LES FEMMES ET LES ENFANTS
triarcat, — la femme possède, non seulement dans le mariage, mais encore jiuidi([iienienl, uih^ situation assez libre et une propriété personnelle, ainsi (jue des droits |)ropres sur les enfants, quoicpie sous la surveillance de ses frèies ou de ses oncles malernels. (]liez (Tautrc^s, là uotammenl où s\»sl constitué le mariage par ra[)l ou par achat, elle peut, surtout quand règne la |)olygami(\ tomber en une entière* suji'tion. Les femmes exécutent alors tous les travaux dont Thommc a besoin pour l'entretien de sa vie ; il a sur elles droit de vie et de mort, comme sur les esclaves: elles [)assent, comme le reste de sa propriété, aux mains de son héritier. En pareil cas, la possession de filles n'a pas de valeur pour la famille, à moins qu'on ne puisse espérer obtenir en les mariant un prix d'achat important; et la mise à moi*t des filles n(^u veau-nées devient une coutume générale. Opendant, même dans ce cas, le droit propre de la femme se manifeste au moins en ceci, (|ue les enfants légitimes ont d'autres droits (|ue les bâtards nés de femmes esclaves; (jue son propre fils, lorsqu'il devient mailie de la maison, doit lui concéder, suivant une coutume inviolable, les j^lus grands honneuis et une influence décisive ; ([u'elle-méme, (juand son maii la répudie, devient un sujet juridique indépendant, et, la j)lupart du tejups, a droit au paîment d'une indemnité fixée lors du maiiaoe. Dans d'autres cas encore, la femme mariée conserve une fortune personnelh\ j)aifois, il est \rai, sous la gestion du mari : mais, le mariage une l'ois dénoue par la séparation ou la mort, elle en dispose librement, et se trouve, quant au droit de pro[)riété, l'égale des hommes. Si bien (|ue, là où le devoir militaire s'attache à la ])ropriété, elle y devient astieinle, et, par excMuple, comme à dorinllM' et à liome, doit sup|)orter les frais de reipiipemenl d un cavalier. Un cas analogue se présente ([uaud, à défaut ch* tils, le droit d'héritage échoit à la fille; le régime juridique de ri'"tat intervient alors et dispose de sa main, [^a logique du droit se révèle dt; la façon la plus frap[)ante lorsque.
dans le clan [Gesvhleehl] d'où provient le chef ou roi. manque un héritier mâle, et qu'en ce cas. — car dans la maison régnante a souvent cours ,in droit spécial, s'écartant de ceîui des autres membres .le la population. — on reconnaît „„ droit de sucessiou des filles. Il peut ainsi se faire qu'en un État où, par ailleurs, les femmes sont privées de tout .Iroit politicjue. voire presque de tout droit personnel, une feuMue |)arvienne à posséder le ])Ouvoir illimité de l'Etal. Mais, à côlé de ces facteurs juridi.|ues. agissent toujours les fadeurs personnels. Dans un État (|ui. comme Athènes, i..„ore complètenuMit les femmes au point de vue politi<|ue, u".e femme divorcée, comme Elpinikè, et une hétaïre élran- ■ rère, comme Aspasie, ont pourtant exercé une grande in- (iuence politique : et, surtout à Sparte et à Home, l'inlluence des femmes a de tout temps été considérable. — A de pareilles contradictions aboulil la situation des jeunes gens. l-ré(p.emment, — que le droit domesti.iue soit patriarcal ou ,„.,„iarcal. - ils sont, à l'entrée de la puberté, projnus membres égaux en «Iroils aux autres membres du groupement, par un acte solennel, joint à des cérémonies et initiations religieuses (et. | 8), ou bien, dans une organisation militaire avancée, par l'admission dans l'armée nationale: ou encore, le droit détermine l'âge où ils deviennent majeurs, c'est-à-dire acquièrent une capacité juridique privée, et celui où ils peuvent exercer les droits politiques. Mais la contrepartie constante de ces faits, c'est qu'ils ne peuvent entrer en possession de l'héritage ((ue par la mort (ou la retraite) du propriétaire actuel, et jus<,u'àce moment dépendent de ui, non seulement socialement, mais encore juridiquement. Chez beaucoup de tribus, par exemple chez les Sémites (et sans doute aussi chez les Égyptiens), ils échappent à la puissance paternelle quand ils contractent mariage et fondent un foyer personnel (cf. S 12)- Ailleurs, comme à Rome, la puissance paternelle est développée jusqu'à ses extrêmes conséquences et maintenue juscpi'au bout; et ainsi se produit
L EVOLUTION POLITIQUE ET SOCIALE