‹ Histoire de l'ancienne infanterie françaiseChapitre 8 sur 46 · Q0 HISTOIRE · texte numérisé non relu

Q0 HISTOIRE

de Verceil, d'ivréc et de Vérue. Il se trouva eu \ 705 au siège de Chivasso et à la bataille de Cassano. En 1706, pendant le siège de Turin , il avait son poste à Montcallier. Après la funeste bataille du 7 septembre il repassa tes Alpes, et il alla servir sur le Rhin avec le maréchal de Villars, qu'il accompagna dans toutes ses expéditions en Souabe et en Francome. \ppelé en 1 708 à l'armée de Flandre, il combattit à \udenaërde, et M. d'Angennes y fut blessé. Pendant que les Alliés assiégeaient Lille, il lit partie du corps du comte de La Mothe, qui cherchait à opérer une diversion sur les rives de l'Escaut. Le 18 août de l'année suivante , le comte d'Angennes prit sur lui de marcher avec sa brigade contre le duc de Marlborough qui menaçait Marchienncs. 11 réussit aie faire retirer , et il resta dans Marchiennes jusqu'à la bataille de Malplaquct. Dans cette fameuse journée, Royal-Marine était placé dans les bois de Sart, à l'aile gauche. Débordé par la brigade anglaise d'Orbay que commandait le duc d'Argyle, le brave colonel-lieutenant d'Angennes se maintint longtemps dans son poste, fit un mal horrible à l'ennemi, et fut enfin tué avec son lieutenant-colonel et l'élite de ses soldats en donnant des marques de la plus grande valeur (1).

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(i) M. d'Angennes était brigadier du 19 juin 1708. Son succesur, M. deChàteauneuf, obtint ce grade le 1 er février 1719. Benoit Leinaire de Boulau de Pari sis-Fontaine, soldat en 1679,

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Les débris de Royal-Marine firent la campagne de 1 7 H) à la même armée dans la brigade de Champagne, et celle de 1711 dans la brigade de Piémont. Ils prirent part en 17 H à l'attaque d'Arleux et en 1712 à celle des retranchements de Denain. Le régiment termina cette mémorable campagne par le siège de Douai, où il fut spécialement chargé de l'attaque du fort de Scarpe, et par ceux du Quesnoy et de Bouchain. Il se rendit en 1713 sur le Rhin, et servit aux sièges de Landau et de Fribourg. La paix le fit réduire à un bataillon.

En 1 733, Royal-Marine fait partie de l'armée d'Allemagne et sert au siège de Kelh. En 1734, il est à l'attaque des lignes d'Ettlingen, et au siège de Philisbourg, où il se fait remarquer à l'attaque du chemin couvert de l'ouvrage à cornes. Il combat en 1735 à Klausen (1).

La guerre recommence en 1741 pour la succession d'Autriche. Le régiment est d'abord employé à l'armée d'observation de la frontière de Flandre; mais, en 1743, après les désastres des armées de

capitaine en 1683, fut fait lieutenant-colonel 1 er octobre 1709, et brigadier 1 er février 1719.

(1) Royal- Marine fut commandé pendant cette guerre par le duc d\\n tin, qui avait d'abord porté le nom de duc d'Épernon, et qui passa, en 1734, au régiment devenu Aunis, puis par le chevalier de Lorgcs, depuis comle et duc de Lorges, qui devint brigadier 20 février 1713, maréchal de camp 1 er mai 1745, et lieutenant-général 10 mai 1748.

ttolkèiae et de Bavière , il est envoyé sur le Bbin et cantonné à la fin d'avril à Uerth, près de Landau. H se trouve le 27 juin à la bataille de Dettingen, où il a trois officiers et soldais tués ou blessés, termine la campagne dans la basse Alsace et travaille aux lignes de la Lauter, entre Lauterbourg et Schébéhart. A la distribution des quartiers d'hiver, il est envoyé à Aire et fait partie d'un corps expéditionnaire qui doit s'embarquer à Dunkerque pour faire une tentative en Ècosse en faveur du prétendant d'Angleterre Cette expédition a un commencement d'exécution en 1744, mais le mauvais temps la fait échouer; h s troupes débarquent, et Royal-Marine joint l'armée de Flandre. Il sert aux sièges de Menin , d'Ypres et de Furnes, et rallie en juillet le maréchal fie Saxe au camp de Courtrai. En 1745, il fait le siège de Tournai, assiste à la bataille de Fonteuoy, où il occupe avec Piémont le village d'Anthoing, à l'extrême droite, contribue ensuite à la prise de la citadelle de Tournai et à la conquête d'Audenaërde, de Termonde et d'Ath. En janvier 1746, il est devant Bruxelles, qu'il investit avec Normandie du côté du faubourg de Scaarbecke, et le 4 février il occupa Wilvorde où il demeure en garnison. Il rallie plus tard la grande armée et combat avec la plus grande valeur à la bataille de Bocoux, où il partage les chances du régiment connu plus tard sous le nom de Guyenne. C'est à la suite de cette bataille qu'eut lieu le rétablissement du 2 e bataillon , suivant un ordre

du 27 octobre. En mai 1747, le régiment fait partie des troupes assemblées autour de Malines et campe près du château de Wespelaëre ; il part de là pour ail r combattre à Lawfeld , où le colonel-lieutenant de Dreux est blessé (1). Il y faisait partie de la brigade du régiment devenu Béarn, et se montra le digne émule de ce corps. En 1 748, Royal-Marine servit au siège de Maëstricht ; il couvrait l'abbaye d'Hoicten, où le maréchal de Saxe avait établi son quartier général.

En 1754, le régiment est au camp de Gray. Il s'embarque en 1756 avec le duc de Richelieu pour l'expédition de Minorque, et se signale à la prise de Mahon. 11 était chef de tranchée à la deuxième attaque de droite, dirigée contre la lunette du sud-ouest et le fort Saint-Charles. Le capitaine de Caradeuc fut

(1) M. de Dreux a été nommé brigadier l or mai 1745, maréchal de camp 10 mai 1748, et lieutenant-général 17 décembre 4759. Son successeur, le comte de Lévis-Léran, prit, en septembre 1757, le titre de marquis de Mirepoix et eut le grade de brigadier le 23 juillet 1756. Le comte de Jumilhac est passé à Àunis. Le chevalier de Saint-Mauris est devenu brigadier le 25 juillet 1762, et maréchal de camp le 16 avril 1767. Le comte de Lons a obtenu les mêmes grades le 1 er mars 1780 et le l* r janvier 1784.

Anne-François Duras de La Serre, sous-lieutenant en 1707, lieutenant-colonel 14 février 1744, devint brigadier 20 mars 1747, et maréchal de camp 23 juillet 1756. M. de Trestondam", lieutenantcolonel 28 août 1777, fut fait maréchal de camp l* r mars 1791. Boulard, dernier colonel, était major au corps depuis le 19 décembre 1782,

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blessé à l'assaut du 27 juin. Boval-Mariue est resté en garnison à Mahon jusqu'en janvier 1703.

L'ordonnance du iO décembre 1762 rayant affecté au service des ports et colonies, il fut envoyé à Lorient à sa rentrée en France, et il s'y embarqua pour la Martinique au mois de mai 1763. Pendant les cinq années que dura son séjour aux Antilles, il alterna entre la Martinique et Saint-Domingue. Arrivé à Brest le 23 février 1768, il se mit aussitôt en route pour Montpellier, d'où il passa à Uzès en octobre 1768, à Perpignan en mars 1769, à Béziers en novembre 1 769, à Brest en juin 1770, à Port-Louis, Lorient et Bellisle en novembre 1771. à Dunkerque en novembre 1772, à Sédan en octobre 1774, à Briançon en octobre 1 776, à Montdauphin et Greno- . ble en octobre 1777, et à Montpellier en juin 1778. Deux mois après, il vint s'embarquer à Toulon pour la Corse, où il aborda le 20 août au moment où les hostilités commençaient avec l'Angleterre.

Le dépôt du corps était resté à Collioure. En 1 779, le sergent Amerate , chargé de conduire 40 recrues aux bataillons de guerre, s'embarqua sur une tartane de Marseille armée de deux canons. Pendant sa traversée, la tartane fut chassée par un corsaire anglais de Mahon qui l eut bientôt rattrapée. Le patron, effrayé, eut recours au sergent Amerate, qui, exhortant ses recrues et les animant de sou exemple, ouvrit sur le corsaire un feu d'artillerie et de mousquelerie si bien dirigé, qu'il le contraignit à lâcher prise.

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L'année suivante, le régiment recevait une recrue qui devait un jour porter la couronne de Suède et la transmettre à sa postérité. Bernadotle vint monter sa première garde dans cette ile de Corse, où grandissait alors dans l'ombre celui qui devait s'appeler , vingt-cinq ans plus tard, Napoléon le Grand.

Royal-Marine débarqua à Toulon le 28 avril 1 784, et fut envoyé à Briançon, d'où il se rendit à Grenoble en novembre 1784, à Vienne en novembre 1788, et dans les villes de la Provence en mai 1789. Tout alla bien jusqu'au mois de mars 1790. Le colonel, marquis d'Ambert, officier du reste mal noté par les inspecteurs généraux , étant tombé dans la disgrâce de messieurs de la municipalité de Marseille, fut arrêté le 21 mars. Le régiment ne l'entendit pas ainsi et résolut de délivrer son colonel. La municipalité, prévenue, manda le 22, à dix heures du soir, l'adjudant Bernadotte et lui intima l'ordre, en sa qualité de premier sous-officier, de prendre des mesures pour empêcher ce mouvement, le peuple, disait-on , étant décidé à s'y opposer, dût-on en venir aux violences les plus funestes. Bernadotte répondit avec une noblesse toute militaire aux élus du peuple marseillais , que son colonel lui-même ne voudrait pas souffrir qu'on employât une voie illicite pour son élargissement, ne se reconnaissant point prisonnier, mais victime d'une brutalité municipale sur laquelle reviendraient d'eux-mêmes ceux qui s'en étaient rc u dus coupables. M. d'Ambert fut en elfcl relâché

quelques jours après, mais il eut l'insigne faiblesse d'abandonner son brave régiment pour s'enfuir en Savoie. Son départ fut le signal de la désorganisation du corps qui chassa bientôt ses ofliciers.

Royal-Marine reçut l'ordre de sortir de Marseille les 22 et 23 avril, et de se rendre à Lambesc et Pelissanc dans l'arrondissement d'Aix. Là, il fut reçu par le régiment de Lyonnais, qui se trouvait dans une situation analogue, et les choses devinrent si graves, qu'il fallut encore faire partir le régiment pour Ûzès. Une lettre du président de l'Assemblée nationale adressée au corps ramena bientôt le calme. Les soldats rentrèrent dans l'ordre, rappelèrent euxmêmes leurs officiers et se mirent en route, sans murmurer, au mois de juin pour se rendre à l'île d'Oleron, où trois compagnies du 2 e bataillon furent immédiatement embarquées pour la garnison des vaisseaux.

Le 17 avril 1791, le 1 er bataillon passa à l'île de Ré. Les cinq dernières compagnies du 2 e bataillon se rendirent aux Sables d'Olonne au mois d'août de la même année. Ce bataillon fut réuni à La Rochelle en avril 1792, et s'y embarqua le 14 juillet pour aller à Saint-Domingue, d'où il n'est revenu qu'en 1794.

Le 1 er bataillon, qui avait occupé La Rochelle, les Sables d'Olonne et Niort, pendant les premiers mois de 1792, quitta cette dernière ville le 13 juillet pour se rendre à la frontière de Champagne menacée par les Prussiens. Les premiers troubles de la Vendée le

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firent rétrograder, et il revint occuper les Sables d'Oionne. En 1793, les Vendéens se présentèrent en force aux environs démette ville. Le colonel Boulard marcha contre eux et leur livra combat le 1 8 mars auprès de Saint-Fulgent , mais il fut lâchement abandonné par les gardes nationales, et il fallut toute l'intrépidité de son bataillon pour sauver l'artillerie. Les débris du corps se retirèrent à Marans. Boulard repritbientôt l'offensive et, le 7 avril, il força le poste de la Mothe-Àchard près des Sables.

Les deux bataillons de Royal-Marine sont restés dans le bas Poitou jusqu'à l'entière pacification des provinces de l'Ouest en 1 795. Ils n'ont pas subi l'organisation de 1793; ainsi, les 119° et 120° demi-brigades n'ont pas été formées. Le 1" bataillon est entré, le 22 octobre 1796, dans la 20° de ligne nouvelle, et le 2 e a été versé, le 12 février 1796, dans la 23 e .

Royal-Marine a eu d'abord l'habit et la culotte blanc ou gris blanc, avec collet, veste et parements bleus , boutons et galon de chapeau d'argent. Il y avait trois boutons sur les poches coupées en travers et autant sur les manches. Quand il passa au service des ports et colonies, il eut les parements vert de Saxe et les boutons blancs. A sa rentrée au service ordinaire, il prit les revers et parements bleu céleste et le collet noir et garda les boutons blancs.

HISTOIRK

RÉGIMENT DE VMIMANDOIS.

61 e RÉGIMENT D'INFANTERIE.

Consaarbrùck ••••

COLONELS 00 MESTRES DE CAMP

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