. Jean Alexandre, chevalier de Ballhazard, cadet en 1706 et lieutenant- -olonel 26 octobre 1738, fut fait brigadier 2 mai 1744 et maréchal de camp l fr janvier 1748.

se trouva ., le 5 octobre , à l'attaque des retranchements de La Chenal et du village de Pont, que l'ennemi abandonna pour conserver la position de la evée de Villarette. Le régiment bivouaqua trois nuits pour attaquer l'ennemi, perdit beaucoup de monde par le canon des retranchements et fut obligé de se retirer le 10, la neige et les tempêtes ayant fait échouer l'entreprise. Il vit encore ses rangs s'éclaircir pendant la retraite et surtout au passage du col de Saint-Véran, où 200 hommes moururent de froid. H se retira à Guillestre et Montdauphin où il passa l'hiver. L'année suivante, Vigier tenta plusieurs fois de pénétrer dans le comté de Nice par Vitelle; mais n'ayant pu en venir à bout, il essaya de franchir le Pallion, torrent que les pluies grossissaient en ce moment à vue d'œiL Le 1 er bataillon réussit à toucher l'autre bord; mais le 2 e fut complètement arrêté. Trois enseignes, qui s'étaient lancés dans le torrent pour exciter les soldats, disparurent dans le torrent ; on ne retrouva leurs drapeaux que le lendemain à la grille de Nice. Plusieurs 6oldats furent aussi noyés. Le passage fut alors remis à la nuit du 19 au 20 avril, et le régiment déboucha enfin par le Monte-Grosso. Le jour même, et par des chemins réputés inaccessibles, il attaqua les retranchements de MoiOalban et de Villefranche* Il contraignit l'ennemi de rentrer dans ses lignes qu'il avait quittées pour marcher au-devant des troupes françaises, et il l'eût totalement défiait, si les munitions ne lui eussent

manqué. Les Piémontais s'en aperçurent, et par un feu des plus vifs ils forcèrent Vigier à abandonner le terrain et à regagner le Pallion. Le régiment eut dans cette affaire quatre officiers tués, cinq blessés et 300 hommes mis hors de combat. Le colonel, en tombant d'une roche, se blessa dangereusement au genou. Le prince de Conti consola le corps de son échec en lui prodiguant des éloges mérités et le renvoya en Provence pour s'y refaire.

Vigier tenta de rejoindre l'armée pendant le siège de Coni, mais l'état des chemins, la rupture des ponts et le débordement des eaux lui opposèrent des obstacles insurmontables. Si les officiers n'eussent pris à temps le parti de rétrograder, le régimentétait perdu. Un quart d'heure après son départ, le terrain qu'il occupait était cerné par les eaux et submergé. Ce ne fut qu'à grand'peine qu'il put regagner Saint-Paul en Provence. Quelque temps après, il essaya encore une fois de passer, mais aussi inutilement que Ja première fois. Le prince de Conti lui expédia alors l'ordre de se rendre à Levenzo dans le comté de Nice, et d'observer les débouchés des Alpes de ce côté-là. Il fut rejoint dans cette position, au mois de novembre, parle 3* bataillon remis sur pied cette année à Embrun.

Le 25 janvier 1745, Vigier quitta encore le comté de Nice pour repasser le Var. Le i 9t bataillon fut placé à La Ciotat, le 2 e à Hyères et le 3 e à Ollioules. Ce dernier fut renvoyé, au mois de mai, à Vintimiglia

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et s'empara le i" juillet du château de Dolce-Aqua et du poste d'Isoia que les Piémontais avaient occupés. Le 15 avril 1746, ce même bataillon quitta Yintimiglia pour une expédition sur les bains d'Acqui dans le Montferrat et il y fit 100 prisonniers. Le 30 avril, tout le régiment fut réuni à Rivalta diBormida à l'armée du maréchal de Maillebois et prit part au siège d'Acqui. Après la conquête de cette place, le 3 e bataillon retourna à Vintimiglia. Les deux premiers se trouvèrent, le 1 0 août, à la bataille de Tidone et s'y couvrirent d'une gloire immortelle, en arrêtant l'ennemi qui espérait détruire l'armée française en retraite, au moment où elle voudrait franchir la rivière du Tidone. Pressé par les Autrichiens sur la voie romaine, qui conduit àCastcl San-Giovanno, Vigier leur tint tête pendant cinq heures et supporta seul sur ce point l'effort de l'ennemi, jusqu'au moment où il reçut l'ordre de se retirer, ce qu'il fil en bon ordre. Cette bataille, qui fut suivie de l'évacuation complète de l'Italie, coûta au régiment 500 hommes tués ou blessés. Le lieutenant-colonel de Balthazard y fut blessé et eut un cheval tué sous lui.

Le régiment ^e retira à Saint-Laurent du Var et de là en Provence. Le 3* balaillon, renfermé dans le château de Vintimiglia, fut obligé de capituler le 23 octobre. Trois jours auparavant, il avait repoussé un assaut et tué 500 hommes aux Alliés. « La résistance qu'a faite cette garnison, dit une relation contemporaine, e6t des plus belles, et fait le plus grand

honneur au bataillon, qui y perdit H 8 hommes sur 300, et à son brave commandant, le capitaine Dieflenthalcr. »

En février 1747, le régiment, après avoir formé un bataillon de guerre de 700 hommes, qui fut envoyé au secours de Gênes, partit pour Besançon où il devait faire des recrues. Il en revint au mois de mai, campa d'abord à Hyères, puis passa dans le comté de Nice et s'embarqua le 8 octobre à Villefranche pour se rendre à Gènes. Mais assailli en mer par une bourrasque, il fut jeté dans l'île de Capraïa où il faillit mourir de faim. Il aborda enfin à Sestri di Levante et y passa l'hiver, chargé de la garde de la rivière de Gênes et du golfe de la Spezzia. 11 était en 1748 à Chiavari, lors de la publication de l'armistice qui précéda la paix. 11 se rendit alors à Nice et vint le 14 décembre, par mer, à Antibes, sauf trois piquets qui passèrent en Corse, où ils demeurèrent jusqu'en 1751. Vigier fut envoyé cette dernière année à Lyon et plus tard à Beifort et à Lille.

En 1757, sous le nom de Gastellas (1), le régiment fait partie de l'armée d'Allemagne. Il contribue à la

(1) Castella-s de Fribourg, était entré cornue cadet dans Betlens en 1723. 11 est devenu brigadier l« r mai 1745, maréchal de camp iO mai 1748 et lieulenant-géuérul 47 décembre 1759. 11 a eu pour lieutenants- colonels: Pierre Girardier, cadet en 1705, lieuteoantcolonel 19 octobre 1749, brigadier 1 er mai 1758; Nicolas Hermann Kloim, enseigne en 1749, major 19 novembre 1747, lieutenant-colonel 23 mars 17tfî, et maréofaal de cwnp 3 janvier 1770; et Antoine

prise de Wesel et y reste en garnison. Il joint vers la fin de la campagne l'armée du prince de Soubise et se trouve à la bataille de Rosbach. Le capitaine Dieffenthaler y est blessé et fait prisonnier, Le capitaine de grenadiers Reich et le lieutenant Muller y sont tués. Parmi les blessés on compte le capitaine Waldner et un lieutenant. Le régiment revient à Wesel et y passe l'hiver. En avril 1758, il est cantonné autour de Dusseldorf et rentre encore daus Wesel. En 1759, il combat à Bergen et reprend sa position à Wesel où il est bientôt attaqué par le prince héréditaire de Brunswick. Il y fait une vigoureuse résistance et donne le temps au marquis de Castries de venir à son secours. Le 10 juillet 1760, la brigade de Castellas est une de celles qui montrent le plus d'intrépidité à Corbach. Le régiment se signale encore cette année à l'affaire de Clostercamps. Le 13 septembre 1761, les grenadiers et chasseurs réunis se distinguent au combat de Neuhaus.

A la paix, Castellas fut mis en garnison à Belfort, d'où il est allé à Besançon en octobre 1764 et au camp de Cornpiègne au mois d'août 1766. Revenu à Belfort après ce camp, on l'envoya depuis à Grenoble en août 1768, à Avignon en mai 1769, en Corse en octobre 1770, à Toulon en septembre 1773, au Fort-

dc Castellas de Montagny, capitaine en 4760, lieutenant-colonel 14 février 1773, brigadier i n mars 1780 et maréchal de camp 1" janvier 1784.

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