RECHERCHE DES AQUEDUCS
(I) Grand aqueduc amenant les eaux de Montjeu (Mons Jovis) à Augustodunum. — La connaissance exacte des aqueducs antiques présentait de grandes difficultés dans l'état actuel de la ville, mais la Commission des antiquités attachait une trop grande importance aux notions positives que l'on pouvait acquérir sur ce siget , pour ne pas diriger ses travaux vers ce but.
* Ces hypocaustes sont découTerts fréquemment Le plus ordinairement les colonnes sont en briques rondes , mais quelquefois ces briques sont triangulaires arec un côté en arc de cercle.
Le grand aqueduc amenant les eatrx des sources de Montjeu à Augustodunum était le plus important à explorer. Ce travail de plusieurs années a été conduit avec une rare persévérance et a obtenu un succès complet , puisque anjourd'hui on peut suivre la trace de ce monument renvrquable depuis l'intérieur de la ville ji|K[u'à sa prise d'eau dans le parc de Montjeu.
M. Desplaces de Martigny , ayant reçu de M. le président de la Commission des antiquités mission de diriger les recherches , rend ainsi compte de leur résultat :
c Dans ma jeunesse , le cours du grand aqueduc avait été le but constant de mes promenades , souvent il m'échappait par sa marche tortueuse en apparence bizarre ; en effet , tantôt il suit côte à côte le cours naturel et sinueux du ruisseau , tantôt il s'en éloigne brusquement aGn de gagner, par un trsget périlleux sur le flanc de rochers escarpés , le sommet de la montagne , de laquelle il se précipite par une pente rapide pour rejoindre encore le ruisseau dont il était séparé ; arrivé à l'entrée de la vallée de Brisecou , l'eau entre dans un conduit dont la pente insensible la dirige tranquillement jusque dans les murs de la ville, qu'elle vivifiait et embellissait en s'y répandant par mille canaux divers.
> Thomas, Courtépée, Rosny , dans leur Histoire d'Autun, disent : l'aqueduc de Brisecou, à présent couvert d'arhres , conduisait les eaux de Montjeu à la Nawnachie.
> Cette assertion est erronée , car il serait absurde de conduire, par un travail immense, l'eau dans un lieu où elle allait naturellement. Cette réflexion piquait vivement ma curiosité; je me mis à l'œuvre, et je fus assez heureux pour suivre les vestiges pas à pas. C'est donc après un examen sérieux que je rends compte de mes observations.
» L'aqueduc , depuis sa naissance à Montjeu jusqu'à la Maladrreie, sous le théâtre , a 4,450" de longueur.
i Le génie de l'architecte qui dirigea ce prodigieux travail se révèle dans les moindres détails.
» Son but fut de 'conduire la plus grande quantité d'eau possible par un canal, dont la construction solide devait résister à l'effort combiné de l'eau et des ans. La direction de l'aqueduc fut donc soumise à la nécessité de recueillir les eaux des différentes sources qu'il devait recevoir dans son parcours; ensuite il ne pouvait suivre la pente rapide de la montagne de Montjeu à Autun , puisque l'eau enfermée dedans aurait acquis une vitesse telle que la maçonnerie la plus solide n'aurait pu résister à sa furie. C'est pour obvier à cet inconvénient que l'ingénieur imagina de donner très peu de pente à son aqueduc,
et de le rompre de distance en distance par des chutes. L'eau tombait sur des plans indinés revêtus de pierres de taille ; ces espèces de cascades avaient de 2"30 à 26'"00 de hauteur ; l'eau, ainsi battue et imprégnée d'air, acquérait une qualité supérieure.
» Les sources principales qui fournissaient Teau à Autun sont situées entre les deux grands étangs de Montjeu, en tirant du côté du château. Ladone en parle : elles étaient rassemblées par des tranchées dont on voit les vestiges ; elles aboutissaient à l'entrée de l'aqueduc qui se trouve près de la chaussée du grand étang du bas ; de là il passe sous l'étang neuf des Cloix ; il coupe plusieurs fois la route de Montcenis , entre le pont de Montmin et celui de St.-Georges; plus bas, il entre dans la vallée, la côtoie, adossé aux rochers à l'aide de contreforts , jusqu'à la montagne de Brisecou.
> Â deux cents pas de la maison d'agrément bâtie en ce lieu, au nord-ouest, l'aqueduc aboutit au sommet de la montagne et se précipite par une pente très rapide à l'entrée de la vallée : arrivé là , il suit le ruisseau artificiel des moulins jusque au-dessous du petit Monijeu , pour entrer dans les jardins des maisons de St.-Blaise et l'ancien cimetière de ce faubourg; il s'introduit dans la ville au-dessous de la porte Matheron par l'établissement des écoles chrétiennes, suit la rue Chaffaud, la rue Ste-Barbe, les caves du chapitre , le Terreau , et arrive entre les prisons et l'évéché. Dans cette partie , il est construit en fort belles pierres de taille ; après avoir fait une cascade dans cet endroit , il se dirige vers l'ancien théâtre en passant sous le grand et le petit séminaire. Les eaux, après avoir servi ce monument important, tombaient dans le grand égout dont l'entrée , se voit dans le mur de la ville près de la Maladrerie.
> L'exécution de ce beau travail a dû trouver de grands obstacles par l'inégalité du terrain , les rochers sans nombre en granit qu'il a fallu trancher pour enterrer un aqueduc qui a 4,150 mètres ou plus d'une lieue de longueur, des sources de Montjeu au-dessous du théâtre. Sa construction est faite en petits moellons de granit. Il a environ 0"90 de lai^e. Dans la ville, où il est bâti en pierres de taille , il a l^TS de lai^e sur i"93 de hauteur sous clef.
> Indépendamment des eaux du moulin , les sources de St. -Biaise , de la Mjne , de Couhard , de Montmin , de Brisecou et autres lieux , étaient rassemblées avec soin et conduites dans l'aqueduc par des tuyaux eu terre cuite ou en plomb , et encore par de petits aqueducs comme celui qui conduisait les eaux de la Mine , dont on a trouvé les restes sous la chaussée nord de l'écluse du premier moulin de St.-Blaise.
i II est fort possible que l'aqueduc soit encore bien conservé depuis les prisons
jusqu'à la porte de Matheron ; dans ce cas il y aurait peu de travail à faire pour le rétablir dans les jardins de St. -Biaise ; par ce moyen , on pourrait avoir dans rintérieor de la ville Teau du ruisseau de Gouhard , en la prenant au premier moulin du petit Montjeu. Cette considération mérite que la ville dirige un jour des recherches pour s'assurer si ma conjecture est fondée. La connaissance complète d'un si beau monument mérite bien de fixer l'attention des magistrats et d'occuper les amateurs d'antiquités, i La Société Eduenne appréciant cette idée, chargea MM. de Charmasse, d'Estemoet de Fontenay , d'explorer non-seulement le trsget du grand aqueduc dans la ville , oiab encore les restes des autres aqueducs et égouts. Il résulte de leurs investigations que la ville entière est minée par des souterrains se ramifiant en tout sens ; mais leur application aux nouvelles conduites d'eau en projet n'est guère possible , attendu qu'ils sont presque partout coupés par les constructions ou infectés par les immondices. Il est bon d'^ter qu'une partie des beaux conduits voûtés ne datent que du moyen âge. Ainsi , un des plus beaux et des mieux conservés, qui , après avoir traversé le Terreau et la Cathédrale, va aboutir derrière les Tours par une ouverture dite le Trou du diable, est évideinaient postérieur à l'époque romaine , car il est facile de remarquer que la muraille antique a été percée après coup pour fournir cette ouverture. On peut donc le considérer comme un chemin militaire du château.
Grand aqueduc entre le pont d'Arroux et le pont de St.'Andoclie. — Vers la fin de l'année 1855, la Commission des antiquités désirant vérifier le passage d'Edme Thomas, où il est dit que l'embranchement de la grande cloaque était entre le pont d* Arroux et cdoi de St.-Andoche, ordonna des fouilles qui offraient de grandes difficultés, parce que le mur antique qui longe l' Arroux entre les deux portes est , depuis des siècles , renverse, et avec lui la masse énorme des terres qu'il soutenait. 11 a donc fallu , avant d'entreprendre le déblaiement de ces terres dans toute leur laideur , s'assurer , autant qu'il était possible , de la direction des aqueducs supérieurs. En conséquence , on a commencé par faire des sondages nombreux qui ont amené la découverte d'an peut aqueduc d'embranchement se dirigeant du sud-ouest au nord-ouest. Il était recouvert ée 2"55 de terre végétale , et offrait un débouché de 0"85 de laideur sur 1"50 de hauteur sous clef. Sa construction , qui est antique , offre un radier en béton et dallé avec df grands carreaux de terre cuite ; deux pieds-droits en maçonnerie de moellons entreroêl« de pierres de taille , et une voûte en plein cintre d'un travail soigné. Toute sa masse «t assemblée avec de bon mortier de ciment et présente une très grande solidité.
Après avoir suivi cet aqueduc sur une longueur de 46"K)0, on est arrivé à un point où il avait été anciennement détruit ; niais il est probable que son prolongement se dirigeait sur le point où Ton avait supposé devoir trouver le grand ^out. Plusieurs fragments de poterie romaine, une grande quantité de morceaux de marbre , corniches, frises , etc. , et quelques médailles d'Antonin , de Constant et de Constantin , ont été trouvés dans le cours de ces travaux.
Autres aqueducs. — En 1841 , M. d'Espiard s'attacha de nouveau à la recherche des aqueducs. Plusieurs tranchées furent ouvertes dans la partie de l'ancienne ville. On rencontra au milieu du jardin du sieur Lorrain , situé au faubourg d'Arroux , une longue muraille large de i"*00 qui se dirigeait sur la grande voie impériale. Auprès , étaient entassés des marbres , des débris de fresques et de mosaïques. De l'autre côté de la grande rue de Rome, au jardin du sieur Jeanny, existent des constructions d'une singularité remarquable. Plus loin , près du chemin qui conduit de St.-Jean-le-Grand à la porte d'Arroux en longeant les murs du parc , on découvrit un aqueduc principal se dirigeant du sud au nord. Il traverse le chemin et coupe l'angle du parc avant de se jeter dans la rivière.
Pendant le cours des premiers travaux , on a recueilli les objets suivants :
2 statuettes en bronze;
2 têtes id.;
i petit bouc id. ;
1 chèvre couchée id. ;
8 fibules en bronze ; 10 fragments de fibules;.
A cuillers à parfum en bronze;
i id. en os;
i 2 marques de jeu ; 56 épingles en os; il id. en bronze;
i dent de sanglier montée en bronze;
i tête en pierre;
2 lampes;
1 pierre gravée d'un belle conservation ; i pâte antique;
i clef en fer ;
2 dés à coudre en bronze; 1 style en argent;
i petit bas-relief en os ;
i anneau en bronze ;
i vase id. ;
i clef-anneau id. ;
i petit vase en terre; Une grande quantité d'objets en bronze et en fer , sans usage déterminé.
Enfin , onze cents médailles en argent, grand, moyen et petit bronze. Dans la fouille de l'aqueduc qui se termine au parc de St.-Jean-le-Grand , on a trouvé un grand nombre de statuettes en terre blanche , plus ou moins bien conservées , ainsi
que leurs moules. Elles sont toutes du genre funéraire , et presque toutes portent le mot PISTILLUS.
5 statuettes en bronze, mutilées; i coq id. ;
4 anneaux;
16 médailles en grand bronze ;
5 médailles en moyen bronze;
i20 médailles en petit bronze; 3 id. en billon ; 5 épingles , dont une en bronze ; i petit Untinnabulum ; i vase en terre.
A la même époque , on découvrait près de la rue Creuse, allant du faubourg d'Arroui à celui de St.-Andocbe, une autre partie de l'aqueduc exploré en i833, et Tadministratioo des ponts et chaussées en signalait un nouveau au centre de la ville. Celui-ci a i"40 de hauteur sur 0^50 de largeur , et se dirige de la maison Michaud-Bauchetet sur l'angle sud-ouest de la salle de spectacle.
Un aqueduc de dimension assez faible» mais parfaitement conservé , et ressemblant à celui qui débouche en face de la Maladière , existe près des murs de Tbospice. U a 0"75 de hauteur et 0"50 de largeur.
Pont antique, — Par suite de la fausse interprétation du passage d'Eumène, que nous avons rectifié dans la note sur le temple d'Apollon , on a voulu chercher la fameuse source d'eau chaude dans la partie basse en dehors des murs , où passait la grande voie de Rome, et non loin de la porte par laquelle Constantiif fit son entrée.
Les recherches, d'abord infructueuses, finirent par amener la découverte d'une maçonnerie que l'on prit pour un aqueduc double , car la construction était la même que celle de l'aqueduc dont on a donné la figure page 43. Sa position dans un lieu bas rendait sa destination inexplicable , mais la voie de Rome venait tomber au même point sur un ruisseau qui la traversait perpendiculairement. Ne serait^^ pas un pont dont la largeur peut être portée à SO^OO. Cet ouvrage , d'une solidité admirable , donne une idée des monuments antiques de notre ville.
Chaque arche ou conduit a i "00 d'ouverture sur i"52 de hauteur à partir du radier. La grande pile du milieu a i°^00 d'épaisseur et la culée ^'"OO, ce qui donne pour la largeur totale T^^OO. Les pieds-droits sont formés d'une seule assise en pierre de taille de 0^53 de hauteur, et la voûte est formée de moellons de choix offrant i"'33 d'épaisseur, y compris le massif qui recouvre l'aqueduc. Quant au pavé , il était détruit dans la partie explorée.
(J) Eumène n'est pas assez clair pour -qu'avec sou secours on puisse fixer d'une manière exacte remplacement des divers temples. Une autre cause d'erreurs , ce sont les dénominations vulgairement appliquées aux pans de murailles encore debout.
Mettant donc de côté toute préoccupation , nous allons émettre de nouvelles idées qui tendront peut-être à fixer la situation et les noms probables des édifices antiques.
En 1840» M. J. Chatillon voulant reconnaître la forme du temple que l'on avait cru être celui d'Apollon , fit ouvrir une tranchée, et à i'^SO de profondeur il rencontra les fondations d'une muraille ayant plus d'un mètre d'épaisseur, et qui, par sa forme circulaire concentrique au pan de mur que l'on voit encore aujourd'hui , semblait devoir former l'enceinte extérieure du monument.
A 4^00 de la fondation, en allant vers le centre, existait un second massif en pierres de taille. 11 est à croire qu'il servait de base soit à un portique, soit à une colonnade, soit enfin à des pilastres soutenant une voûte.
L'espace compris entre ces deux massifs était occupé par une aire ou couche de béton de O'^SS d'épaisseur, recouverte en grande partie par un dallage en granit rouge d'Egypte. On a trouvé dans la fouille une grande quantité de tuiles romaines , quelques médailles ( petit bronze ) ainsi que plusieurs fragments de marbre ayant appartenu à diverses inscriptions qu'il n'a pas été possible de reconstituer.
L'édifice en question était-il véritablement le temple d'Apollon ? Le lecteur en jugera d'après ce qui suit. Ce qu'il y a de certain , c'est qu'à la fin du m.' siècle de l'ère chrétienne, il existait à Autun un temple célèbre dédié à Apollon. *
Ce temple était placé dans le lieu le plus apparent de la cité et près des écoles Méniennes. *
Près du temple d'Apollon était une source d'eau chaude , comme on le voit par cette traduction d'un passage du Panégyriste , au chap. xxu.
« Dieux immortels ! puisse venir bientôt cet heureux jour, où le dieu en présence , > duquel je parle en ce moment , après avoir rendu la paix à son empire , viendra dans
* Jam omnia te Tocare ad $e templum Tideantur, praecipueque ÂpoUo noster. [ Eumène, Panég, à Constantin, chap. kxi. ]
^Opus istud (scbol») redditor iUustrius, et cum ipsoram C»sarum, tum etiam oniniam hominum aspectai promptios, quod prscipuo est loco positum, qaasi inter ipsos oculos civitatis , inter ApoUinis templum et Capitolium. [ Edmène, pro rest, Scholis, chap. ix. ]
> no6 bois sacrés dédiés à Apollon , dans nas antiques saiicioaîi*e8 et anprès de ces
> fontaines dont les sources, par une douoe tapeur, forment un nuage léger qui r^eoird I ses yeux , et demandera pour elles un baiser de sa bouebe ! Oui » auguste Prince, ?oos
> serez charmé de ces eaux dont la chaleur n^est obtenue par aucun moyen factice , » et qui , soit pour le goût , soit pour l'odorat, égalent lesi eaux les pluft fraîches. Là
> vénération qu'inspirent oes tieux vous engagera à nous accorder des privilèges , à nous
> faire participer à vos largesses, et à rendre à ma patrie sb prepiière splendeur^ Cette
> noble et antique cité , qui se glorifiait jadis du nom de sœur de Rofve , espère apprendre
> de votre bouche que ses édifices publics et ses temples naguère ai magnifiques seront
> réparés. »
La découverte d'une tète chevelue, d'une main et de plusieurs colonnes et chapiteaux ne suffit pas pour l'attribution d'un temple. Edme Thomas n'a pa» d'autre raison de son sentiment que la nécessité où il croit être de choisir la gra3de rue de Rome pour vérifier le prœcipuo in loco positum d'Eumène et les découvertes ci-dessus faites dans un grand édifice situé précisément sur cette rue pritopale.
Mais si la rue qui allait de la porter de Roma ou des Marbres à celle d'Ârroux était une des rues principales, n'y en avait-il pas d'autres qui pussent rivaliser d'importance avec elle ? Est-il certain que le palais des empereurs était placé ddns celle rue ? Voilà deux questions qu'il fallait résoudre avant de prononcer. Or, on a reconnu l'existence d'une rue pavée avec autant de luxe que la rue de Rome, et ayant une direction plus favorable au développement d'un grand édifice. Cette rue, qui passait un peu au-dessous de rextrémité du grand axe de l'ellipse de l'amphithéâtre , allait aboutir de niveau à la porte que nous admettons avoir existé près de la tour de Minerve.
A son point de départ, près de l'amphithéâtre, elle longeait un édifice élégant, construit en petites pierres carrées , de l'espèce de celles qu'on appelle pierre de Tonnerre, On croit que cet édifice était un temple, à cause du soin avec lequel it était construit , et les indices de sacrifice que l'on a cru reconnaître.
Sur le même prolongement étaient de vastes constructions à portiques, à grandes salles pavées en mosaïque ou en stuc et lambrisées en marbres et en schistes, qui venaient faire l'angle au point de jonction de la rue dont nous parlons avec celle de Rome. '
Au-delà de ce point , et dans l'angle opposé formé par la même jonction , on a trouvé
* C'est là qa'on découfrit la corniche qui est au masée d'Aatun.
récemment des constructions en pâtureaux soutenues par des contreforts , avec indice de portiques si vastes , qu'il est impossible de ne pas admettre l'existence en ce lieu d'un monument important.
De l'autre côté de cette même rue , et dans le troisième angle , Edme Thomas place le Ckipitole,
Si l'on continue de suivre le tracé de cette rue , on se persuadera de son importance en se rappelant que la place du Champ qu'elle parcourt était encore remplie de ruines au \ii ou X111/ siècle.
Le musée de la ville a acquis des morceaux de sculpture d'un grand mérite, qui ont été trouvés près de cette rue et qui ont dû appartenir à un arc de triomphe du plus beau style.
Enfin, quand cette rue est près de se terminer vers la porte des Druides, elle rencontre l'emplacement du collège où Ait jadis un édifice vaste et riche , comme on peut le conjecturer des pavés de mosaïque récemment découverts. Elle tombe en face de l'abbaye de St.-Andoche , lieu de la ville où se trouvent encore rassemblés de nombreux restes de magnifiques colonnes et des constructions antiques comprises dans les bâtiments du monastère.
La seconde question n'est pas plus fondée que la première , car si Constantin arriva par la porte de Rome , comme la chose parait certaine , le palais des empereurs n'était point dans la rue dont cette porte formait une des extrémités , puisque Eumène dit exomavimus vias qtdlms in palatium pervenitur. Ce passage suppose que , pour aller de la porte de Rome au palais , il fallait traverser plusieurs rues , vus.
U résulte des deux observations que nous venons de faire , qu'un édifice in loco prascipuo pontum, inter octdos civitalis, pouvait être situé ailleurs que dans la grande rue de Rome.
On peut donc nous permettre de chercher s'il n'y aurait pas un emplacement qui répondît mieux aux données fournies par Eumène sur le temple d'Apollon. Nous pouvons dire d'avance que nous sommes portés à croire qu'il était situé dans le lieu où est aujourd'hui l'abbaye de St.-Andoche. Quant nous nous sommes appliqués à faire des recherches sur les antiquités d'Autun , dans le but d'étudier tout ce qui pourrait jeter du jour sur l'histoire du Christianisme dans cette ville , nous avons été frappés d'une observation. Les anciennes fondations religieuses d'Autun ont la plus grande analogie avec celles que Constantin fit à Rome après sa conversion ; or , il est certain que cet
empereur eut pour notre ville et son évéque , saint Rhétice , une affection parUcnlière, ainsi que Constant , son fils , qui résida à Âutun.
A Rome , Constantin fit œnstniire un baptistère magnifique où se trouvait une image sculptée représentant le baptême de Jésus-Christ par saint Jean-Baptiste.
 Âutun , le baptistère était très beau et dédié à saint Jean-Baptiste ; on voit même que saint Rhétice y avait fait apporter de Teau du Jourdain.
 Rome , il existait sur le mont Aventin un temple de Cybèle ; on en fit une abbaye dédiée à Marie.
A Autun , la plus ancienne abbaye dédiée à Marie était placée sur les ruines d'un temple que l'on s'accorde généralement à nommer temple de Cybèle.
On éleva à Rome une église à la sainte Croix ; de toute ancienneté Autun posséda une église ayant la même destination. Enfin , la plus ancienne basilique d'Autun était» comme à Rome» dédiée à saint Pierre.
Disposés, comme on le voit, à procéder dans nos recherches en faisant une continuelle comparaison entre les fondations chrétiennes de Rome et celles d'Autun , nous nous demandions si cette église d'Autun, dédiée à saiot Pierre , n'aurait point été placée, comme à Rome , sur le temple d'Apollon , et voilà qu'une ancienne charte de l'abbaye de St.-Andoche nous apprend que ce monastère occupe précisément l'emplacement d'une ancienne église de St. -Pierre; or, l'abbaye de St.-Andoche était le lieu où, depuis plusieurs années, toutes nos études archéol(^ques nous portaient à placer le temple d'Apollon.
Un auteur du xv.^ siècle , cité par Rosny , fixe le temple d'Apollon près de la porte des Druides qui était un peu au-dessous des bâtiments du monastère de St.-Andoche. D est vrai que l'auteur cité confond cette porte avec celle de Rivault ; mais il résulte au moins de son témoignage un fait important , c'est que de son temps on croyait que le temple d'Apollon était placé près des remparts du sud -ouest. 11 s'ensuit évidemment que les traditions ne sont point favorables à l'opinion d'Edme Thomas.
Quant à une autre assertion de notre historien , que nous combattons à regret dans ce moment , nous l'avons déjà dit , les titres anciens ne donnent jamais le nom de Minerve à la tour antique du couvent de St.-Andoche ; ils nous fournissent au contraire des renseignements sur lesquels nous croyons pouvoir asseoir l'opinion que nous émettons. Et d'ailleurs quand la tour que nous voyons encore aujourd'hui près du rempart aurait été appelée tour de Minerve , cela prouverait-il que le temple d'Apollon ne pût pas être près de là?
L'opinion de Tauteur du xvi.*' siècle » en tant qu'elle place le temple d'Apollon près des remparts du sud-ouest, est conforme à la plus importante des données, c'est-à-dire à l'existence d'une fontaine chaude.
Il existe , soit dans les archives de St.-Ândoche, soit dans celles de l'église cathédrale, une suite de titres remontant au xni/ siècle, dans lesquels il est fait mention d'un ruisseau de fontaine chaude qui se jette dans l'Arroux près le pont St.-Andoche. Le nom donné à ce ruisseau et sa direction sont une indication trop positive pour ne pas y avoir égard.
Rosny lui-même avoue , p. 25i , que tout porte à croire qu'il y eut des bains publics dans la partie de l'ancien enclos des Visitandines nommé YEscurtal, et il ajoute que les eaux des tanneries placées auprès sont appelées les Etuves, et qu'elles ne gèlent jamais; que leur situation s'accorde parfaitement avec les avantages requis pour les bains publics.
Les fontaines qui se faisaient remarquer par quelque vertu particulière étaient le plus souvent consacrées à Apollon ou à Diane, et au moyen âge on s'est servi de leurs eaux, soit pour des épreuves, soit pour la préparation des cuirs. Ainsi, la fontaine du Vivarais près de laquelle saint Andéol, le compagnon de saint Andoche, fut martyrisé, était dédiée à Mithra et servit dans la suite pour les peaux et les tanneries , comme l'affirme Millin [ Voyage dans le midi de la France , t. u, p. 119. ]
Eumène, parlant des vertus merveilleuses de la source chaude d'Autun,dit qu'elle sert à punir les parjures * ; ce qu'il faut entendre sûrement de l'usage auquel on faisait servir cette eau pour les épreuves usitées au culte de Mithra.
Quand le Christianisme eut détruit les usages païens, la coutume de faire prêter des serments en ce lieu persévéra peut-être , et il ne serait pas sans vraisemblance de rattacher à des jugements prononcés au moyen âge près de cette fontaine , la persévérance du droit d'asile tout spécial que l'abbaye de St.-Andoche conservait encore au xvi." siècle. 11 est fait mention, dans un terrier de cette époque, de plusieurs homicides reçus dans l'enclos de l'abbaye, et qui y passaient leur vie entière sans être inquiétés par les magistrats civils. Du reste, il parait que les religieuses n'ouvrirent leur enclos qu'à des hommes qui n'étaient point criminels de profession.
Encore un rapprochement : un lieu où coulait une source chaude renommée devait être plus favorable qu'un autre pour l'établissement d'un hospice , il n'est donc pas
* ApoUo noster, cujus ferFeoUbus aquis perjuria puniuatur, quse le maxime oporlet odisse. [cap. XXI.]
étonnant que Brunebautet saint Syagre aient placé là celui qu'ils fondèrent au yi/ siècle.
Une troisième donnée fournie par Eumène , c*est que le temple d'ÂpoUon se trouvait placé dans une grande rue , sur le même alignement que le capitole dont il était séparé par les écoles Méniennes. Or, le capitole était indubitablement dans l'emplacement des Cordeliers; les détails donnés par Ladone et Edme Thomas sont trop précis pour ne pas regarder ce point comme arrêté.
Depuis plus de six cents ans , les écoles d'Autun sont placées entre le monastère de St.-Andoche et le lieu où a été bâti au xv/ siècle le couvent des Cordeliers.
Ceci ne serait-il qu'une chose fortuite ? Nous pensons plutôt qu'on a conservé des souvenirs précieux.
Qu'on ne se le dissimule pas , Autun a toiyours tenu d'autant plus à ses souvenirs , que son ancienne importance politique avait passé à d'autres villes ; pendant toute la durée du moyen âge , les autres dtés se crurent obligées de lui payer le tribut de leur respect. Nous ne comprenons plus ces choses à une époque où tout tend au nivellement ; mais dans la société qui a précédé la nôtre, les souvenirs étaient une propriété tout aussi précieuse que des avantages matériels; et pour peu qu'on ait étudié les antiquités éduennes, on est convaincu que si mille causes ont contribué à détruire nos monuments, les Autunois de tous les temps ont tenu beaucoup au souvenir glorieux qui se rattachait à leurs ruines. Ils les eussent respectées davantage ces ruines, s'ils avaient pensé que les souvenirs eussent besoin des monuments pour se perpétuer.
Quand Henri IV permit aux habitants d'Autun d'élever un collège sur remplacement des écoles du moyen âge , on évoqua un glorieux passé littéraire , et le Roi crut devoir accorder la grâce qu'on lui demandait , afin qu'une ville qui avait été renommée par ses écoles dans l'antiquité , put devenir encore un foyer d'instruction.
Dans l'espoir que ces réflexions nouvelles n'ont pas paru hors de propos , nous allons continuer à exposer nos idées sur les autres monuments et établissements publics d'Augustodunum.
1 .**PORTA ROMANA. — Cette porte, dont la Commission d'antiquités a reconnu naguère l'existence , parait avoir été de toutes les portes antiques d'Autun la plus riche pour les matériaux et la plus belle pour le travail. Elle était accompagnée extérieurement de deux tours. Elle était placée près du bastion dit de la Jambe de Bois.
2.** CASTRUM. — Le discours d'Eumène, pro restauraruUs Scholis, prouve l'existence à Autun d'une garnison romaine ; l'Histoire de la Conjuration de Magnentius tend à
prouver le même fait. — La plupart des villes établies par les Romains dans les Gaules ont eu un Castrum, et ce Castmm est en général placé dans la partie la plus haute de la cité. — L'époque des fondations de la muraille du château d'Autun parait être celle de GrcUien. Elle se compose de débris de monuments antiques. — Le nom de tour de St.-Léger, donné à Tune des principales tours de cette enceinte , parait annoncer que ce saint évéque fit des réparations importantes au Castrum Mdueme. C'est le nom que cette partie de la ville porte dans tout le moyen âge en remontant aux époques reculées.
5.*» PRiETORIUM. — Il est parlé d'un édifice de ce nom existant à Autun, dans la vie de saint Germain d'Auxerre. Jxdms, gouverneur de la province, y faisait sa résidence. Outre l'analogie qui nous engage à chercher l'emplacement du Prétoire d'Autun dans la partie haute de la ville , où s'éleva depuis St.-Nazaire ; nous ferons observer que la basilique cathédrale dédiée à saint Nazaire ne commence à paraître que vers 540 , c'est-à-dire à l'époque où les rois francs, fixant leur séjour et celui de leurs troupes à Chalon-sur-Saône , les édifices d'Autun , destinés , sous les Romains et les Burgundes, au gouverneur du pays, devinrent le domaine de l'évéque et de l'église. Nous verrons plus tard la basilique des comtes de l'époque carlovingienne donnée à l'Eglise par les rois capétiens, au moment où ils transportaient à Dijon l'importance politique du duché de Boui^ogne. — On sait que la plupart des grandes cités de la France convertirent en ^lise cathédrale le Prétoire antique. Le fait existe pour Bourges.
4.^ PALATIUM. — Nous entendons par ce mot non-seulement la demeure des empereurs lorsqu'ils séjournaient à Autun , mais encore les établissements principaux qui relevaient des officiers du palais. — Le quartier du Palais , Patatitun, nous parait indubitablement situé entre la rue St.-Satdge et le chemin qui va de la porte St.^André au domaine de Parpas. — Outre plusieurs autres raisons qui seront la conséquence des faits que nous aurons l'occasion d'établir en parlant des monuments voisins , nous avons été frappés de l'insistance avec laquelle les anciennes traditions donnent le nom de Palatium aux ruines romaines et antiques de cette partie de la ville. — Ainsi le monument connu dans les temps modernes sous le nom de Tour de Jouère, est nommé dans les titres du moyen âge constamment Palatium de Juigne ou Palatium de Jouère, Un vieil édifice qui occupait une partie de l'emplacement du collège actuel, est appelé par les anciens Tour Pilate ou Tour de PHate. -- Nous avons vu nous-mêmes des restes d'édifices romains dans les fondations du collège.
Bergier, dans son Histoire des grands Chenûns de l'empire, parle de trois espèces de magistrats employés au gouvernement et à l'administration des provinces.
i.** Les préteurs ou préfets des prétoires, dont la dignité était la plus baatede l'empire , inseruiebant principibus expeditionem facientibus , commeattan exerdtui prmjfte procurantes; et tentoria componentes et vias purgantes,.,. prosibant imperatorem , ulvifuet domicilia compararent\\ïy, iv, cb. \vi]. Contra mlitarem ^UscipHnam admissa convefâtHtiim pcenis corrigebant [idem]. Le même auteur cite un passage de Zozime qui attribue an duces ou comités majores le rang et Fautorité des préteurs , dans l'étendue des provinces à eux confiées. Duces enim appellabantur,. qui quoUbet in loco prœtorum vicem obtindau [cap. xvu]. — Les ducs de Bourgogne donnèrent au moyen âge le nom de viarius à leor lieutenant à Autun , et ce lieutenant , depuis nommé vier ou vierg , était chargé de leur préparer , quand ils venaient à Autun , un domicile , des vivres , et de veiller à l'exécution des règlements de baute police. — Ainsi le plus élevé des magistrats de l'empire, celui qui avait une inspection spéciale sur les troupes, et une baute inspedioD sur le palais des princes, s'appelait préteur, préfet du prétoire, ses représentants dans les provinces s'appelaient duces ou comités majores ; et Bergier le compare aux officiers nommés sous la race mérovingienne majores palatii, maires du palais, et un reste de cette ancienne dignité s'était conservé dans le viarius ducis à Autun.
â.** La seconde dignité du palais des empereurs était celle du maître des offices (magister officiorum). Il était ainsi nommé quod officiis , id est rmnisteriis , seu pr'màfi ministrantïbus prœesset. — On le compare au simple comes palatii. Parmi les fonctiotts qui lui sont attribuées, on mentionne l'inspection de tous les objets qui sont nécessaires pour l'armement des troupes. Ainsi le magister officiorum prœest fabricis (Matisconenà, sagittariœ; Augustodunensi , loricariœ), [Notit. Imperii, lib. ii, cap. 26 et 53. ]
5.® Une troisième dignité , dont il est souvent fait mention depuis Dioclétien , c'est celle du comes sacrarum largitionum. Celui-là , dit la Notice de l'Empire, administrait le trésor public : universam pecuniam ptdflicam adrmnistrabat [lib. i, cap. 75].
D'après le même monument, le comte des lai^esses sacrées avait sous sa direction la fâbrîque d'ornements militaires que les empereurs avaient établie à Autun. — Cona largitionum Occidentis hnperat procuratori gyneccei Augustodunensis. — Le discours d'Eumène pro restaurandis Scholis nous apprend en outre que ce magistrat était chargé, au moins indirectement , de pourvoir à l'entretien de ces fameuses écoles , lorsqu'il dit que la restauration de ces écoles sera in laude sacrœ largitionis.
C'est après avoir longtemps médité sur ces textes et avoir étudié les usages du moyen âge dans notre cité, que nous nous sommes décidés à placer sur notre carte : i.^ le prétoire dans le castrum au-dessus du palatium; %^ la fabrique de cuirasses , entre le castrum et le palatium, aux lieux où nous voyons encore deux rues dont les noms supposent l'existence ancienne d'une corporation d'ouvriers travaillant le fer , et d'une corporation d'ouvriers travaillant le cuir; 5.° le gynécée au-dessus du capitole et vis-à-vis du palais, au lieu où l'on a découvert les ruines de vastes édifices et tous les plus riches ornements trouvés à Âutun jusqu'à ce jour , tels que colliers, bracelets....; 4.° les écoles entre le palatium et le forum près de Vcerarium, lieu dans le voisinage duquel , depuis un temps immémorial , se tiennent les écoles d' Autun.
Ainsi des faits certains , des traditions viennent confirmer nos conjectures fondées sur la comparaison des convenances les plus essentielles. — Il est facile de remarquer combien il était naturel que la fabrique des cuirasses fût rapprochée du castrum, que la fabrique d'ornements fût rapprochée des quartiers de luxe et de la rue des Orfèvres ; — que les écoles enfin fussent rapprochées du forum,
5.° CAPITOLIUM. — En comparant le plan donné par St. -Julien de Baleure avec ce qu'Edme Thomas dit du capitole d' Autun , la place de cet édifice est évidemment identique avec celle de l'hospice St.-Gabriel et des Cordeliers : des découvertes récentes ont prouvé que ce lieu renferme de magnifiques débris de monuments antiques. — Le capitole d' Autun, d'après Eumène, était dédié à Minerve. C'est une convenance de plus dans notre opinion qui place près de là le gynecasum, puisque Minerve présidait spécialement à l'art dont on faisait profession dans la fabrique d'habits et d'ornements militaires.
6.** FORUM. — La ville antique posséda plusieurs places publiques. L'une d'entr'elles fut plus spécialement affectée à la discussion des affaires publiques et des principales transactions. Le discours d'Eumène , pro restaurandis Scholis , donne une preuve sans réplique de l'existence de ce forum qui était pour cet orateur célèbre un tribunal insolite (insolitum mihi tribunal)^ lorsqu'il y plaida, devant le président de la province lyonnaise, la cause de la réédification ô*Augustodunum. c II n'avait , comme il le dit , ni assez de
> léggreté dans le caractère , ni assez de confiance en lui-même , pour ne pas faire 9 attention à toute la différence qui existe entre les débats publics et sérieux du forum » et les exercices secrets des études littéraires auxquels sa vie avait été vouée. Là le
> génie seul est armé, ici combattent tous les intérêts. Là on prélude au maniement des
> armes , ici s'engage une bataille réelle. Là une lutte semblable à celle des enfants
> qui se servent de bâtons ou lancent des pierres , là des traits étincelants qni i s'entrechoquent. §
Si nous étudions le plan antique de Rome , et les usages fondés sur des coovenaDces essentielles 9 nous verrons que le grand forum ne pouvait être éloigné du capitule, do paiaisy du trésor public, et de la curie. Le texte d'Eumène est obscur; toutefois, en lisant avec soin son Panégyrique déjà cité, on ne peut s'empêcher de conclure que le form d'Augustodunum était situé près des établissements que nous venons d'énoméra', c'est-à-dire entre le quartier du palais et des écoles et celui de la cité proprement dite . ce qui nous conduit à la partie de la ville nommée Marchaud, et qui, dans les andeos titres, porte le nom de forum mercati, mercauti, marcauti, mais plus anciennement, en 1108, Martiale forum. Depuis un temps immémorial, la halle était située dans le centre de Marchaud , avant qu'on la plaçât au lieu où elle est at^ourd'hui , et la plupart des familles qui se livraient aux fonctions du barreau avaient près de là un hôtel. Cette balle ancienne nous paraît avoir remplacé Tantique curie. Le mot de haUe est comme on le sait un mot emprunté aux langues germaniques ,. qui répond aux mots latins aula et curk. Aussi est-ce près de cette halle que l'on a découvert il y a six ou sept ans une inscriptioD magnifique, tracée sur des plaques de marbre qui avaient servi de lambris à des murailles , mais qui étaient malheureusement si minces, qu'on les trouva brisées en mille fragments , et qu'une longue patience n'a pas sufiS pour réunir et rapprocher tous ces précieux débris. Toutefois, l'examen attentif que l'on a fait a prouvé que l'objet de cette inscription, tracée dans le haut empire, concernait les intérêts publics de la cité Edueune. En plaçant le forum près de Marchaud, non-seulement nous obéissons au principe que nous avons adopté, de croire à la persistance des premiers établissements de la cité; mais nous retrouvons toutes les convenances dont nous avons parlé, et qui sont autorisées par le plan du forum romain * et par le plan de Narbonne antique. *
Ainsi nous retrouvons près du forum d*Augu8todunum, non-seulement la curie, mais encore Vcerarium ou trésor public , dont on a retrouvé des indices dans la maison
* Nous devons à M. CarisUe, membre de TlosUtat, la commuoicaUoD d*iin travail fait par et sarant, sur les fouilles exécutées au forum romain , pendant que cette métropole antique était administrée au nom de la France. L*étude des plans et des notes qui les accompagnent nous a donoe des termes de comparaison qui ont facilité beaucoup nos études sur le forum d*Âutnn.
> France hisL et monument., t. i, p. 604* pl. 73.
occupée aiyourd'huî par M. l'avoué Guichard, puis les écoles, puis le palais, puis le capitole, et enfin l'autel de Jupiter dont il est fait une mention expresse dans le discours d'Eumène. Le nom de tour Jouère, Jovis arœ, donné aux ruines remuées si souvent près de l'ancienne cure de St.-Jean-l'Evangéliste , suffirait seul pour donner une indication précise du lieu où fut l'autel de Jupiter. Cette étymologie si peu contestable a été démontrée vraie par la découverte des deux inscriptions mentionnées dans la lettre du P. Lempereur. Nous ferons observer comme dernière preuve tirée des convenances locales, que le forum d'Autun , dans notre opinion, se trouvait au centre de la ville antique, à l'angle formé par la rue de Rome, et celle qui, venant de la porte St. -André, tendait à celle dite des Druides.
l,'^ iERARIUM. — L'existence de ce trésor public est attestée par l'Histoire de la Conjuration de Magnence. Ce guerrier ambitieux était , suivant Zozime , d'une famille barbare , — originem generis à Barbaris ducens , — qui avait passé dans la Gaule avec les tribus Létiques auxquelles on venait de distribuer des terres , — ({ui transmigraverat apud Letos GaUiœ populos. — Zonare précise le récit de Zozime , lorsqu'il dit que Magnence était fils d'un Breton , — Magnentius pâtre Britanno natus. — Nous savons par Eumène que Constance Chlore avait établi à Autun une garnison de soldats tirés de la Bretagne, et chargés par lui de travailler à la réparation des édifices de cette cité *. Le même auteur nous apprend encore que Ton distribua dans les campagnes voisines un grand nombre de Barbares , afin qu'ils s'y livrassent à la culture des terres. Les Gallo-Romains d'Augustodunum se promenant sur les remparts de leur cité contemplaient avec orgueil des Bretons ou des Francs labourant leurs terres ou approvisionnant leurs marchés , sans se douter que cette Gaule si fière serait bientôt appelée la France '. Les
* « Nec pecunias modo , sed etiam artifices transmarinos , el ex amplissimis proyinciamm ordioibus » incolas noTOS et deToUssimarum hiberna legionum indul^eat. [ Pro rest. SchoL , n. iv. ]
« Qnin etiam iUa cnjus nomine mihi peculiariter gratulandum, derotissima vobis ciyilas iEduorum » ex bac Britannica facoltate rictoriœ plurimos , quibos illae proYinciœ redundabant , accepit B artifices el nunc extructione Veterum domorum , et refectione operum publicorum , et templorum » instaoratione consurgit b [ Panegyr, Constant, Cœsar, ]
* « O rictoria multijuga et innumerabilium triamphorum, qua Britanniae restituts, qua gentes A Francorum penilus excis®, qua muUis prsterea genlibus in conjuratione illios sceleris deprehensis 0 imposita est nécessitas obsequendi , denique ad perpetuam quietem maria purgata sunti Gloriare • ?ero tu, Cssar inrictel [n. xvii.]
écoles Méniennes ne furent pas interdites aux fils de ces Barbares, car Magnence y puisâ des connaissances littéraires qui le firent remarquer : — Utteris latinis satu eruËtm, dh Zozime. — Son audace acheva de le mettre en évidence , — audax fortuna prospéra , car , selon Zonare , après avoir fait ses premières armes dans la garde de l'empereur, il fut nommé comte des deux légions ^ Ne mettant plus de bornes à son ambition, il résolut de parvenir à la dignité impériale. Les désordres et la négligence de Constant qui, oubliant les soins du gouvernement , se livrait aux plaisirs de la chasse dans les forêts voisines d'Autun , lui fournit l'occasion de faire éclater son dessein.
Deux grands dignitaires, Ghrestius et Marcellinus ^, entrèrent dans ses vues, d'après VEpitome d'Aurelius Victor. — Marcellinus trouva le prétexte d'une assemblée nombreuse en annonçant une fête qu'il célébrerait pour la naissance de son fils. Magnence y fui invité avec tous les grands de l'empire réunis dans la cité d*Augustodunum '. Au moment le plus animé de la fête, Magnence sort de la salle du festin, se revêt de l'habit impérial, puis revenant bientôt , se présente au milieu des convives dont il obtient , soit par persuasion, soit par crainte , les acclamations. Accompagné par eux , Magnence quitte la maison du préfet du trésor public , et se dirige vers le palais. Arrivé là, il distribue des largesses , et donne des ordres aux troupes préposées à la garde des portes de la cité. *
Nous avons cité tous ces textes parce qu'ils sont du plus haut intérêt pour l'étude des antiquités d'Autun. Ainsi nous voyons à Autun un préfet de Vcerariwn, et il est parlé de
» Ârra jacenUa Letus post iiminio restitutus et receptus in legis Prancus excoluit. [n. wi.] » Videmus, totis porticibus ciTitatum sedere captiva agmina Barbarorum, riros attoaita feritatf » trépidantes. Arat ergo nunc mihi Chamavus et Frisius ille yagiis. Ille predator exercitio sqnalidib » operatur , et fréquentât nundinas meas pécore yenali , et cultor barbarus laxat annonam. »[d. i\.]
* u Qui primum inter protectores militaral, deinde cornes duarum legionum appeUatus fuerat,caD » jampridem regni occupandi cupiditate aestuaret, tune magis etiam consilium suum urgebat. >
2 « Hujus Chrestii non meniinit Zozimus, sed Marcellini, quem lerarii prefectum dicit » [Notes de Tédition d'Aurelios Victor, par M."* Lefêrre. ]
' Le texte grec de Zonare a été traduit par « in urbe Augustali n, mais Paul, diacre, et Frécalfe disent positirement que la conjuration eut lieu à Augustodunum, • Apud Augustodonum habitiUB » iinperialem capit. » [Paul. diac. lib. \i.]— o MagnenUus apud Augustodunum accipit imperiniB. » quod conUnuo per Galliam, Aphricam Italiamque porrexit. 0 [Chron, Prbcll. t. 11, lib. iv. c. v.]
^ a lisque comitantibus regiam ingreditur, pecuniam dilargitur , portis urbis custodes adhibet >
sa demeure opulente dans laquelle les grands de Tempire sont convoqués pour prendre part à une fête. Or , près de la maisoa signalée comme emplacement de l'antique œrarhm d' Autun , on peut encore admirer les restes d'un somptueux édifice. C'est dans la maison de Charmasse, appartenant à M. Laureau de Thory,que l'on voit un fragment notable de mosaïque , et un autre pavé composé de pièces de divers marbres. On trouva d'autres pavements précieux, il y a plus de vingt ans , dans les fondations d'une maison voisine. Le sujet présenté par le médaillon de la mosaïque de M. Laureau de Tbory n'est pas indifférent pour l'objet , car il représente un griffon. On sait que cet animal fabuleux était un symbole de la garde préposée à la conservation des trésors '. Une remarque non moins importante , c'est que l'antique basilique de St.- Jean-l'Evangéliste , peu éloignée de ces lieux , était celle où les comtes d' Autun de l'époque carlovingienne recevaient les serments publics. *
Or, d'après les formules de Marculfe, les églises consacrées à cet usage étaient attenantes aux terrains du trésor public , in curte fixci. Les vieux titres font mention d'un palais situé dans les environs de ces mêmes lieux. On peut donc suivre en quelque sorte la marche de Magnence depuis la maison de Marcellinus , préfet de l'serarium , jusqu'au palais où le nouvel empereur reçut les hommages de la foule, qu'il avait surprise par son audace.
Nous nous sommes étendus dans cette note sur les circonstances de l'avènement de Magnence à l'empire dans l'emplacement même de Vcerarium d'Autun , parce que l'on trouve sur les monnaies de cet empereur une affectation à présenter le monogramme du Christ, que les numismates ont également remarquée sur les monnaies frappées à Autun sous la dynastie mérovingienne. Nous voyons aussi , sur le sol Eduen , le nom de Magnence lié à celui des Sarmates , dans les stations desquels les noms de Ste-Croix , de Ste-Hélène et de Constantin, ont une importance marquée. Plusieurs auteurs ayant
* • Prodantur Arimaspi, qoos diximas uno ocalo in fronte média insignes : qoibus assidue beUam est I circa metaUa cam Gryphis > [ Pun. Ub. 7, cap. 3. ]
cGrjphi, 8»Tom et pertinax genusferamm, auram terra penitus egestiun mire amant mireque » custodinnt, et sont infesU attingenUbns. > [PoMPomos Mêla, de SU, orb. ]
«In India sont et montes aorei» qui propter dracones et gryphos non possonl adiri. » [Honob. Angostod. de Imag, mwadi, lib. i, cap. xl ]
> « NoUUa sacramentale qualiter reniens Fredelus , die Joris , Augnstiduno ciritate , in ecclesia > sancti Johannit, abi alia sacramenta procairunt. » [Recueil dePérard, p. 34*]
rattaché ces faits de numismatique et de géographie locale à Topinion qui place près de la Saône Tapparition de la Croix à Constantin , nous avons cru devoir les consigner pour mémoire dans une histoire du pays Eduen. '
S.^ TEMPLE D'HERCULE. — Un passage du Discours d'Eumène, pro restaurandu Scholis , a donné lieu à plusieurs historiens d'affirmer qu'il y avait à Autun un temple dédié à Hercule , et que ce temple était placé près des écoles Méniennes. Edrae Thomas et Rosny sont de ce nombre. Un membre de la Société Eduenne, qui a spécialement étudié les discours du chef des écoles d'Autun» a pensé que Ton ne pouvait pas conclore
* Voir l'Histoire de la délirrance de TEglise par GonstaoUii , pubUée par le P. Morin, de rOratoire, p. 335. Cet auteur dit deux choses, i." que rapparitiou et le fait du changement des signes mililaires eurent lieu en France. (Ce point a été admis par Tun de nos plus sévères criUques. [Tillemont, Hist. des Emper. t. nr, p. 632 , et par CreWer. ] Sozomène dit en effet que de son temps la chose passait pour constante.) 2.** Que ces faits eurent lieu sur le territoire Eduen. (On a pu dire que ropimondr cet auteur n'était qu'une conjecture; mais on n'a pu nier la force des considérations qui l'ont déterminée. Le P. Morin était un des plus sarants hommes de son temps. Après lui, Boaterooe, dissertant sur les signes spéciaux des monnaies de Chalon et d'Autun , trouye dans ces signes une nourelle preure à l'appui de l'opinion du P. Morin. }
Voici un fait inédit qui se rapporte à cette question. A une certaine époque, les approches de la yiUe de Chalon étaient défendues , du côté de la Séquanie, par une ligne encore appelée la Marche, qoi tendait de l'embouchure du Doubs à l'embouchure de la Seille. On troure des restes de Toies romaines qui affectent la même direction. Des moUes ou coUines factices, accompagnées de fossés et de restes d'anciennes constructions militaires se rencontrent souvent dans le même pays. La garde àt cette ligne de défense fut confiée à des Sarmates qui eurent trois postes : l'un près de l'emboacborf du Doubs, à Sermeue (Sarmatica villa) ; l'autre près de l'embouchure de la Seille, à Sermoyé: l'antre au point intermédiaire, à Chermoisay , commune de Monteret. Dans ce dernier poste, qui n'est qu'à cinq lieues de Chalon et à trois ou quatre du bourg de Ste-Croix , on trouve le champ Constantin et la ferme Magnance, dénominations relativement anciennes , puisqu'on les trouve sur la carte de Casnm.
Le bourg de Ste-Croix était une des plus anciennes baronnies de la province et l'apanage de la plus noble de ses familles, la famille de Vienne. On retrouve également le nom de Magnenee à Sermoy, près de la Seille. Voici ce que nous lisons dans des notes manuscrites qui n'ont guère moins d'un siècle de date : f L'évéque Ado donna à l'abbaye de St. -Philibert de Toumus des bois et épines le Ion; n de la Saône, et sont aujourd'hui les communaux d'Uchizy, d'Aubigny, de Sermoyé, dont MaUanchf » en est une; » puis en marge du manuscrit :« Ce n'est point Mallanche, ny Mayanee, ny Magnanek, n comme disent les paysans de la contrée, c'est Magnence, du nom de ce François on plutôt AUemand » qui fit assassiner Constance à Elne ou Héléna, au pied des Pyrénées, le 30 janvier 350 , et se riot
rigoureusement du texte précité , qu'il y eût à Autun un temple d'Hercule. Les raisons qui l'ont frappé ont , nous devons le reconnaître , leur importance. Toutefois l'opinion de plusieurs historiens qui ont successivement examiné le même texte, nous parait indiquer le sens obvie de ce texte, et nous engager par conséquent à ne pas rejeter ta conséquence qu'ils en ont tirée. Nous admettons donc l'existence d'un temple d'Hercule et nous croyons devoir le placer près des écoles Méniennes et sur l'emplacement qu'occupa depuis l'église de St.-Jean-rEvangéliste. Quand nous n'aurions pas le texte
0 camper dans le TiUage d'Aubigny en 353, où il y avait un camp romain dont le chef-lieu était • Romenay, Romœ mœnia , ou Romaneia. Cet arenlurier donna son nom à la forèl qui ai^ourd'hui
> porte le nom de Magnence, et qui, en ce temps-là , ayait dix lieues de contour, s'étendant et étant
> comprise entre les trois ririères : la Saône, la SeiUe et la Ressouze. Entre les trois riyières était le 0 camp où Sévère vainquit Albain. >
Tout ceci , joint aux nombreux tnmuli et armes enfouies , découverts depuis l'embouchure du Doubs jusqu'à l'embouchure de la Seille, confirme l'existence d'une marche importante qui séparait Var-Brignus de Var^Segusius , en d'autres termes le pays des Insubres Eduenses de celui deiÀmbarri et des Segutiani, Cette marche était celle du Comte des deux légions, comme celle qui séparait le Lyonnais du CharoUais était celle du Duc, comme ceUe qui séparait l'Aurergne du pays Eduen était celle du Patrice, comme celle enfin qui séparait le pays Eduen de TAuxerrois était ceUe du Censeur. Chacune de ces marches avait sa staUon de Sarmates (nommée toujours dans les chartes Sarmatica villa), Sermaise près de Cibles, mot qui signifie littéralement frontière; Sermoise à l'embouchure de l'Allier; SermiielU situé entre Avallon et Chora, c'est-à-dire au lieu même, où, d'après la Notice de l'Empire, cessait le cantonnement des Sarmatœ gentiles et commençait celui des Sarmates chrétiens. Ces stations de Sarmates étaient liées entre elles et avec ceUes de l'intérieur du pays, de telle sorte que la seigneurie de Ste-Hélène, près Buxy-le Royal, dans laqueUe on trouve un Sermesse (Sarmatica villa, tu,* s.) et ceUe de Savianges, dans laquelle existait un Chermesse (Sarmatica villa, IX.* s. ) avaient des droits à Sermiielles près AvaUon. La charte qui constate ce fait curieux est de l'année 1373.
Ce qu'il y a de plus remarquable , c'est qu'en observant les autres particularités de cette charte , on est obligé de reconnaître que ces droits se liaient à ceux des Suèves de Cretum, dont l'existence nous a été révélée l'année dernière par une inscription. Enfin , tous ces droits convergent vers un droit plus général qui se percerait à la foire tenue chaque année le premier mai sur le mons Bifractus, sur la montagne de Beuvray, in nundinis Bifracti,
Les donateurs des différents biens mentionnés dans cette charte étaient membres de la famille de Vanldrey, qui partageait avec la famiUe de Vienne plusieurs des seigneuries des pays qui servirent de limites aux /Edui, aux Segusiani et aux Sequani.
d'Eumène, nous ne pourrions douter de l'importance qu'eut à Âutun le culte d'Hercok. La colonne de Cussy où l'on voit Hercule , la médaille gauloise sur laquelle on lit la légende ARVS SEGVSIÂNUS à côté d'une figure du même Dieu , nous ont convaincas depuis longtemps que le Dieu topique de l'Arroux et du territoire qui dépendait plus immédiatement d' Autun, affectait la forme d'Hercule. C'est une opinion constante parmi ks historiens de la Boui^ogne que la ville de Flavigny était principalement dédiée à Hercok; or, depuis un temps immémorial, on voit une liaison d'intérêts spéciaux entre Flavigny, le prieuré de Couches dédié à saint Georges, les écoles d' Autun dédiées à saint Christophe, et l'église de St.-Jean-rEvangéliste , dans lesquelles se prêtaient, au ix.* siècle , tons les serments judiciaires exigés parla cour des comtes d'Autun. Hercule veillait plus que tout autre dieu à la fidélité des serments ; c'est ordinairement au parvis de ses temples qu'on prononçait les témoignages publics et sacrés. On sait que les Gaulois lui attribuaient le soin d'assister et de diriger l'éloquence. Les images ordinairement colossales de saint Georges qui terrasse le démon, et de saint Christophe qui plie sous le fardeau du Christ, ont été choisies de préférence par les Chrétiens , pour substituer une idée spirituelle et sainte à l'idée matérielle et païenne qui se liait au nom d'Hercule. C'est ainsi qu'à Rome on a mis sous la protection de saint Georges le quartier du Velabre, situé au-dessous du palais des empereurs, et dans lequel on voyait le temple d'Hercule vainqueur et l'école grecque , comme on voit encore cette bocca délia verila qui fait trembler les menteurs et les parjures. La position est analogue sur beaucoup de points à celle que nous choisissons à Autun pour le temple d'Hercule, puisque nous le plaçons près du palais, près des écoles, et près des lieux où l'on prêtait les serments solennels.
9.0 AUTELS DE JUPITER , DE JUNON PACATA ET DE MINERVE. -« L'existence de ces deux autels est certaine. Voici le passage d'Eumène : c Que Jupiter le p^ des
> hommes, que Minerve, protectrice des sociétés, que Junon, dont le nom est un gage
> de paix, entendent ici les éloges que nous adressons aux Joviens et aux Herculiens
> devant des autels qui sont les leurs pour ainsi dire. > Nous avons déjà indiqué le lieu de l'autel de Jupiter en parlant du forum. Nous citerons ici la lettre dans laquelle le P. Lempereur parle des découvertes sur lesquelles se fonde notre opinion.
€ Lorsque j'étais à Autun, le sieur Henriot trouva dans un champ qui lui appartient t
> et qui n'est pas loin de la tour de Jupiter, vulgairement appelée la tour de Jouer, s une colonne cannelée , dont le chapiteau était chargé d'un côté de cette inscription : » I. 0. M., et de l'autre côté à Topposite : lOVI ArVGVSTO DONVM. J'ai parié de
> cette colonne dans mon Histoire des anciens Héduens , et j'ai dit avec assez de » probabilité, ce me semble, que cette colonne avait été dressée à l'honneur de Jupiter » et de Dioclétien , lorsque Maximîen son collègue eut défait les Bagaudes. » *
On voit que le P. Lempereur rattadie cette découverte à Fallusion présentée par le discours d'Eumène, puisque ces Joviens et ces Herculiens dont parle Torateur sont précisément Dioclétien et Maximien.
L'étymologie de Jovis ara doioée au no© de Tour de Jouère, attribué de temps immémorial au champ au-dessus duquel s'élevait l'église de St.-Jean-l'EvangéUste, est donc appuyée sur des monuments certains*
Un autre nom , celui de Tour ou de Palais de Jmgne , que nous avons trouvé dans les titres du xin/ ou xiv/ siècle être donné au même champ , nous autorise à placer également dans ce lieu l'autel de Junon.
L'autel de Minerve parait se confondre avec celui du capitole , et se trouvait par conséquent à l'est des écoles Méniennes et du forum, près de l'hôpital actuel.
Du reste , outre les autels de Jupiter et de Junon ici reconnus , ces deux divinités pouvaient avoir comme à Rome ' leurs statues au capitole auprès de celle de Miner>'e. Au moins nous trouvons dans l'étude des proportions du capitole d'Autun , outre l'idée de Minerva socia , celle de Jmw pacata et celle de Jupiter , le mmtre et le souverain des dieux.
Le plan du capitole d'Autun , formé par une muraille de 24 pieds d'épaisseur ^ et de deux cents pas de circuit , telle que la décrit Edme Thomas , est conçu comme un carré
* Journal de Tréroax, l. iv, p. 2101.
3 Guide de Rome par Melchiori, p. 735.
3 Le nombre 24* mulUplié par 4> nombre des points cardinaux, donne 96, qui , chez les kabbali»tes, est la réunion du nombre de la sentence de miséricorde 31 et celui de la jusUce rigoureuse 65. La différence hiérarchique des deux termes est de 1 à 7. Le terme moyen entre 376 et 532 dont nous allons parler est 454* nombre du mot DaThaN qui signifie un rit, une loi, une constitution, une sentence. Nous citons ces faits pour que l'on comprenne bien la raison de toutes ces formules traditionnelles auiquelles les anciens attachaient tant de prix dans la dédicace des rilles et des temples , et la raison aussi du secret dont on entourait ces formules. EUes étaient comme des mots d'ordre que chaque magistrat transmettait à son successeur comme U Tarait reçu. De là le nom de kabbale qui signifiait tradition orale, nommée aussi athéné, l'un des noms de Minerre.
de i 20 pieds de côté inscrit entre deux cercles concentriques. Le diamètre intérieur éuit de i 20 pieds. LediamèCre total de 168+1 pieds. Par conséquent , le cercle intérieur élait de 376 pieds et le cerde extérieur de 532. La multiplioatioii d'un des côtés du carré ii) par le nombre 42» moitié de Tintervalle qui sépare les deux courbes, donne 1,440 pieds carrés. Sur quoi nous ferons observer que le cercle intérieur, divisé comme tout cercle en 360 degrés, représentait Tannée solaire mystique ; et le cercle extérieur l'union périodif^ du cycle lunaire de 19 ans et du cyde solaire de 28 ans* car 28Xld«°532. Ce nombre qui répond au mot hébreu BTheKeL , in hUasice, si cél^re dans la kabbale ' , implique avec lui ridée d'union des deux forces rdatives indiquée par le nom de Minerva soda. Il suffiten effet de multiplier par le nombre pkm do bassin GaPh , qui indique la lune % le carré 120X12 pour avoir 144,000 pieds carrés qui représentent la force centripète ; et par le nombre sUmple ' du bassin COPh , qui indique aussi la lune , le nombre de raanée solaire mystique 360 , qui représente la force centrifuge ^, pour avoir 36,000 degrés; ce qui revient à 36,000 couples d'êtres à deux pieds placés sur 36,000 degrés, sur le grand cycle de 36,000 ans qui , augmenté de la somme du cercle extérieur 553, moins 7, donne 36,525 années , période si connue des anciens , soit en Ghaldée, soit en Egypte % et dans lîRpielle s'opère le renouveUement de 25 périodes sothiaques. Les 4 pieds qui reposent sur chacun des 36,000 degrés sont , suivant les kabbalistes % les 4 plénitudes du nom de Jéhtmah (d'où Jovts) , et comme le nombre 1 44 indique le mot GDM ,
1 CommeDtarias in Siphn ée Zenlallia, $ 26. Il estéerit BIIThKLâ.
2 Kabbala denadata , t i , p. 463.
3 CaPh et COPh, pris suivant leur valeur numérique simple, donnent l'un 20, Tautre 100, en tool 120 , mesure du diamètre du carré et du cercle inlérieur du capitole d'Augustodunmm,
^ Qu'on ne soit pas étonné de ceci : les kabbalistes prétendent posséder la plupart des décoarertes modernes depuis un temps immémorial. Il est certain que dans le Sokar répandu en Europe depuis le XII.* siècle, les iniUés à l'inteUigence de ce livre savaient que la terre est une sphère et qu'elle i deux mouvements , l'un diurne sur elle-même, l'autre annuel autour du soleU. Ils se glorifiaient mène de ce que les géographes ignoraient cette idée. [Harmonie de ta Synagogue et de V Eglise, par M. Drach, préface, p. 16.] CaPh signifle rassembler vers le centre; KOPh, s'élancer en cercles.
^ Voir la Chronique de Georges Syncelle , et aussi V Egypte ancienne de M. Champoltlon-Fif^eic, p. 206.
^ Apparatus in Ubr. Sohar, pars A, fig. ix. Les 4 plénitudes y sont placées aux 4 angles du carré.
ancien^ il s'agit ici de V ancien des jours nommé aussi le grand Orient \ Quant au cercle intérieur mesuré en pieds, il répond à l'idée de Juno pacata, car le nombre 376 est celui du mot SghaLOM qui signifie la paix. Ces idées de physique et d'astrologie mystiques sont appliquées ici à l'idée sociale de Vunité de pouvoir harmonisant dans la paix les forces relatives, dont l'antagonisme modéré fait la vie de rkumamté,
La kabbale, qui appelle la figure totale que nous venons de décrire le vêtement de l'étemel, dit que l'espace qui s'étend au-delà du cercle extérieur représente le premier air nécessaire pour l'existence du monde. — L'espace contenu dans le carré représente Vâme du monde. — Le cercle intérieur la sphère de la splendeur '. La kabbale distingue parfaitement le Dieu étemel et infim du vêtement qui publie sa grandeur à nos yeux charnels ; mais la faiblesse humaine se laissa prendre grossièrement à l'illusion des sens. En confondant l'idée de Dieu avec celle de son vêtement , elle amena toutes les monstruosités de l'idolâtrie. Si les ouvrages attribués à Hermès n'étaient que supposés , ce sage aurait prévu l'usage malheureux qui serait fait d'une idée cependant si belle , celle de la contemplation des merveilles de la nature, c 0 Egypte , Egypte , y est-il dit , > un temps viendra où au lieu d'une religion pure et d'un culte pur, tu n'auras plus » que des fables ridicules , incroyables à la postérité , et qu'il ne te restera plus que des » mots gravés sur la pierre, seuls monuments qui attesteront ta piété. ' >
La Bible donne le nom à*Hénoch ou de consécration aux villes construites d'après un rit religieux, et le 7.*' des patriarches, celui qui poussa le plus loin l'union à Dieu par la contemplation des harmonies de la nature est appelé Uénoch *. Peu après ce patriarche,
* A Kedem prodiit erapUo cogitaUonis et mysterium manifestatum sephirarum.... Patet quod Kedem sit duplex , nempe Tel iUud , quod est anterius , ratione principii emanaUonis , vel quod est anterius in manifestaUone. Kabbala denudata , t. i, p. 670 et seq.
Il conyient de faire obseirer ici que GDM est la racine du nom de Cadrmis, T inventeur des lettres grecques ; que l'ancien des jours s'appelle aussi attik, mot idenUque à celui qui désigne le sol athénien, et enfin que la parUe exotique de la science rabbinique s'appelle ÂITHÀNA , comme ATHÈNÉ ou Minerve, protectrice d'Athènes, et Palladium de cette cité de la science. Vossius et le Dictionnaire de TréTOux ont fait remarquer depuis longtemps celte étymologie.
^ Apparatus ad lib. Sohar. pars. 4, fig. ne.
^ Egypte ancienne, par M. Champollion-Figeac , p. 244.
^ On peut voir dans le Dictionnaire de D. Calmet, au mot Enoch, les tradiUons qui rattachent Vlnachus des Grecs et l'Hermès trismégiste des Egyptiens à l'Enoch de la Bible.
les enfants de Dieu , c'est-à-dire les contemplatifs, se laissant séduire par la beauté des filles des hommes, il se fit un mélange de la cité du ciel et de la cité de la terre qui confondit toutes les notions dans une sorte de panthéisme d'où naquit l'idolâtrie, et il a fallu plus de 5,000 ans d'abaissement et une nouvelle révélation pour que rhumanité revînt à l'idée de l'unité de Dieu. C'est la raison pour laquelle l'apôtre saint Jeao veut que la cité chrétienne, la nouvelle Jérusalem, soit représentée par 144,000 confessenrs occupés à rendre grâce à Dieu par la pratique de toutes les vertus, et par 144,000 vierges prêts à tous les sacrifices pour la conservation de la foi, et que le plan de sa ville exdnt les deux cercles pour ne laisser subsister que la surface carrée de 144,000 stades. L'Apocalypse est l'explication spirituelle de ces anciennes formules admirables en elles-mêmes , profanées il est vrai par les vices du cosur humain , mais régénérées par le Christianisme et pouvant servir encore de plan à ces projets d'harmonie sociale dont sont tourmentés acgourd'hui tant d'esprits. Comme l'une des gloires de notre cité est d'avoir contribué à l'harmonie sociale de notre patrie , à quatre époques séparées les unes des autres par le nombre de 552 années inscrit dans le circuit de son antique capitole ', nous croyons, en publiant ceci, obéir à la conscience d'un archéologue qui doit communiquer aux autres les découvertes propres à jeter du jour sur l'histoire de Tart et des institutions de son pays. Nous avons déjà montré que l'ichnographie et l'iconographie de la cathédrale d'Autun renferment l'application spirituelle et chréti^uie des formules antiques, et nous pouvons prouver que l'église d'Auxy porte sur ses lourds piliers l'application également spirituelle des symboles propres au droit de Hoâa, dont la terre d'Auxy était le siège d'après les chartes anciennes.
< Vers Tan 1.*' de J.-G., la fondation des Ecoles Méniennes prépare la ciTÎUsaUon des Barbares.
532 ans après, Augmtodunum, en se donnant aux rois Francs, assure l*iinité de la nationalité noineUe. Ce fait est donné par Grégoire 'de Tours comme décisif.
532 ans plus tard , en 1065 , un concile se tient à Autun pour la pacification de la Bourgogne et U soumission des seigneurs du pays à Tun des premiers ducs de la race des CapéUens.
532 années s'écoulent. Après bien des agitations, l'érèque Saunier et le président Jeannin, Tenl^ mettent fin à la Ligue et contribuent au bien de l'Etat. C'est le président Jeannin qui annonce Tère nouvelle qui commence, en disant au roi d'Espagne : Je suis le fils de mes ouvres, L'éréque Sêxaàff tempéra ce que cette parole avait peut-être de trop orgueilleux, en plaçant sur les ruines encore Aimantes de l'ancien château de Rivaux une maison de vierges chargées spécialement de réducitioB religieuse des enfants. L'auditoire de la seigneurie de la Toison -d'or, appartenant au président Jeannin , était contign au couvent des Ursulines.
Avant d'achever ce qui concerne le capitole, nous ne devons point passer sous silence le fait suivant : le grand cercle du capitole d'Autun n'est que le développement lumneux de l'idée obscure contenue dans le nombre inscrit sur la fondation de la pierre de Couhard, 72. Ce nombre 72 répond à la plus haute des plénitudes kabbalistiques , la plénitude AaB qui signifie une nuée, une chose épaisse et obscure. Les deux lettres dont se composent les mots BiTh et AaIN, lues en plein, donnent pour nombre 532, et pour sens la maison de Vœil, ou Vœil de la maison, c'est-à-dire, comme dit saint Jean, la lumière qm luit dans les ténèbres et que les ténèbres n'ont pas comprise. C'est en effet de ce nombre que l'apôtre fait sortir l'armée des saints , dont les travaux fondent la nouvelle Jérusalem , lorsqu'il dit que Dieu s'avance avec les NUÉES et que Tout OEIL le verra. Or , les nuées sont 2 fois la plénitude AaB ou 2 fois 72, c'est-à-dire i44 , qui , multiplié par iOOO, signifie la doctrine ancienne ' dont la tradition nous a été communiquée par les i2 enfants de Jacob, excepté néanmoins l'apostat DAN *, qui a profané le mystère et d'où naîtra l'Antéchrist. La place de cet excommunié est occupée par l'un des enfants du patriarche Joseph , habile à expliquer les figures venues de l'Egypte '. Les anciens n'ont pas ignoré
f 144 est le nombre da mot CadaM, ancien. Le mot ALEPH, qui signifie mille, signifie aussi une doctrine et un docteur. C*est en ce sens que saint Jacques est dit Alpheus ou fils du docte, du mille Alphée, doctor millesimus. Le nombre 72 du mot nue rappelant Tidée d*un œil caché, 2 fois 72 indiquent les deux yeux, qui sont la méditation et Pétude de la IradiUon.
> La tradiUon ecclésiastique est à peu près unanime sur ce point. Toutefois il faut entendre moins Dan lui-même que ceux de sa race, et surtout les imitateurs de sa mauvaise tendance à prendre la place de Dieu et à s'égaler aux divins juges Elohim : Erimus sicut dii, ou de cunctis rébus judicabimus , en hébreu, CELOHIM, valeur étendue 666; en grec, 7ravaÔé<T[JLioç et 7ravâ6ei(;|JLÔç , 666.
Ce nombre, qui est celui de TAntechrist, est obtenu en divisant 144» 000 par 216 , nombre du lion. On a toujours pour reste 144 et pour quoUent 6, et ceci à Tinfini. Ce qui fait que ce nombre exprime dans les traditions le progrès indéfini qui n*est qu'une suite de travaux sans résultat En matière de foi c'est un blasphème. [GavanU Oclonarius, — Cornélius a Lapide in versu 18 capit. xni Apocal. Très senarii Antichristi summam miseriam prœsagiunt. Biblioth. cril. sacr. t. m, p. 61. ]
3 Le fib de Joseph est le peuple Eduen d'Augustodunum , car Joseph et Auguste sont le même nom, quant au sens qui est celui du mot accrescens. Aussi le Druide qui se plaça sur le mont Beuvray, pour bénir la cité Eduenne, prononça-t-il, en se tournant vers l'orient, la formule suivante, inscrite dans les noms des principales pointes de montagnes exposées à sa vue : — .EDVI, HVa-CuON, BiBRaChOTh, RVM, REM, — qui se traduisent littéralement : /Edui seuen paratum in benedictionibus maiimabum et viscERUM. — BénédicUon identique à celle que Jacob prononça sur Joseph avant de mourir, et dont le
que le capitole d*Âutun était une sorte d*œU, car Eumène a dit que les écoles Méniennes étaient placées comme entre les deux yeux de la cité \ L'épaisseur du capitole répond au nom du chef de la nation égyptienne CHAM, 48; Tépaisseur des murs du temple d'Apollon et de Diane répondait au nom de celui des chefs Juifs qui avait vendu aux infidèles le secret de leurs mystères » à l'infortuné DAN, 54. Cette particularité de deni yeux harmoniques dans la cité nous amène, par un calcul rigoureux, à donner au capitole un diamètre de 168 pieds divisé en i20 et 48 , et au temple d'Apollon un diamètre égal divisé en ii4 et 54.
Téritable sens est rialelligence du nom Sckaddai, indiqué par les mamelles de la bonne mère et de Jéhovah, désigné par de chastes entrailles derenues fécondes par la rerta de Tesprit saint
L'intelligence du rapport de ces deux noms divins JEhoVaH et SchaDDai se fait par le nom de Jésus. Jéhovah vaut 26, la racine du nom Schaddai vaut 14; 26+14=40. —Ce nombre, multiplié par 2S, nombre de TAncien Testament, donne 880, qui, plus 8, nombre de la perfection érangéliqne, donne 888 ou Jésm, On obUent le même résultat d'une autre façon : MaRIM, nom de Marie, vaut 850; 22 qui indique TAncien Testament, uni à 16 qui indique le Nouveau Testament, donne 38; 850+58 = 888.
< « Prscipuo est in locopositum (sdiflcium Menianum) quasi inter oculos civitatis, inter ApoUinis » templum et capilolium.... ut veluti cognato vicinorum sibi numinum tenerentur amplexu, corn » auguslissima tecta litteris dedicata inde Athenarum conditrix Minerva conspiceret , hinc Apollo » médius Camenarum. > \Pro restaur, Schotis, cap. ix.]
Pour comprendre la valeur de ce renseignement, il faut noter le passage suivant de VIdra Suta, car les écoles Méniennes étant placées entre les deux yeux de la cité , et étant destinées à répandre les émanaUons du cerveau de la cité , qui est le palais , elles en étaient comme le nez.
De naso senioris sanctissimi.
§ 156. Nasus. Ex hoc naso, e fenestra MENIANI ejus, efflavit spiritus vit» in microprosopum.
S 138. Et ipse spiritus exit e cerebro abscondilo et vocatur spiritus vitœ, et per illum spiritom (homines) cognituri sani sapientiam lempore régis Messias.
S 141. Nasus microprosopi (ita se tradet) sicut posuimus.
§ 142. Quippe de quo scriptum est : [Psal. xviii, v. 9] ascendit fumus in naso ejus.
S 143. Sed de hoc scriptum est : [Jes. xlviii, v. 9] et laide hba natum obstruant tibû
On lit dans VIdra liabba, $ 175. Macroprosopi nasus est (quasi) menianum [Sive projectio faàà, qualis est projectio œdium cum fenestris : ] ex hoc efflatur spiritus ad microprosopum eumque vocant condonaUonem. Dans la théologie civile, le macroprosope, ou la grande face, indique les patriciens;— le microprosope , ou la petite face, indique les plébéiens. — Ces idées étaient tellement connues i Autun, au moyen âge, que le macroprosope y est indiqué par le macrobe ou le lion , et le jnxcroprosoft^
Au lieu de la paix^ SLOM, que nous avons trouvée au capitole, en étendant la mesure à son nombre le plus élevé , nous trouvons au temple d'Apollon , en modérant l'extension, BoSeM, 542, le baume médicinal. Le nombre le plus étendu auœntraire, 558, est celui du mot HcoSeN qui indique le rational du jugement, le signe de la qualité déjuge. Les deux diamètres réunis donnent 556, nombre du mot SchaLeV, qui signifie l'abondance de la paix. 564, nombre du mot Satan, qui signifie adversaire , est le double du nombre 182 , nombre du mot Jacoh. 11 se trouve opposé à ce patriarche , c'est Vlacchus des mystères païens.
par le pygmée ou le loup. Les images sont calculées de manière à donner aux uns et aux autres des idées de charité.
Voici la copie d'une sculpture où Ton roit les deux faces, la colombe de la loi et la roue de la prophétie. — Le tout expliqué par les deux arbres dont parle saint Jean au dernier chapitre de l'Apocalypse.
Ces rapports entre les écoles Méniennes et les idées kabbalistiqnes ne surprendront point ceux qui ont réfléchi sur les symboles des médailles gauloises; car la cité s'y trouTe comparée soit à un cheval qui traîne le char et qui est conduit par un génie, soit à une figure qui a un nez proéminent entre deux yeux. [Voir plusieurs figures de ce genre, Mémoires de la Société éduenne, 1844, planche 1.'% et particulièrement le n. il.] Le cheval, ce sont les juniores; le char, c'est le peuple; le génie, c'est l'assemblée des seniores, A Autun , le génie se produisait au capitole par les décisions des sénateurs ; au temple d'Apollon, par les actes des écherins. Les décurions étaient des lions et les écherins des loups. Le motSENI signifie année et vaut 365 jours ou 53 semaines. Le mot SchBVN signifie qui est intelligent, et vaut 858 ou 51 semaines. C'est la raison pour laquelle le vieillard, représenté à la page 82 , ci-dessus , porte une couronne et un sceptre , sorte de pilon HELI , emblème du soleil HÉLIOS. Le personnage qui accompagne le yieillard porte entre les mains un croissant, parce qu'il est fils de Diane ou de la
Le blasphème panthéiste œntenu dans le mot Satan est vaincu par Tadditioa d'un tetragrammaton. Car si Ton sgoute à 364 le nombre 26, on a 390, on 2l la cité du deux. Un nouveau tetragrammaton donne 416 ou {a véritable brebis de l'étemel pasteur. Cette pieuse et profonde observation est écrite sur Tun des arcs du transept de l'église de St.-Lazare. Quand on entre par le portail latéral perqp dans l'une des eurémités du transept, on a vis-à-vis soi le symbole de la croix du salut, figurée par la lumière qui vient des 5 fenêtres percées dans l'autre extrémité du transept. Ces 5 yeux donnent 650 ou le nom adorm, le Dieu souverain, multiplié par iO, la loi de rigueur; mais cette notion est tempérée par la lumière qui , partant des 3 fenêtres opposées , vous donne le nombre 390, la cité des cieux, et vient jeter les rayons du jour sur l'arc du saint où
lune. Ceci explique rinscription ILIOMARUS, qui signifie le maire porteur de pilon. Le sceau antique de la municipalité de Dijon représente ce magistrat à cheval, entouré de 20 rieillards, entre le toUil et la lune. On voit la raison des 24 pieds de largeur du capilole d*Autun. SENI est le produit de LAT, qui cache le mystère et ne le décourre qu*à la longue. SchBeN est le produit de HAL qui tend à le profaner, à le dissiper arant le temps. Le résultat de ce travail de paUence d*un côté, et d*empre86ement de l'autre , amène à la fois les 375 mondes, c'est-à-dire la paix, SLMH, dont le nombre est 375. [Jdra Rabba , $ 206]. LAT est la rosée qui découle peu à peu de la nuée mystérieuse, par le ministère de U grtLc, ou du sacrifice. Mal est le phénix qui, sans cesse brûlé, renaît toujours plus rif de ses cendres. La rosée , c'est la patience des sénateurs qui initient par degré Xenjuniores à la profondeur du mystère social. Le phénix, c'est l'impaUence des cheraliers qui reulent devancer l'heure prévue par les $eniorts Le génie protecteur de la cité, c'est l'enseignement religieux qui, par la tradition des cérémonies et des rites, modère les uns, acUve les autres. Que l'harmonie sociale soit un des vœux de l'Eglise , rien de plus certain ; que tantôt elle prêche la soumission au prince, que d'autres fois elle se fasse l'avocat lélé d'une sage liberté, rien de plus certain encore. Toutefois, ce n'est pas en ce sens purement temporel, que Jésus-Christ a dit qu'il était de la race de Melchisédech , roi de la paix. Le pain et le vin spirituels qu'il offre ont pour but d'établir une union entre chaque homme et Dieu, pour assurer à la créature le bonheur éternel ; mais cette communion a aussi pour effet d'unir plus intimement les homm& entr'eux, d'amener l'affranchissement de tout ce qui est esclave, et de procurer plus facUement à tous le pain et le vin matériels qui doivent alléger les épreuves de la vie.
Le nom de Menianœ scholœ vient évidemment de l'idée mystique attachée au nom de MeniM» , fib de Lycaon ou du loup symbolique, représentant le principe de l'émancipation des esclaves. Ce fut un MeniuB qui fut le plus zélé propagateur de la loi agraire, et la loi mentVi avait pour but d'initier les peuples aux affaires publiques, et en même temps de donner une leçon auxjuniores, en leur interdisant de fermer les yeux de leurs pères mourants. Il faut se souvenir que les écoles d*Autun eurent pour but d'initier les Barbares à la civilisation , et que , par une circonstance providentielle , leur ouverture se
sont inscrits les nombres 45 et 16. Car les 26 pieds de l'entrecolonnement , multipliés par les 15 voussoirs gris de Tare , donnent 590 , longueur de Notre-Dame de Paris , et les mêmes 26 pieds, multipliés par les 16 voussoirs blancs, donnent 416 , longueur de St.-Ouen de Rouen. Ces idées d'harmonie expliquent le culte de la musicienne sainte ThècU, au dôme de Meé^lanum» Le nombre 606, nombre du mot roth, est inscrit dans cette église et dans celle de Rouen. On sait que la roue de Ste-Catherine est le symbole de la philosophie transcendante du Christianisme ou de la contemplation. 608 était le nombre mystique du fils de Sémélé. C'est à St.-Pierre de Rome qu'il faut aller chercher le nombre 607, qui est le nombre vainqueur, ReYThA, la vision céleste.
Le nombre du capitole d'Autun est précieux , parce qu'en l'ajoutant aux 560 degrés du cercle, il donne juste le rapport le plus appréciable du diamètre 168 avec la circonférence approximative 528 *. Si l'on joint à ce nombre le nombre 4 qui signifie une
fit vers le temps où Jésas-Christ naissait à Bethléem. C'est ce sourenir qui, transmis d*àge en âge, a fait appeler notre yille Christiac ou Ckristi civitas. Les sérires augustaux, qui fondèrent cette belle cité , ne se proposaient qn'ane idée sociale conservée d*âge en âge dans les corporations d'arUstes. CeUe idée, purifiée de tout amalgame panthéiste et communiste par le Christianisme, a produit Tart du XIII.* siècle , car les cathédrales résument la double tradiUon civile et religieuse des villes où elles ont été élevées. — Toute Thistoire des Templiers et de leur abolition est dans la subsUtuUon de doctrines impies aux vraies doctrines de sage fraternité introduites par le Christianisme. Des excès qui sont aujourd'hui du domaine de l'histoire et de l'archéologie , sont la leçon que Dieu a donnée à la société pour l'avertir du danger des doctrines qui ont une autre base que celle de la foi chrétienne. L'arche sainte sauve tous les hommes, les annoblit tous; mais elle n'est point la confusion de Babylone, la divine colombe peut devenir une vision, un mouvement spontané, reutha, mais elle ne cesse pas d'être une loi , thora. Elle concilie l'ordre et la Uberté par la charité. Qu'on n'oublie point l'apologue de Menenius Agrippa et le chap. xii de l'épitre aux Corinthiens.
< La valeur approximative est entre 527 et 528. Le nombre de la lettre aleph , qui vaut 111 et exprime une progression de l'unité, ajouté à 416, nombre plein de la lettre tau, produit du nombre du nom de Jéhovah 26 par 16 , donne 527. Ainsi le rapport indéfini du diamètre à la circonférence est une image de cette puissance qui est Valpha et Voméga , le commencement et la fin. Si l'on
place ce nombre entre deux cercles supposés de degrés 360
et qu'on additionne, on a 888, l'une des plus belles harmonies numériques, et qui est le 168
nombre du nom de Jésus écrit en lettres grecques. Le nombre 360 répond au mot SENI, 360
qui reflectii, une année , une révolution sidérale, et aussi au mot SchLeL , qui irradiât, 888
racine du nom du Messie SchiLO. Le nombre 888 répond au mot hébreu chapp , racine du mot qui
porte qui donne entrée dans rédiiice , une mère qui donne le jour » on a le nombre 532 qui indique l'union du soleil et de la lune, l'équilibre de la force centripète et de la force centrifuge , cette balance de toutes les choses faites pour être unies , que les mm ont figurée par les pierres branlantes, in bilance, BeTheCeL , valeur 552. Voici la raisoo de ce nombre : AB, qui vaut 3, signifie père; VN, qui vaut 56, signifie etkfk, 56X5=168. Ce nombre, plus l'esprit de la mère, 4, donne 172, nombre qu'Q faut ^jouter à 560 pour avoir la belle harmonie sidérale , 552. C'est la raison pour laquelle saint Jean présente l'harmonie de l'Eglise par la figure d'une femme qui a les pieds sar la lune et son corps dans les rayons lumineux du soleil. Voici maintenant comme hfsm produit le fils. Toumus était dédié jadis à Jupiter Hammon, les actes de saint Valérieo et de saint Marcel nous l'indiquent. Le mot AMVN, racine d'Hammon, est un mot tr^ boo, dont les païens abusèrent, il signifie la vérité obscure, la foi. Il est divisé, dans Vég\i§e actuelle de Tournus, en ses doux syllabes : AM, la mère, VN, et le fils, nombre 41+56, 56X^1=^2296. Ce nombre, divisé par 26, nombre du nom de Jéhovah, donne pour quotient 88+8/26, c'est-à-dire la progression harmonique du nom de Jésus, qui est 888, que nous retrouvons à Notre-Dame de Rouen et à St.-Ouen de la même ville, parce qœ ces églises ont été bâties par les disciples de saint Ouen, comme l'église de Toornus elle-même , dédiée à saint Philibert. * l^a cathédrale d'Autun, en particulier, résume toutes les combinaisons par lesquelk^
indique dans le psaume wiii ^ y. 6 , le lit nuptial d*oà le Christ, comparé au soleil dans lequel il i fiff sa tente , s'élance pour fournir sa course de géant : Tanquam tponsus procedens de thalamo suo exultant ut gigas ad currendam viam. Dans ces idées, le système solaire serait comme la chape, comme Ir Tétement du Christ, dont les rayons bénis Tiennent éclairer à la fois les yeux de Tàme et ceux do corp». Le psaume 18 est celui dans lequel Darid chante les merveilles de la créaUon , et qui a été si bies traduit par J.-B. Rousseau.
1 Voici la même harmonie dans les idées , le langage et les faits suivants :
lEPON temple — 235
BA21AE1A ... ..... royaume ~ 259
nOA12 cité — 390
La fondation tétragrammatique et évangélique 4
L'église du St.-Sépulcre de Cambrai a 235 pieds anciens de longueur, — l'église de St.EtieMc ée Meaux, 259 — l'église de ^otre-Dame de Paris , 390.
il a fallu faire passer les mesures du capkole d'Autun et de la pierre de Cotûiard, combinées avec les idées chrétiennes pour arriver au résultat nouveau , et toute l'action du Christianisme sur ces combinaisons se résume dans l'apposition de la croix qui en foit un édifice nécessairement chrétien. C'est ainsi qu'à St. ^Lazare les nombres iSO et i 68' se trouvent indiqués par les 42 roses crucifères de chaque travée. Les 10 lobes extérieurs, multipliés par i2 , donnent iSO. Les 4 lobes intérieurs, multipliés par i2, donnent 48. J304-48==i68. i20+i68»288. Ce sont les 288 principes d'harmonie ou les 2 fois 144, dont nous avons parlé dans l'Introduction.
On a trouvé au champ des Urnes un vase antique sur lequel se voit une inscription mystérieuse. Ce vase est chrétien. Une longue fornyile semble, par l'addition de trois croix ou tau et d'un S, amener un résultat traduit comme il suit : la mé^tatisn est, p&wr le poisson qui panât dormir, comme un xyste dans lequel hs uthlète$ s'exercent pendant la saison des tempêtes.
L'Eglise célèbre la fête du pape saint Xyste le 6 du mois d'août. C'est le même jour où elle célèbre aussi la fête de la Transfiguration du Christ , quoique cet événement miraculeux ait eu lieu vers le commencement de mars. Si l'on compte les jours qui séparent le coucher de l'étoile du vendangeur ou d*Ampelus, de l'apparition du vin nouveau au 6 août, on a le nombre 155 et la distance qui séparait les petits mystères antiques des grands mystères. Voilà pourquoi la pèche miraculeuse, qui doit consoler l'Eglise lorsqu'elle montrera au monde qu'elle n'est point morte, mais rajeunie , est annoncée dans l'Evangile sous le symbole de 155 poissons. *
^ Le nombre 168 était tellement conna des anciens quMls en firent l'axe du monde et loi donnèrent le nom de HAM-PIL ou Cham opérant un miracle, — HAM, comme noos l'ayons dit, yant 48, mesure des deux épaisseurs de la muraille du capitole d*Autun. PIL yaut 120 , nombre du diamètre intérieur. — C'est la raison du mythe d'Ampelus, honoré à Ampilly^ nommé le Vendangeur, dont l'étoile se lèye au commencement de mars et yers le milieu d'août. Il y a juste 168 jours entre le 6 mars et le 22 septembre, époque des deux apparitions de cet astre dans le calendrier. Si l'on compte les jours du 6 mars an 6 août, on en trouye 153. Ces jours sont appelés les 153 poissons que l'axe du monde transperce, parce que le leyer de la constellation du poisson septentrional a Ueu au moment où apparaît l'étoile du Vendangeur. Le sens profond de ceci yient de ce qu'aux deux époques du mois de mars et du mois d'août se faisaient les élections pour l'admission aux mystères. Au mois de mars, on immergeait V adepte; au mois d'août, on lui mettait en main le flambeau, symbole de l'ardent Cham. A mpelus représente le système centralisateur et oppresseur de l'Egypte ; les poisêons , le système opposé
Dans raDcienoe cathédrale de Chalon-sur-Saône, le nombre inscrit du capitole d'Âutun, qui est 1,440, se trouve indiqué par les deux oiseaux mystiques, le p^témx, qui, en grec, vaut 700, et le péUcan *, qui, dans la même langue, vaut 740, total; 1,440.
— Ces nombres se forment de deux fois Tannée solaire mystique 360+560=7^, plus les
et indépendant de Tassociation chaldéenne. A celte idée de l'Egypte et de Babylone, fractions coapablei» du royaume de Melchisédech et caosç des souffrances sociales, la Bible oppose les noms de JénisaleiB et de Sion , et l'Eglise les deux ordres qui constituent la condition d'une rraie société à la fois cifUe et religieuse. Melchisédech (ou Job) n'arait que 7,000 brebis dans son jeune âge. — La prophétie lai en promet i4,000 sur ses vieux jours. — C'est par une allusion à ces 153 poissons, que U pèche miraculeuse du Christ, qui doit arriver au jour où l'Eglise reparaîtra triomphante, est comparée â au pèche de 153 poissons.
Ce nombre 168 est tellement affecté à l'organisation de la cité Eduenne, que si l'on place un compas sur le point de la carte de Rosny qui représente le mont Beurray , et que l'on ourre ce compas de manière à atteindre l'embouchure de la Seille , puis l'embouchure de l'Allier , c'est-à-dire les deoi points de l'orient et de l'occident du pays Eduen primitif, on a 72 lieues gauloises. Si ce compas, replacé sur le même point, est transporté du fond du Duéraois, extrémité nord du pays Ediieo,aa fond du Brionnais, extrémité sud du même pays, on a 96 lieues gauloises. — (La carte publiée par Rosny, reproduite dans les Mémoires de la Société Eduenne, est une copie de celle de DaDvilie. )
— La somme des deux nombres est 168 lieues gauloises. — De plus, le mot cHbNOCh vaut 8i Ce nombre doublé, parce que la Bible parle de VEnoch spirituel et de VEnoch civil, donne 168. — 168X22, nombre des lettres hébraïques, plus le mot CaR, 300, nombre du civitas refrigerii , àonae 3,996 qui, divisé par 26 , nombre de Jéhovah, donne pour quotient 153, plus une petite fraction, 18/26; — une addition de 8/26 donnerait l'entier. — 72 répond au nom des Machabées, 96 aa ooid
AeL-âDoNaI, qui indique le Juge miséricordieux mais invincible. — La différence de 96 à 73 est !i, largeur des murs du capitole d'Augustodunum , et qui signifie dans la kabbale les deux mains, dont l'une est miséricorde et l'autre justice. IKabbala denud, t. i, p. 367. ]
1 Vossius, de IdoL lib. m , cap. iv, cite un passage de Plutarque par lequel il prouve que le nom da pélican est pris de Vascia, nommée chez les Grecs pelekut, — Cet écrivain cite les passages des aateor» anciens qui comparent le pélican à une bonne mère qui s'expose à tout pour le salut de ses enfaoti.
— Les païens y virent le symbole de la nature humide disparaissant en été et reparaissant en hiver. Le» chrétiens se sont servi de cette image pour désigner le sacriHce du Christ. Vossius cite les Orifio^ d'Isidore et d'autres pères.. C'est la raison pour laquelle, sur la charmante fontaine de la cathédrale.
dont on voit le dessin à la page 42 ci-dessus, on lit sur la frise : Chriato vitœ fonii, ÙMzaroque redirifo, au Christ source dévie, et à Lazare ressuscité, Millin, qui a blâmé cette image, n'a pu, malgré toate son érudition , comprendre ce rapprochement fort simple , et appuyé sur un des faits les mieux éUblb du système iconographique des âges passés.
20 jours supplémentaires du cycle nommé la Diatéride \ égale 740. — Ils représentent les deux yeux de la cité. Aussi a-t-on placé dans la main d'un personnage emblématique dont nous présenterons ailleurs la figure , deux haches^ dont le nombre est égal à celui des deux yeux et donne 260, c'est-à-dire le nom de Jéhovah multiplié par les iO numérations. On sait comment les chrétiens ont vu dans le pélican la nature humaine du Christ, et dans le phénix sa nature divine. La somme des deux nombres 1440 et 260 est égale à 1700, symbole de la plémtude du bien , mais aussi de la plénitude du mal , car si la loi ancienne et la loi nouvelle s'harmonisent dans le nombre 17, qui, multiplié par 9, donne les 153 poissons de la pèche miraculeuse, réservée aux jours où l'Eglise sera consolée de ses pertes et de ses longues souffrances, il est vrai de dire aussi que la bête sur laquelle l'Antéchrist s'avance a 7 têtes et 10 cornes. C'est pour avertir les chrétiens de se tenir en garde contre cette erreur grossière, qu'à Autun , sur le pilier analogue à celui de Chalon, on a mis le dieu Stercutim dans toute son odieuse nudité. Ce dieu est le symbole le plus expressif d'un matérialisme dégradant , qu'il faut abhorrer.
Le dieu qu'honoraient les Insubres Eduens était le dieu Ségomon^ dont le nombre est précisément 155. Ce dieu symbolisait la plus importante des initiations sociales, celle qui élevait les Ibères primitifs au rang des Galls. Vérité inscrite sur un des piliers de la cathédrale d' Autun : le pygmée combat la grue; mais aussi la grue soulage le loup.
Revenons aux deux yeux de la cité Eduenne, expliqués par saint Jean.
Si l'on réunit aux deux yeux du confesseur , qui sont la méditation et l'étude de la traction , les deux yeux de la virginité qui sont Yamour de Dieu et le zèle du sdut des âmes.
* La Diatéride n'arait au juste que 738 jours ; mais on sait que le langage mystique ramène sourent les nombres réels de la nature à des nombres ronds. Plutarque, Traité de Iside et Oriside, cherche des raisons mystiques pour expliquer Taddilion des 5 jours complémentaires de l'année réelle.
La figure remarquable obseryée sur le premier pilier à gauche en entrant par la grande porte de Téglisede SL -Vincent de Chalon, représente un homme nu assis sur la queue de deux griffons, dont les corps forment deux demi-cercles. Le bec de chaque griffon rient toucher une hache que le personnage assis tient dans Tune et l'autre de ses deux mains. Le griffon qui symbolise la doctrine personne, la loi de Djemschid se dit en hébreu PeRS et Yaut 340. — Vimage du griffon CePhRS symbolise la doctrine égyptienne , dans laquelle le nom de Céphrés est si important. Ce mot Taut 360 , 360+340=700, nombre du mota>oivi^. La double hache râlant en grec 740, on roit une des raisons du nombre 1440 du capilole. Nous recommandons, pour l'intelligence de la figure de la p. 147, et l'explication spiritueUe qu'elle donne des devti. faces, l'étude de la frise du capitole ou du gynécée, teUe qu'elle se voit ci-dessus, à la p. 102, et aussi la figure ci-après, p. 155.
il en résulte, comme dît Tapôtre , ud cantique nouveau dont rien n'^iale la suave harmonie, c'est l'intelligence du nombre 288,000, si célèbre dans la kabbale; il en résulte une révélation intérieure fécondée par l'action vivifiante de la divine colombe planant sur les eaux de la nouvelle création , dont le baptême chrétien est le sacremeot. Si Ton retranche en effet du nombre 288,000 le nombre 1000, qui indique une doctrine enseignée, et si Ton retranche du nombre des 56,000 degrés de Téchelle qui unit la terre au ciel, le nombre 10 qui indique h loi de crainte, on a d'un côté 5,600 et de l'autre 288, qui, additionnés, donnent 5,888, c'est-à-dire 5 alephi ^ qui, dans la kabbale, indiquent l'auguste trinité, et 888 qui, dans les livres sybîllins, indiquent le nom adorable de Jésus écrit en lettres grecques. Celui qui croit au verbe fait chair et admet avec simplicité la foi catholique dont les principes tempèrent l'ardeur de la méditation, par le consolant enseignement de la tradition orale, n'a rien à craindre en scrutant la profondeur des 288 émanations qui sont sorties de l'auguste trinité pour animer le verbe de l'hmmt. Car si le verbe s* est fait chair, s'il a habité parmi nous, si les nums des apôtres l'ont touché, si leurs yeux Vont vu, si leurs oreilles l'ont entendu , comme l'affirme saint Jean , il est mi de dire que totu nous avons reçu de sa plénitude , et que nous savons distinguer sa nature divine de sa nature humaine. [Voir Orac. syb. Harm. de la Syn. et de l'Egl. t. i,p.568.t Ces 288 émanations sont indiquées dans la base de la pierre de Couhard, qui nous a présenté le nombre 72 sur chacun des 4 côtés de sa fondation , car 72x4=288. Si les païens attachèrent à ce nombre l'idée grossière des émanations panthéistes, les chrétieDs d'Autun leur indiquèrent la véritable interprétation du nombre, en mourant pour attester que la tradition orthodoxe l'avait entendu comme il suit * : Qui est semblable à vous entre h dieux des nations, ô vous qui avez été, qui êtes et qui serez ! Saint Symphorien mourut en effet comme les Machabées, dont le culte était si célèbre dans la ville de Lyon. C'est sans doute le même but qu'eurent les architectes de la cathédrale lorsqu'ils élevèrent les arcs doubleaux de la grande voûte à 72 pieds, et qu'ils poussèrent à une hauteur de 288 pieds,
* Il existe à Maëstrich une croix d'argent ancienne, chargée de lettres hébraïques et grecqaes. U réunion de la somme des lettres grecques donne 2601 et les lettres hébraïques 287+iOOO. La réunion du tout donne 3,888. — Le nom des Machabées y est inscrit comme il suit :
MACHABEI ^ w ^ ^ preuve éridente de la manière dont ce nombre a été entendu dans les arts.
à partir du sol , la grande trompe où les voix de Marthe et de Marie s'unissaient pour annoncer, parles vibrations de leur airain pesant 17 milliers, l'union de la loi et de la prophétie, du travail et de la prière , des anges et des hommes, dans l'union du Père, du Fils et du St.'Egprit, représentés par la boule, par la croix et par l'oiseau qui œuronnent la flèche '. Et ils se disaient : ceci est bon, cslv le nombre 17 est précisément le nombre du mot TOB * répété dans la Genèse toutes les fois qu'il y est dit : ceci est bon.
Pour mieux prouver que ceci se lie au capitole d'Âutun, dédié à Minerve, il faut multiplier le nombre de la chouette de Pallas et de Yibis, en hébreu GaPaD , valeur i84 ,
* Voici la copie d'une Tîgnette d'an manuscrit de la caUiédrale qui prouTe ce fait. Le coq ou poulet n'est que Vetprit de justice qui surrit à tout Saint Grégoire explique ainsi ce symbole qui se confond arec celui de la colombe , car la colombe est à la fois une loi et un mouvement progressif, V ordre et la liberté dans Jésus-Christ, TbORA et RbVThA.
^'•"MW^
^ Voir, sur ce mot, la Kabbata denudata, 1. 1, p. 368 et suir. Il est rapporté à celui des noms divins qui signifie miséricorde, et dont la puissance est de répandre du bien sur toutes les créatures. — Voir, pour le nombre 17, Description de la Cathédrale d^Àutun, p. 30. C'est à l'inteUigence de ce nombre qu'on rapporte l'adopUon de Vogive, comme forme puissante dans l'art chrétien.
par 26 , nombre du nom de Jéhovah , le résultat est 4,784. Ajoutez à ce nombre \e nombre de la lettre TAV, 400, qui est le sceau de la protection divine, vous aurez 5,184, nombre qui est précisément le carré du nombre 72 , et par conséquent la mesure de la surface fondamentale de la pierre de Couhard ; et comme nous avons vu que le nombre lî est le nombre du mot AaB qui signifie une nuée, et que de cette nuée on a fait sortir one maison oculée dont le nombre est 532 , nous comprendrons pourquoi les roues prophétiques d*Ezéchie] étaient toutes couvertes d'yeux. Multipliez l'œil du capitole i 30 par \ 32, nombre . du mot KaBbaL, tradition; ^joutez i44, nombre du mot KeDeM, ancien, oriental, sm aurez 17,304. Indiquez ce nombre par la formule 17X^,000+304: 1 ,000 veut dire doctrine sainte, 17 veut dire banne, 304 signifie inameUe. La doctrine sainte est une bonne mamelle.
Les légendaires du pays avaient connaissance du nombre 17,304. Ils racontent que Tun des trois frères jumeaux martyrisés à Langres*, et qu'ils disent cousins de saint Symphorien, vit en songe son aïeule qui lui présentait ses mamelles, afin qu'il pût en tirer le lait nourricier de la vérité. 11 s'appelait Spéosippe, c'est-à-dire le cheval du /i« sombre, du spéos, de la caverne. 11 était fils de LéontUa. Tout ceci veut dire qu'il apen^ut la vérité cachée et profanée par les païens, sous le mythe de Diane et d'/n* ; car ces deux divinités , représentées avec des mamelles , ne sont que l'hiéroglyphe de l'un des plus grands noms divins, du nom Schaddai , de celui qui indique l'inépuisable puissance de Dieu , et dont l'une des racines est précisément le mot schad, mamelle, dont la mesure est le nombre 304 , ci-dessus exprimé. Nous connaissons au moins six églises du diocèse d' Autun dans lesquelles la fausse doctrine , dont le mythe d'Isis fut le prétexte , est représentée sous la forme d'une femme dont les mamelles nourrissent deux hideux seri)ents : le moine Albéric dit que cette figure représente la mauvaise mère. C'est à celle mauvaise mère que Spéosippe opposa la bonne mère qui donne à ses enfants, comparés à
* La fêle de ces saints se célèbre le 17 janvier, ainsi que celle de riUustre ermite saint Ântoinet que Ton représente toujours arec un TAV. Il existait à Autun, près de l*abbaye de St -Symphorien, une chapelle dite des Tergemini et aussi St.- Antoine-de- Givre , arec une confrérie. On a trooré duis les ruines une multitude de fers de bAton, et un marbre arec les lettres suivantes : ILIOMARVS. Saiot Antoine est le chef des chrétiens qui ont couru au désert pour étudier la rérité dans le silence de h méditation et rapporter au monde les tradiUons de la foi et du courage. Voilà pourquoi son culte a été placé, à Autun, là où les Insubres Eduens étaient éprouvés avant d'être admis aa rang de fomiie*. U règle de saint Antoine fut unie à celle de saint Basile, créateur des hospitaliers.
des chevaux , le lait de la vérité qui soutient le courage. Il faut se souvenir que Dan Tapostat est comparé dans la prophétie de Jacob à un serpent qui attaque le pied du cheval. Voilà pourquoi, à la cathédrale, le mauvais Juge qui tyrannise les pauvres et persécute les âmes, est représenté sur un cheval * qui écrase un corps nu. Vis-à-vis , le démon présente des pierres à Jésu&-Christ , en demandant qu'elles soient changées en pain. Jésus-Christ répond de manière à faire comprendre que les cansolatiotis de la foi sont un des besoins de l'humanité souffrante , devant lequel tous les efforts de l'Antéchrist seront sans effet. Le fond ne doit jamais être sacrifié à la rigueur de la forme.
11 y a encore une observation à faire pour l'intelligence de ce qui vient d'être dit , c'est que le nom de la nation Eduenne n'est point indifférent à cette question. Chez les Indous, chez les Celtes , chez les Hébreux , la cité principale , celle qui renferme en elle toutes les promesses de l'avenir , a dans son nom les quatre voyelles dont se compose la plénitude du nom de IeHoVaH, plus un daleth ou D. — Chez les Indous, c'est AYODHYA ,
— chez les Celtes, iEDVl (nom de Judea renversé), — chez les Hébreux, IeHVDaH. — La véritable prononciation de ce dernier nom, qui devait conserver l'idée qui s'y rattache, parait avoir préoccupé Jacob dans la bénédiction qu'il prononça sur son fils. Ce nom signifie proprement une qualité nécessaire pour conserver la vérité , l'intention pure d'honorer Dieu , laudans Deum. Il est difficile de bien définir le véritable sens du mot indou et du mot celtique. Toutefois , le premier paraît convenir à la contemplation inerte des sages de l'Inde , et l'autre à l'inquiétude trop grande des populations vagabondes de la Gaule; aussi le symbole du loup se trouve-t-il sur les médailles gauloises , où l'on rencontre le mot EDVIS, et rien ne parait -il mieux convenir à la cité antique et merveilleuse d'Ayodhya comme l'image de la Maïa indoue épanchant des fleuves de lait sur ses inertes adorateurs ! ainsi l'idée vraie , présentée par le ddeth qui est la porte des cieux et par les quatre lettres quzescentes ou voyelles qui sont les quatre mères de la lecture d'après les kabbalistes, donne un sens parfait dans le nom de IeHVDaH, et un sens imparfait dans les noms d'iEDVI et d'AYODHYA, qui ne peuvent être ramenés à leur valeur primitive que par l'intelligence des trois iod qui résument toute science dans l'image et le symbole numérique de la vraie trimté, connue par la parole du Christ , fils de IeHVDaH.
— Les trois iod qui figurent les trois personnes divines valent 30 , comme les 5 lettres
* Le cheval indique la force résultant du trayail matériel ou spirituel. Nous montrerons plus bas , à propos de la mosaïque de BeUérophon , comment s*opère la naissance de Pégase.
du nom de Juda. — Les 4 voyelles 26 , plus le daleth 4 = 30 ou 5 multiplié par les iO noms divins. [Voir, pour la valeur des trois iod, Harmome de l'Eglise et de k Synagogue^ t. i, p. 509.]
10.* TEMPLE DE DL\NE. — Les actes du martyre de saint Symphorien ne peuvent laisser aucun doute sur la liaison qu'avait à Autun le culte de Diane avec celui d'ÂpoUoD. Aussi pensons-nous que c'est au culte de Diane , confondu avec les notions de 3Imerva meéUca , qu'il faut attribuer le nom de Tour de Minerve que l'on assure avoir été donné fort anciennement à la portion d'édifice antique enclavée dans les bâtiments du monastère de St. -Andoche. Nous n'avons trouvé à la vérité aucune trace ancienne de cette dénomination dans les archives du monastère, mais nous avons observé que cette abbaye posséda plusieurs terres importantes situées sur les deux rivières , dont l'une était dédiée au dieu Borvo, protecteur des eaux médicales, et l'autre à la déesse Mona, Damana, Arduenna , qui réunissait chez les Eduens quelques-uns des attributs de Minerve à ceux de Diane. — Nous avons remarqué sur ce dernier point le péplum de l'élégante figurine dont M. Gauthier Stirum, maire de Seurre, a bien voulu envoyer un dessin à la Société Eduenne.
a.*" TEMPLE DE CYBÊLE. — C'est de ce temple surtout dont il est question dans les actes de saint Symphorien. La tradition le place dans le lieu où s'éleva depuis l'abbaye de Ste-Marie et de St.-Jean-le-Grand. Des faits importants pour l'objet nous ont paru confirmer cette opinion. Ainsi cette abbaye possédait le Mont^ru *, dont le nom est synonyme du français mont gaillard et du latin mom hilaris. A cette montagne se rattache une fête baladoire, qui, depuis un temps immémorial, avait lieu à la fin de l'hiver, vers l'époque où les anciens avaient leurs fêtes dites les Hilaries, en l'honneur de Cybèle , la mère des dieux. On s'y rendait encore au i.®** mai pour les fêtes de Flore, vers le milieu d'août pour les fêtes d'Opis ou de Priape, dieu des jardins, et enfin au mois de décembre pour les Saturnales ; c'est-à-dire vers le commencement de chacune des quatre saisons de l'année, parce que Cybèle représentait la terre et les modifications diverses que cette mère des humains éprouve par le cours régulier des saisons.
Des temples ou quatre enceintes sacrées servaient aux usages dont le Mont-dru était le
1 Ce mot qui y dans l*ancien langage, a le sens de gaillard, sert encore dans le langage populaire d'Autun à désigner un oiseau qui commence à prendre des plumes et qui est plein de Tie.
siège le plus important : le premier était placé sur le Mont-dru lui-même. Il y eut là depuis un ermitage dédié à saint Laurent. Le deuxième était situé dans le lieu où s'éleva, au moyen âge la maladrerie de Fleury. C'est là que Ton célébrait dans l'antiquité les fêtes de Flore , car la chapelle de la maladrerie était dédiée à saint Jacques et à saint Philippe, dont la fête tombe le 1 .*' mai *; le troisième occupait l'emplacement du château d'Ornée, car le mot d'Ornée est exactement le nom que les Grecs donnaient aux fêtes du dieu des jardins, et le domaine d* Ornée, qui appartenait encore à l'église d'Autun il y a quelques siècles, était spécialement appelé au x.^ siècle un jardin*; le quatrième lieu sacré était celui qu'occupe aujourd'hui la ferme dite de Parpas et jadis Perpenna , séparée de la ville par le ruisseau de Fontaine chaude, dont la source la plus élevée est voisine de l'ancienne chapelle de Ste-Anastasie qui avait sa fête en décembre.
Une charte nous affirme qu'il y avait concours de peuple sur la route du Mont-dru aux quatre époques dont nous avons parlé , et que l'on profitait de ce concours pour intéresser les fidèles au soulagement des pauvres lépreux de la maladrerie de Fleury. Ainsi le lieu où les païens avaient célébré la plus immorale de toutes leurs fêtes était devenu , par l'influence du Christianisme , l'asile des malades les plus dégoûtants et le théâtre de la plus admirable charité.
Les droits que l'abbaye de St.-Jean-le-Grand exerçait sur le Mont-dru confirment donc la tradition qui y place le temple de Cybèle. Voici d'autres raisons : le ruisseau qui, venant de la pierre de Couhard, se jette dans l'Arroux à l'angle des murs antiques voisins de l'abbaye de St. -Jean, est appelé Accaron ou Àccoron, nom qui est l'expression phénicienne de la qualité d'énervé donnée à Atys , fils de Cybèle , et aux Corybantes ou Galles, prêtres de cette déesse. Le mot Accaron qui se trouve chez les Indous, chez les Egyptiens et chez les Grecs , sous la forme du mot Achéron^ signifie chez les uns le fleuve de douleur qu'il faut traverser pour arriver à l'Elysée , chez les autres les épreuves
* On peut voir les Ters dans lesquels Ladone parle des fêtes qui se célébraient à Fleury. Nous ayons dit plus haut, dans la note relatire an mont Beurray, que Boxutn aTait du rapport arec Flora. Le buis était en effet consacré à Cybèle, et en iconographie le buis est le symbole de la Tie immor^Ue. « Buxus
> Tiriditatis perennius semper yiriditate perpétua hilarescit. d [S. Hildef. Liber adnotationum ,
c. \^, de Sigmficantia buxi."]
^ Ortum similiter ad TiUam Arneias pertinentem, ad quam et ipse mansus visus est pertinuisse, et Ortolanum nomine.... IGallia ckristiana, t iv, col. 67 inter instr, ]
pénibles de la réintégration sociale ou religieuse. Le paganisme abusa étrangement, comme on le sait , des rites pénitentiaires. Ils devinrent sous son influence des scènes de cruauté , de délire ou d'immoralité. Ce que saint Symphorien dit des Corybantes d'Autun en est une preuve. Du reste , en rappelant l'idée première des usages dont le paganisme pervertit le sens , on est frappé de leur convenance poétique. De la colline des Ruisseaux ( Rivellorum), aujourd'hui Ri veaux, partent deux cours d'eau, l'unqoi tend directement du midi au nord , est appelé le ruisseau de la Fontaine chaude , et prend sa source près de la chapelle de Ste-Anastasie , dont le nom signifie réturrectim ; l'autre qui tend au nord , après avoir longé les murs antiques dans toute leur étendue du midi et de l'est, s'appelle VAchéron ou le ruisseau de V énervé, ce qui revient au ruisseau de Fontaine froide. On était obligé de le traverser pour aller soit au polyandre de la via strata , soit à celui de la pierre de Couhard. Il fallait au contraire traverser le ruisseau de Fontaine chaude pour aller à la montagne de Mont-^ru, où tout avait pour but de rappeler la grande idée de palingénésie ou de résurrection.
Les chrétiens d'Autun comprirent facilement le parti que l'on pouvait tirer de ces convenances physiques en leur donnant un sens spirituel. De là le choix du nom de sainte Anastasie et des autres noms donnés à diverses églises ou chapelles. On voit par les actes de saint Symphorien , comme l'a fort bien remarqué D. Martin , que le Christianisme ayant à lutter dans nos contrées contre l'influence des théories matérialistes du paganisme , chercha de bonne heure, dans l'étude des antiques traditions et de leur esprit , une arme avec laquelle il pût renverser son adversaire.
Ainsi le premier martyr d'Autun attaque savamment le mythe de Diane, et affirme qu'en réfléchissant sur l'Ecriture sainte et la mythologie païenne, les chrétiens studieus sont parvenus à découvrir que Diane n'est pas autre chose que cette influence néfiaste que le Psalmiste appelle le démon du midi , comme Apollon lycéen est l'influence mauvaise que le même prophète désigne sous le nom de terreur nocturne et de démon de l'aquilon.
Ce fut en opposant au démon du midi * figuré par un Uon^ la victoire du lion de Juda, et en opposant au démon du nord figuré par un loup , la gloire du loup de Benjamin , que
< Les peuples do midi redoutent par-dessus tout le Drac, monstre idéal qui réunit les caractères que nos traditions populaires donnent à ce qu*ils appellent la Vouivre, Le loup-garou ou la gaiipotie qui effraie pendant la nuit est plus connu des peuples du nord. Le mot de galipotte expliqué par b
les kabbalistes orthodoxes d'Autun montrèrent quelle est la véritable Rachel, la sainte brebis, la sainte toison d*or, qui doit s'asseoir sur un trône éternel à côté de son éternel époux. On peut lire ceci dans les images sculptées de Téglise cathédrale , il suffit de rapprocher les nombres et les images de cette église avec les nombres et les images des traditions dites kabbalistiques pour acquérir les preuves incontestables de ce que nous avançons.
Le premier chapiteau de la basse nef du nord représente le loup et la grue, c'est-à-dire en iconographie religieuse le KaLPa des Indous , et la vierge Marie MRIM ; en icon(^raphie civile le pygmée ou paysan et le gruyer ou coq de village. PGM et GR sont deux personnages kabbalistiques, dont Tun est exposé à offenser la divinité, Tordre supérieur, et l'autre à se nourrir outre mesure du bien d'autrui, — le bon ou mauvais peuple, le bon ou mauvais pasteur. — Au milieu de la nef, deux coqs se disputent la pomme de pin , symbole de la vérité manifestée. [ Kabb. denud. t. i, p. 327, — p. 242. Ducange, au mot GRVA.]
L'avant-dernier chapiteau représente Seir Anpin ou le microprosope, regardant Imma qui est la souveraineté du peuple, et concevant dans cette contemplation la colère ei l'immoralité, représentées par la hache CLP ou par un monstrueux PaN. — Rachel ou la pauvre brebis, le pauvre peuple, devient aveugle. — Alors on voit sur le dernier chapiteau le Christ voyageur (GR) guérissant les aveugles, les boiteux, et évangélisant les pamres (PGM). — Seir Anpin jette les yeux sur ZiZZiT qui est la terreur du jugement; il conçoit, au moyen d'un nouvel œil, 590 (en hébreu, les cieux, en grec, la police), une pensée plus calme; il ^oute à ce nombre le nombre de Jéhovah,et alors natt 416, ou la vérité parfaite, la brebis sans tache, CVSTA. [Comparer ces fig. avec Int. in lib, Sohar, § 7.]
langue des Phéniciens répond à l'idée que les Romains aUachaient au mot lupercale. De là le nom
de Draciacum ou lieu du Drac donné à plusieurs localités échelonnées du midi au nord du pays
Ëduen, et aussi le nom de luperciacum ou Ueu du luperke donné à plusieurs localités échelonnées du
nord au midi du même pays. Les roches de Santenay sont un des lieux de notre contrée où la
terreur du Drac ou de la Vouivre se lie plus particulièrement au culte de Diane, On peut voir dans
Téglise de cette paroisse une bçUe statue de la vierge Marie , armée d'un sceptre et foulant aux
pieds Taspic et le basilic , symboles de Tidée voilée sous les noms du démon du midi et du démon
du nord. On remarque aussi dans la même église une grande statue de saint Michel terrassant le
démon. Les explications données par saint Symphorien tendaient tellement à ruiner le paganisme
par des interprétations spirituelles Urées de la science kabbalisUque orthodoxe, que, pendant plus de
mille ans, on a chanté dans TEglise que saint Symphorien avait été mis à mort à cause de la haine que
lui portaient les chefs de la kabbale hétérodoxe.
Avant de quitter la direction à Test pour prendre la direction vers le nord, le ruisseau d*Accaron passe au-dessous de la pierre de Couhard, appellée dans des titres d'au moins 8(K) ans Cuharrum, Cucubarrum, Cucurbitissa. — Le mot Cubar est le nom que les peuples
A La rivière d'Arroax, aptvraws, arrotvm, isrvs.
B Le ruisseau de tarnin Tenant de Lucenay ; une de ses sources passe entre svmman et valumue.
C Le ruisseau de tarnin Tenant de la forêt de SARON et de cerndv ou de Planoise, passant près de la pierre du Cerf et des Sarrasins , petra cERVALis. Il a une de ses sources près de la pierre leTée ou menhir d*ALcucuM, Auxy.
D Ruisseau d'ACCARON , dont une des sources Tient de Riveaux , près la chapelle dédiée à sainte Anastasie et à saint Biaise. Ces deux fêles sont séparées par un espace de 40 jours , nombre de la pénitence, qui, multiplié par 7, nombre du repos, donnent 280, nombre de pieds des quatre côtés réunis de la pierre de Coubard et hauteur de la flèche de St -Lazare. La principale source du ruisseau d'AccAROiv , celle qui Tient des étangs de Montjeu, sort de
l'étang de la toison d'or, près d'un monasière dédié à saint Georges. La Géorgie esi, comme la Colchide, le nom d'une des Tallées qoi s*ouTrent au pied du Caucase. Saint George était honoré dans le monastère de Cavtha, CoUhœ , Colticœ.
E Affluent de tarnin-cersw , Tenant de dbocot, aujourd'hui Drousson.
F Ruisseau de Fontaine-chaude Tenant de Ripeaui, près de la chapelle de Sainte-Ânaslasie.
1 Temple dit de Janus,
2 Temple de Proserpine, à droite du ruiaseaodf
TARNIN-VALLOXE.
3 Temple de Pluton , à gauche du ruisseio df
TARNIN-SVMMAN.
li Temple de Cybèle ou de Bérécyniht, 5 Temple de saron , près d*un étang où les eaai d'ACGARON et de tarn^-ceri^di se rétmisttifni-
de la Pbénicie donuent à une pierre regardée par eux comme la mère de leur nation. Le mot Bérécynthe signifie la même chose; aussi les nombres fournis par les mesures de notre pierre de Couhard ou de Gubar, sont-ils ceux que donnent les traditions kabbalistiques
C'est près cet étang que IMnscription novellia
SATVRT^INA 8 été tTOUTée. NOLAY » NOVOIAC ,
dépendait du temple de Cybèle.
6 Forêt sacrée, salv-ar (le pays du Sytve ou
Dendropkore, dédié à saint Pancrace nommé Tulgairement St. -Branché). Pierre de cvbar de cvRBiTissA de cov-ar. — Chez les Chinois, la cotte est le signe d'un pagus nommé par les Eduens ar ou arvs. Dans la langue française la coue est un yaisseau. Le nom de covarz est donné à certains serfs portant des queues, caudati, dits aussi escoués ou escourtés. — Ducange suppose que le mot caudati a du rapport avec les souliers à la poulaine , qui sont faits à l'imitation de ceux des Chinois. Les sabots des montagnards ont conservé cette forme. Le mot arus a été conservé dans la Polynésie, et il est donné à un édifice dont le plan est presque identique à celui de notre temple de Janus. [Voir Balbi, p. 1381. ]
7 Pierre Cerveau, pierre du Cerf, Champ
Chanou, pbtra cervalis. Pierre des Sarrasins.
[Un bail du 4 novembre 1491 des propriétés de la seigneurie de Clugny, concédées par GuiUaume de Clugny seigneur de Montholon, aux frères Regnaudot de St-Pierre-l'Estrier (aujourd'hui la métairie dite des Renaudiots proche de la ville) fait la mention suivante d'une pierre remarquable désignée sous le nom de pierre des Sarrasins.
« Item , une pièce de terre appelée le pré Derrière , estant en buissons , contenant environ 3 soitures, tenant d'une part au chemin tendant de la pierre des Sarrasins au ruisseau et fontaine du Poyseur et des bois du roy. >
« Item , deux journaux de terre assis derrière la maison de Clugny, tenant d'une
part au jardin d'icelle maison , d'autre part au champ Devant, d'autre costé au chemin tendant de ladite pierre des Sarrasins audit Poyseur, et par-dessous au bois de Clugny. »]
8 Cet affluent du tarnin-cernin a une de ses
sources près d'une autre petra cervalis, située sur le territoire de péon, l'un des noms d'Apollon.
9 Ferme de Perpcnna , parpana , Parpas.
10 Maladrerie de Fleury , floriac.
11 Château d'oRNés.