‹ Histoire de l'ancienne infanterie françaiseChapitre 5 sur 46 · de FÉ ( François ), 27 mai · texte numérisé non relu

de FÉ ( François ), 27 mai

Ce régiment a été créé par lettre de cachet du 20 novembre 1667. Il a eu pour noyau une compagnie d'infanterie appartenant au comte de Montpeyroux, qui tenait garnison à Àrras et qui provenait d'un régiment levé en 1638 et licencié en 1659.

La guerre avec l'Espagne n'ayant pas eu de suite, le régiment de Montpeyroux fut réduit en 1668 à quatre compagnies, qui s'embarquèrent l'année suivante pour aller au secours de Candie. Le régiment se fit remarquer à la sortie du 25 juin, et, pendant tout le reste du séjour des Français à Candie, il demeura chargé de la garde du fort Démétrius.

Rentré en France au mois d'octobre, il prit en 1671 le titre de la province de Rouergue, qu'il a toujours porté depuis, et reçut en 1672 pour la guerre de Hollande une augmentation de douze compagnies. Il demeura cette année en garnison et il fit la campagne de 1673 en Allemagne. Passé en 1674 sous les ordres du prince de Condé à l'armée de Flandre, il se trouva le 1 1 août à la bataille de Séneff, et, immédiatement après, il retourna en

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Allemagne et combattit avec Tureone à Sintiheim, Ensheim, Mulhausen etTurckheim. En 1675, après la mort du maréchal, il se trouva à la retraite d'Altenheim et prit part à la délivrance d'Haguenau et de Saverne. En 1676, Rouergue était au combat de Kokersberg, et en 1677 au siège de Fribourg, dont la garde lui fut confiée. A la fin de décembre, 250 hommes du régiment, commandés par le lieutenant-colonel de Planque, taillèrent en pièces à Schonau un détachement de la garnison impériale de Rheinfeld. Le 17 janvier 1678, le capitaine Casalèdes, envoyé à la petite -guerre, emporta les retranchements élevés par les Impériaux à Alberspach. Le 7 juin, en compagnie du régiment de Touraine, Rouergue s'empara du poste de la montagne Saint-Pierre, qui favorisait le passage des coureurs ennemis. Il quitta enfin Fribourg le 7 juillet et se trouva à l'attaque du pont de Seckiugen et à la prise d'assaut de Kelb. 11 fut mis en garnison dans ce fort et y demeura jusqu'au moment où les murs en furent détruits. Il se rendit alors au blocus de Strasbourg et contribua le 9 août à la prise des forts de Zolhauss et de l'ill, dont la garde lui fut confiée. Il fut appelé au mois de novembre au siège de Lichtemberg, où le colonel de Montpeyroux fut blessé à mort (1), et il termina cette guerre en 1679 par le comhat deMinden,

(i) M. de Montpeyroux était brigadier du 24 février 1676. Son successeur, M. de Malauze, obtint le même grade le 24 août 1688.

En 1683, Rouergue fait partie du camp de Bouquenom, sur la Sarre, que le roi visite le 4 juillet , et il est employé au défrichement des bords de la rivière. Au mois de mai de l'année suivante, il est au siège de Luxembourg. Pendant les premières opérations de ce siège , il reste à la garde du dépôt des munitions; mais il est appelé à monter à l'assaut de la grande contre-garde dans la nuit du 27 au 28 mai , et s'y couvre de gloire. A peine le signal est-il donné, que malgré l'explosion de deux mines et d'un magasin à poudre, il s'élance sur les palissades; un lieutenant de grenadiers saute dans le fossé , suivi d'une dizaine d'hommes, et y soutient un combat acharné contre vingt maîtres de la garnison qui sont presque tous tués avec leur commandant. Le 30 , les grenadiers participent encore à la prise de la coupure du vieux château de Munster, ce qui force le prince deChimay, gouverneur de Luxembourg, à entrer en pourparlers. Les pertes du régiment, dans ces deux actions, furent le lieutenant deLuzam, tué, les capitaines Desfecq, Frégère, Descombiès et quatre lieutenants, blessés

En 1 688 , Rouergue fait partie de l'armée du dauphin, et se trouve à la prise de Philisbourg , de Manheim et deFranckenthal. En 1689, il travaille aux fortifications de Landau ; il quitte cette place le 2 août pour joindre le maréchal de Duras , et il contribue sous ce chef à la prise de Brucksaal. Il sert encore à l'armée du Rhin en 1 690 , et en 1 691 il est envoyé sur les Alpes. 11 prend part à la conquête de

la Savoie et du comté de Nice, et se distingue surtout au siège de Montmélian. En 1693, il s'illustre à la défense de Pignerol. Il était campé entre la citadelle et le fort Sainte-Brigitte, pour assurer la communication de ces deux ouvrages. Le soir du 2 août, les assiégeants se préparaient à un coup de main qui avorta , grâce à la vigilance du capitaine de grenadiers Casalèdes. Il avait toujours des grenadiers couchés à plat ventre contre la tranchée, de sorte qu'il fut averti à temps du dessein des ennemis. Il mit à l'instant sa troupe en bataille , chargea l'ennemi au moment où il sortait des boyaux et l'y rejeta. En poursuivant les fuyards , il tomba sur un gros bataillon qu'il n'hésita point à charger, la baïonnette au bout du fusil. 11 fut secondé for t à propos par le capitaine de Moussolins, qui accourut au bruit avec le piquet qu'il commandait et qui prit les Piémontais en flanc. Ces deux braves officiers rentrèrent dans leurs postes avec un grand nombre de prisonniers. Le 4 , l'ennemi voulut enlever une batterie de quatre pièces qui lui faisait beaucoup de mal , mais qu'on venait toutefois de retirer, parce qu'elle était trop peu protégée. Il fit marcher 4,000 hommes vers le point où elle était placée. Le capitaine de Bar courut à leur rencontre avec sa compagnie , se défendit longtemps au débouché de la communication, et fut enfin pris avec quelques-uns de ses grenadiers ; mais sa résistance avait donné le temps au colonel marquis de Canillac de se reconnaître et de prendre

des mesures pour sauver la communication. Il lit sortir tous ses piquets, marcha droit à l'ennemi , et après une mêlée terrible qui dura une demi-heure, il le contraignit à battre en retraite. Après la levée du siège de Pignerol , Rouergue rejoignit l'armée et se trouva le 4 octobre à la bataille de La Marsaglia. Il continua de servir sur cette frontière jusqu'en 1 696. Il fut employé en 1697 sur la Moselle, et en 1698 il fit partie du camp de Compiègne , où le marquis de Canillac, son colonel (t), se rendit célèbre parla complète stupéfaction qu'il laissa lire sur sa figure, dit le duc de Saint-Simon , lorsque venant prendre les ordres du roi un jour de grandes manœuvres, il s'aperçut que c'était pour madame de Maintenon seule que I "armée s'était l'aile si belle et se donnait, laul • le mouvement.

l'ortéà deu\ bataillons en février ITnl . Rouergue servit d'abord sur le Rliin . et au mois de juillet il partit pour l'Italie. Il se trouva, au mois de septembre , au combat de Chiari , où le lieutenant-colonel de Planque (2) fit des prodiges de valeur. En 1 702 , •le régiment était dans Crémone lors de la fameuse

(1) M. de Canillac est devenu brigadier le 29 janvier 1702, et maréchal de camp le 26 octobre 1704.

(2) Barthélémy de Planque, fils du premier lieutenant-colonel du corps, enseigne en 1672, major 20 décembre 1678, lieutenant-colonel 16 novembre 1693, brigadier 29 janvier 1702, et maréchal de camp M février 1711.

surprise du prince Eugène; il assista ensuite à la bataille de Luzzara, et à la prise de Luzzara et de Borgoforte. En 4703, il fut appelé à servir sous le maréchal de Montrevel, contre les religion naircs du Languedoc et des Cevennes . et se trouva au combat livré, le 29 avril, entre Le Vigan et Anduzc. Il v perdit un capitaine et eut t rois officiers blessés. 11 resta dans cette province jusqu'en i 700. Rappelé en Italie pour le siège de Turin, il fut, lui aussi, écrase à Ja bataille du 8 septembre, et les 320 hommes échappés à cette déplorable affaire se retirèrent en Provence et défendirent Toulon en 1707. Lorsque les Alliés eurent repassé le Var, Rouergue se rendit à l'armée du Rhin , cl il y servit jusqu'à la paix , avant ses quartiers habituels sur la Sam- on dans 1rs ligues deAVcisscmbourg. Il lit. un 17 1.5. 1rs si épi -s de Landau cl de Frihonr»: . et. il fui réduit à un bataillon le JO avril Utr, I .

On retrou \e le régiment au camp «le la Meus»' en 1727. Eu 1730 , il fit partie de l'armée d'Allemagne et servit à la prise de Kclh , dont la garde lui fut confiée. Il était, en 1734, à l'attaque des lignes d'Ettlingen et au siège de Philisbourg, et prit ses quartiers d'hiver à Kayserslautern , où le colonel

comte de Montrevel mourut de maladie (2). Le régi-

(1) Le régiment était alors commandé par le comte de Guitaud, brigadier le 29 mars 4710, maréchal de camp 1" février 1710, et lieutenant-général 1 er août 1734.

(2) Le comte de Montrevel, qui avait remplacé son frère en 1722,

ment fut employé , Tannée suivante , entre le Rhin et la Moselle , et combattit à Klausen.

En 1741 , Rouergue fut embrigadé avec Artois et placé au camp de Sédan. Il faisait ainsi partie de l'armée de la Meuse commandée par le maréchal de Maillebois. Il quitta Sédan au mois d'août pour se rendre en Westphalie. A la fin d'octobre , on l'envoya à Dahlen , dans le pays de Juliers , et il y passa l'hiver et une partie de l'année 1742. Au mois de juin , la mauvaise tournure que prenaient les affaires de la Bohême le firent marcher au cœur de l'Allemagne. Au mois d'août , ses grenadiers se distinguèrent dans un combat contre les hussards de Mentzell. Arrivé sur la frontière de Bohême , le régiment concourut à la prise d'Elnbogen et de Kaaden. Il alla en décembre au secours de Braunau , et en février 1743 au ravitaillement d'Égra. Après cette opération , il fut placé à Dingolfingen , et à la fin de mai il fit partie du secours de onze bataillons envoyé au général bavarois, comte de Seckendorf. Rentré en France en juillet, il fut mis en garnison au Fort-Louis du Rhiu, où il fut rejoint par un détachement resté à la défense d'Ingolstadt. Rouergue demeura à la garde des bords du Rhin en 1744 ; un de ses officiers se signala par une action d'une grande intrépidité. Le régiment se

était brigadier du 1 er août 1734. Son successeur, le marquis de Berville, devint brigadier 2 mai 1744, maréchal de camp 1 er janvier 1748, et lieutenant-général l ,r mai 1758.

trouvait campé avec La Sarre, vis-à-vis de Manheim? Quatre grands radeaux avaient été préparés par les Autrichiens sur la rive opposée et semblaient destinés à quelque coup de main. Le général marquis de Maubourg en témoigna de l'inquiétude devant le capitaine de grenadiers de Nardin qui offrit aussitôt d'aller s'en emparer. Pendant la nuit, avec un sergent et quinze grenadiers, il franchit le fleuve, s'empara des radeaux et manœuvra pour les amener sur la rive française. Il avait déjà gagné le milieu du courant , lorsque l'ennemi s'aperçut de ce qui se passait. Il ouvrit alors un feu fort vif qui heureusement n'atteignit personne, et Nardin aborda avec sa prise.

Le régiment se fit ensuite remarquer à la reprise de Weissembourg et des lignes , aux affaires de Reichewaux et d'Augenheim et au siège de Fribourg. 11 perdit beaucoup de monde, le 19 octobre, à l'attaque des angles saillants du chemin couvert de cette place. Après la capitulation de Fribourg , Rouergue prit ses quartiers d'hiver dans le corn éde Nellembourg en Souabe. En 1745, il demeura sur la défensive en Alsace, et l'année suivante il fut appelé à la grande armée de Flandre. Il servit au siège de la citadelle d'Anvers, couvrit ceux deMons, Saint-Ghislain et Charleroi, et combattit vaillamment à Rocoux avec Beauvoisis , Orléans et Royal- Vaisseaux , à l'attaque des vergers du village. Une ordonnance du 24 octobre le porta à deux bataillons.

Au mois d'avril 1747, le 1 e ' bataillon suivit le comte

de Lowendhal chargé d'attaquer les places maritimes ifela Flandre hollandaise. 11 se trouva ainsi aux sièges de L'Écluse, du Sas de Gand, des forts d'Isendick , Philippine, Saint-Antoine et Zandberg, d'Hulst et d'Axel, (le bataillon se rendit ensuite au camp de Malines, et le régiment tout entier rallia le 1 er juin la grande armée. Il assista à la bataille de Lawfeld et occupa Hasselt, pendant que l'armée était campée à Tongres. Il termina cette guerre, eu 1748, par le siège de Maëstricht : il y taisait partie de la grande attaque.

En 1755, Rouergue, commandé par le comte d'Estaing , qui s'est acquis depuis une si belle réputation comme homme de mer (1), fit partie du camp de Richernonl sur la Moselle, et l'année suivante , au commencement de la guerre de Sept Ans , il fut désigné pour la défense des cotes et envoyé à l'île d'Oleron. Il s'y trouvait en 1757, lorsque la flotte de l'amiral Hawke fit une tentative de débarquement sur les côtes de la Saintonge. En 1759, Rouergue joignit l'armée d'Allemagne, et il combattit avec distinction, le l or août, à la bataille deMinden. Placé avec ïouraine dans quelques masures en avant de la

(i) Le comte d'Estaing fut fait brigadier 18 novembre 1756, maréchal de camp 20 février 17f>l, et lieutenant-général le 25 juillet 1762.

Jean-Élie des Ruaux, comte de Rouffiac, lieutenant en 1720, lieutenant-colonel 22 mai 1744, fut fait brigadier 20 mars 1747, et maréchal de camp 10 février 175Î).

droite de la cavalerie pour protéger celle-ci , il fit une résistance admirable lorsque cette cavalerie eut été battue, et éprouva des pertes énormes. Le colonel Héraut de Séchelles fut mortellement blessé. Le major de Vauconcourt, les capitaines du Petit-Thouars, Tellier et Florin , et le lieutenant de Bragelonne furent tués. Parmi les blessés se trouvaient les capitaines Gérard, Perrin de La Beyssière et Darbois, et dix lieutenants. Le combat de Warbourg, le 31 juillet i 760, fut aussi une occasion de gloire pour le régiment. Il accourut au secours de Bourbonnais, qui allait être écrasé, et se trouva bientôt lui-môme en face de toute une armée. Contraint de battre en retraite sur Warbourg , il mit trois quarts d'heure à faire une demi-lieue , et se conduisit avec une bravoure et un dévouement attestés par une perle de 800 hommes. Sur 49 officiers présents sous les drapeaux, 33 furent tués ou blessés. Le colonel, marquis de Champagne-Chapton (1) , était au nombre

(1) Le marquis de Champagne est passé au commandement d'Auvergne en 17G1 . Son successeur, le comte d'Hautefeuille, obtint le régiment de Normandie en 1763. Le chevalier d'Arcambal, passé au commandement de la Légion corse en 1769, et maréchal de camp en 1780, fut remplacé par le célèbre vicomte de Custines, dont l'inspecteur général comte de Puységur disait en 1781 : « 11 n'y a pas de meilleur colonel. » Custines fut fait brigadier le I er mars 1780, et maréchal de camp le 1 er janvier 1784. La révolution le nomma lieutenant-général et général en chef. Custines fut remplacé, comme colonel de Rouergue, par M. de La Tour du

des blessés. En 1761 , Rouergue se fit encore remarquer aux affaires de Villingshausen : il y combattit avec le régiment d'Aquitaine.

Rentré en France après la campagne de 1762, à laquelle il prit peu de part , le régiment fut affecté au service des ports et colonies, et fut envoyé à Saint- Domingue. Ason retourenFranceàla fin de 1763, il rejoignit son dépôt à l'île de Ré, et passa aux îles d'Hyères en mai 1764, et en Corse au mois de novembre de la même année. Il demeura près de six ans dans cette île, presque toujours à Bastia. Lorsque les Corses prirent les armes, en 1769 , 300 hommes de Rouergue , commandés par le major Durand- Dauny , leur firent éprouver un assez rude échec , le 8 mai, à la Bocca San-Giacomo. Au mois de juin, le régiment contribua à la prise de l'Ile Rousse , où se trouvaient l'artillerie et tous les magasins de Paoli, et à la complète soumission de la Balagne.

Rouergue débarqua à Toulon le 1 er octobre 1770 , et alla tenir garnison à Avignon. 11 passa de là à Metz en novembre 1 771 , à Lille en octobre 1 772, à Gravclines en avril 1773 , à Thionville en octobre 1775,

Pin, brigadier 1" janvier 1784, et maréchal de camp 9 mars 1788, auquel succéda le comte de Toulongeon, maréchal de camp 6 octobre 1791. Le colonel de Fé, lieutenant au corps en 1755, avait été nommé lieutenant- colonel le 10 mars 1792.

Pierre-Henri Dautin de Saint-Pée, nommé lieutenant-colonel le 19 juillet 1763, était parvenu au grade de brigadier le 22 janvier

à Phalsbourg en octobre 1778 , à Arras et Aire en mai 1779, et à Dunkerque au mois d'août suivant. Un détachement fut embarqué dans ce port sur une division de trois frégates chargée de croiser dans la mer du Nord , et se trouva, le 27 avril, au combat soutenu par ces frégates contre quatre frégates anglaises. Le lieutenant de Lauture fut tué sur le Rohan- Soubise.

En juin 1 780, le régiment fut dirigé sur Guingamp, d'où il se rendit, au mois de septembre, à Saint-Pol de Léon , et il s'embarqua le 30 octobre sur la flotte du comte d'Estaing pour passer en Amérique. Cette expédition trouva un contre-ordre en relâchant à Cadix, et rentra à Brest au mois de novembre. Rouergue retourna à Saint-Pol de Léon, d'où il fut à Saint- Brieuc en novembre 1781 , et à Brest en novembre 1 782. C'était encore pour s'embarquer, et cette fois il passa réellement en Amérique ; mais la guerre était à peu près terminée lorsqu'il arriva dans le Nouveau- Monde, et il était de retour à Brest le 4 avril 1783.

Après un court séjour à Brest et à Guingamp , Rouergue se rendit à Thion ville en juillet 1783. Il fut à Avesnes en novembre 1787, à Poitiers en avril 1788, à Aurai en juillet 1788, et à Quimper en avril 1789. Le 2 e bataillon, fort de 315 hommes, fut embarqué à Brest pour la garnison des vaisseaux. Le 1 er quitta Quimper le 10 mai 1 791 pour se rendre à Blois, où il fut rejoint le 1 8 août par le 2 e bataillon. Ce fut à cette époque que le régiment se mit

en insurrection à propos de quatre soldats détenus pour délits militaires et qu'on avait exceptés de la loi d'amnistie. Cette émeute n'eut au reste point de suites graves; l'indulgence de l'Assemblée nationale fit renaître l'ordre, et Rouergue se mit en route au mois de septembre pour Besançon. Son itinéraire ayant été changé, il se dirigea sur Tout et Nancy, qu'il quitta en mars 1792 pour aller à Saargucmines et Saint-Avold.

Lorsque les hostilités commencèrent, le 1" bataillon fut envoyé à l'armée des Ardennes, et le 2- se renferma dans Thionville. Ce fut le lieutenant-colonel de Rouergue, M. de Lavergne, nommé commandant provisoire de Longwy qui eut le malheur d'être forcé par les habitants de cette ville et une partie de la garnison à se rendre aux Prussiens le 23 août 1792. Le 16 octobre de la même année, jour même de la levée du blocus de Thionville, le 2- bataillon fit partie de l'expédition dirigée contre les postes ennemis de Guénétrange et sauva d'une perte certaine les volontaires thionvillois , qui s'étaient trop engagés. Ce fut pendant le siège de Thionville que Lazare Hoche, récemment promu à une lieutenance dans le 2 e bataillon de Rouergue, commença à se faire remarquer et mérita d'être appelé auprès du général Leveneur en qualité d'aide de carnp.

Après la retraite de l'armée prussienne, le 2« bataillon fut envoyé à l'armée du Nord; il prit part à la conquête de la Belgique, et, lorsque la défaite de

Neerwinden fit perdre à cette armée le fruit de ses travaux, il vint se renfermer au camp de Maulde, où il demeura jusqu'au départ de Duinouriez. Il entra alors dans Yalenciennes. Pendant la campagne de

1793, ce bataillon fit partie de l'armée du Nord, et le 1" servit à l'armée de la Moselle. Sur la fin de cette année, le 2* bataillon vint, lui aussi, dans les lignes d'Alsace et se distingua le 26 décembre à l'affaire de Geisberg près de Weissernbourg. Le sergent Adrasle se fit remarquer ce jour-là par un trait de sublime courage. Ayant vu tomber sous les coups de l'ennemi le porte-drapeau du bataillon, il s'élança seul à travers les feux croisés des Autrichiens et fut assez heureux pour sauver son drapeau.

Le 1" bataillon de Rouergue est passé en 1794 à l'armée de Sambre-et-Meuse ; il n'a point subi l'amalgame. Ainsi la J 1 5 e demi-brigade n'a existé que sur le papier. Ce bataillon est entré directement, le 19 février 1797, dans la formation de la 5'>" demibrigade du Directoire.

Le 2 e bataillon de Rouergue, demeuré à l'armée de Rhin-et-Moselle, servit de noyau, le 15 janvier

1794, à la 116 e demi-brigade.

Les drapeaux du régiment de Rouergue étaient verts avec un losange rouge dans chaque quartier.

Le premier costume de ce corps s'était composé d'habit et culotte blancs ou gris blanc, veste, collet et parements rouges, boutons et galon de chapeau

d'or. Les poches étaient en pattes ordinaires, garnies de trois boutons; il y avait aussi trois boutons sur la manche. En 1762,. le régiment eut les revers vert de Saxe et les boutons jaunes. En 1772, il prit les revers rouges, et de 1776 à 1779, ii a porté les revers et parements vert foncé, le collet aurore et les boutons blancs.

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