‹ Histoire de l'ancienne infanterie françaiseChapitre 4 sur 46 · CHEVALLIER ( Pierre ), 12 juillet · texte numérisé non relu

CHEVALLIER ( Pierre ), 12 juillet

Ce régiment, créé par ordonnance du 12 juillet 1667, prétendait rattacher son histoire à celle d'un autre beaucoup plus ancien qui avait été licencié en décembre 1658.

La famille de Sainte-Maure avait, en effet, un ré-

giraent d'infanterie dès l'année 1627 au siège de La Rochelle. Ce premier régiment, qui portait aussi le nom de Jonzac, avait été licencié presque aussitôt après sa formation pour s'être conduit d'une manière peu brillante contre une sortie des Rochelais. Les comtes de Jonzac le rétablirent sur un meilleur pied pour les différentes guerres qui remplirent le règne de Louis XIII et le commencement de celui de Louis XIV. Les services qu'il rendit pendant cet intervalle ne purent le sauver de la dure réforme qui suivit la bataille des Dunes : il est cependant probable, d'après l'usage observé à cette époque, que le comte de Jonzac put conserver la compagnie qui lui appartenait, et que cette compagnie, employée de 1658 à 1667 comme garnison, devint le noyau du corps dont nous allons parler.

Jonzac fit sa première campagne l'année même de sa création ; il assista aux sièges de Tournai , de Douai et de Lille. Au commencement de 1668, il contribua à la soumission de la Franche-Comté et fut ensuite réduit à quatre compagnies, qui, en 1669, firent partie du secours envoyé aux Vénitiens dans l'île de Candie. Le régiment s'y fit remarquer par sa brillante valeur. Chargé de la défense du poste de la Sabionera, il s'y maintint contre toutes les attaques. A la fameuse sortie du 25 juin, le major de Marans se fit tuer , le colonel de Jonzac et le lieutenant-colonel de Villiers furent blessés, ainsi que le capitaine de Nanclas, qui tua deux Turcs de

sa main. Quelques jours après, l'ennemi vient l'assaillir en plein raidi du côté de Saint-André, où il était de garde. Les postes avancés sont d'abord surpris et emportés; mais le comte de Jonzac (1) rassemble sa réserve, fond avec elle sur les Turcs, tue tous ceux qui avaient pénétré dans les postes et repousse les autres jusque dans leurs travaux.

Le 21 juillet, le régiment fit encore des merveilles à la défense de la Sabionera. Il y perdit 60 hommes ; deux capitaines et deux lieutenants furent dangereusement blessés (2). Lorsque la flotte française s'éloigna, Jonzac fut du petit nombre de troupes laissé dans l'ile, et il ne quitta Candie pour revenir en France qu'au mois d'octobre , après la capitulation des Vénitiens.

Porté en 1671 à seize compagnies, Jonzac fait la campagne de 1672 en Hollande, et se trouve à tons les sièges entrepris par le roi en personne. Il entra ensuite dans Grave, où il demeura en garnison jusqu'en 1674. H contribua à la belle défense de cette place par M. de Chamilly et joignit, en sortant de Grave, le prince de Condé sous les ordres duquel il combattit à Séneff. 11 participa, en 1675, à la prise <f Huy, qui se rendit le 6 juin : il y fut laissé en gar-

(1) Le comte de Jonzac fut fait brigadier le 15 avril 1672, et céda le régiment à son neveu en 1677.

(2) L'un des deux capitaines était lsaac Laisné de Nanclas, qui devint lieutenant-colonel du corps le 28 octobre 1684, et qui parvint, en 1704, au grade de lieutenant-général.

nison. Un de ses capitaines, nommé du Buisson, y fut roué vif le 17 décembre pour avoir tramé une conspiration dont le but était d'égorger la garnison et de livrer la ville aux Espagnols. Après cette malheureuse affaire, les seize compagnies du régiment furent envoyées à Maëstricht, qui allait être assiégé. Le 8 mai , le lieutenant-colonel de Limport-Lussan est détaché avec 500 hommes pour se saisir du château de Blumenthal sur la Roèr, entre Ruremonde et Licknick. Il accomplit sa mission et rentre dans , la place. La défense de Maëstricht est un des plus beaux titres de gloire du régiment. Le 2 août, le lieutenant-colonel de Limport fait une vigoureuse sortie à la tête de 400 hommes , et renverse les travaux du prince d'Orange. Le 6, une nouvelle sortie que Jonzac exécute en commun avec Picardie est également couronnée d'un plein succès. Le capitaine de Remondis y est mortellement blessé. Le i 1 , le régiment défend avec acharnement le chemin couvert. 11 parvient à repousser les assauts de l'ennemi , mais il a la douleur de perdre son brave lieutenant-colonel et le capitaine Brévillet. Le prince d'Orange leva le siège le 27 août, et le roi voulut que les corps qui avaient si bien défendu Maëstricht en conservassent la garde. Le régiment ne prit donc aucune part aux dernières campagnes de cette guerre. 11 évacua Maëstricht au mois d'août 1678, se rendit d'abord à Mons et joignit ensuite à Verdun le maréchal de Schomberg. Il quitta Verdun en octobre et alla

prendre ses quartiers d'hiver sur les confins de l'Alsace et de la Franche-Comté.

On le trouve en 1684, sous le nom de Sainte- Maure, à la petite armée que le maréchal de Bellefonds commandait en Catalogne. Il se couvrit d'une gloire immortelle, le H mai, au passage du Ter à Puente-Mayor. Pendant qu'une partie de l'infanterie franchissait la rivière au gué de Madignan, le régiment attaque Puente-Mayor et se rend rapidement maître des maisons situées à l'entrée du pont ; mais la barrière qui était au milieu fut disputée avec acharnement; elle était terrassée et palissadée. Enfin, le lieutenant-colonel de Calvera monte sur le garde-fou du pont et passe, sous la fusillade et suspendu sur l'eau, de l'autre côté de la barrière. Ses soldats le suivent par ce périlleux chemin, et il voit bientôt autour de lui assez de monde pour marcher à la seconde barrière placée à l'extrémité du pont et flanquée par les maisons. Il s'en rend maître malgré la vigoureuse résistance des Espagnols, et après avoir fait déblayer le pont et livré passage aux troupes, il s'élance dans la grande rue, poussant devant lui le régiment castillan de Puno en rostro. Sur la place, un gros escadron lui dispute le passage ; il est rompu à coups de piques, mais ce dernier effort coûte la vie aux capitaines Faviers et Monteil et à bon nombre de grenadiers. Bientôt le reste de l'armée arrive et les Espagnols sont mis dans une complète déroute. Après cette brillante affaire, Sainte- Maure fit le siège de Girone, et au

mois de juin il contribua à l'investissement de Cap de Quiers.

Cette guerre n'eut pas d'autre suite; le régiment repassa les Pyrénées, et l'année suivante, en sortant de la famille de Sainte-Maure, il cessa d'être régiment de gentilshommes et fut mis sous le titre.de la province de Beauvoisis.

Beauvoisis fit la campagne de 1 688 dans le Palatinat et s'établit en garnison à Mayence, où il fut assiégé l'année suivante. Il eut de nombreuses occasions de se signaler dans cette célèbre défense. A la sortie du 10 août , il perdit le lieutenant de Martray et eut deux autres officiers blessés; à celle du 16, les lieutenants de Marans et de Redon sont blessés à leur tour; à celle du 18, le capitaine La Clauderie rase douze toises du travail des assiégeants et emporte leurs gabions et leurs fascines ; à celte du 25, le major de Monteil est blessé. Le 3 septembre, le capitaine de grenadiers Barrière sort de la place avec sa compagnie ; il y rentre avec huit prisonniers, et chacun de ses grenadiers rapporte un gabion. Le 6, un bataillon du régiment défend avec une rare intrépidité le chemin couvert contre une attaque des Bavarois. Beauvoisis perdit pendant ce siège cinq lieutenants, et il eut 13 autres officiers blessés. 11 fit les deux campagnes de 1690 et 1691 à l'armée d'Allemagne sous le maréchal de Lorges. En 1692, il vint sur la Meuse el fut employé au siège de Namur; une compagnie de grenadiers se lit fort remarquer à la prise

du Fort-Guillaume , qui coûta la vie au lieutenant de Verneuil. Après la reddition de Namur , Beauvoisis alla servir sur la Moselle, et en 1693 il fît partie de l'armée du maréchal de Luxembourg. Il combattit à Neerwinden et prit part au siège de Charleroi. Il servit encore sur la Meuse en 1694, et se trouvait en 1695 dans Namur quand cette place fut assiégée. Il fit une vigoureuse sortie le 18 juillet et se couvrit de gloire à la défense des retranchements de Bouge. Le colonel de Vieuxbourg s'y fit tuer avec un grand nombre de ses soldats. Retiré dans les châteaux après la prise de la ville, Beauvoisis lutta héroïquement contre l'assaut général livré le 30 août; un bataillon, commandé par le capitaine de La Cime et chargé de la défense de la redoute du front de la Cassotte, fit échouer les longs et prodigieux efforts de l'ennemi et l'obligea à se retirer avec perte. Le régiment fit sur la Meuse les deux campagnes insignifiantes de 1696 et 1697.

Le régiment fut porté à deux bataillons le 1" février 1701. Cette même année, le 1" bataillon fut employé sur le Rhin , et en 1702 le corps tout entier se mit en route pour Naples qu'il occupa jusqu'en 1704 au nom de Philippe V (1). Appelé en

(1) Beauvoisis avait alors pour colonel le comte de Muret, brigadier 29 janvier 1702, maréchal de camp 26 octobre 1704, et lieutenant-général 29 mars 1710, et pour lieutenant-colonel François du Montet, lieutenant à la création, major 28 octobre 1684, lieutenant-celonel 8 janvier 17W, et brigadier 29 janvier 1702.

1705 à l'armée de la haute Italie, il prit part aux dernières opérations du siège de Vérue et combattit à Cassano. En 1 706, il était au siège et à la bataille de Turin, après laquelle il rentra en France. Les 304 hommes qui restaient sous ses drapeaux (1) contribuèrent en 1707 à la défense de Toulon ; ils occupaient le camp retranché de Messicy à l'ouest de la ville. Après la retraite de l'ennemi, cette poignée de braves gens fut envoyée à Suze , dont elle forma à elle seule toute la garnison. Elle y fit, au mois de septembre, une admirable défense contre toute l'armée alliée ; mais elle fut obligée de se rendre prisonnière de guerre le 4 octobre, et fut conduite à Turin. Les quelques hommes échappés à cette disgrâce continuèrent de servir jusqu'en 1712 sur la frontière de Provence et de Dauphiné.

Un capitaine de Beauvoisis, nommé Dubois, qui servait comme volontaire en 1708 à l'armée de Flandresse distingua par un trait d'une grande audace. Le duc de Bourgogne désirait savoir ce qui se passait dans la ville de Lille alors étroitement assiégée. Dubois s'offre pour remplir cette mission. Il part seul , traverse avec bonheur les avant-postes des assiégeants, se déshabille au premier canal qu'il ren- • contre, franchit à la nage sept canaux, et arrive enfin dans la place nu et épuisé de fatigue. Le ma-

(!) Les drapeaux de Beauvoisis avaient deux quartiers cramoisis et deux quartiers aurores.

réchal de Boufflers lui donne tous les renseignements qu'il désire, et il revient par le même chemin rendre compte au duc de Bourgogne. L'action hardie de cet officier fit beaucoup de bruit, et le prince Eugène, qui commandait le siège, le fit complimenter et se plaisait depuis à le proposer comme modèle de zèle, de courage et d'intelligence.

Au mois d'août de cette même année 1708, le régiment , qui commençait à se rétablir , se trouva à l'attaque de Césanne et s'y distingua. A la fin de 1712, les deux bataillons passèrent en Catalogne avec le maréchal de Berwick pour débloquer Girone. Quand Berwick eut forcé Staremberg à lever le siège, Beauvoisis remplaça la garnison épuisée. Il entra dans Ostalrich en juillet 1713, et en 1714 il fut appelé au siège de Barcelone. Détaché le 21 août, avec le régiment de Bassigny, pour courir après des partis de miquelets qui arrêtaient tous les convois, Beauvoisis les atteignit le 22 sur les hauteurs de Sémanat, et sans leur donner le temps de se reconnaître, il dispersa le groupe le plus nombreux ; le lendemain, il anéantit le reste. En 1715, le régiment partit de Barcelone avec M. d'Asfeld pour aller sou- * mettre l'île de Majorque. Des quatre régiments français qui faisaient partie de cette expédition , il est le seul qui ait trouvé réellement l'occasion de combattre. Lorsque l'armée parut devant Palma le 29 juin, la garnison fit une sortie qui fut vigoureusement repoussée par Beauvoisis, et elle rendit la place

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aussitôt après. Au retour de Majorque , le régiment fut réduit à un bataillon (1).

En 1734, Beauvoisis, appelé à l'armée du Rhin, servit au siège de Philisbourg et fut mis en garnison dans cette place. Il retourna en 1735 dans les rangs de l'armée active, marcha sur la Moselle et se tj^Ëtea à l'attaque de Hèche, au combat de Klausen era|a retraite sur Trêves (2).

jËu mois d'août 1741, on l'envoya à l'armée du Bas-Rhin et il passa avec le maréchal de Maillebois en Westphalie. Il eut ses quartiers d'hiver à Dulmen dans l'évêché de Munster, fit partie, au mois de juin 1742, du camp de Halteren et se rendit bientôt sur les frontières de la Bohême. Il fit toute la campagne d'hiver embrigadé avec Poitou et Royal-Comtois, et se distingua d'une manière toute particulière à la retraite de Waidhausen. Au mois de novembre, il attaque Landau sur l'Isar, où les ennemis venaient d'enlever un détachement français. Il s'empare de Landau et s'y maintient huit jours, quoiqu'il n'ait aucune communication avec le reste de l'armée et que celle des ennemis soit campée à une lieue de là.

(1) Le colonel de Villeperot fut fait brigadier le 1" février 1719, et maréchal de camp le 1" août 1734.

(2) Le duc de La Vauguy on, alors colonel, fut fait brigadier 20 février 1743, maréchal de camp 1 er mai 1745, et lieutenant-général 10 mai 1748. Jean de Las-Cassagne, sous-lieutenant en 1691, major 22 juillet 1723, et lieutenant-colonel 27 mai 1728, devint brigadier le 1 er mars 1738.

En janvier 1 743, il marche au secours de Braunau, dont les Autrichiens sont forcés de lever le siège. À la fin de mai, il fait partie du corps de onze bataillons envoyé au comte de Seckendorf, général de l'empereur Charles VII, et dans la défense de la ligne du Danube, il est chargé d'occuper le poste de YYœrth entre Landshùt et Dingolfingen. Un mois plus tard, lorsque le prince Charles eut franchi le fleuve à Pochin, il se retira à Ratisbonne et de là en France, laissant derrière lui dans Ingolstadt un détachement qui ne rentra qu'au mois d'octobre.

Beauvoisis, après avoir passé l'hiver sur la Moselle, se rendit en 1744 à l'armée de Flandre, et fut employé aux sièges de Menin et d'Ypres. Ses grenadiers se signalèrent, à côté des grenadiers du régiment du Roi, à la prise d'une lunette d'Ypres située près du canal de fiocsinghen. Le régiment acheva cette campagne au camp de Courtrai. Il commença celle de 1745 devant Tournai et combattit le 11 mai à Fontenoy. Il attaqua avec vigueur le village de ce nom ; le lieutenant-colonel du Rousset y fut blessé. Beauvoisis retourna après la bataille dans les tranchées de Tournai , et fut ensuite employé dans la Flandre hollandaise. Le 15 août, il conduisit devant Ostende l'artillerie qui avait servi à la prise de Termonde. Le 28, après la capitulation d'Ostende, le colonel marquis de Lugeac (1) alla

(1) Le marquis de Lugeac, nommé brigadier 10 mai 1748, et

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avec 700 hommes garder les digues de Niewport, dorit la conservation était de la plus haute importance, leur rupture pouvant inonder tout le pays. Le reste du régiment servit au siège de Niewport et se distingua à l'attaque du fort de Wierwouth.

Beauvoisis, après avoir passé l'hiver à Dunkerque, fut appelé en 4746 au siège de la citadelle d'Anvers. Il fut ensuite chargé de la garde d'Anvers et des forts de l'Escaut. Il quitta ces postes vers la fin de juillet pour se rendre au camp flu Parc, près de Louvain. Le 1 4 août, il soutint un beau combat, avec Bettens suisse, dans le village de Perver, où il fut attaqué pendant que l'armée du maréchal de Saxe changeait de campement. La bataille de Rocoux, livrée le 10 octobre, fut une occasion de gloire pour le régiment. Le maréchal de Saxe avait ordonné l'attaque des villages de Varoux et de Rocoux. Inquiet de la lenteur du mouvement de la division Clermont-Gallerande, et craignant *que cette division n'eût mal compris ses intentions, le maréchal fit attaquer Rocoux par la brigade de Beauvoisis, qui comprenait les régiments de Bigorre et 'de Boufflers-wallon. La brigade s'avança dans le plus bel ordre sur les retranchements du village, ayant' à sa tête les ducs de Luxembourg et de Boufflers. Elle

maréchal de camp 10 février 17$9)g£st passé au commandement des Grenadiers à cheval de la garde été nommé lieutenantgénéral le 4K juillet 4762. ' „ >

franchit intrépidement les escarpements et les haies, soutenue par la brigade d'Orléans, et culbuta l'ennemi, qui laissa dans ses mains des drapeaux des canons et un grand nombre de prisonniers. Le colonel marquis de Lugeac fut très-grièvement blessé dans cette charge.

Le régiment, porté à deux bataillons par ordonnance du 26 octobre 1746, prit part, l'année suivante, à la conquête de la Flandre hollandaise, se signala aux sièges des forts de Liefkenhoëck et de la Perle, à la prise d'Hulst et au mémorable assaut de Berg-op-Zoom, et termina cette guerre, en 1748, par le siège de Maëstricht.

En 1755, on trouve Beauvoisis au camp d'Àimerits sur Sambre, et en i 756 à celui qu'on assembla à La Hougue. Le régiment se rendit l'année suivante en Allemagne , contribua à la soumission des villes prussiennes de la Westphalie et se trouva à la bataille de Rosbach, où il combattit avec un rare courage. Les victimes de celtte journée furent les capitaines Eyssautier, Desmalets, Bourdois et Raoul t, et les lieutenants Montet et Beaulieu. Parmi les blessés se trouvaient les capitaines Bellot, Masnadaut , Pressac, Montsauroy, Rauzan , Chambault, La Molère, du Lignon et neuf lieutenants.

Le 23 juillet 1758, Beauvoisis se couvrit encore de gloire à Sundershausen. Il fut un des quatre régiments qui, après avoir épuisé leurs munitions, s'élancèrent à la baïonnette sur les formidables es-

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carpements de la Fulda et en culbutèrent les défenseurs dans le ravin. Le major du Rousset périt dans cette charge et fut remplacé par le capitaine de Roscoat, qui avait été blessé d'un coup de feu (1). Le sous-lieutenant Chevalier, qui fermera la liste des colonels de Beauvoisis, y reçut aussi une blessure considérable (2).

Après cette brillante affaire, le régiment contribua à la conquête de la Hesse, à une expédition dans le Hanovre et combattit encore le 10 octobre à Lûtzelberg. Les Hanovriens s'étant emparés, le 15 novembre, de la petite ville de Witzehausen , à trois lieues de Cassel, d'où ils inquiétaient les quartiers de l'armée , le prince de Soubise détacha , sous les ordres de M. de La Gresle , lieutenant-colonel de Beauvoisis, quatre compagnies de grenadiers et 300 volontaires. Avec cette poignée de braves, cet habile officier réussit à déloger les Hanovriens.

Le régiment se trouva le 13 avril 1759 à la ba-

(1) Olivier Roland de Roscoat, volontaire en 1741, major 6 août 1758, lieutenant-colonel 13 mars 1763, et brigadier 17 juin 1770. Son successeur, Jean-François de Chaponay, capitaine en 1746, major 28 mars 1764, et lieutenant-colonel 29 décembre 1777, fut fait brigadier le I e ' mars 1780.

(2) Chevalier était entré au corps comme soldat en 1747. 11 fut nommé sous-lieutenant en 1758, et devint lieutenant-colonel le 23 novembre 1791, et colonel en 1792. Parmi ses prédécesseurs, le chevalier de Clugny avait été fait brigadier le 20 avril 1768, et maréchal de camp le !•' mars 1780.

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taille de Bergen ; il prit part à la dernière charge qui contraignit l'ennemi à évacuer le champ de bataille ; le major de Roscoat y reçut plusieurs coups de sabre. Ce fut là le dernier acte important de cette guerre auquel Beauvoisis ait participé; pendant les trois campagnes suivantes, il fut employé sur les côtes de Bretagne.

Par suite de la nouvelle organisation de l'infanterie, on l'affecta à la fin de 1762 au service des ports et colonies; il était alors en garnison à Morlaix. Au commencement de 1 763 il passa à la Guadeloupe, où il est resté cinq ans. Débarqué à La Rochelle ie 15 avril 1768, il se rendit au mois de juin à Montpellier, d'où il est allé à Perpignan en février 1769, à Nîmes en décembre 1769, à Marseille en mai 1770, à Aix en janvier 1771, enfin à Antibes et Monaco en mai 1771. Rentré au service ordinaire en 1772, il se rendit à Strasbourg au mois de décembre de cette année, puis à Montlouis et Yillefranche en novembre 1774, à Collioure en mai 1775, à Perpignan en novembre 1776, à Toulon en juin 1779, et à Calvi en août 1779. 11 (Jst resté en Corse jusqu'en mai 1784. A son retour, on l'envoya à Huningue, puis à Besançon au mois d'octobre de la même année, à Chalon-sur-Saône en mai 1785, àBelfort en octobre 1785, à Landau en mars 1 788, à Weissembourg et Phalsbourg en juin

Beauvoisis se distingua pendant ta révolution par

son calme et sa discipline. L'abandon de la plupart de ses officiers, les intrigues des émigrés, les colères de la multitude., n'eurent aucune action sur lui; il demeura froid et uni autour du drapeau de la France. En avril 1791, il fut appelé à Strasbourg, et au mois de juillet il entra dans Landau, où il se trouvait encore à l'ouverture des hostilités.

En 1 792, pendant que le 2 e bataillon restait à la garde de Landau, le 1" se rendait à l'armée du Rhin et coopérait à la conquête du Palatinat. Le 2 e bataillon, renfermé en 1793 dans Mayence, prit pari à tous les travaux de la défense et y perdit le capitaine Dupin et le lieutenant Larade. Après la capitulation, le 23 juillet, il se mit en route pour la Vendée, où il partagea tous les exploits de la division mayençaise, conduite par Aubert-Dubayet et Kléber. Le 1 er bataillon le rejoignit bientôt, et le régiment tout entier contribua à la première 'pacification de l'Ouest. Ce résultat obtenu, Beauvoisis alla renforcer l'armée des Pyrénées-Occidentales et se trouva à l'invasion du territoire espagnol par la vallée de Roncevaux.

Ce fut pendant cette campagne, qui força l'Espagne à demander la paix, que les deux bataillons furent embrigadés. Le 1 " entra le 1 0 mai \ 795 dans la 1 1 3° dem i- brigade ; le 2* avait été versé le 23 avril dans la 114-.

Beauvoisis avait porté jusqu'en 1762 habit, culotte, collet et parements blancs ou gris blancs, veste

rouge , boutons blancs , doubles poches en long à six boutons chacune, trois sur la manche, chapeau bordé d'argent. De 1762 à 1772, pendant qu'il fut affecté au service des ports et colonies, il eut un costume entièrement blanc, avec les revers et le collet vert de Saxe. En rentrant au service de terre, il eut les revers rouges. Enfin, de 1776 à 1779, il porta les revers et les parements vert foncé, le collet cramoisi et les boutons blancs.

DE L'ANCIENNE 1NFAN*

RÉGIMENT DE ROIERGIE,

Mindeo et Warbourg !

COLONELS OU MESTRES DE CAMP

feu!*

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