‹ Histoire de l'antiquité [microform]Chapitre 11 sur 172 · LE CONSEIL DES ANCIENS · texte numérisé non relu

LE CONSEIL DES ANCIENS

cette absurdité, que le fils de la maison, en droit public, est pleinement l'égal du père, ({u'il peut revêtir les plus hautes fonctions pul)liques et lui commander, alors (|u'en droit privé il ne se distingue en rien de l'esclave : — la domesticité [familia) du père de famille se compose à Rome des « libres» [liberi), c'est-à-dire de ceux qui, en droit public, sont libres, et (|ui, après sa mort, le deviennent également en droit privé, et des esclaves (servi), qui restent éternellement privés de liberté, et passent, avec le reste de la succession, aux mains de l'héritier, à moins ([u'un acte de bon [)laisir de leur maître ne les affranchisse de sa puissance et ne les rende du même coup libres en di'oit ])ublic [libevli).

L'existence d'une organisation militaire des femmes nous est dans l'antiquité, rapportée des tribus libyennesdes Auséens (Hérod., IV, i80: combats sanglants des vierges à la fête d'Athéna) et des Zauèques (Zeugitana, Merod., IV, 193, femmes conductrices dos chariots de guerre ; cf. Nie. Dam., fr. i33 : èv Buao-.ç A-Suatv [inconnus par ailleurs] flcvrip |jL£v ocvôpoiv (^aaiXsûct, yuvr) ôà ^uvaixtov) ; d'où le transfert des Amazones en Libye occidentale dans l'insipide roman du mylhographe Dionysios, chez Diod., III, M sq. = Schol. Apoll. Hhod., II, 96.H [d'après lequel Zénothémis les a transportées en Ethiopie]. (Ihez les Sauromates [de là, SaupotjLa-rai Yuvat/oxparQj;j.£vot, Scylax, 70; Scymnos, /^cv'/p/., 885; Pline, VI, 19, cf. 39, etc.], «les femmes vont à chevalet combattent avec la llèche et l'épieu, tant qu'elles sont vierges ; elles doivent le rester jusqu'à ce qu'à ce qu'elles aient tué trois eiuiemis; (msuite elles se marient a{)rès l'offrande des sacrifices légaux, et ne vont plus à cheval, à moins que n'ait lieu une expédition générale du peuple entier (zaYxotvo; aiparetr)). Elles brûlent leur sein droit [ceci est enq)runté à la légende des Amazones] », Hippocr., Z)e ae/*., 17; cf. Hérod., IV,H()sq.; Platon, Leg., VII, 804 e, 806 b ; Nie. Dam., fr. 123, 7. Delà vient que les Grecs aient fait émigrer les Amazones de l'Asie Mineure en ces régions, et fait sortir les Sauromates de leur union avec les Scythes scolotiques. Des faits semblables existaient chez le peuple, également iranien (médiquei, des Sigynnes (§ 568), qu'Hérodote, V, 9, connaît au nord du Danube, tandis que Strabon, XI, 11, 8, les mentionne dans le voisinage de la Mer Caspienne, et raconte à leur sujet : ils ont des

chariots attelés de poneys, rjvio/^oûn oèyuvaîXc^Èx ;:at8o>v f,r/.r,tjLc'va'., î) o'ap-.aTa Tjvio/ouaa auvoi/ct fo [ioûXeiai. C'est à des coutumes de ce genre (pie se

n'Hluit tout ce qu'il peut y avoir de réel dans les récits d'une rencontre d'Alexandre Arrien, IV, 15,4; VII, 13, 2 sq. ; toutes les autres données sont purement fantaisistes) et de Pompée (Théophane chez strabon, XI, 5, t == Plut., Pomp.. 35; Appien, Milhr.. 103) avec les \niazones. -Des coutumes semblables ont du exister en Asie Mmeure •', une époque reculée et donner lieu aux légendes d'Amazones qui s'y trouvent localisées, ainsi qu'à la légende du combat avec Athènes ^^488); cf. ToPFFKR, art. Amazones dans Pauly-Wissowa.

21. Des diflicultés analogues résultent de la situation des vieillards, (|ui ne sont plus eu état de se battre, ni même, à un âge plus avancé, de se procurer leur subsistance. Nous avons déjà vu comment il s'ensuit, chez beaucoup de peuples primitifs, que les vieilles gens se donnent eux-mêmes la mort, ou sont tués, souvent môme dévorés, par leurs descendants [^Vl\ tandis (jue cUez d^uitres, au contraire, la coutuiue ordonne dliouorer très hautement la vieillesse, et (|ue le droit, ou bien maintient sans diminution jusqu'à la morthMir situation (h- droit privé, ou du moins impose aux descendants, (|ui, du vivant mènu^ (h>s ascendants âgés, sont entrés en possession de l'héritage, des devoirs déterminés. Mais ils ne sont plus les égaux des hommes en pleine force de rage, h)rs(iu1ls ne sont plus en état de porter les armes. Normalement, dans les organisalious militaires développées, la soixanliènu^ année marque rextrème limite du (h>vo,r guerrier; et de là Ton lire fréquemment cette conséquence, que les hommes âgés n'ont plus place dans rassemblée du peuple, précisément composée des hommes en état de se battre : ainsi, par exemple, à Rome, dans la forme originelle de l'institution des centuries {sexagenaril de ponte). Mais ce (,ui leur man(iue en force corporelle est plus (jue compensé parleurs qualités iuleUectuelles, par leur pénétration, fru.t <rune loucvue expérience. C'est pourquoi ils forment un conseil des u anciens », ayant à délibérer sur toutes les affaires importantes (au nombre desquelles se trouve la juri(hct.on), et dont la cou.nniuauté des guerriersest obligée de suivre les

L EVOLUTION POLITIQUE ET SOCIALE

instructions, un droit d'acquiescement lui fut-il réservé. La terminologie du droit pul)lic des Grecs, des Romains, des tribus sémitiques, montre que ce conseil, au temps où il a pris naissance, ne se composait réellement (jue de vieillards, — jamais, sans doute, de tous, mais de ceux qui y étaient ap])elés par choix ou par leur situation à la tète d'un groupement; — à Sj)arle, cel usage s'est conservé de manière durable ainsi (|ue, par exem])l(\ chez les liibiis aushaliennesj; et partout en (Irèce, il a longtemps été de droit (|ue la fonclion de représenter, couime (Mrvoyé, la communauté, (hms ses relations avec lescommiiiiaulés étrangères, ne j)ril être confiée (\\i'à (h^s hommes Agés (upei^^ciç). Mais normahMuent se foiil jour, ici encore, (Tune façon décisive, les conditions de fait, les droits de la naissance el rinfluence |)répondérante de personnalités importantes, iiolamment lorscpie prévalent pleinement Torganisation de chin et hi situation dominante des chefs de clan (les scheiks des Arabes): \e nom primitif devient un titre honorilicjue, et le conseil des « anciens » se compose pour une granch^ [)art (riiommes (huis la force de l'âge, souvent d'hommes tout à l'ait jeunes, à qui leur situation en ouvre Taccès.

22. Le piinci[)e de l'égalité, en droit public, de tous les membres du groupement ne saurait jamais, lors même (jn'il existe juridicjuement, se réaliser j)leinement en fait. Toujours se font sentir les diiîérences de (jualités individuelles et de propriété, ainsi que les diflerences entre les familles et les groupes particuliers, résultant du nojubre de têtes, de la propriété et de la considération héréditaiie qu'ils [)Ossèdent ; et partout il y a des gens |)lus pauvres ou plus faibles (jne h»s autres, (|ui, soit comme serviteurs attaches à la personne, soit comme cli(*nls, entient au service des puissants et augmentent leur influence. OeUû (|ui ne possède personnellement aucune propriété, ou qui ne possède qu'une propriété insuffisante, en bétail et en serviteurs, ou en terre, et qui doit, [)ar l^'fl'ct de sa propre volonté, vivre au service

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