EVOLUTION DE I A CIVILISATION
vrux qui s'engendre lui-même dans le sein de sa mère, la grande vache, déesse du ciel. C'est lui, le Soleil, qui crée et éveille toute vie, qui donne au monde sa forme et qui le régit. Tel est le monothéisme solaire de la théologie égvptienne. Tous les autres dieux qu'on adore dans le reste de l'Egypte sont réduits à n'être plus (|ue de simples noms, ou des comj)arses et des serviteurs de l' « Unique ». Ces théories, développées à Uéliopolis, où le culte solaire^ a gardé par consécjuent sa forme la plus pure, se sont répandues sur toute rEg)pte; enveloppées de mystère, elles formaient le trésor de sagesse des prêtres qui initient à elles les classes cultivées, les « Instruits » , et nous les rencontrons à chaque pas, exprimées dans le Livre des Morts. Dans la prati(jue, il fautbienle dire, on opposait à ces théories monothéistes d'innombrablesdivinités locales, et celles-ci revendi- (juaient leuis droits d'autant plus àprement qu'elles avaient regagné en importance depuis l'émancipation des nomes et leur indépendance |)olitique du pouvoir central. Pourtous les besoins de la vie terrestre, elles étaient les seules capables de venir en aide, et le sacerdoce avait le plus grand intérêt matériel à soutenir leur prestige, tout en maintenant les théories qu'il était chargé d'enseigner. A cette théologie en partie double, il n'y avait qu'une issue, où le clergé d'jléliopolis s'était engagé depuis bien des siècles : c'était d'identifier les divinités locales avec les grands dieux. (]es assimilations s'opèrent pendant toute l'époque de transition : Hê' et llorus trouvent leur unité dans un dieu hiéracocéphale, lié liorecliouti, « lié -l'IIorus dans l'horizon » : le dieu crocodile Sobek, (^Imoumou d'Eléphantine, le nouveau dieu Amon de Thèbes,et même parfois Sèth, deviennent des formes de Rè' ; on identilie Minou de Koptos et de Pancqiolis avec H(Mus,et on déclare (|ue toutes les grandes déesses sont déesses du ciel et mères du soleil. Thout, d'ilermopolis, se subordonne comme dieu de la lune à Wè , dont il est le vizir. Un domaine séparé est réservé au dieu des morts, Osiris, dont le sanc-
FIN 1>E l'ancien EMPIHE. ÉPOQUE DE TIsANSlTlON
tuaire le plus sacré est luaiulenanl Abydos; il a pour su-ur et épouse Isis « la grande magicienne » (jui joue un rôle important dans la magie et dans le culte des morts, mais qui ne connaît guère encore de culte indépendant. Le seul dieu ([ui reste absolument en dehors de cette sphère d'attraction, c'est lUah — et cela est signilicatif : étant le dieu de la capitale dn royaume 5;^ 247 sa position n a point besoiji de se fortifier par une assimilation à lié' ; bien plutôt, c'est lui qu'on l'ait Fauteur et le créateur d\i monde et à (|ui on subordonne lié' Atouniou^ dans le système de ^lemphis. Nous possédons, dans une rédaction postérieure, les fragments d'un traité théologique, qui remonte à la belle épo(|ue de l'Ancien Kmpire, et (jui nous commente un e\[)Osé très ancien du mythe d'Obiris. Dans ce livre, c'est IMah de Memphis qui est j)résenté comme le dieu primitii, idejitique à TEau oiiginelle. Nounou. Il a d'aboi-d engendré le dieu Atoumou, l ancêtre de tous les di(Mix(iui suivent, et il a transmis à Atoumou toutes les ([ualités (|u il possédait: puis il s'est dilferencié en huit lormes, ri c'est sous la lorme de Ptal/rotonenti, identique avec le i< dieu de Tonent > (ju On adorait à Memphis t?i ISO , (|u'il a riMini les i\eu\ royaumes en [)renant la figure d'Uorus, etc. Ensuite, le IVagment nous expose d'autres s|)éculations philos(q)hico-théologi(jues. Tous les organes conduisent au eœur; c'est dans le cœur ([ue naissent les pensées, que la langue peut convertir en paroles. Ainsi Ptah est-il a|)|)elé « h» cceur et la langue de la neuvaine des dieux )),carc'estlui (|ui a produit le caniret la langue d'Atoum et c'est de la bouche (jue sont issus Sow et Telènet ; car, selon une légende ancienne, Atoumou a craché sa semence et aainsi ejigendré sesenfants par auto-fécondation ; mais Ptah, par la langue (TAloumou, (|ui n'est (|ue son hypostase, a [)rononcé le verbe créateui* (jui a l'ait surgii* toute la création, les dieux et les villes, les nomes avec leurs temples et leurs offrandes, et toutce qui existe de bon et de mauvais. On voit combien anciennes sont ces spéculations de la
ÉVOriTTION DE LA ClVnjSATlON — jî; 272
« sagesse égyptienne », mais nous constatons une fois de plus comment tout elTort de j)ensée indépendante se laisse enti'aver par les données bizarres des anciens mythes. On ne peut |)lus accepter ceux-ci [)urement(4 sinjplement dans leur sens littéral ; il faut les revêtir, du manteau dune grave |)hilosophie, qui cherche à concevoir le Monde comme unité spiritnelle ; mais, d'autre part, on ne |)eut se décider à secouer la tradition : et il en résulte une mystique, tissue de contradictions, où la trame de l'idée jiouvelle tantôt se |)erd, tantôt s'enchaine à des croyances contradictoir(\s. 11 reste toutefois que ces spéculations ont renforcé le sentiment religieux et le développement du culte : les divinités locales exigèrent beaucouj) plus d'égards à partii- du moment où, élevées au rang de puissances universelles, elles représentèrent aux yeux des fidèles les formes variées du grand dieu unique. Or, dès qu'une idée descend dans le domaine de la |)ratique, il se produit à ce contact une réaction : le bénéfice de tout ce dévelo[)pement religieux n'est pas allé au dieu solaire — on considère comme tout à fait supeiflu de lui élevei' de nouveaux sanctuaires, à l'exemple de la \' dynastie — mais il est aile a ces divinités locales dont le regain de vitalité a annulé l'idée monothéiste.
Le traité théologique sur Plah fui <o|)i<'' sur pierre, pur l'ordre de Sahakos, d'après un texte ancien el mutilé ; du moins, avons-nous conservé en partie cette reproduction. La première étude fondamentale en a été faite par Bhkastkd, TIw phili^sopliy oja Memphite priest, À. /., 39, 39sq., puis par Maspkko, N///- ht foufe-puissaitce de la parole, Rec, 24, 168 sq. : elle vient de faire un grand pas de plus avec Khma>. Ein JJeiikmulmetnphilischer Théologie a\). Ber. Herl. \k.,\S)\\, ÎH6 sq., dont je suis la démonstration; dans l'édition précédente, j'avais attrihué au Moyen b:mpire la rédaction de l'ouvrage, mais Krman a prouvé que le texte, qni a servi de modèle au coi)iste, est beaucoup plus ancien), lù'man attire mon attention sur ce passage d'ilorapollon, 1, 21 : xapoia TÔ f,Yr,!jLOv./ôv toj afôaaTO; et yXoiiaa ysviTîtpa lou eivai ; c'est la doctrine même de notre texte. — Cette assimilation que nous venons de cons- Inter entre Plal.i et Atoumou n'a pas laissé de trace dans le langage du
is
FIN DE l'ancien KMI-IRH, KI>0(,)UE DE TRANSITION
LES HÉRAKLÉOPOLITAINS — § 273
culte, de lurme ([iie IHal.i et Hê' sont restés séparés sans se confondre En revanche, IHah s'est confondu de bonne heure avec les autres dieux locaux de la région de Meniphis, Sokar et « celui de Tonent », et on l'a identifié également à Osiris, dans la synihèse très fréquente Ptah-Sokar-Osiris ^ il a peut-être existé un lien très ancien entre Ptahet Osiris i^'iUK n.i.
f^es Hcrakléopiditains.
273. Après la VIII'' dynastie suivent, chez Maiiéthon, deux maisons royales cornj)renaiit chacune 19 rois, la IX' et la \'' dynasties, toutes deux originaires d'Hérakléopolis Uenensou, auj. Ahnàsj au sud de l'entrée du Fayouni. Le fondateur de ces dynasties, Achthoes, fut, d'après Manéthon, « plus méchant i|ue tous ses prédécesseurs et (il heaucoup de mal aux habitants de toute l'Egypte; plus tard il tomba en démence et lut tué par un crocodile ». L'Kpitomé n'a pas énuméré les noms de ses successeurs. Les tables royales que nous a conservées le culte des morts, omeltenl ces deux dynasties comme illégitimes la table de Sakkara omet également la \ lll'> Le [)apyrus de Turin, (|ui mentionne queh|ues rois seulement de la \Tll' dynastie fait suivre la crande coupure dynasti(|ue (jj 207 d'une série de IS rois, qui correspondent aux Mérakleopolitains et qui étaient peutêtre divisés en deux dynasties; parmi les (pielques noms qu'il nous a conserves, nous trouvons au troisième, ou au quatrième rang, un Achthoes ^écrit (:hii:\)vo\\. : Achtôi (|ui estapparemment le deuxième roi de ce nom. Il y a an iuoins 3 rois Achtoi ; ils nous ont laissé un petit nombre de monuments insignihants; leur nom est, à cette épO(|ue, un des noms propres les plus répandus. Nous piujvons supposer que Achtoi L'-^ fut quelque puissant prince d(* nome (|ui lit la o-uerre aux Memphites |)()ur s'emparer de la couionne royale; sa domination s'étendait jusqu'à la première cataracte où nous apparaît son nom : mais il (^st possible (pie les
rois de la YIll' dynastie se soient maintenus quehjue temps dans une partie du pays, à coté de la dynastie nouvelle. La résidence de ces nouveaux souverains était à Hérakléopolis, mais du moins l'un des derniers rois, Merikere', régna aussi sur Memphis et s'y fit peut-être bâtir une j)yramide. Ce que Manéthon nous rapporte de la cruauté d'Achlhoes, peut-on l'interpréter en ce sens cjue ce roi aurait essayé d'opprimer avec violence la noblesse féodale :' Parmi les cjnelques débris de noms conservés sur le |)apyrus, il en est de forme insolite; pourtant le nom de Neferkeré', (|ui arrive avant Achtoi II, j)iouve tout au moins ([ue ces rois ont cherché à se relier à leurs prédécesseurs de la \l dvnastie.
Dans Manéthon, seules les données de rAfi'icain (Uil quelque valeur : IX^ dynastie : 19 (I^arh., ^20 ; Kusèbe, i) liérakléopolitains, 109 ans (Barb., et Kus., 100 ans) ;
X« dynastie : 19 (Barh. 7; Eus. 19) llérakléoj)olilains, IBM ans (Barh.
t>oi;h:us. \sr».
Nous avons appris quchjuechose déplus exact sur ces dynasties par les inscriptions des noniarques de Siout (ils se suivent dans cet ordre : Tombeau 5, Achtoi l^»- ; t. 3, refjeb ; t. 4, Achtoi II sous le roi Merikeré'j ; Gkiffitu, litsr. ofSiuf and Urr Rifeh, t889, a donné de ces inscriptions une publication excellenle (elle élait inconqjlète chez MAitiKTri:, Mon. div., 08. (Hh; cf. encore Mxspkho, Mon. div., texte, p. t>l et DK RoLGK, Insc. hier., -288-^293, et !:^!27in. — Moinnnenlsde Merijebrê' Achtoi 1" : Masi>i:uo, PSIiA., 13, 429 ; Pktkik, ffidory, I, 114 s.; Ahmkd Kemal, Ann. du sf^ru. X, 18") mention de Ouahkerè' Achtoi II (?i sur le sarcophajred'un particulier à Berse ; ce particuliei-a fait recopier purement et siniplement une inscription empi'untée à une tombe rovale : \.m:\v, Rec, 2i, 90 sq. Nous trouvons le nom dun troisième Achtoi : Nebkeou, sur un poids en jaspe, ap. Pkthu;, Jlykstts and l.^raclite cities, pi. 3:2 a = 33, i; c'est probablemcMU le même roi que le roi Xabkeouré' du l'ajjyrns du paysan ( Berlin i, qui l'ésidaità llérakiéopolis. Vase d'un Achtoi: I)\kkss\, \nn. diiserr., XI, 47. C'est Maspkuo qui lepi'cMniei* a reconnu le nom Arhtoi sur le papyrus de Turin ; ce nom ap])araît aussi dans un papyrus de Petersbourg encore inédit ; il y semble associé à une guerre contre les Asiatiques ('Amoui : Golkmschefk, A., /. 14, 109. Le roi Merikere' est mentionné dans le tombeau n" 4 de Siout et sur une palettede scribe : Pktiuk, Hlst., I, i\ij; il est [irobablement
FIN DE I.'ANr.IEN EMPIBK, KPO^l'E •>« TRANSITION
i,,..nti.,..o avec le M,.,U,.,v .ucUionné suHo ctcum , .. ,-l nn. o „ Vna'an.hou ( K,/. In.-,,. ,/« /i.W. W«.s.. p. W» s,,.,qu> lu ,„•.■.■. .le su ,, ..a.ui.le et de celle ,1c Teli. eon.me VM..u,,e,nhel à SakkanuÇ>, u,, ,., .
1,...., /,■„„. „/ .s„/.Av„v,. I. i.i. -2:^ ; .", 1.1. i;., "n ^"-f" i'^''"" '•'; '" ';,J"-"-
mide de Mcrkerèl. - Ixs scarabées classés |.ar 1'.t,.m , //.<'.. I. H'-'l • ..•appartiennent pas à celle éporp.e ; Chian est nn roi Hvksos.
274. A répcxpie dos llérakléopolitaius apparlionncut los to.iibeaux .le« uomar.|ues cl gramis-prèlros .lo Sioi.t {;!• nome. I.e premier ,ie oes nomar<|urs. AcI.toi, raconte qu'il fut élevé il la cour royale de liérakloopolis el >[nA apl„-il a iia.^er avec le-n oiifa.ils royaux, taudis .juc sa niero aouveruart le uoine à sa place. Devenu nou.arquo. ilcr.Misa m. canal, approvisionna Sioul en blé, accrut la pn.spcHe de ses sujels el les revenus des temples. H garda sa lulelile au roi et l'accompagna <lans ses voyages sur le N.l . Ainsi, « Sioul rut satisfaite sous mon gouverncineni, llcrakleopolis loua Dieu pour moi c'est-à-dire me remercia , le Sud .-t le pays duNord disaient : voilà l'enseignement dllorus ,c eslà-direduroi. .. Le pouvoir du roi s'étend à toute l'Kgvple, mais il est cependaul (jnestion de guerres: Achloi nous parle de ses vaisseaux el <le ses soldais et se vanle de savoir lemlre l'arc el manier l'épée recourbée. S,.n successeur Tefjeb ne fui pas moins énergi(|iie «lans son a.lminislialion : '<, celui <|ui s'endormait la nuil sur la grande rouf mr louait, car il était comme un homme dans sa maison el la ciainte ..u'inspiraieul mes soldats le protégeait. -> Mais déjà de s.m vivant, les uom..s .lu sud s'étaient séparés .les llérakléopolitains, et des combats très longs, avec alternatives d<- victoires et de defait.-s, eurent li<-u contre les dynastes .pu s'étaient élevés à ll.ebes >( 27H . Aussi les soldats j..u.-nlils chez Tefjeb un grand n'.le; son iils Achtoi 11, .jui vivait sous le régn.- .le M.-rikerè', les a fait peindre sur le mur de sa tombeT un autre nomar.|ue M..sel.iti, a voulu égal.m.enl emmener ses troupes fictives dans l'autre monde. Il a lait représenter une compagnie d'infanterie .l<' ligue. <■.. files .le
LES HKHAKI.KOPOLITAINS
10 liomniOH sur ^i de front; leurs armos sont une lance à haii((Mir (l'Iionmie, avec poinh' de cuivic, et un bouclier de bois |)ointu par le haut, élaro;i par \o bas, et recouvert d'une peau (ranimai: c'esl bi toul leur é(|uip(Mueul avec le pagno habituel des I^gypliens et la grande [)erru(iue. Ils représentent le contingent du nome. A côté d'eux, marche un corps d'arch(M-sde petite taille ; ce sont des nègres et des Libyens ?) qu'on recrutait depuis l'Ancien Empire pour former des trouj)es permanentes de guerre (^t de police ^^254 ; chacun tient à la main un arc simple avec (juatre flèches munies d'une i)ointe de sih^x ; comme vêlement, ils n'ont qu'un j)agne autour des reins. (]es scènes militaires, si différentes des scènes traditionnelb^s représentées dans les tombeaux, marquent clairement dans (juel état d'insécurité est tombé le royaume. Il est probable que c'est à partir du moment où les souverains ihébains sont arrivés à (juebfue puissance, c'està-dire vers 2160 avant Jésus-Christ, que le papyrus de Turin commence à les regarder comme les pharaons légitimes; c'est pourquoi il i)asse sous silence les noms des derniers Hérakléopolitains, Meiijverè' et ses derniers [)rédécesseurs et successeurs ; de là une explication de la discordance dans le nombrq des rois, donné par le |)apyrus 18; et Manéthon (38). C'est un calcul en sens inverse qu'on trouve ensuite dans Manéthon où TÉpitomé attribue à la XI dynastie 16 rois thébains avec un total de 43 ans seulement, tandis que le papyrus ne cite que 6 rois pour une durée de 160 ans. Combien de temps ont régné les 18 Hérakléopolitains reconnus par le papyrus, nous ne le savons pas; mais il semble qu'on ne se trompera guère en évaluant leur époque, et par conséquent rintervalle entre l'Ancien et le Moven Empire, à un(^ durée approximative de 200 ans, de 2360 à 2160 avant Jesus-Christ ,cf. îj l(;2j.
Les inscriptions de Siout, actuellenieni très mal conservées (^ 273), ont été étudiées par -M vsi'iiu^ ///^7. nue, I, VM sq.; (iiniiini, Hnhyl. aiul
FIN DK l'ancien EMPIRE, ÉPOQUE DE TKANSITION
Orient record. 111 ; liuKASiK,,, \nc, lin; I, ^91 sci- \u h.inl»(Niii de Teljt'b, U' récit (les combats avec le Sud n'a jaitiais été achevé ; en oulie. on l'a fait recouvrir, pour des raisons politiques, avec du stuc (lomhé uiaiutenanl eu i)arliei etou a remplacé Tancieu lexle par uu aulre, sans intérêt. Hei.roductions des soldats : (im.HM r. Le Mn,<êe njyplim. 1. pi. ;-;3-3(i ; lioucMvuuT, Sialncn r„n kunujcn und Priraiieuten lap. Cahiloyue du Cidres, n- ^. ^258: .M vsPKim, (Miide du Musée du Cuire, ^2« éd., 1912, 3i() sq. - Les reliels du temple iunéraire de Meiilouhotep (\avii,u. vm. lIvM., riie M dyn. Temide ul heir el lUiUari, h, montrent (pi. 14 h.» des guerriers égyptiens armés de laliaclie «le guerre et d un bouclier de cuir tiMulu sur uii cadre de bois, qui s'arrondit par le haut: à la i>l. 141'., i:. c. <l.,ces reliels nous montrent des archers portaid un arc simph' ; sur la pi. i:i d.. ils ont derrière la tète une plume fixée à un diadème. La plupart des guerriers égyi)tiens ont des lanières entrecroisées sui- la poitrine; on les remanpie aussi chez le prince royal Mentouhotep, qui porte un aie et une hache de guerre passée dans* sa ceinture, pi. 12 b. Les archers jiMU'nt évidemment le rôle le plus important dans le combat ( cL pi. ii d et L^ o : Tennemi est ensuite assommé avec la hache de guerre (cL \:^ gh». Ces représentations évociuent vivement le souvenir des reliefs gaerriers de Sargon (ï^î^ 393, iOi ; ^nmcnVr uud .SVmt/^î/», 9). Pour les soldats représentés dans les toml)eau\ de Benihassan (Ni:NNHi;iun, lieuihnssan, 1, |)l. 44-16, 47 ; H, pi. 5, loi la lance n'a qu'une importance secondaire ; la plupart sont armés d'un arc, d'une hache de guerre ou d'un javelot. Le tombeau de 'Ahanachl, vizir et nomarquc du nome du Lièvre, appartient aussi probablement à lepoipie héraUléopolilaine: (luiiniii, El liersheh, 11,1..%, et [k. 8 sq.; ihid., les graffiltide Ilalnoub,n" 2, 13a, 13 b, sont de même date ; et aussi les plus anciens tombeaux de Benihassan. — Pour le calcul lintervalle entre la Vl« et la XIL dynasties, il est importaid de voir les nomarques du Lièvre, A'ha et Ihoutnacht, fils de Teti, qui vivaient sous la \V dynastie et peut-être encore sous les llérakléopolitains, restaurer les tombes délabrées de leurs ancêtres. de la VI' dynastie : Sclieck-Saïd, pi. 29; Lv.vsils, iJenkmàler, TexL, 11, 123 : /.. />., Il, 112 e, 123 b, c. CL Giuiirm, El-BersheU, H, p. 10, o7, (>o. D'autres indices pour la chronologie se trouvent dans les graffitti des carrières (rall»àtre de Hatnoub.
LE MOYEN EMPIRE
Lnvènenienl de Thèbes el In XI" di/nastie
27."). .\n sud des nomes de Koptos et de Dendera, s'étend le 4" nome, celui du Sceptre, Ouest^ dont la capitale est « Un du Sud » iHermonthis), résidence d'un dieu-faucon, Montou. Sous l'Ancien Empire, ce nome n'a joué aucun rôle ; c'est vers la Un de la Vh dynastie que nous entendons pour la première fois parler d'un prince de nome, Ahi (§ 263 n.), qui a fait construire son tombeau en aval, là où les falaises rocheuses de l'ouest se rap|)rochent de nouveau du fleuve (Asasif . En face, sur la rive orientale, il y avait à Opet (aujourd'hui Louxor; le sanctuaire d'Amon, un dieu proche parent de Minou, le dieu voisin de Koptos ; comme celui-ci, c'est un dieu de la génération, ithyphallique et adoré sous forme humaine ou celle d'un bélier. Plus tard la capitale du nome du Sceptre fut transférée à Opet. De ces commencements obscurs est sortie la ville gigantesque'que les (irecs, [)our une raison inconnue, ont ap[)elée Thèbes. A l'époque des llérakléopolitains, ce nome était la possession d'une famille où alternent les noms Antef (dont la prononciation véritable est inconnue) et Mentouhotep; ces dynasles acquirent peu a peu une grande puissance et finirent
iitai^KatttMKi**'''**''''***'''
F.H MOYEN KMPIFŒ
l'wînkment i)i: thkbes et i..\ xi' dynastie — S -"'*
par secouer la suzeraiiielc des pharaons d'Hérakl('0|K)lis. La table de ThouUriosis III à Kai-nak, ([ui nous présente une liste de rois, choisis avec assez d'arbilraii'c, nomme les [)remiers de ces souverains thébains à la suite des rois de la \l dvnastie el avant ceux de la \Il'. Aleuitèle se place un « prince rpa'ii Antef », évidemment un prince de nome, qui s'est déjà rendu indépendant en tait, tout en reconnaissant ofl'iciellemenl un suzerain. Il est proba])lemenl identique avec le persoiina<^e dont le tombeau nous a été conservé au nord de la nécropole thébaine \i\ Drah Abou'l Negga,, el ({ui s'appelle « prince et comte, nomarcjuc du nome thébain, qui remplit le cu'ur du roi, directeur delà Porte du Sud » — sa puissance s'étendait donc déjà jusqu'à Éléphantine§2(:)4;—« la grande colonne, ([ui nourrit ses deux pays, le grand-pretre Antef ». Après lui suivent sur la table de Karnak, un Mentouhotep et dtnix Antef, accompagnés tous trois de leur nom d'Horus > malheureusement détruit , ce (|ui les distingue de tous les autres rois énumérés sur la table. Cette particularité s'accorde avec le fait que sur les rares monuments qui nous restent d'eux, les premiers souverains de la XI" dynastie portent effectivement le titiede rois, nuiis n'ont pas un nom de couronn(Mnent; oi- celui-ci est en usage depuis lîi V"' dynastie et les llerakléopolitains avaient suivi la tradition. Au lieu du nom de couronnement, ces rois thébains ont ajouté à leur nom personne) Tépithète « fils de Ré' », et c'est avant cette désignation (|ue se place le nom d'Horus, dans toutes les inscriptions de leurs fonclionnaires et celles des temps postérieurs. Ainsi, ils avaient beau prétendre qu'ils étaient les vrais Pharaons, le fait (ju'ils n'étaient reconnus (jue par une partie du pays trouve son expression dans leur titulature.
Hermonthis appartiendra [jIus lard au '^'' iiuuie, de Latopolis ; mais à l'origine il faisait partiedu nome thébain: preuveen est l'inscription funéraire de Ahi {Anu.dusevv., IV,97jet legrand prestige dont jouissait auprès des rois tlîéhains le dieu Montou (Mon/ou) considéré <ommc
dieu delà guerre, donl le nom sert à lornier heaueoup de noms propres. — Sur la formation de Thèbosqui a l'nj^lobé plusieurs loealités, cf. M\sri:u(), Mnu. <lr hi m/s.s/o// ,iii dure, 1, ^2, ISI sq. Nous avons une idée plus claire de la XI' dynastie depuis cpie Stkindoukk, \./.. 311 77 sq. a prouvé ([u'un «^M-and nombre de rois cpion lui altribuiiil aulreleis, appartienuenl aux XlII-el XVII' dynasties (S 309). Néanmoins, elle renferme encore pour nous beaucoup d'obscurités. Hiu;astki. a fait un essai de restitution que j'avais adopté dans mon \c(/. ClinHufl., 156 stj., {lnuLfr.\). ±1\ sq.) mais qui a été réfuté comme insoutenable par Sr.TUK, \. /., l'I, t81 st(. (Cf. aussi (iu tmm;ii, Hnll. <h' fin^^l. fr"i«'- ff^^rrli. nrirnl.ftii Cnirc, V, ^23 sq.): cependant le système de Setlie n'est pas davantage admissible, et Nvvn.i.i., 77»c \/ ilyuasty Tnnplml hcir ri linhnri, l, nU)7, p. 3 scj., n'a pas non plus résolu les diflirullés; cf. \nrhln«je :ur \c<i. ChronohKjir ap. \hh. Ilrrl. \Un<K 1907 ^Intd. p. 2"27 sq.) et ieg remarques de Nvvillk, A /.. 46, 72 sq. ; les opinions exprimées par V. Hissixi, /?cc., 33, 38, ont été pour la plupait réfutées par (iviTHiKu qui a fait de ces documents une étude très judicieuse et suggestive : Souv. vewnrques khi- I(( M*" dyii.ixp. Bull de rinsl.fr. r/V/n-/jco/., IX. Sur quelques points, je me séi)are de lui : de nouvelles trouvailles seules pouiTcmt nous li.xer avec cerlilude. — Stèle du r'putl Antef: Mauikttk, Mon. fliv.. 50 b : Lv>(a: und Schafkii, Grabsteinc des M. /?., ^2 i0ii9 : statue de granit du - prince Antef le Graiid, tils de Jkwj >> sous Sesoslris V : LE(aiviN, Rer. 22. (>^(L'Anter, comte à liermonthis, ap Lange, .\.Z.,3i, -25 sq. ; cf. STHiMmurr, .■\.Z.,33,81 (plus récemment Dauessy,. A/*/». r/// serv. IX, 450) n'a rien à voir avec les souverains de la XV dynastie). D'après la révision par Sktue de la table deKarnak, l'rk.derWIW nyn.,\). 008, les noms des premiers souverains thébains seraieid :
i'>Rp'ti(heti'o) Antef I«^
2" liorus tep-'a Men [touhotep] ^^
3" liorus ha... Antef II.
3' Horus... Antef III.
Le dernier pourrait peut-être être identique àl'Horus Ouah'onch: je
préfère cependant désigner ce dernier comme Antef IV.
276. La suite de ces'souverains et l'histoire de leur dynastie nous présentent heaucouf) de problèmes que seules de nouvelles fouilles el découvertes pourront résoudre. L'Kpitonié de Manéthon, comme nous l'avons déjà vu ^i 274) compte 16 rois avec une durée de 43 ans seulement, mais il ne cite pas leurs noms; d'autre part, le papyrus de Turin
LE MOYEN EMPIHE
l'avènement de THÈRE8 ET LA XI' DYNASTIE — ^î 2'i}
éiiuiiiérait () rois dont les deux derniers seuls sont conservés , et leur atlrihuail une durée de IGU ans = 21()0 à 2UU() avant Jésus-Christ. Or les inscri|)tions nous foui connaître un plus grand nombre de noms de rois, de sorte que le |)apyrus de 1 urin n'a pas cité tous les souverains théhains de cette épocjue; mais pour le moment il esl impossible de rétablir la liste du pa[)yius. t.es rares documents de cette épocjue nous révèlent la grandeur croissante de la puissance thébaine et même nous possédons — tait unique dans l'histoire égyptienne — des témoignages des deux camps adversaires. X'oici ce que nous dit une stèle dalaut de la cinquantième année du lègne d'un roi llorus Ouah'ouch Antef IV, surnommé « l'ancien » : le roi « a établi la frontière nord de son royaume dans le KK nome Aphroditopolis du Sud), il a débarqué dans la vallée sacrée, concpiis tout le nome thinite (le 8^ avec Abydos , il a ouvert les forteresses du 1(> nome et en a fait la porte nord de son royaume ». Son chancelier /ezi nous a laissé une inscription plus ancienne, d'après la([uelle la puissance du roi ne s'étendait que jusqu'au nome thinite (1). Il se vante d'avoir uasrné la conliancede son maître, en le délivrant de la crainte de voir les chefs du désert oriental faire défection et lui refuser le tribut — nous reconnaissons à ce signe ([uelle était alors la faiblesse de la monarchie. Enfin, la stèle d'un officier d'une certaine épouse royale Nefroukait dit que celle-ci avait hérité de sa mère, la « comtesse des habitants d'Kléphantine jusqu'au 10^' nome » ; elle [)araît donc avoir été l'héritière légitime de la principauté qui s'était formée dans cette région, et elle fut probablement l'épouse d'un des premiers rois thébains, peut-être précisément d'Antef IV. Dans l'autre cainj), le nomarque du JiV nome, l'efjeb de Siout s^ 274\ qui était sous la suzeraineté des Uérakléopolitains, nous raconte ([ue
(1) Très significative est l'allusion «. à toutes les bonnes choses rapportées à mon seigneur du Sud et du Nord »; on voit clairement combien ces phrases stéréotypées ont peu de valeur histori([ue.
« les nomes du sud s'étaient ligués, d'IUephantine jusqu'à Gaou peut-être (hins le lO- nome »: il raconte une bataille près de la u forteresse du port de la province du Sud » ce sont sans doute ces mêmes foitilications du 10' nome (|u'Antef l\ a conquises et diuil il avait fait la « porte du nord » de son royaume:; avec les troupes de Siout, il vainquit Tennemi : « il fut préci|)ité à l'eau, ses vaisseaux furent rejetés sur la rive, ses soldats étaient comme des ânes... »> Il nous dit ensuite (ju'il a protège la [)rovince du sud au moyeu de forteresses, dette inscription du toml)eau de Tefjeb n'a jamais été terminée, mais au contraire a été recouverte avec du stuc; c'est une preuve ([ue, bientôt après, un changement s'est produit, et que les souverains du Sud se sont avancés poui- un temps jusqu'à Siout. Ces combats nous sont aussi racontés par Zari, fonctionnaire d'Antef IV, dans st)n inscription funéraire; il nous dit qu'il a « guerroyé avec la maison de Achtoi dans la région de 1'hinis » et ([u'il a ensuite reçu de son maître un vaisseau pour « protéger tout le pays du Sud, d'Éléphantine jusqu'à Aphroditopolis ». — Le fils de Tefjeb, Achtoi 11 de Siout, combat de ncmveau du côté des Uérakléopolitains: mais à présent il s'agit du 11'' nome (|ui est menacé; c'est à Sashotep, dans le voisinage immédiat de Siout, au sud, (pie Achtoi combat l'ennemi, tandis (jue la capitale et les conseillers du roi ^lerikerè' sont en proie à l'angoisse; mais sa flotte remporte la vi(^toire sur le Nil, et il peut ramener le roi triomphant dans Hérakléo[)olis.
Ouah'oiich Autcf IV: Mmukttk, Mon. r//j'.,49; di; WomÉ, liu^rr., ttil ; publication plus complète, ap. \.\yc.K und ScnÀviMjinihsteiiw des T/./f., 12051:2; la stèle où il est lepréseiité avec ses quatre chiens libyens est aussi mentionnée dans le papyrus AiMurn. A Kléphantine : PKTr.ii:, iSeasun, 'd\0. D'après la stèle de Leyde, publiée par oi: Rolgk, ift^y. archéol. !«•« série A^l r>60, Tarrière grand-père dAntefaqer, —qui mourut dans la 33« armée de Sésostris 1^^ en 1948 av. J.-C, par conséquent entre ^2(190-^2080 au plus lût, —tut api)elé à un poste dans le nome tbi-
LE MOYEN KMPIRK
nitr par Antet' IV. Cette date doit roïnrider avec les dernières années de Vntel' IV. \vmm,k, l.Z., iG, 7^2, suj^pose «juc « père du père de mon père > sij^nifie seulement « anrèlre • au sens vague, mais cette interprétation est difficile à admettre. - Stèle de Zezi : Pikh und Hiuastki., [mrr.ï. o/ semilir hinijwujo^, XXI. 1005,159 sq. - Nefroukait : Pktiui:, Dendereh pl. 15. Lvn(;k lm) Schvkkku, 20543, Stèle de Zari : Pitiui:, nurnnlu 1909.pl. lll (!<• / dans le nom de Aeldoi a été omis par inadvertance). Il y a aussi des allusions aux guerres de celte époque dans les gral'fitti des noman{ues de nome du Lièvre. Thoutnaclil t^ -''«^ "•) ^* de sou [)elit-fils Kai, à Katnoub, n" 1, 7, 8 : cf. (oukuth, i:i lirrsheh. 11. 47 sq. — D'après linscription de Zezi, le successeur de Ouah'oncli \nteflVfut son fils, Horus Necht-neh-teh-nofei- \ntef V. (pd i)araît aussi dausMvuMTTi:, Cninl. d' \hydos,UA (Lan^k und Sr.uvi kh. ^iO:.0-2i : celui-ci eut pour successiîur, d'après unestèle du Hritisli Muséum communiquée par XvviLLK, TcwiAc (»f Dcir ri Hnhari, l, p. LTHorus S'onclijeblaoui Mentouliotep 11, qui nj>paraît aussi dans une stèle de sa troisième année de règne, étudiée par Skthk, \. /., 4^2, i:i^2 et Gvi tuif.u, i^f/^/. '/'• rinst.fr.. V, ;;9. — Il ne paraît pas possible de déterminer si c'est à ce Mentouhotep 11, ou à son successeur qu'appartient riiyi)0g6e de HAb el HosAn, sous la pyramide du temple de Dèr el Hahri (î^ :277) où on a trouvé la statue du roi en costume de la fête Set et coilïé de la couronne de Basse-Egypte, et un étui de bois gravé au nom du « fils de Ré' Mentouhotep» (Gautkr, Ann. du serv., 11.^20; NAsn,PS7^\., XXlll, t>9^2 ; MvspKHO, Le Musée égyptieiu IL pl- 9, 10 et p. t>5sq. ; Navilli: a établi la vraie lecture du nom gravé sur l'étui, où il semidait qu'on devait lire le nom de couronnement Nebhepet, A. Z., 16, 8i ; la même statue ap. Maspcko, Guide du Mus. du 'Uùre, ±' éd., 19P2, p. 97.
277. Le long règne d'Antel* IV doit être placé vers 2100 avant Jésus-Cluist, Il eut pour successeurs son fils Antef V el son petit-fils Mentouhotep II ,S 276 n.) dont le règne a tous deux parait avoir été bref. Ensuite, nous nous heurtons, en dépit de documents assez nombreux, à des difficultés très grandes pour reconstruire la suite de la dynastie ; il est impossible pour rinslant de l'établir avec c(Mtitude. Dans une vallée rocheuse de la jiécropole située au n(M(l i\r Thèbes, à Der el Bahri, nous voyons un grand lemple funéraire de la XI'' dynastie, construit par un roi Mentouhotep dont le nom de couronnement, qu'on lisait auli-efois X<'l>-
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chrourè' doit, plus vraisemblablement, être lu Nebheplrê\ Il ann nom d'IIorus cpii veut dire: u celui qui réunil les deux pays », et, en elTet, tous les autres monuments qui nous restent encore cb' lui prouvent ipril a régné sur toute n>gyj)te. Son règne a duré au moins ^i(3 ans ; danslepa|)yrus de Turin, il est ravant-dernier roi de la dynastie. Sa mémoire est toujours restée vivace, et les listes royales d'Abydos et de Sakkara, omettant tous les autres souverains de la XI' dynastie, n'ont meuti(mné que lui seul et son successeur. ( /est lui sans doute qui fut le véritable restaurateur de l'unité de TEmpire, le nouveau fondateur de la monarchie phara(mi(|ue; ce rôle s'accorde avec les dimensions gigantesques de son tombeau, qui forment un contraste significatif avec les touïbes précaires de ses prédécesseurs. Or, ce temple funéraire renferme dans une grande salle hypostyle, six chapelles dédiées aux femmes d'un roi, et construites sans symétrie au-dessus des tombes souterraines qui leur correspondent; dans ces chapelles, le roi porte un nom de couronnement qui se lit encore Nebhepetrè, (pioique écrit partout avec des signes dilTérents. Sur d'autres monuments, ou trouve son nom d'tlorus : <c Maître divin de la couronne blanche de la llaute-Kgypte. » En outre, son protocole royal n'a pas encore cette forme rigoureuse et arrêtée qu'il accjuerra plus tard; l'écriture en est incertaine^ et variable ; le nom de couronnement n'est |)as ceint du cartouche; d'autre part, lépithète a fils de Hè' » s'ajoute souvent au nom personnel, comme chez les rois de la VI" dvnastie, et tous deux fout corps avec le nom de couronnement. Il <'st impossible (jue ce roi ait été le successeur du roi puissant <• qui a réuni les deux pays ». Il est peut-être son prédécesscuir dont le tombeau aurait été utilisé et agrandi par le successeur; — mais dans ce cas comment expli(|uer que les noms de couronnement soient de prononciation identique uuilgré les dillel^ences d'écriture .' — ou bien, il se confond avec lui : alors il faut admettre que
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LE MOYEN EMPIRE
ce roi, après avoir réussi à soumettre toute l'h^gs pte et, de « maître delà couronne blanche », devenu «celui qui a réuni les deux pays », aurait pris un autre nom d'Horus et modifié récriture de son nom de couronnement. Cette hypothèse nie paraît être de beaucoup la plus vraisemblable; mais il est prudent, provisoirement, de (listin<^uer encore deux personnages, Mentouhotep lll et l\ . Mentouhotep 111 nous (^st figuré sur les fraguients d'un relief provenant du temple de Gebelèn, au sud de Hermonthis : nous le voyons jetant à terre un Egyptien isans légende , un Nubien iSeli), un Asiaticjue Sezetv et un Libyen Zehenou) \ dans l'insciiplion (|ui accompaguc cette scène, il se vante d'avoir « maîtrise» les chefs des deux |)ays, d'avoii* con((uis le Sud et le [lays du Nord, les [XMiples étrangers et les (buix rives du Nil, les Neuf peu[)lesde l'arc et les Deux Egy[)tes ». L'île dv Konosso, près des cataractes, conserve un relief rupestre cjui nous h^ montre foulant sous ses sandales les tribus barbares figurées par 15 arcs (jue les divinités locales renversent devant lui. Il a donc combattu ses ennemis en h^gy pte, (|ui étaient |)robablement les derniers Hérakléopolilains, ses voisins de Libye et d'Asie, peut-être alliés des Hérakléopolilains, et les Nubiens de la vallée du Nil. Il semble ([ue le pays {\e Nubie ait formé à ctUte épocpie une principautc^ indé- [)endante sous desdynasles égyptiens, cjui s'arrogeaient tous les titi'es du protocole royal égy|)tien, et dont nous rencontrons les noms, gravés sur des pans de rochers, en de nombreux endroits de Ikisse-Nubie. L'un de ces dynastes poite le nom d'Anlef ; faut-il voir en eux une ligne collatérale de la XI' dynastie, ([ui (hspula W troue à Mentouhote|) lll ? Nojis i-ecevons la même iuipression du règne de Mentouhotep l\ (preuve nouvelle pour sou identité avec Menlouhotep lll). Lin de ses guerriers, Zehmaou, nous raconte, (hius une inscri[)lion (pi'il a fait graver en Nubie, (ju'il [)rit [)ait à une expédition sous Mentoul.Kjtep IV, (|uand celui-ci remonta le fleuve jusqu'au pavs de (iel>en ? . l^nsuite, il descendit le
l'avènement de thî^:bes et la xT dyna&tie — si 277
fleuve et traversa tout le pays d'Egypte, quand le roi voulut châtier les Sémites Wmou) du pays de Zati. Ceux-ci vaincus, il revient en remontant le fleuve; les lignes suivantes sont mutilées ; il y est question de nouveaux combats en Ouaouat et autres pays nubiens. Ces guerres, notamment l'expédition contre les Amou et les Menziou de la péninsule du Sinai, étaient représentées dans les reliefs du temple funéraire dont il ne reste plus que quelques fragments; à son retour avec un riche butin, le roi est reçu par « les comtes du pays qui s'inclinent ». En Nubie aussi, la rébellion est écrasée ; un bas-relief rupestre de Satt er rigâl, au-dessous de Silsilis, nous montre le roi, accompagné de sa mère et de son chancelier, recevant les hommages d'un personnage de taille beaucou[) plus petite : « le fils de Rè' Antef » ; cet Antef est coiffé d'une coufieh qui s'orne de l'uraeus, mais il ne porte pas de couronne ; c'est probablement un de ces princes de Nubie dont nous venons de parler. — Le temple funéiaire de Mentouhotep IV, à Dêr el Bahri, n'a plus ([ue ses fondations : c'était une construction giandiose, s'étageant en terrasses dominées par la pyramide^ du roi ; celle-ci s'entourait d'une grande salle liypostyle, ceinte de portiques à colonnes. Les uiurs étaient décorés d'excellents reliefs, figurant les guerres et les chasses d\\ roi, et qui nous rappellent les temples funéraires de la \'' dynastie ; le plan architectural, où la pvramide se relie au temple funéraire, est aussi une réminiscence des vieux modèles ; mais l'artiste les a dépassés de beaucoup par l'unité intime des |)arties compo- , santés, qui s'articulent entre elles selon les oliduhitions du terrain. Mentouhotep avait encoie bâti à Abydos un sanctuaire dédié à Osiris; ainsi, l'art a ressuscité en même temps que s'est restaurée l'unité de la monarchie, et nous voyons sous son règne un sculpteur, Mertisen, qui se vante, dans son inscription funéraire, d'avoir pratique' tous les secrets de la sculpture et de la peinture, mais de n'y avoir
LK MOYEN KM PI Ri:
initié personne, sauf sou fils iunr. — A ce Menlouholej) [\ a succédé peut-être uu roi de nièiiu^ nom ( Meiitouliolep \' qui porte le nom de eouronnertienl Nehtaouii'è', « maître des deux pays de lîr' » ; il semble avoir ré^né peu d'années. J^e [)apyrus de Turin donne à Nebhepetrè' MiMUonholep I\' pour successeur iiunnulial S'onehkerè' Mentouholep \ l : du nH)ins est-il hors de doute que celui-ci fut le dernier roi de la on/iènie dynastie ''env. de 2010 à 2001) av. J.-C. .
Sur l(^ Innph' t'nnéi'nirc v. \\vim,i: and II vil, \/' dyn. Tcmplr nf Ucir cl Bahtiri, I, 1!)07. II, lî)10. De nouvelles rcchen-hes sur la ircnèse de la cotistiiiclion de cet rdilice seraicnf fort désii'ablcs m i". Hor.ciivuin , dans son esquisse: hir TnlcnlnnfK'l drr Pynunidcu, np. /. ./• ^''''^<li- dcr Arrhilcktiir, III, p. 81 s<[.). (l'est ee t(MTq)Ie qui nous a révéN' le nom de Nehliej)elre\ et Naville a reconrui cpie dans l'inseription de Konosso, fJ).A\. 1501), n faut lin? de nn^nie: .\el)l,iepelr('^' au lieu de N<d)l.ioh'|K<"e (jue conliiuie la photographie de l'inscription. l'ji outre, ce nom se rencoidre sur un IVai^ment de Thèhes, l)\iu:ss^, \nn. <ht serr., \ III, ti43. A Ivonosso, /./)., 150 c, et à llammamàt, L/v., il, 150 d. il s'ai>p('ile seulement m Fils de Uv' Meidouhotep -, avec nv rir\ à Tintéricur d'un cartouche de même ap. Nwim.i; and II vu., pl.l'ia) Krai^ments de (iebelen : Dvurss'», lin-., \IV, ^20, XVI, ii> : Fhahi:h. PSIi\., 15, 49i n" 15; V. 13issinoHklc.km v\N, J)cnhnt. ((('iiyi'l. Skt^l|)lllr^'ll,p\.'^?t a (ici, il s'appelle dans le cartouche « Fils de llathor de Denclera Mentouholep " et le
nom d'Hoi'us prouve (piil s'agit du même roi : ses épouses royales étaient aussi prétresses deHathor : cf. également Ocû*. ri B. 11,0 d, où la déesse apparaît dans un relit^f qui a[)partient sûrement à Menlouhotep l\). J*avais dit autrefois que dans la scène des ennemis assommés par le roi, celui qui vient en tête était un hahitant de Pount ; j'ahandonne aujourd'hui celle interprétation ; Bhkastkd déclare avec raison que c'est un Égyptien. —Nebhepetrô* (telle estsiuemenl la prononciation du nom dans le pap. Auhotti Mentouhotep IV, ap. : stèle funél'aire de Merou datée de la i6^ année du règne, à Turin : (,Vi/. (jcnèr. (inli(i. i'fjyp., 1, p. 417. Inscpi[)tion deZehmaou : I^oddku, Drhod />/s lidh KV</ri^.sc/tc, '270 stp, malgré les indications très claires du texte, il est étrange que Rokdkii ne veuille pas admettre que les 'Amou sont des Asiati({ues). [{estes des scènes de guerre dans U\ temple: Navili.k, Deir el U., I, [»l. 14, 15; II, pi. 0 c: frai^nuerd du le\te <pii s'y rapporte p. 5 (iln'est pasqueslioii de Re/A'uou ii la pi. 15 f.) A Assouan : L/>., Il.l49h;à Ahydos: Pi:TKiK,\/m/oj;, 11/24 ; à Flé])hanline :Galtuu:u (.^275
L AVExNEMENT DE TUKBKS ET LA XI* DYNASTIE
n.) p. -27 : à Demhid, <mi Hass(*-\uhie, \Vr.u;Ai.L, Ant. of. Livrer \iil}i(i, pi. 10.8: has-relief rupestre à Sait errigàl : Pktiuk, Srason, IC, 489 : delM)ut près du relief, on voit le chancelier Achtoi, aussi ap. Pi thm:, St'dson, t>IH (au H, avec mention dune expédition navale à Ouaouat; cf. Hiu;astki), \nc. /^t., I, ^l'ah, Vi-S: uu autre fonclionnaire, /7>., ^253. Temple funéraii-ede Ijal-asout, ap. ^V//r//. J \/>y'/o.s-, (iOo - Fan(;i; um] ScuAFKU Gnihdeiiw (/es M. H., tîOOSS : />^//>. AbboK. flulte ullérieur de Mentouhotep I\', ap. /V/r. c/ /.*., I, 57. sq. : ce futsurtout Sesostris III qui s'occupa de sou culte; dans les listes de rois rédigé(»s plus tard : /./>., III, 2 a. d. 103 : autel de Clol-hey : Hm (;s(.u, /.V/-. Hrrl. \l,\ 18.58,09; lestahles dAhydos et de Sakkara ne nuMitionuent,|»ai lui les rois delà \l^ dynastie que lui et S'ouchkerè' (la laide de Kîu-nak ne le cite (pi'après la XIT' dynastie) — Mertisen : Lonvrr, C li. — .Nehtaouirè' Mentouhotep \ : LD.,U, 149 c.-/?. (Golkmscmiff, ffnwnHimàl, \0-['i) cÏ. Kkmax, Aeiiypic-n, 0^27 s., 668 s., A. Z., ^29, 60. Son nom est gravé aussi sur une pierre de />/-e/-/i. (nuMitionné I, p. 8 . Il a célèbre'' la fête Set «laiisla deuxième année de son règne : donc, ipioitiuela statue mentionnée au § 570 n., nous montre Mentouhotep portant le costume de la fôte Set, il "« s'ensuit pas qu'il ait régné 30 ans. -- S'ouchkerè' Menlouliote)) W : (iAHDiNRu, l*SBA., 20, 75, Ann. du serv.,V, -28 ;à HammamAt : LD., IL 150 a. (= GoLKMscHKi F, Hdmmnmâf, 15 sq.) dans sa huitième année; à Abydos : Pktuif, {bydos, II, 25; à Nehese à l'est de Taïus :
Pkthu:, Tanis, II, 42; à Sait er Higiil : Pktiuk, Sedson, 359; à Fléphantine : Clkdat, Rec. 31, 64; chapelle de Qourna : Pkthu:, Qurnali, pi. 7, 1 et p. 5. — Dynastes nubiens: llorus Snefer-taoui-f roi Oakaré', fils de Rè', roi An (qu'il faut lire cei'tainement Antef) dans dix mentions, ap. Weigall, /\/»/.o/ ^0M'^/--.V///>m, pi. 34,52, 54,63, 65 et Ro[:nFn,De/)or/ /)/->• h'diftbsrhe. 456, 458, 465 : et Horus gerg taoui-f avec uu nom de coulonnement illisible : \Vfi(;aij., pi. 32, 1 : 49, 1 =3 50, 1, • .5, 1 (la deuxième aussi dans Bukastfd, A/j/m^// of Semit.Lang.XXUl, 57: cf. \. /.,4'é. 115). (lAiTHnou a certainement raison en admettant que ces souverains ne sont pas des rois égyptiens, mais des dynastes locaux. Parmi eux, il faut citer encore u THorus d'or (Ihnoumrè', roi de la Haute et de la Basse- Kgyj)te Ouaz (?) kerè', tlls de Ré' Sgersenti (sans le cartouche) » dont le fîls a vaincu les ennemis de son père : Rokder, Debod bis Kalabsche [Les temples immergés de la Xiibie), 1911, g 307 f. et pi. 81 — Weigall, Ant. of. Lower-Nubid, pi. 19,2) ; ce roi ne doit pas être identifié au roi Ouazkerè' de la VII1<^ dynastie (§208 n.\ — II n'est pas possible de restituer une liste comjilète des rois de cette dynastie, ni de déterminer quels sont les six souverains qu'a nommés le papyrus de Turin. C'est bien à contrecœur que je me suis décidé à intercaler (comme l'ont fait .\aville, v.
LE MOYEN KM PIRE
Hiss.N(u'K;vtiHu:.0 loroi NVbtacuiiiv' onlre Nebhepctn'' et S'onchken'', en contradiction avec le papyrus de Turin, niais il paraît impossit)le de le placer avant Nebtiepetrr . La suite des rois connus, qui sont les successeurs des mis nommés au ^ ^75 n., est celle-ci :
HorusOual/onch Antet'lV, au nioins MO ans, :>i;-iO>20«0.
Ilorus Necht-ncb-tep-nofer Antef V.
llorus S'oncb-jeb-taoui Menlouhotep 11.
(Lacune possible.)
Nebliepetrè' Mentouhotep lll env., ^2070, peut-être identique avec :
Nebl.iepetrè' Mentoutiotei) IV. au nH)ins 4() ans, env. i>0r)0-^20t:i.
(Nebtaouirè'MenloulHdcp \ . au moins ^2 ans, env. 2015-^2010.,
S'onclikerè' Mentouholei) VI, au moins « ans, env 2010-^2000.
27S. Dès rAncicn lùiipire, on commença à exploiter les carrières de Uammamàt dans les montaones du désert oriental i§ 263/. Sons les souverains tbéhains, l'exploitation lut poussée activement, et on rénssit en même temps à sonmettre les tribus des Troglodytes (|ui hahitaientces parages. Dans la deuxième année de Mentonl.iotej) V, son vi/ir, Amenemhet, partit pour Ijammamàt avec lO.OOO liommes dont 3.000 recrutés dans le Delta, pour extraire un bloc de -rande dimension, destiné au cercueil du roi, et des pierres jM)nr la construction des temples. A cette occasion, on découvrit un o-rand ])uits cpii existe encore, et on en profita |)oui' planter des arbustes venus d^i:ovj)te, et créer une nouvelle oasis: puis le chef de Texpédition, Se'oncli, entreprit une ra/zia jusqu'à la mer j)Our ramener comme colons dans cette oasis les Troglodytes, capturés avec leurs troupeaux. Toute la région montagneuse et désertique orientale est alors placée sous radministration du nomar([ue de Mena'at Choufou Benihassan, ^ 280) dans la Moyenne-Égy|)te. Désormais les expéditions à Pount, le ])ays de l'encens, nv partiront plus de Suez comme autrefois (^ 26,% , mais suivront la route de Koptos à Hammamat jusqu'à la mer lîouge oii fut améiiao"é le port de Sawou auj. VN'adi Gasùs. au nord de ()oseir). En l'an 8 de Mentouhotep VI, son chancelier Henou, à Ivi tête d'une troupe de 3.000 hommes rc^crntés « dans la
LAVKNKMENT DE TUKHES ET LA Xl' DYNASTIE 5; 279
lfaute-i:gypte, de l'Oxyryncpie à (^ebelèn », pi it une autre route plus courte encore, le long de laqu(dle il creusa, chemin faisant, plusieurs citernes ; il châtia les Troglodvtes, fit le chargement de son navire et, après avoir offert un grand sacrifice, i-envoya le navire en Egypte. Comment se poursuivit cett(^ navigation, nous ne le savons pas; dès que le navire fut parti, Henou retourna lui-même en J^>v|)te et y ra|)porta des blocs de pierre extraits des carrières de llanimamat, pour des statues destinées aux temples.
Sur Wadi (iasùs : ScnwKi^FruTH, \bli. Iivrl. lA. 1885 : Ki«\iv\, l.Z. t>0, t>03.
271). Nos rens(Mgnements ne sont pas encore suffisants pour tracer do Ihistoiic^ intéjieure de cette époque un tableau approchant. 11 (»st clair que la puissance des princc^s de nomes n'est pas encore entamée in^ 282 : bien au conti'aire il semble (]ue les Thébains, dans leur lutte contie les ïférakléopolitains, se soient appuyés sur ces potentats locaux, de sorte (|ue cette épo(|ue de la Xi" dynastie marque véritablement l'apogée dn réginu^ de la féodalité en Egypte. Ces nomarcjues, (|ui port<'nt tous à |)résent le titre héréditaire de princes et de comtes, gouvernent leur ville et leur nome à l'é'gal de petits rois; on calcule les dates d'après leurs années de gouvernement et non d'après celles du pharaon régnant ; c'est en leur nom (ju'on prête serment et on fait suivre ce nom du souhait de prosp(Mité : a puisse-t-il vivre être sain et sauf », qui étail jusqu'alors réservé au roi. Comme les nomarques de Siout ;:; 274), le noniarque Kai du Xome du Lièvre entretient, outre le contingent de son nome, «des trou[)es auxiliaires de nègres de Mazoi et d'Ouaonat, recrutées dans le Sud et le Nord ». Une grande partie du sol forme les « biens du prince » qu'on dislingue très nettement de la grande propriété particulière qui appartient à la famille régnante ; en outre, les nomarques sont presque toujours des grands-prétres et administrent par conséquent « le«
LE MOYEN EMPIRE
biens du leiriple ». A Mempliis sruloiiieiit, leivgiiue eslrosle exceptionnel ; comme il n'y avait pas ici de comte de nome, la fonction de grand-prétre est restée indépendante. Comparée à ces énormes revenus, la part d impôt (jui revient au roi est certainement minime. Il est non moins évident (|ue les hauts fonctionnaires, le chancelier et les vi/irs du pharaon, d'ailleurs parfois choisis parmi les nomarques, ont une situation très indépendante. A vrai dire, dans leurs inscription, ils se posent en hommes de confiance du pharaon, qui sefforcent d'exécuter ses volontés, mais en même temps, ils se vantent d'être les régents tout-puissants de tout le pays; ils s'informent et intruisent le roi de « ce (jni existe et n'existe pas », dirigent ses constructions et ses expéditions, s'érigent en juges équitables dans tous les procès, punissent les méchants et font trembler devant eux tous les grands, les princes de nomes et les deux pays, etc. Un vizir a surpassé tous les autres en expressions de ce genre : c'est Amenemhet, vizir de Mentouhotep V, dont les inscriptions sont gravées dans les carrières de pierres de Hammamàt (S 278). Peut-être n'est-il pas impossible de l'ide^ntifier avec Amenemhet qui, en Pan 2000 avant Jésus-Christ, déposa la fauiille régnante de la XI dynastie et fonda une dynastie nouvelle et vigoureuse, dont la domination marque le point culminant de toute l'histoire d'Egypte.
Outre Alla, Ttioutnactit et Kai du uonu- du Lièvre (i^i^ 274 n., 27(i n.i
il faut citer, pour la lin des llérakléopolitains et de la \V dynastie,
les plus anciens tombeaux de nomarques à lîerse : (iKiinTii, El Hev-
sheh, II, avec les ^raffitti de Hatnoub, \h 47 sq. Ici, le tilre : a Directeur
du Sud .> n'est qu'honoritique : il en est de même pour le tilre (lue
reçoit Achtoi II de Siout : « grand connuandant enchef du Sud >. S////,
pi. 13, 23). Le graffitto d'Amenemhet sous Sesoslris P"" (n'> 10) montre
clairement, comme (iriCfith la fait observer, le changement qui sesl
produit sous la XIL dynastie. - A Benihassan, nous avons conservé
cinq tombeaux de nomarques de la XIL' dynastie (qui portent tous
seulement le titre de Mi'o, mais non celui de rp'ali)\ ils sont tous