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LE MOYKN EMPIBE

clitaire qu'ils lieilnenl feiir pouvoir, mais seuloiiieiit de 1 investiture (lu roi; c'est lui (jui les a noniiiiés après la jnoH de leur père, qui leur assigné leurs bornes-lronlières et <( leur part du grand lleuve, selon la ligne de partage «les eaux ». On ne date donc plus d'après les années des princes de nomes (5^279); les noms des rois reparaissent dans les tombeaux. La puissance des nomarcpies est toujours considérable ; pareil à ceux de la \l dynastie, Anicni, comte du nome de la Chèvre sous Sesostris 1"', se vante de n'avoir pas « l'ait violence à la fille du pauvre, o[)[)rime la veuve, enliave dans son travail le laboureur ou le berger, ni enlevé au bailli des corvées (littéralement : au directeur d'une troupe

de cinq hommes «ses gens pour des services de corvées»^.

.••1*?* (( Lorsque survinreni des années de famine, ajoute-t-iL j ai

fait labourer tous les champs du nome, de la frontière nord à la frontière sud, et donné des subsistancesà tous les habitants, à la veuve comme à la femme mariée, au vieillard comme à renfant,de sorte ((u'il nV avait i)oiut d'afiamé; et lorsque le Nil recommença sa crue et prépara de riches moissons, je ne fis [)as paver l(*s arrérages de l'impôt des champs. » Nous vovons par là que toute la |)opulalion agricole du nome dépend du bon vouloir du uomar(jue, non seulement les serfs de ses domaines, mais aussi les paysans libres et les tenanciers. La jeunesse paysanne est organisée en troupes de recrues zamoii) qui doivent au nomarque des services de corvées et probablement composenl aussi la milice dunome qu'il amène au roi en cas de guerre; lors(|ue le nome s'étend sur les deux rives du Nil, on distingue, comme dans les temps anciens (§ 177 n.), le contingent de Test et le continrent de l'ouest. Certains princes de nomes ont su gagner l'amour de leurssujets ; alors nous voyons dans les tombeaux des scènes comme celles (|ui ont éternisé la mémoire de Thoutlîolep, comte du nome du Lièvre à Hermopolis : il a fait scul[)ter en albâtre, tiré des carrières de Hatnoub, unestatue giganlesc|ue de lui-même, et tous les jeunes gens, ren-

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forcés par les phi^lai des prêtres laïques, la liaient, à force de bras, vers riiypogée, unissant de l)onne volonté leurs efforts, sous les yeux du leste de la po()ulation qui les acclame. C'est par l'intermédiaire du nomarque que le roi reçoit les im[)ôts qui lui sont dus et qui sont prélevés pour lui;Ameni se vante d'avoir livré à « la maison du roi », u chaque année, des ledevances de bétail », un impôt de 3.000 bunifs de son nome, sans arriérés.

Les sources principales pour l'état (ftï's nomes sous la diieclion des noinarques sont les tond^eaux de Henihassaii ^inscriptions les plus importantes ap. Lkpsils, publication complète par NiiNvioiun, Jienihdfs- .s(///, 4 vol., cf. ^^280 n.), et ceux lie lierse (5:^ 268 n.) et de Siout (?^ti73 n.: mais nous y chercherions en vain la réponse à bien des questions de détail. Le nombre des t()nd)eaux des noinarques en Haute-Egypte s'accroît de jour en jour par les fouilles, tandis que tout renseignement continue à nous man([uer sur le Delta. A ma connaissance, les nomes de Haute-Egypte sur lescpiels nous avons des documents sont les suivants : le il'' nome, Kynopolis (seulement dans l'inscription de Chnemhotep de Benihassan) ; — le i6^ nome, de la Chèvre (Minje), et le district autonome de la « montagne d'Horus » ca|)itale Mena'atchoulou, près de Benihassan, et comprenant les montagnes du désert oriental : ce nome nous est connu par les tombeaux de Benihassan : — le l.y nome, du Lièvre, Hermopolis (Berse); — le li*" nome de Kùs (tombeaux de Mer): (^hassinat, Hcc "2^2. 73sq.: Yoitc^s, par Lixa^viN, Ann. du serv., I, ()5sq.; Clkdxt, Hiill.ilr rin^t. fr. (rnrchéol. orienf.. 11. 1902, 41 sq.: — le iS"" nome, de Siout (Guifutii, Sint and Der Rifc. tombeau,!, 2^, — le 11^ nome, de Sèth (Sashotep = Hypsele, tombeaux de Der Hife n" I, 7 ap. GiuFiiTH,/. r.\\ —le !)^ nome, Panopolis, Stèle d'Achmim, LAXca-: und ScHAFF.H, Grabslelen des M. /?., n** 20024 ; — le 8«" nome Thinite (quelques stèles à Abydos) : d'après l'inscription publiée par Simk(;i;luvnii, Rer. 23, 101, le nome de Tentyris (G^ nome) s'étendait jusqu'à celui de Panopolis !)» nome) et englobait par conséquent la région du 7*^" nome de Diospolis parva, Chenoboskion ; comme sous Iad8^" dynastie (stèle d'Antef, Laiivrc C. 2f), 1. 12), « l'oasis tout entière » devait lui appartenir aussi sous le Moyen Kmpire, cf. |:^289 ; — le l"'nome, Kléphantine (BoLiUANT, /^éT. X: Bli)(;i;, l*Sli\, X; dk Monr.w, Oital. des inuninn., 1 ; (\ wuny h.w, Insrr. o/. Sirenpoivet 1, i.Z., /i:),123sq. — Sur le ^" nome thébain, v. 283 n. L'existence de paysans libres nous est confirmée par l'histoire du Paysan, qui date du Moyen Empire (§273 n. ; Maspkko,

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Coules populnirr.^, U, qui ne Irniluil pas le lerme serheti par - paysan •> mais par - saiilnier de l'oasis »; ; ce route nous montre à quelles chieanes étaient exposés ces paysans.

283. Les habitants des villes semblent avoir joui d'une liberté plus grande (jue la population campagnarde. Ils sont placés sous l'administration du nomarque et la surveillance de sa police, et lorscpie Amenemhet l" fonde une ville nouvelle dans la Moyenne-Egypte, nous voyons qu'il la place sous le contrôle d'un « comte et régent de la ville ». En dehors de la résidence royale, il n'y a que Memphis, capitale véritable du royaume, et peut-être aussi I hèbes,qui ressoitissent à radministration directe du roi, ou plnl(M de ses « viziis et commandantsde la vilb' ». Mais sur les villes des nomes il n'existe pas le contrôle ininlerr()m|)u des «directeurs » et des «scribes » ; on n'y lève aucun servie*» de corvée; chacun |)eut y «^xercer son métier libienienl et même, probablement, s'installer dans une autre ville. Les fonctionnaires rovaux avaient d'ailleurs pins de facilité pour y intervenir, et, si forte que fut l'autorité du nomar(|ue dans « sa ville », il |)arait douteux (|ue ce soit lui (pii nommât les juges des tribunaux de la ville. Aussi une vie intense et industrieuse s'est-elle déveloj)p(M^ dans les villes ; beaucoup de particuliers, qui n'étaient pasdes fonctionnaires mais des artisans, brasseurs, artislc^s, marchands, arrivèrent à un deo^rcMle j)ros|)érite dont téuioignent les nombreus(»s stèles (jifils ont érigé'es. Bien loin au-dessous d'eux, nous tiouvons ensuite l'homme du peuple : d'une part le tiavailleur des champs, soumis aux corvées, d'autre part, le petit artisan ((ui dépend absolument d'autrui ; ceux-là sont les « fils de personne », ils n'ont pas de père et reçoivent des coups de bâton de tout venant. Un ouvrage littéraire de cette é|)oque, reproduit plusieurs fois par les écoles de scri1)es, et contenant les instructions de Touaouf à son fils Pépi, nous dépeint sous (b^s couleurs violentes la misère et les vexations per|)étuelles des autres conditions, auxquelles il oppose

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celle de « scribe ^c'est-à-direde fonctionnaire! » (juicommande à tout le monde et dont la carrière est seule enviable ; si vraies que puissent ètreces descriptions dans le détail, elles témoignent d'un esprit partial et très borné, d'une moi'gue de fonctionnaire devant laquelle certainement ne se sont jamais inclinées les classes industrieuses, ni les artistes qui montrent dans leurs inscriptions funéraires, un orgueil égal, mais plus justifié.

La ville de Seliolepjcbré' (qu'il ne fant sûrement pas identifier avec Izlaoui) tire son nom dn nom de conronnement d' \menemhet T' : elle est placée sons l'autorité dn <( prince Neheri » (inscription de Chnemhotep, t. 0^2 s(\.) qui porle le litre de « régent de villes neuves C?)» très fV(''qnenl sons la VI' dynastie. Nous manquons <le doimées certaines sur l'état des choses dans le nome fhéhain: Xessonmonlou, (pii exer<;ait ici s(m activitc* sous Amenemhet 1 l.ourn',C 1 : la meilleure (''dit ion ap. Pii.lii, Hirr. Insrhr. I, l) n'élail pas nomanpn». comme l'admel M\<,v\:\{o {Cnmiri's iith>rii. des (>/'/^'///<///.s7c.s\ Paris, IHT/J. 11, îS sq.

- Hfinlrsdr niylhni.. 111. \^VA sq.) mais (( ijénj^'al (///c/- iiu']<a », v.siJtîHTn.)

— Ouvraire didactiijiie de 'Fonaoul-se-chi-onti. et lellresanalogues.de scribes : M \si»i.uo, />// (friirr /'pislohiirt'. p. i8s(j. Kww v\. \('(iyjttf'ii, p. 41^2 sq. La division <'n classes sociales ressort très nettenn^nl des pi-ophélies (5:^ '297 ; Lwca:, llrr. liri-l. \/.-., lîUKl f»01 sq.), on \ trouve notée nue caractéristique inq)ortante de la tianslormation qui se prépare: c'est (|ne justement les gens bien nés tond>ent<lans la misère et que la plèbe arrive aux honneurs; c'est enfin que <( le fils d'un homme » (c'est-àdii'e qui a[)j)artient aux classt^s supérieures) « n"esf plus i)rér«*i"é à celui cpii na j>as de père ».

28i. Si rilgypte, sous les premiers rois de la XII' dynastie, présente encore, en apparence, les traits d'un Ktat féodal, la belle époque de cette féodalité est déjà une chose du passé. La cour des |)rinces (b' nomes et leurs tombeaux ont beau de|)loyei' plus de pompe que dans les temps ap|)aiivris de l'épocjne de transition, c'est là un éclat tout extérieur (jiii ne peut nous donner le change sur la réalité de leur pouvoir. ( îes princes tir<'nt leurs ress(Uirces non point de leur force personnelle, mais de l'énergie nouvelle

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d'un Ktat fortifié el de la [)rosi)érité acciue qui en découle. Depuis Ameneinhet 1", les nomesne sont plus des états dans rttat; le fait que les rois bâtissent à nouveau des temples aux dieux lociiux dans tous les nomes est la preuve tano-ible de leur suprématie, dautant plus (^fils font construire ces édifices non point par les princes grands-prétres, mais par leurs pro{)res architectes et autres fonctionnaires rovaux. L'ancienne propriété domaniale de la couronne n'exisie plus, il esl vrai, depuis loiigt<Mnps, mais on prélève dans tous les nomes poui* la a maison royale » des redevances en nature, que le prince du nouie est tenu de fournir (^282). Dans le l)ureau du vizir, on dresse des listes des habitants de toute Tiilgypte, et, à des années déterminées, on opère des recensements : [)onr ceux-ci, le chef de chaque famille ^à la(juelle ou attribue un numéro d'oidre invariable, ajouté à son nom doit décliner le noml)r(; de personnes ([ui constitiuMil sa familh' <'t celui de ses serfs, et jurer que sa décbiration est sincère; [)lusieurs de ces fiches de recensement nous ont été conservées, provenant de la ville de Kahoun ^î^ 21)1 ; fondée par Sesostris 11 auprès de sapvrauiidcà l'entrée du Fayoum. Ces listes ne servent j)as seulement à la perception de Timpôt 'capilation ?j, mais permettent h l'administration de connaître d'un coup d'cril Tétat civil de tous les habitants du royaume et les obligations imposées à chaque sujet. Si les comtes sont à la tète des milices de leurs nomes, c'est le roi (|ui opère le recrutement « parmi les jeunes gens utilisables»; dans \r nome thinite, par exem|)h', un homme sur cent est appelé. Les procès sont jugés par les tribunaux des fonctionnaires d'État et parla Cour des Trente, placée sous la juridiction du Vi/ir; de même, toutes les affaires de droit privé, par exem|)le les testaments, doivent être rédigées en |)résence de témoins, par-devant les fonctionnaires (scribes^ préposés à cet office, et non pas dans les bureaux du nomanjue. Il semble que pour tout ce (|ui concerne l'administration

ORGANISATION ET UISTOIRE INTERIEURE DU ROYAUME ~ § 28i 305

royale; l'Egypte soit partagée maintenant en trois grandes provinces (oM^ar/) : le « pays du Nord « Delta), elle royaume du Sud divisé en deux districts, le « Sud » proprement dit (Moyenne-Egypte) et « la tête du Sud » lepsema' compvonani à peu près toute la régionqui obéissait aux princes thébains avant qu'ils eussent abattu la dynastie hérakiéopolitaine.

Les inscriptions des hauts roiiclioniiuires, qui proviennent pour la phipart d'\l)y(los, nous pcrmettenl do jeter un coup d'œii sur l'administration de l empire : elles ont été pubhées par Maiuktt.:, Abydos II, et Calaluyue iiAhydos, et récemment par La.ngi- nnd Scuàfeu, Gmb uml IfenksfeiiH'ffes M. H.^dixnsle Catalogue général du Musée du Caire : le Louvre possède |)lusieurs stèles importantes publiées par (Iaikt, BihJ. (la rÉcoh fhs llmdcs h:iudrsJ)H,el beaucoup mieux j)arPii:uL, Insrr. hier. 1 (autres textes du Moyen Kmpire dans le vol. 111»; citons encore les textes de Berlin publiés dans Aeyyplisclie Iiu^rkriften ans den Kgl.Museen, 111, IV ; Lkpsii .s, Denlwidh'r, etc. : enfin, les papyrus trouvés à hdhomt et provenant des derniei*fe rois de la Xli'-- et des' premiers rois delà Xlll- dynastie : ils ont été publiés elétudiés de l'acon magistrale par (iuiiMui, Thr Petrh; hiemlir. pap, from Kalmn, 1892. Beaucoup de questions deviendront i>lus claires quand nous posséderons les indices qui accompagneront ia publication de Langi. und Schvfeh. — Fiches de recensements des maisons: (iuiniTii, /. <•., p. 19 sq. ; cf. Bouchaudt, yorfr. des llnmbnnjer Orienlalislen-hoiujresses, 329. — Deux inscriptions d'Abydos sur le recrutement (l'une provenant du règne d'Amenemhet III) : EuMAîs und ScnÀn;u, 1. /., 38, 42 sq. Testaments: GiiiFFiiii, ^ '•., p. 29 sq., 10L Division trijiartite du pays: Euman, l.Z., 29,119; GuiFFirn, /. r., p. 21. (Giuffitu a abandonné cette liypotljèse p. 80 et, de même, SrKiNnoiuF conteste cette division tri])artite sous la Xlh dvnastie Die aegypt. Gaue,ii[), Abh. d. Sarlts. Ges pliil. CL 27, 1909, 89(j sq] ; mais il est dil'licile de |)enser (|ue le ou'arl tep sema' soit identique à oirarl risil, môme si ces deux expressions ne se présentent point ensend)le.) Le titre u Directeur du Sud » ne se rencontre plus, que rarement, et paraît être le plus souvent purement honorifique; de même, le « r//ti lieti'o, Directeur du Sud, grand-prétrede Min », Zaoutiaqer, qui vivait sous Amenemhet I et pour lequel le *« trésorier du dieu ') va chercher deux blocs de pierre dans les carrières de Hammainât (GoLF.MscuKFF, lIommnnmL 2, I. 3, 3) n'est peut-être, comme le suppose Masi>j:iu), qu'un simple nomarque de Coptos. Le titre de iiier c7ej/«//^e (J5 244), qui. jouait un si grand rôle sous l'Ancien Empire,

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