‹ Histoire de l'antiquité [microform]Chapitre 101 sur 172 · L AVENEMENT DE THEBES ET LA XI*" DYNASTIE · texte numérisé non relu

L AVENEMENT DE THEBES ET LA XI*" DYNASTIE

nomarques du nome de la ('.lièvre et de la même raniille (n"^ 29, 33, 27, LS, 17, Xkwbkukv, lieniliassaii, II, p. 5 sq.) : encore plus ancien est Chnemhotep, fils de Xeterouhotep, tombeau 13. Dans le tombeau de Lavant-dernier (15, vol. II, pi. Ui) on nous a représenté, d'abord des combats et le siège d'une forteresse, tableaux répétés pour son fils Achtoi ai, pi. :')) et aussi pour Ameni (I, pi. i;-l6), comme ceux des luîtes «lans l'arène. Appartiennent encore à cette épocpu^ de nombreuses inscriptions funéraires, notamment à Abydos. Ces données sont complétées par des documents de la XII« dynastie, surtout par l'inscription funérairede Ila'pizefaide Siout',' Luman, A. Z., 20,151) sii.— ABenihassan, sous la XIL' dynastie, on conserve encore pour Ameni l'usage de dater d'après le nomarque, comme un souvenir du passé. Les nomarques du nome du Lièvre qui ont été vizirs sont : 'Ahanacht ( Berse, tombeau 5, §27.in.) et Kai (grariitti 7 et 8, §27t)n.); et nous trouvons déjà dans leurs bouches beaucoup de titres et de pln-nses qu'Amenemhet emploiera ensuite, et qui se retrouveront égalemiMit sous la XII' dynastie.

Amenemhel 7^' et la Xll' dynastie.

280. Ce n'est pas sans combattre que le roi Amenendiet V^ a pu conquérir la couronne et se maiutenir, et nous savons aussi que des guerres extérieures, peut-être liées au changement dynastique, mais déjà commencées sous Mentouhote[) III et IV, furent continuées en Asie, en Libye et en Nubie (cf. § 287 n.). Un de ses lieutenants, Chnemhotep, nous raconte dans son inscription funéraire, malheureusement criblée de lacunes, qu'il appareilla avec le roi sur une flotte de 20 vaisseaux en bois de cèdre, qu'il vainquit l'ennemi en Egypte et subjugua les Nègres et Asiatiques au service du camp rival. En récompense, (Chnemhotep fut installé comte de la ville de Xlena'atchoufou Benihassan, en Moyenne- Egypte, au-dessous de Hermopolis), qui avait a[)partenu jusque-là au nome de la Chèvre et fut ainsi séparée du gouvernement du nome ; on lui rattacha l'administration du désert oriental ^^ 278) ; plus tard, elle s'accrut encore du comté du nome de la Chèvre ^près de Minje . Nous devinons que

LE MOYEN EMPIRE

rancienne famille princière avait pris parti dans le camp adverse et fut dépossédée. (Hiatre vingts ans plus tard, le fils de sa lille, Chueml.iolep II, nous raconte comment Amenemhet l" • récompensa son grand-père, << lorsqu'il vint pour cliàtier le crime, ravonnant comme Atoumou lui-même, afiu de restaurer Tordre détruit, de rendre à toute ville de nome ce (prune autre lui avait arraché, de faire connaître à chacune sa frontière envers l'autre, en érigeant ses bornes comme le ciel, en se fondant sur les écrits |)Our connaître les eaux de chacune ice qui lui revenait des bras du Nil et des canaux) et en refaisant le cadastre sur la loi des anciens documenls, parce qu'il avait à c(eui- la justice .>. A travers ces allusions voilées, nous vovons très nettement de (|uoi il s'agit : Amenendietl'''a rétabli eu Egypte le pouvoir de la monaichie et a fait peser sa forte main sur les grands seigneurs. A ccipi il semble, plusieurs familles nouvelles furent installées encore dans d'autres nomes pai- exemple à Sioutj. (kutaines inscriptions du commencement de la dynastie font parfois allusion à ces luttes. On place même dans la bouche du souverain une poésie appelée « Enseignements du roi Amenemhet à son fils » : il y vante l'éclat et la [)rospérité qui ont maicpié son rè«>ne, mais il avertit son successeur de ne se fier à personne; car ses propres gens, (|ui mangeaient son pain. Tout trahi et ont tenté de Fassassiner nuitamment; ce n'est qu'avec peine qu'il a pu sauvei- sa tèle et échappera cet attentat. Sous son fils Sesostris l", le vi/.ii- AJentouhotep se glorifie d'avoir, dans la cour de justice des Trente, puni le rebelle (par conséquent un [xrsonnage bien détermine) (jui s'était soulevé contre le roi yMxniKTTK, Abydos , II, 20, 1. 10), et nous savons par un(i notice ccuiservée par Manéthon (pie le troisième roi, Amenemhet II, a été assassiné par ses eunuques.

Le papyrus de Pelershoiirg, malheui'eusenienl très inutih'» (pii a servi aux puhiicali«^ns de Goi.kmsciikfi-, A./., 1 i, I tO et Ui'r., I'), Hî>

AMENKMUET T' ET LA XU^ DYNASTIE — g 280

(et dont un fragment se retrouve aussi sur un ostrakon qui vient d'être étudié par 1V\nkk, ap. (iuKssMAiXN, Alttuiental. Texte und Bilder, 1, 20i sq.'icordientdes renseignements [)récienx sur la genèse liistorique de la XII'^ dynastie et i'arriv(^e au troue d'Amenemhet (appelé ici Aiïieni) : l'exposé des faits s'y entremêle, il est vrai, de prophéties, i^ 297 : d'après ce texte, Ameni serait fils «l'une Nubienne, qui lui aurait donné le jour dans l'aidiciue capitale de Tempire, Nechen (Hierakonpolis) : il posera sur son Iront la double couronne, vaincra les ennemis «pii ont jus(pie-là ravagé, désolé le pays, Asiatiques CAniou) Libyens et rebelles, et rebâtira le mur des princes i§ !2'27). Inscription de Chnemhotep I : Nkwbkrry, Benihassait, 1, pi. 4i ; Bueasted, A«c. Rev. 1, i{y^ sq. — Les comtes de l'époque la plus ancienne, enterrés à Henihassan (Beniluis^nin^ vol. 11) sont tous noinanpies du nome de la (Jièvre : il semble donc que c'est seulement sous Amenemhet L^'que la (( montagne «illorus » fut disjointe de Mena'atclioufou. Sur l'inscription du petit-lilsde (Jinemhotep 11 L. />., 11, LJi s. ; NKWHKuia, ^V/n/i^/.s^r///, vol. 1) v. Maspruo, fier., 1 : Kiu;ijs, Dr Cliiteniotliis noinarchi insrr., Berlin, 1890 : Brkastkd, Ane. lier., 1, 019 sq. L'arbre généalogique de ces jiomai'<pies est probablement le suivant :

Chnemhotep I"""

Comte de Mena'atchoul'ou et du nome de la Chèvre

Amem (Amenend.iel), Necht,

19<)31938, comte du nome 1903-1919, de la Chèvre. comte de

Viena'alchoufou.

P'ille Beçt, épouse de Xcheri, coude de la ville de Hat-sehotepjebrô'.

Chne.mhotep II,

depuis 1919 comte de

Mena 'atchoulou ; ép. de Cheti, lille

du comte de Kynopolis.

Necht Chnemhotep 111.

comte de Kynopolis, en 1900.

Instructions d'Amenemhet : Dlmichen, A.Z.,12,3Usq.; Amélineau,/?^c. 10, 11 ; (iiuiKn-H, A.Z.,34, 35 sq. ; Euman, Ans den papy ri der Kgl. Museen, 43 sq., Bui ASTEi), 1, i7i sq. — Ilsemblequ'il soitaussi question de com-

2îm;

\.E MOYEN EMlMin:

bals dans les stèlos : Lvnoi: uml Sgiï.u kk, :20:;H9, 11,15 sq.(Sesoslris 1", cf. § 289 n.)et iO.iil, î) sq. ( Auicneml.iot II).

281. Amciicmhel était originaire d('/rhèbes,et ses successeurs ont, à son exemple, veillé a la prospérité de leur ville natale et de ses dieux: Auion, (|ui est mainleuanl id(Milifié à Rè', et Moutou, dieu de la guerre. Néanmoins, \r nouveau souverain est revenu iiislaller sa résidence vers le cenh«' naturel du pays. C'est à List, sur la frontière des deux royaumes, à quatre lieiies environ au sud de Memphis, qu'il a construit la nouvelle ville rov.de, sous le nom significatif de Iz-taoui, « conquérant des deux pays» et (|u'il a édifié sa pyramide de bri(jues. (^est le nom de cette résidence que les monuments et le papyrus de Turin donnent à la cour et à la dvnastie. F^our assurer Tavcuiir de sa dynastie, Amcnemhet I'', après l'échec de Tallenlal sur sa peisonneen la 20'' année de son règne, s'associa au trône son lils et le lit couronner, sous le nom de Sesostris l". A partir de ce moment, c'est le fils uqui va dompter les pays ennemis, tandis que son [)ère reste au palais et donne ses ordres ». Lorsqu'Amenendiet l mourut, le 7 noveml)re de sa trentième année :^3 février- IU71), Sesosti-is se trouvait [)r(îcisément engag(* dans une camj)agne contre les Libyens ; appriMianl la mort de son père, il se liàla de retourner dans la capitale. Un i'oman,qui fut une des œuvres les [)lus [)opulaires dt^ ce temps, et au(|uel nous dc^vons les renseignements qui précèdent, a poui' héros un ceitain Sinouliet qui nous raconte dans un style poéti(|ue son autobiographie : c'était un fonctionnaire de la cour attaché au seivice d'une princesse;lorsqu'arriva cechangement de troue, il ne se sentit, semble-l-il, plus en sécurité, car, avant a[)j)ris pai- hasard ([ue le sojiverain était mort, nouvelle (lu'on tenait secrète, il s'enfuit en Asie; nous devinons parla quels conflits ontpu se produire à la cour. L'exemple doinu; pai- le fondateur de la dynastie fut suivi par la plupart de ses successeurs ; c'est grâce à ces

AMENKMIIET 1®"" ET LA XII' DYNASTIL

co-régences qu'on a pu éviter pendantdeux siècles les compétitions au trône et donner au pays un gouvernement stable.

Sur le site de Izlaoui. rf la stèle de Piaiiclii I. 83 sq. : GiuiFnii, flici'til. papyri froDi halnin, p. 87 s. Pyraniiiles de AnuMienihet I'"'" et de Sesostris I*^"": GvLriKuet Jkqijmh, Fouilles à Licht {Mrm. de lltist.fr. <ni (]airc, ^ 1, 1902) ; aujourd'hui sont achevées couqilètcuient les fouilles dans les temples funéraires, <'rdreprises aux frais du Musée de New- ^ ork par Lythiroe (ef. Houeuviun , /\//o, IX, iSSsq.i. Histoire de Sin<Miliet : M vspKuo, f;(>///<'s p'tpiihiirrs, .'i5 scj. : Kumw. \ii.< ilcu Pnpyri, \\ sq. : récemment : Gakdiakk, Her. Berl. A/»-., 1907, 14:2, sq. — Maspkuo, Mrni. de rtitsl. égyp., 11 =z Études de niylliol., IV, 281 sq. a complété i)ar un ostrakon le début du conte, avec la date de la mort d'Amenemhet 1"".

Dans Manéthon, Amenemhet 1^'' occupe une place moyenne entre la XI® et la Xll*' dynastie, à la fin de son premier to[j.o; ; la Xll^' dynastie commence avec son fils Senwosret I^^queManétlion appelle Sesoiicliosis. Celui qu'il appelle Sesostris, au contraire, c'est le troisième souverain de ce nom ; et l'iipitomé l'identifie avec le personnage légendaire bien connu des fables grecques ; même forme dans Diodore I, 53 sq., dont le récit est un remaniement hellénisticpie de la tradition d'Hérodote, 11, 102 sq. Skthk, a démontré (Sesostris, l^ntersurluiiKjeii :ur Gescti. Aeg. 11 : cf. A./., 41, 31 scj.) que c'est le nom de Senwosret (qu'on Usait autrefois Ousertesen;quiest le prototype réelde vSesostris Mais il va trop loin en rapj)ortant tous les détailsdelalégende grecque au roi liisorique Senwosret 111 : cette légende a concentré autour d'un seul [)ersoimage des récits divers ayant pour héros plusieurs pharaons b(»lli(pieu\, parmi lescpiels Hamses 11 : cf. M ^si>»;ne, J.des sdvanis, 1901, 594 sq. — Les dates de règne de la plupart des souverains peuvent être établies avec précision par les dates doubles données par les inscriptions et les papyri de Kahun (Gui khi h, Hieratie Papyri from Kahun and Gurob ; Bouchaudt. l)er zweite Papyrusfund von Kuhun, À.Z., 37, 89 sq. ; et A.Z.,i[, 31 sq.). Le papyrus de Turin nous a conservé presque toutes les dates de la XIL dynastie ainsi que le total d'années de la dynastie ; celui-ci n'a pas été obtenu ep additionnant les chifTres de règnes séparés (qui ne tieinient j)as compte des temps de co-régencej; ce total est beaucoup plus faible et paraît être historiquement tout à fait exact (^autrefois j'avais cru, ainsi que Brugsch, que le papyrus faisait entrer dans son calcul les années de co-régence). L'époque relative de la dynastie est établie par une date sothiaque et une date agricole ('§ 103), avec un jeu possible de i ans; ])our simplilier les cli(>S('S, j'ai adopté partcmt comme

Li: MOYEN EMPIRE

date la première des 4 années soUiia.iues. - Hestit-.Uon de la dynaslie: Gu.FF.Ti., nierai, papyri froni KcMun, texte, p. H:> ; Sktih:, A./.,^I, .>S ,Mvnu:H, V.Z., iO, 78 s-i. prend pour i>oint de départ des hyi)Otheses erronées). Snr réniK.natiqne roi llorns, v. ?^ ^ n. - Les données de Manéthon, ne montrent que la complète insnilisanee de ces dates; je les donne d'après lÉpitomé de l'Africain : clie/. Kusèl.e les trois <ler-. niers rois, oïd nn total de 4^2 ans, tandis que le total de la dynastie, ('st de 245 ans 0'a'l<Ji'i<»" des règnes séparés ne donne (pie \H^1 ans)' TFpitomé de l'Arricain a omis Sesoslris 11 : quant à Amenemhet 111, on en a fait deux rois, Lamares . mal transcrit par rAlricain : Ar/aor.; sur des inscriptions grecques li^oa^ao,,;, etAmeres ; c'est le nom de couronnement d'Amenemhet 111, Nema'(t)rè', qui a donné naissance a ces deux noms. Il faut encore remarquerque l'année I9HI av. J.-C. comprend

le commencement de deux années égyptiennes cpii vont: du l"janvier jusqu'auaOdécembrel<)SI,etduHl décembre lîlSI au HO décend»re lî)80. Pour le tableau des rois de la Xll^ dynastie : v<Mr i». i!>î>.

Orfjanisation et hisloire intérieure du royaume,

282. Nous avons vu avec quelle énergie Aiuenenihet 1" est intervenu pour contenir la puissance des princes. Certes, il ne fallait pas songera suppiiiner cette liante aristocratie et à restaurer Fétat de choses de TAncien Empire; àcetle epocjue, on croyait que le bon ordre naturel de \\Aix\ et de la société exigeaient au contraire l'existence d'une classe aristocratique et ces privilèges nobiliaires. Mais, au-dessus de la noblesse se dresse maintenant une force qui est celle du roi ; eu [)rincipe, le roi accorde Tinvestiture des principautés de nomes aux héritiers directs, au fils de la fille (luaiid il n'y a pas de descendant mâle; mais lorsqu'il s'agissait de iamilles rebelles ou seulement gênantes, on ne [)eut pas douter, qu'a l'exemple dAmenemhel b',les rois ne les aient dépossédées et remplacées par des serviteurs plus dévoués. Aussi, ces nomarques ont Deau se glorifier dans leurs tombeaux, et de leur noblesse, et de la noblesse non moins illustre de leurs épouses, ce n'est plus de leur naissance et d'un droit héré-

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