‹ Histoire de l'ancienne infanterie françaiseChapitre 6 sur 46 · DARCEL1N (Jean-Louis ), 16 octobre · texte numérisé non relu

DARCEL1N (Jean-Louis ), 16 octobre

- Louis XIV venait de conquérir une première fois la Franche-Comté au commencement de 1668. Un grand nombre de gentilshommes de la province abandonnèrent avec empressement le parti de l'Espagne pour se donner à la* France. Le roi, pour se les attacher, créa le 1 er mars un régiment de 2,000 hommes en, vingt-quatre compagnies, et en donna le commandement au comte de Roussillon, qui était précédemment gouverneur de Besançon pour le roi d'Espagne. C'est le régiment de Bourgogne. ïl a depuis sa création toujours porté ce titre, et il ne faut pas le confondre avec un autre régiment du même nom levé en 1635 et licencié à la paix des Pyrénées.

Louis XIV donna au nouveau corps des drapeaux, dont la composition singulière fournil une preuve irrécusable qu'à cette époque il n'\ avait point d'emblème national absolu. La eroix blanche droite <pii ressortait sur un fond de couleur dans les enseignes de Ions les autres régiments d'infanterie alors sur pied, français ou étrangers, fui remplacée dans les drapeaux de Bourgogne par une croix de Saint-André rouge, qui tranchait sur une étoffe blanche parsemée de fleurs de lis d'or. Le drapeau colonel présentait le même dessin et la même disposition, seulement la croix de Saint- André était blanche comme le fond.

Au moment de sa formation, Bourgogne occupait dans l'infanterie le 47° rang; mais ayant été donné en 1669, après la mort du comte de Rous-

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sillon , au marquis de Cliamilly, celui-ci y incorpora, le 6 mars 1 072, le régiment de Saint-Léger, dont il venait d'acheter la propriété, et qui marchait après Rouergue. Devenu ainsi le 46" et porté à trente-trois compagnies, le régiment de Bourgogne fit la campagne de Hollande en 1672 dans un corps séparé de quatre régiments, qui, l'année précédente, avait occupé le camp de Dunkerque, et qui ; parti de Charleroi en mai 1672 sous les ordres de M. de Montai, se porta à Kayserswaërlh sur le Rhin, et prit Burik le 3 juin , Wesel le 4, Groll le 9 et Deventer le 21. Bourgogne servit en 1673 au siège (k Maèstricht, et à la fin de cette campagne il fut mis en garnison à Grave, où le comte de Chamilly. livre «lu colonel, fit en \iu\ une défense si justement célèbre, l u seul bataillon prit part à cette mémorable résislance. J>«*s le début du sic^e. Ir l.'ï juillet, ee baiailluu contribua à chasser les Hollandais de l'île de Middelwaërth cl perdit les capitaines Dubourg et Montigny à l'attaque de l'île de Moock. A l'assaut du 29 septembre, le bataillon de Bourgogne fut presque entièrement détruit. Officiers et soldats se firent tuer à l'envi sur la brèche. ho capitaine May et, grièvement blessé, et le capitaine La Roche, se défendaient encore bravement avec cinq hommes dans la dernière place d'armes, quand le régiment de Normandie arriva et dégagea ce glorieux débris. Le 1 er octobre, le capitaine Mayet repoussa encore avec une poignée de soldats

les assiégeants qui attaquaient le bastion de la Meuse. Le 17, les ennemis s'étaient emparés du chemin couvert de Ravenstein : le comte de Chamilly ordonna à Bourgogne de le reprendre. Ce brave régiment s'y porte avec la dernière vigueur ; le chemin couvert est pris ' et repris jusqu'à dix fois ; il reste enfin au pouvoir du bataillon, tout couvert des cadavres des vainqueurs et des vaincus. Le roi, voulant sauver les restes d'une si vaillante garnison, envoya à Chamilly l'ordre de rendre la place. Il n'obéit qu'au second commandement, et , après quatrevingt-treize jours de tranchée ouverte, il remit une ville en ruines au prince d'Orange, qui lui accorda la plus honorable capitulation*.

Pendant ce temps, le 2 e bataillon de Bourgogne combattait à l'armée de Turenne et se faisait remarquer le 16 juin à la bataille de Sintzheim, et le 4 octobre à celle d'Ensheim, où il fit des prodiges de valeur à côté du régiment d'Orléans. A la fin de cette campagne, les débris des deux bataillons furent mis en garnison pour se refaire : le 1 er à Audenaërde, d'où il fit en 1675 plusieurs expéditions brillantes dans le pays de Waës, et le 2 e à Charlemont, qu'il quitta au mois d'août 1675 pour marcher vers Trêves, assiégé après le désastre de Consaarbrûck. En 1676, les deux bataillons réunis ouvrirent la campagne, au mois d'avril, par le siège de Condé. Au mois de mai, ils couvrirent le siège de Bouchain, et ils furent ensuite envoyés à Aude-

naërde, que l'armée ennemie menaçait. Ils n'en sortirent que l'année suivante pour faire le siège de Valencienncs. Bourgogne servit ensuite à celui de Cambrai, et, le 1" avril, il fut détaché de l'armée du roi pour aller renforcer celle du duc d'Orléans devant Saint-Omer. Il se trouva ainsi, le H , à la bataille de Cassel, où il occupait la droite de la deuxième ligne. Ses pertes furent ;.ssez considérables. Les capitaines des Mardclières et du Theil, et deux lieutenants (tirent tués; parmi les blessés, on comptait les capitaines de Villars, des Àlleurs, Sainte-Cloy, Beauregard et Thomassin, et deux lieutenants.

En 1678, Bourgogne fit encore partie de l'armée de Flandre; il ouvrit la tranchée devant Gand , le 5 mars, avec les Gardes Françaises et Navarre. Il fit aussi le siège d'Ypres. Le colonel marquis de Chamilly (1) fut blessé à l'un et à l'autre siège. Au mois d'août, après la signature des préliminaires de la paix avec l'Espagne et la Hollande , le régiment quitta Mons, où il était en garnison, et se rendit à l'armée du maréchal de Schomberg. Eu fin il partit de Verdun en octobre pour l'Alsace et prit ses quartiers dans cette province.

Bourgogne fit, en 1684 , le siège de Luxembourg;

(I) M. de Chamilly tut nommé maréchal de camp le 19 novembre 1 074 , lieutenant-général le 28 juin 1078, et maréchal de France le 14 janvier 1703. Il céda en 1080 le régiment à son neveu, qui est devenu brigadier 30 mars 1093, maréchal de ramp 23 décembre 1702, et lieutenant-général 20 octobre 1704.

il se distingua, le 20 mai, à l'assaut du ravelin de Grump Au moment où la mine venait de taire brèche , ses grenadiers s'élancèrent sur le ravelin et parvinrent à s'y loger, après un combat acharné, dans lequel Turent blessés les capitaines Belcastel , La Sablière et Saint- Vincent , et sept lieutenants. Pendant les années qui suivirent, le régiment resta en garnison dans la Flandre. H se rendit , en 1689 , à l'armée de la Moselle , et se lit remarquer , le 20 août , à la prise d'assaut du château de Kockheim. Quelques jours après , le capitaine Duplessis , chargé de garder avec cent hommes le château de Nurembourg, fut sommé de se rendre par le général Schoening qui le bloquaitavec 1,500 Impériaux. L'intrépide capitaine rejeta avec mépris les propositions qui lui furent (ailes, et sut forcer son ennemi à lever le siège.

En 1090, le régiment vint sur la Meuse et se trouva à la journée de Fleurus. Il passa l'année suivante sur le Rhin, et partit de là, au mois de juin, pour se rendre à l'armée d'Italie. Il se trouva, la même année, à la prise de Nice, de Yillefranche, de Montalban , de Sant'Ospizio , de Veillane , de Carmagnola , se distingua entre tous, le 21 octobre, au combat où fut défaite l'arrière-garde du duc de Savoie, se signala encore à la levée du siège de Suze , où le capitaine Thomassin lut blessé à mort et le capitaine La Haye- Lecomte dangereusement, et termina cette belle campagne, en décembre, par la prise du château de Montmélian. En 1692, il contribua à la dé-

DE L'ANf.lKNINE IWA\i£RIE FRANÇAISE. >'È

iensede Pigueroi cldeSuze, Eu 1093, pendant qu'un ba(aillon demeurait à la garde de ces places, 1 au Ire se rendit sur le Rhin , et fit cette campagne et la suivante dans la brigade de Normandie. En 1095, les deux bataillons se retrouvent en Italie ; ils servent , en 1(596, au siège de Valencia, rentrent en France lorsque la paix est signée avec la Savoje, et vont servir, en 1 097, à Tannée de la Meuse, qui couvre le siège d'Ath.

Bourgogne se rendit , au mois de décembre 1 700 , à 1 armée d Italie, et fit la campagne de 1701 avec Normandie. 11 appuya les troupes qui combattirent à Carpi, et fut lui-même vigoureusement engagé à Chiari, où le colonel marquis de Dreux (1) reçut un coup de feu à la cuisse. Un des bataillons du régiment était à Crémone lors de l'entreprise du prince Eugène; il y fut fait prisonnier dans le premier moment de désordre , mais bientôt délivré , il contribua à la déroute des Impériaux. Bourgogne assista, pendant la campagne de 1702, au combat de Santa- Vittoria , où ses deux bataillons lorma eut la réserve du duc de Vendôme , à la bataille de Luzzara , et à

(1) M. de Dreux fui nommé brigadier le 29 janvier 1702, maréchal de camp le 26 oclobre 1704, cl lieutenant-gén ml le 2 juillet 1710. Son successeur, M. de Ui^uulet, est passé «u régiment de Kouergue.

Alexandre de Bar, eutré au corps en 1068, major 1 mars 1080 et lieutenant-colonel 20 décembre 1692, fut fail brigadier le 21» janvier 1702, eu même temps «pie H. de Dreux

la prise de Luzzara , Guastalla, Borgoforte et Governolo. Le commandant autrichien de cette dernière place avait ordre de l'abandonner après l'avoir ruinée, et se préparait, le 25 décembre, à exécuter cet ordre; mais le lieutenant de grenadiers Bibion , du régiment, s'étant aperçu de quelques mouvements et soupçonnant le projet de l'ennemi , s'élança avec quelques grenadiers par-dessus les palissades , pénétra dans Governolo, éteignit le feu mis au château et aux magasins, et sauva la ville. Ce brave officier fut récompensé par la croix de Saint-Louis. Le régiment prit ses quartiers à Governolo.

En \ 703 , Bourgogne se trouva à la défaite du général Staremberg, près de Stradella, à l'attaque des retranchements de cette ville et au combat de Castelnuovo deBormia. Pendant l'expédition du ïrentin, il fut laissé à Dezenzano sur le lac de Garda. Le 8 septembre , les compagnies de grenadiers contribuèrent à l'occupation des hauteurs de Gaza, défendues par le régiment impérial du prince Eugène. Elles se distinguèrent encore, le 26 octobre, au combat de San- Sébastiano. Le régiment termina cette campagne dans le Montserrat par la prise d'Asti et de Villanova d'Asti. En 1704 , au siège de Verceil, le colonel de Dreux, en allant reconnaître, le 21 juin, les postes de l'ennemi, reçut un coup de mousquet entre l'œil et la tempe ; il monta le soir même la garde de tranchée malgré sa blessure. Après la prise de Verceil, le régiment se rendit devant Ivrée. Au siège du château

de cette ville, le 21 septembre, les grenadiers se couvrirent de gloire en refoulant jusque dans le chemin couvert une nombreuse sortie. Le régiment passa toute la fin de cette campagne et le commencement de celle de 1705 devant Vérue. Dans la grande attaque du 1" mars, sur le fort de l'Isle , il eut mission d'insulter la courtine. Il fît ensuite le siège de Chivasso, assista sans combattre à la bataille de Cassano, où toutefois son colonel, le marquis de Soyecourt (1), fut blessé , et il servit d'une manière brillante, le 16 octobre, à l'attaque des retranchements de Gumbetto. Le 19 avril 1706, il se distinguait , à Calcinato , à côté du régiment de La Marine, et il assistait encore cette année aux affaires de Turin et de Castiglione.

A sa rentrée en France, il fut établi dans la Provence. Il contribua en 1707 à la défense de Toulon, où il occupait le camp retranché de Sainte-Anne, et il acheva cette campagne dans le Dauphiné. Il passa Tannée 1708 à Exiles, et prit part à l'attaque de Césanne. En 1709, on l'envoya à l'armée de Flandre; il fut embrigadé avec Piémont, et assista à la bataille de Malplaquet, En 1711 , il est à l'attaque d'Arleux et se signale dans une action particulière près de Hordain, où ses deux bataillons, aidés par le bataillon deBigorre, anéantissent .deux bataillons ennemis,

(i) Brigadier l ,r février 1719.

Joseph de Vérot de Toron, sous-lieutenant en 1687, major 19 avril 1712, lieutenant-colonel 3 avril 1714, fut fait brigadier te 3 avril 1721.

dont pas un homme n'échappe. Les soldats y firent un butin considérable, qui fut encore augmenté par le prix de la rançon de plusieurs officiers généraux et supérieurs. Bourgogne était, en 1712, à la journée de Denain, et contribua à la reprise de Douai, de Marchiennès , du Quesnoy et de Bouchain. 11 se rendît Tannée suivante sur le Rhin , servit au siège de Landau, contribua à la défaite du général Vaubonne, et termina glorieusement cette guerre devant Fribourg. Dans la nuit du 12 au 13 octobre, les grenadiers du régiment de Laval venaient d'emporter le chemin couvert du fort de l'Escargot , mais l'explosion d'une mine les ensevelit tous à l'exception de quatre. Un combat terrible s'engage alors sur l'entonnoir, entre les assiégés et une compagnie de grenadiers de Bourgogne demeurée en réserve.' dette compagnie résista seule à tous les efforts de l'ennemi, et donna le temps à la garde de tranchée d'arriver à son secours. Le brave capitaine de cette compagnie, M. de Pina, fut tué dans la mêlée.

Une ordonnance du 10 avril 1715 réduisit Bourgogne à un bataillon. Celui-ci se rendit à l'armée du Rhin à la fin de 1733, fit le siège de Kelh et passa l'hiver dans la haute Alsace. Il se trouva en 1 734 à l'attaque des lignes dEttlingen et au siège de Philisbourg. Après la prise de cette place, il fit partie du camp de Bùlh , commandé par le prince de Tingj y, et en S 735 il combattit à Klausen (i ').

(I) liour^oyinj avait alors pour colonel M. d'Hérouvillc, briga-

Au mois d'août 1741, le régiment se rendit à l'armée du Bas-Rhin. Il passa l'hiver dans l'évêché de Munster; au mois de juin 1742, il était au camp de Dulmen, et au mois d'août il se mit en route pour la Bohème. H débuta dans ce pays par la prise de Falkenau , et au mois de septembre il fit partie de l'e-xpédition dirigée par le duc d'Harcourt sur la ville de Plan. La ville fut emportée le 21 ? et 400 Autrichiens qui la gardaient turent faits prisonniers. Le colonel d'Hérouville fut blessé dans cette affaire. Bourgogne concourut ensuite à la prise d'EInbogen, au secours de Braunau et au ravitaillement d'Êgra. Placé en janvier 1743 dans les lignes de la Naab et de la Vil/., il contribua en février à l 'occupation de Schmidniûlh , de Rieden et d'Enslorf , et fut ensuite placé avec iMédoc dans Schmidmùlh et Vilzhofcn. En avril, il fit partie des corps désignés pour aller relever la garnison d'figra. ïl souffrit pendant sept mois dans cette ville le blocus le plus rigoureux et toutes les horreurs de la famine et fut fait prisonnier de guerre. Echangé en 1744, il vint se rétablir en Alsace, se trouva cette même année à la reprise des lignes de la Lauter et à l'attaque de Suffelsheira, et passa, au mois de septembre, en Bavière

♦lier 1 er février 1719, maréchal de camp. 20 février 1734, et lieutenant-général 1 er mars 1 738. Son lils aîné qui lui succéda obtint les mômes grades les 20 Février 1743, I er mai 1745, eHO mai 1748. Le frèrede celui-ci le remplaça et deviut brigadier 1 er mai 1758, maréchal de camp 20 février 1761 , et lieutenant-général 1 er mars 1780.

avec le comte de Ségur. Il hiverna à Donaùwerth, combattit en avril 1745 à Pfaffenhofcn et partagea la gloire de la belle retraite de M. de Ségur. 11 continua cette campagne sur le Rhin et fut remis à deux bataillons par ordonnance du 25 août. Envoyé peu après en Flandre, il fit sur cette frontière le siège de Niewporl.

Bourgogne quitta l'armée deFlandre en juillet 1 746 pour aller renforcer l'armée d'Italie qui venait d'être contrainte à repasser les Alpes. 11 contribua à faire lever le siège d'Àntibes et à rejeter les Autrichiens de l'autre côté du Yar. On le trouve au mois de mai 1747 à la reprise des îles Sainte-Marguerite et Saint- Honorat; il demeure au camp de Tournoux du !) juin au H) septembre ; il passe alors dans le comté de Nice, participe aux combats livrés pour débloquer Vinlimille et tire les derniers coups de fusil autour de Gènes, en reprenant des redoutes dont les Autrichiens s'étaient emparés, quoique les préliminaires de la paix eussent été signés. Il ne quitta Gènes pour rentrer en France qu'en février 3 749.

Bourgogne fut envoyé en 1755 à Rochefort. C'est le premier régiment de l'armée de terre qui ait tenu garnison dans ce port. Le 2 e bataillon s'y embarqua le 3 mai avec le baron de Dieskau pour passer au Canada. Il y partagea jusqu'à la fin les travaux elles misères de la petite armée qui disputa cette belle colonie aux Anglais. A la fin de 1759, quelques compagnies du I er bataillon montèrent sur les frégates

confiées au capitaine Thurot pour une expédition sur les côtes septentrionales de la Grande-Bretagne. Elles se trouvèrent le 21 février 1 760 à la prise de la ville de Karrikfergus, en Irlande, et le 28 au sanglant combat naval de l'île de Man, où furent blessés les capitaines Brazide et Garcin.

Au moment de la paix, Bourgogne avait un bataillon à Rochefort et l'autre à l île cTOleron, et il fut employé pendant quelques années au service spécial des porls et colonies. 11 se rendit à Blaye en avril 1 764, à Bayonne en novembre 1 764, à Brianeon en octobre 1765, à Embrun el Montdauphin en janvier 1 766, à Landrecies et Avesnes en novembre 1 766, à Lille en novembre 1767, àSaint-Omer en juin 1*768, à Dunkerque en octobre 1768, et en Corse en mars 1769. Il contribua à la soumission définitive de cette île et, à son retour sur le continent en octobre 1772, il fut placé à Antibes et Monaco. 11 pas a de là à Neufbrisach eu octobre 1773, à Metz en octobre 1774, à Montmédy en octobre 1776, à Calais en novembre 1 777. Pendant la guerre d'Amérique, à laquelle il ne prit aucune part, de 1 778 à 1 780, il fut employé à la garde de la basse Normandie et occupa successivement Lisieux, Bayeux, Granville et Valognes. A la fin d'octobre 1780, il se mit en route pour Lyon, où il séjourna deux ans. Depuis, il est allé à Toulon en janvier 1783, à Belfort en novembre 1783, àHuningue en octobre 1784, à Besançon en juin 1 788, et il était de retour à Huninguc au mois de novembre de la même année.

Dès les premiers troubles , Bourgogne fut dirigé sur le midi, où de graves désordres allaient éclater. Il arriva à Lyon le 3 août 1 789, passa de là en septembre à Grenoble, et le mois suivant il fut partagé entre Arles et Uzès. Pendant les années 1790 et 1791, le régiment eut toujours son quartier principal à Uzès ; ses bataillons firentdes excursions à Draguignan, Avignon ,' Sorgues et Carpentras, et surent vivre partout en bonne intelligence avec les citoyens. Le 1 4 juillet 1 790, il assistait à la fcte de la Fédération à Draguignan. Le maire, par un caprice singulier dans un fonctionnaire volontaire, se refusa à prêter le serment civique. Il ne fut sauvé de la lanterne que par le dévouement du colonel de Rastignac (I ) et du lieutenant-colonel Laroque qui lui levèrent le bras de force et le firent évader.

Pendant la première moitié de 1792, Bourgogne fut partagé entre Alais, Pont-Saint-Esprit et Carpentras. Au commencement des hostilités, le 2* bataillon fut placé à Nîmes, et le 1 er joignit l'armée des Alpes, qui fit sous le général Montesquiou la conquête de la Savoie. Tout le régiment passa l'hiver à Grenoble , et au printemps de 1793 il entra en en-

(1) Les renseignements suivants complètent l'histoire des derniers colonels de Bourgogne. M. de Bouzols est passé à Lyonnais; M. de Surgères est p.isséà Dauphin-Dragons; le comte du Ganges a été fait brigadier d'infanterie le b' décembre 1781, et maréchal de camp le 9 mars 1788; le vicomte de Rastignac a obtenu ce dernier grade le 5 février 1792. Dnpcclin, le dernier colonel, était entré au corps comme sous-lieutenant en 1756, et avait été nommé lieutenant-colonel le 23 novembre 1791.

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tier dans la composition de l'armée de Kellermann. Il ne suivit point ce général au siège de Lyon, où la Convention ne voulait que des volontaires nationaux. Il demeura à la garde des défilés des Alpes jusqu'au moment où la colère du gouvernement se tourna contre Toulon qui venait de se livrer aux étrangers. Bourgogne assista le 15 septembre à l'investissement de- cette malheureuse ville. Après la prise des gorges d'Ollioules, il fut chargé de la garde et du service d'une batterie établie au débouché de ces gorges. «Quel fut mon étonnement, dit Napoléon dnns ses Mémoires, lorsqu'à won arrivée, faisant la visite des travaux du siège , je trouvai une batterie de six pièces de 24 placée à un quart de lieue en avant des gorges d'Ollioules, à trois portées de distance des vaisseaux anglais et à deux portées de la mer. Les volontaires de la Côte-d'Or et les soldats du régiment de Bourgogne étaient néanmoins occupés à faire rougir les boulets dans toutes les bastides. » Sous la direction du nouveau chef de l'artillerie, le régiment établit de nouvelles batteries d'un effet plus certain, et contribua puissamment à remettre au pouvoir de la république cette importante place.

Le 30 novembre 1793, deux soldats de Bourgogne avaient sauvé la vie au général anglais O'Hara, qui avait fait une lentative malheureuse pour détruire la batterie des Arènes. O'Hara était tombé entre les mains des volontaires qui l'eussent tué sans l'énergi-

que intervention de ces deux hommes , qui de plus refusèrent sa bourse contenant soixante louis.

Le 1 <r bataillon de Bourgogne a été versé le 15 avril 1794 dans la 117 e demi-brigade; le 2 e était déjà entré le 22 octobre 1 793 dans la composition de la M 8*.

Sous Louis XIV et Louis XV, Bourgogne avait eu l'habit et la culotte blancs ou gris blanc avec la veste rouge; les boutons et le galon de chapeau étaient d'or; il y avait trois boutons sur les poches coupées en travers et autant sur les manches. De 1763 à 1772, il eut le collet et les parements vert de Saxe, et les boutons jaunes, sur un uniforme entièrement blanc. De 1772 à 1776, il eut les revers et les parements gris de fer avec les boutons blancs. De 1776 à 1779, il porta les revers et les parements gris de fer avec le collet cramoisi et les boutons jaunes.

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REGIMENT ROYU l»K LA H4R1NK.

60 e RÉGIMENT D'INFANTERIE.

Les coups de mousquet ue nous arrêteront point.

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