GUERRES ET RELATIONS EXTÉRIEURES
militaire si nous arrivions à coiii[)i'on(lre les expressions teehniqnes (le rinscription de Sebekcliou (J^ t>90j.Bien des choses inslnietives sont contenues dans le livre de comptes de Bonlaq, Horchvudt, A. /., "-28, 9^2 sq., (revu par (Iuikutii, \. /., ^29, 10^2): sur les Mn^n, cf. p. ÎU s. L' <( or »: Ll), II, 138 a. : di: M«)iu;an. lonilh'.^ à Ihihrhonr, l,p. 16 (mastaba ^2). — Forteresse de Sesostris 11, à Kl Kab, dans laquelle Amenemhet III a construit un mur: strie de Liverpool, ap. Lrr.uviN, /^s7M., 1905, 106 sq. Les données sur la force numéri(iuc des armées du Moyen Empire ont été rasscndilécs par Bui:asti:i), lînillc ofhrdrsh, p.î». — Hymne à Sesostris III : i\Hiiv\vii J<nhini papyri: inscri|)tion de Sel.iotepjebré': Mauiktti:, V/m/os, II/2 ■». L\ngk et S( ii vkfiu 20r)S8. Cf. des passaofes analogues dans l'iiistoire de Sinouhet.
Guerres et relations extérieures, Xuhie. Sijrie. Grèce.
287 a. — A l'extérieur, les lois de la X\V dynastie se sont efforcés de restaurer la domination des anciens l^haraonsdonl ils font revivre la mémoire ainsi celle de Zoser, Snofrou, Neweserré'). Au commencement du règne dWmentMuhet 1, on signale [)ai]ni ses adversaires des Nègres et des Asiatiques (i^ 280), mais peut-être n'étaient-ils (juc^ des mercenaires à la solde de ses enn(Muis égyptiens, l^n tout cas, son général Nessoumontou se vante d'avoir batlu les Men/iou et les Ilriousa' d'Asie et détruit leurs villages ; il semble qu'il se soit avancé jusqu'en Palestine. Amenembet l" fil la guerre également aux Libyens; c'est ce qui expliciue les portraits de Libyens, bommes, femmes et enfants, que Chnembotep V' de Henibassan (^ 280 fit peindre dans son tombeau pour représenter son butin. A la mort du roi, son fils Sesostris I'' se trouvait précisément en cami)agne contre les Libyens {^ 281). Dans l'année qui précède ^1072), on nous parle d'une expédition dirigée contre le pays d'Ouaouat (|ui, depuis lors, reste soumis comme les Mazoi et protégé par des forteresses; les chefs nègres doivent un service de prestations pour le lavage de l'or. Toutefois, les
adversaires les plus tenaces étaient les Ivouschites de la moyenne Nubie, dont le nom apparaît pour la première fois dans les textes égyptiens (5^ 165 a\ Ils furent également vaincus par Sesostris I'' ; Clinemhotep, devenu vieux, avait un fils, Aineni, qui amena au roi les troupes du nome de la Chèvre; le roi pénétra à leur tête « jusqu'au bout du monde ». Il fit (Miger à VVadi Halfa, près de la deuxième calaracte, un monument comméinoratif de sa victoire où nous voyons le dieu thébain de la guerre, Montou, conduire au roi les captifs, les peuplades vaincues dont les noms, |)0ur la plupart, ne nous sont connus que par ce document. Ces expéditions eurent pour résultat de livrer aux b]gy[)tiens, qui les ex|)loitèrent, les mines d'or que renferment les vallées du plateau déserti((ue de VVadi 'allâki ; sous Sesostris 11, par* exemple, l'béi'itiei' du trône Ameni, qui devint le roi Amenend.iet II, ramena en Egypte, sous forte escorte, le produit de cette exploitation. Pour la sécurité de la route, on éleva unt^ forteresse à l'endroit appelé aujourd'hui Kouban, où la voie s'écarte de la vallée du Nil. La soumission de cette contrée fut achevée par Sesostris III (1887-1850; à plusieurs reprises, dans les 8^ 12% 16% et 19'" années de son règne, il fit campagne contre « les misérables Ivouschites » et, lois de sa première expédition, |)our transporter ses trouj)es, il fit creuser un canal navigable à ti'avers les rochers de la cataracte d'Assouan. De telles guerres ne se prêtaient pas à Taccomplissement de grands exploits, encore que le roi et ses officiers y trouvent sujet de se glorifier; on brûlait les bourgades, on saccageait les champs et les puits, on emmenait les habitants en esclavage. Toutefois, ce n'est qu'à grand'peine qu'on pouvait assurer la sécurité durable de cette étroite bande de terre cultivée et tenir en obédience des tribus qui avaient toujours la ressource de s'échapper dans les vallées du désert. Sesostris recula les frontières de l'Egypte jus- <|u'aux rapides de Semne et de Koumme, en amont de la
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deuxième rataracle, et les protégea par luiil forleressos situées sur les hauteurs et (Uns une île du lleuve ; le plus avancé do ces ouvrages .Ouronarti porte le nom signiHcatil « celui qui écarte les Troglodytes >. lountiou^ (cf. S 105 n.). La Basse-Nubie était gardée en outre par quatre autres Inrt(^resses. Deux grandes tablettes des années 8 et 10 du règne de Sesoslris lll interdisaient aux Nègres indépendants de Franchir la frontière en aval du fleuve, sauf pour aller trafiquer dans le district frontière^ de Aqen, mais en usant alors de bateaux égvptiens. C'est à partir de ce moment que la lîasse- Nubie a été vraiment incorporée à Tompirc et que les Kgvptiens commencent à la coloniser ; aussi Sesostris lll |)asset-il aux veux de la postérité pour avoir été le véritable coucpir-
rant delà Nubie, et Thoulmcsis lll Télève-t-il au rang de dieu de ce pays et lui l)àtil un temple à Semne.
La partie historique <lc l'insniplion 1res (ilHieile <le Nessoiiinontou ([ouvre, C I.) a été pnliliée corrertemeni par Rukastkd, Anwrir. ./. o/ Semil. Inm,.. 1905, XXI, \M sq. - iMMSonniers lil)yens : NF.wnKHin, /VnUia.snn, pi. i5, 47 (en outre, scènes (te ro.nl.als). - Docnn.ents snr la conquête de Nnbie,sa garnison et rexi)loilalion de lor, ap. Li.i>sils, Denkmnlev et A. /., 20, lU), 12, H2, 13, oO ; P i:t lu i:, Sm^o/j, ;i40 ; Maspkuo, Mêl. d'anh., 1, 217; cf. Schvkku, Mystcrien r/cs Os/m, 8 sq., 10 sq. et BuKASTF.i), \nr. Hec, 1. Stèle de Sesostris 1- : Bosillim, Mon. ^tor.. pi 2o, 4; S':inAPAiu.i.i.i, Cnhil. ifên. del niuseo di lirfn:r, 1, 243; Bui.vs- T.n, PSBA. 23, 230 et Im-. Kcr., l, :;I0 sq. L'expédition en Nubie est aussi mentionnée par Seronpont l- d'Kléphanline : Gvud.mh, \.Z.,45, 433 s. Le nom u misérable Kons » est écrit ici et snr la stèle de Ka. Parmi les titres de Seronpont, on Ironvc, ligne 5: (( celui à qui Ton signale les prodnits des Ma/oi comme tributs des princes des pays étrangers ». Un fonctionnaire de district, Am-h, a éternisé sa mémoire sur l^s pans de rochers de Amada, dans la 4r? année du règne iU^ Sesostris \^' et dans les ri« et 22" années d'Ameiuîmtiet II : Wkigaij,, \nf of Lowev VM/>m, pi. 53. I/expédition de Sesostris III est mentionnée aussi par Sebekchon i)^ 2î)0). Les fragments de rinscri|)tion de Bubastis ap. Nwh.lk, HnhaslU, p. !>s(|. (pi. 34 a.) ne proviennent pas de Sesostris III mais, d'après B.u.vsikd, Xnr. lir,., 11, 84«>, d'Amenopl^is m. — Canal creusé à travers la première cataracte: WnjmuRc,
/?cr., 13, 202 (cf. /./>, IL 130 b.>. Carrières de pierre à Kons: L\Nr.K nnd ScuvKFK, (]rnh^teine des U. /?., 20080, 3. — Sur les sept forteresses maintenant connues près de Semne et Koumme : Steindorff, Ber, mehs. Ges. pliiL, CL, 1900, 230 sq. La forteresse Sechem-Cha'keourè' de Sesostris lll est mentionnée aussi sous le premier roi de la XllL' dynastie: l.n, IL 151 d. Un papyrus, dont GAHniMum'î\ obligeamment permis de prendre connaissance, conlieid la liste complète des 12 forteresses du Moyen Empire en Nubie. Sur Onronarti, cL Stkim>oufk, \. Z., 44, 90. — Le district au delà de la frontière égyplieime s'appelait IJeh : \. /., 12,412; /J>, 11, I3(ih. Ruines de forteresses et dune maison de la XIL dynastie, à Wadi Ilalta (égyptien Boiihen), ainsi que plusieurs tombeaux, sous les fortifications du Nouvel Empire: Macivi u and WooLLF.v, BiiIkhi, 1912.
288. La Xlï^ dynastie continue l'exploitation des carrières de Hammamatetles expéditions à Uouiit commencées par la XI" dynastie (î^ 278); celles-ci ont pour point de départ Sawou Wadi Gasùsj ; les produits qui viennent de Uount sont signalés à plusieurs reprises dans les inscrij)tions. Il n'est pas i)rol)able (|u'il ait existé un commerce privé, organisé par des commerçants entreprenants, avec le pays de l'encens, car les vaisseaux a[)partiennent au roi elles chefs des ex[)éditions maritimes sont des « trésoriers du dieu » escortés par des troupes. Un récit légendaire de cette époque nous montre à quel point ces expéditions passionnaient l'imagination po|)ulaire : il nous raconte les aventures d'un « hojnme de l'escorte » envoyé par Pharaon sur un (H'and vaiss(\m, nionlé i)ar IT) matelots choisis, vers la mine du roi au Sinaï ? . Lue tem[)éte éclate, le vaisseau fait naufrage en pleine mer ; seul, notre héros parvient à se sauver dans une île du pays de Pount ([ui est habitée par un sernent o-éant. (jdui-ci Laccueille ainial)lement, et, pour le consoler, lui raconte comme quoi il est resté seul après avoir perdu tous ses enfants (d s(^s frères qui furent détruits par une étoile de feu tombant du ciel ; l'étranger devait subir le même sort, mais au bout de trois mois un navire (rL:gyple envoyé ])ar la cour viendt\T le chercher et il re-
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verra sa fainillc. Ainsi arrive-t-il, et le naufragé, chargé de riches présents, myrrhe, huiles diverses, peaux de panthères, singes, ivoire et autres objets précieux, revient à la cour, tandis que l'ile mystérieuse est engloutie pai* la mer.
Doux stèles furent érigées à Watli (iasus .« dans le pays des dieux » en l'an l de Sesoslris I'''et en Tan XXIV d'Anienend.ud II : celle-ci fnt élevée par le prince et livsorier Chcntechtai-ouèr après qu'il fut lienreusement retourné du pays de Poiud : Mum\n, \. /., 2(1, "203 s. — RiRr.ii. CnInhHiiir o/ Efiypl anliq. in Mnirirk Cnsllr, [). ^i\H s. Conte du Naufracré : Couaiscuii r, Hrr., 28. 73 sq. : Maspiuo, Coules poimlnires ; pjiMAx, I.Z., 43, \ sq. <pii, le premier, a démêlé rlairement le sens de l'ensemble : cette liistoiie est j-acontéc» à un comte qui revient de Xubie pai' un personnatre de son escorte.
2Sî). Des o'ucrres coulre les Libveiis, il y eu eut aussi, cela est certain, (Mu-ore (|ue les renseignements nous man(|uent à cet égard. Les oasis sont soumises; la grande oasis El Charge, avec la local iu^ 11 il) dépendait du comte de Thiuis '^ 282 n.», car- la route des caravanes p;irlait d'Abydos. Oans la péninsuh^ du Sinaï, on exi)loile les mines et, sous Amcuemhet 11, on ouvre et on fortifie une deuxième mine Sarboùl el chAdemi, au nord de Wadi Maghàra. Quint aux escarmouches avec les Bédouins, il semble ([u'elles aient cessé. A la Irontière est de ri^vple, là où la roul(^ dite « chemins dMlorus » est o-ardée par le fort de /aiou et ou la route (pii conduit au désert h travers le Wadi Tumilàt est barrée parla « nniraille du pi-ince » ;^ j^ 227', on observe une surveillance rigoureuse. Mais l'autorité du [)haraon s'étend bien loin, à l'intérieur des pays de Syrie. Ihitre ces pays et la cour, il y a un va-etvient d'envoyés égyptiens ; on imj)orte les produits d'Asie, et Amenemhet I" possède sur le Nil, comme Snofrou, une Hotte de vaisseaux construits en bois de cèdre, bois (|ui est certainement tiré de Bvblos. Les Bédouins S0////0//, c'est-àdire probablement « archers », viennent souvent en Lgvpte avec leurs marchandises, et même, lorscpi'ils sont à l'étroit dans leui* patrie, ils chei-ehent à s'installer dans
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les pâturages de la vallée du Nil. ('/est ainsi qu'en l'an () de Sesostris II 11)01 av. J.-C. , le a chef des barbares », Ebsa, accom[)agné de son clan, — M 'Amou Kana'anéens) <lu désert Sou , hommes, femmes et enfants aux traits sémitiques accentués — se ])résente devant Chnendu)tep 11 de Mena'atchoufou, le seigncMir du pays du désert sj 280 , et lui a[)porte en présent du fard pour les yeux ; sans doute espère-t-il obtenir une autorisation de s'installer dans le territoire. Comment les choses se passaient en Syrie, nous le savons par ThistoircMle Sinouhet, '1^281i. Celui-ci, s'échap|)ant d'Egypte, était arrivé au lac Amer (Kemouér'i, et il était sur le point de défaillir de fatigue, lorsqu'une troupe de B(^douins venant à passer, il est reconnu par l'un d'enx cpii l'a vu autiefois en Egypte, et qui lui ollVe j)our le réconforter de l'eau et du lait. Passant de tribu en tribu, il parvient jus- (ju'à Byblos ; puis, il s'enfuit chez les Bédouins du « pays de Test », (Jedem, situé dans le désert à Test de Damas. Là, le prince du l»ez(Miou sup<''rieur (mal écrit : /enou) 'Ammiensi, entend [)arler de lui, l'appelle à sa cour, lui donne sa fille en mariage et le pays de Jaa en lief ; c'est un beau pays liche en figues, en miel, huile, arbi'es fruitiers, blé et bétail « (jui est plus riche en vin (|u'en eau » et qui ollre dans le désert oiboyeux l'occasion de belles chasses. Sinouhet se distingue dans les gueires du prince contre ses voisins, et, lorsqu'un géant « avec son bouclier, sa lance et une brassée de javelines » vient le provoquer en combat sinî2:ulier, il évite ses traits et le tue d'une (lèche ; il s'empare de tout le butin dans la tente du vnincu et acquiert aijisi une grande renommée et beaucoup de richesses. ^Mais Sesostris 1" lui aussi entend parler de ses exploits ; il pardonne à Sinouhet sa fuite et le rappelle avec des honneurs à la cour. Ce pays du (( Rezenou supérieur » qu'on nous décrit avec des images si vivantes, c'est le pays montagneux de Palestine qui est en lelalion très fréquente avec ri:gy|)te. Une stèle très mutilée des mines du Sinaï, et qui date des
LE MOYEN EMPIRE