‹ Histoire de l'antiquité [microform]Chapitre 113 sur 172 · I.E ROYAUME DES HYKSOS — i · texte numérisé non relu

I.E ROYAUME DES HYKSOS — i

témoignages de Ilétsepsout, ceux des inscriptions de rout'anchamon et de Ijaremheb, concernant la restauration après le roi héréticjne, et ceux de Hamsès III sur la période de troubles, qui précéda son père. Avec ce genre d'hypercritique, on pourrait rejeter pareillenuMit, par exemple de Thistoire de Tlslam, la domination des peuples turcs et et mongols, on, de riiisloire d'Auii^lelerre, la conquête normande. Toutelois, outre plusieurs l'emarqnes judicieuses, nous lui devons un tableau très utile des monumenis des Hyksos (XVI 1, 5 sq.) et des derniers rois de la XVII*' dynastie (X\ 1, 5r)9 sq.). — î.es apologistes juifs ayant identifié les llyksos avec .loseph et ses frères, par opposition aux antisémites qui voulaient rapiuochei- Moïse et les juifs de ()sai*seph et des h''preux, il s'ensuit que Manéthon a tiré d'eux le passage en question, que nous a cons(;rvé Josèphe u-. \/>. I, 14, 85 sq.) avec des interpolations de seconde main, et c'est de cette version judaïsante ( mais plus ancienne que celle recueillie par Josèphe), que s'inspire ri'.jHlomé de l'Africain et d'Kusèbe i conservée îuissi parle scholiaste du limée de Plalom. lV)ur la discussion, v. ma (^hnmol.^ p. 71 sq., 80 sq., et Sdchlnhit', p. 31, n. ^(Inid. p. i03 sq. et p. 90 n. h. Pour l'histoire du roi Apopi au papyrus Sallierl^' (manuscrit d'écoliei- de la XIX*' dynastie, cpii s'interrompt au beau milieu), v. surtout Masimiu», Hfiidcs (''(jYjd., 1, ti (la lecture u ville des 'Amou » qu'il conteste semlde pourtaid, éti'e correcte). Inscription de Melsepsout: (ioi.KMsc iikff, lier., III, 3. NI, [)\. 3, 1. 37 ; Sirrni:, Urhtindrn der Is- hynaslic, \k 390; texte de .Merneptah: IJLmichkn, llistorirhe liischriffm, 1, 4 ; Mauuth, /v>////f//r, .")8, I. 89, utilisé pour In première fois i)ar K. di: Roi <;i';. — Le nom llyksos ne se trouve que dans Josèphe sous la forme 'T/.am;, lat. ycsos, qu'Kusèbe ([inief). ev. X, 1. 18, :2 et Chnm.y I, 157) lit 'Txojaafôç, arm. llikkusin et llykusos: mais la désinence — ou est-elle vraiuuMit authentique et mai'tpie-t-elle un pluriel égyptien, nous n'en sonunes pas sfirs. Manéthon explique ce nom comme u BaatXsiç {hqa), TZQvxivtiisos), ce dernier nom, qui s'apj>liquait à l'origine aux Bédouins de la péninsule du Siuaï, a désigné plus tar<l tous les nomades en général (il existe en outre aux Ji^s^ 88, 91, une interpolation, reprise par Josèphe, d'après laquelle le nom signifierait a-/ ;j.âXwTûi(égypt.(/to(/) Koif^îve; ; mais c'est là une retouche faite par les Juifs qui cherchaient une concordance (encore plus étroite avec l'histoire de Josèphe; de même, lorsque TEpitomé nous dd que les Hyksos étaient \les Phéniciens, il nous est difficile de croire que c'est là une affirmation provenant du Manéthon authenti(|ue). (iiun rrn et W. M. MCllkh tirent ce nom du titre a souverain des pays étrangers » hqa chasoul (^ 306), et SKTm;, fait de même, A. Z., 47, 84 s., mais il est difficile de

.zrr

tl

DÉCADENCE DU MOYEN EMPIRE

leur donner raison. — 5a;to; (alocs) T/.crt^oTt/.ri nppnmil dans un tarif douanier de l'époque impériale parmi les articles d'imporlalion d'origine arahe: Wii.ckin, \rrlurf, />apyrusfi,r.<rl,um/, III, 188 sq.

:Wt. Dans les textes égyptiens, « les impurs » [jafei) sont appelés des Aniou, c'est-à-dire do:^ Sémites de Svrie. Si cela était vrai, ils seraient diVAc des Kana'anéens. Toutefois, il est possible ([u'ils soient venus de contrées beaucoup plus éloignées, par exemple de l'Asie Mineure, et qu'ils aient également envahi la Syrie et l'Egypte ; peut-être fautil établir (|uel([ue rapport entre eux et ces Chetiles qui, nous le savons maintenant, firent irruption en Uabylonie au dixneuvième siècle et renversèrent le royaume de i^abel en 192.") (^,^454) ; en tous cas, nous constatons à cette épo(|ue une grande poussée des tribus d'Asie Mineure dans la direction dusud. Depuis qu'on a reconnu que les statues de rois et les sphinx tenus jus(iue-là pour des portraits des llyksos, étaient les œuvres de sculpteurs de la XI l" dynastie {^ 294), nous ne possédons plus de [)oint de comparaison. Ce qui est sur, c'est qu'avec les Hyksos un grand nombre de Sémites ont pénétié en l^gypte. Parmi leurs rois, nous trouvons des noms <|ui sont sémiti([ues, mais nous eu trouvons aussi d'égyptiens qu'ils ont adoptés; enfin, il y a d'autres noms (fui n'ont pas l'air d'être sémitiques et (|ui ne peuvent venir, par conséquent, d'Asie Mineure. — Les conquérants apportaient un dieu de leur race que les'Égyptiens ont identifie à Sèth, dieu de l'étranger, du désert et des ennemis. Sous le Nouvel Empire, Séth est constamment identifié avec le Haal des Kana^méens, mais cela ue saurait prouver que le dieu des Hyksos n'ait pas porté un nom tout différent.

Sous le Xouvel lùnpire, le Sèth de Basse-Kgyple (spécialement celui de Tanis; s'écrit toujours, même dans le papvrus Sallier, sous sa forme pleine de Soutech, qui, avee la graphie Sth, se renc'onti'c déjà dans L,.:,.sil:s, Wesh' Trj-tr drs Th. i\\\^ dynastie); le mot est donc purement é-yptien, et nVst sans doute qu'une variante de SU qu'on rencontre très fréquemment Uefle est la théorie de Lohki et

LE ROYAUME DES HYKSOS

Sethe); on se trompe donc certainement jen essayant de démontrer que Soutech est le nom d'un dieu étrani^rer (Kosséen, par exemi)le, d'après Swge). — Parmi le peu de noms Hyksos cpie nous ayons conservés, Ajxjpi semble être purement égyptien (peut-être aussi Asethj; d'autres tels que Hnon, Apachnan, Smqn n'otîrent pas de possibilité d'interprétation. Chian (= Chaiàn, nom d'un roi de Sendjirlij et Salilis pourraient être sémitiques: Ja'qob-her et *Anat-her sont probablement la combinaison dun nom de dieu kana'anéen avec le mot égyptien fwr « contenter ». Parmi les esclaves dWhmes (Sethe, Urkunden der fs^ Uynastir, p. 11) il y a trois femmes portant des noms sémitiques, et qu'il a ramenées comme butin d'Aouaris, ainsi que le prouve W. M. Mi lijk, 1. c. (.55 303 n. i, p. 8 s. : dans l'un de ces noms, U\<;n\d a reconnu le nom babylonien rstar-oummi.

305. Que les conquérants aient commis au début hien des dégâts, qu'ils aient détruit des localités et des édifices, nous le croirons sans peine, tout en tenant compte de Faversion et des exagérations qu'ils inspirent aux Égyptiens. Ce qui a peut-être choqué le plus ces derniers, c'est que ces étrangers ne se missent guère en souci de leurs dieux. « Le roi Apopi », raconte dans le style typique de la légende le papyrus Sallier déjà cité, « reconnut pour son maître Séth ol ne servit aucun autre dieu du pays en dehors de Séth, et il hiUit pour lui un temple magnifique auprès de son palais et il lui offrait tous les jours des sacrifices ». Dans les rares inscriptions que nous avons conservées des Hvksos, Sèth d'Aouaris est mentionné h plusieurs reprises; nous savons aussi qu'ils édifièrent un temple de Séth dans la ville voisine de Tanis, où, jusqu'à ce moment, nous n'avons jamais constaté un culte de Sèlh (cf. ^ 301). Une inscription, dédiée à Sèth de Tanis et rédigée au temps de Puimses 11, est datée du « 4 Mesori de Tan 400 du roi Noubti (celui d'Ombos, surnom connu de Sèth, § 181) » et ce roi a pour nom de couronnement : « Séth le très-puissant ». S'agit-il, comme on Ta supposé, du dieu lui-même, dont on compterait les années de règne à partir de l'épocjue où son culte fut introduit, ou bien, ce ({ui me parait être plus vraisemblable.

it

nFICADKNCE DU MOYEN EMI>IRE

s'ao^it-il d'iin roi H\ ksos, Nouhti, qui emprunta an dieu son nom personnel et son nom de couronnejuent ? En tout cas, nous avons ici affaire à une ère de temple, (jui ne [)eut ptendre comme point de départ (jue la date de l'introduction (fun culte et de la construction d un temple de Séth à Tanis. Puis(|ue Itamses If a règne entre liiU) et I2^t4 environ, cette ère commence donc vers IGcSU a\ . .].-(]. Ij'épocjue (jumelle mar(pie ne peut pasèlre très éloignée du début de la dominalion des llvksos, r[ nous avons vu que l'anté-pénultième roi de la Xlll' dvnaslie, Nehesi, était, \ers l(>()() av. J.-C, vassal des Hvksos s^iJOti ; or, ils avaient déjà fondé le temple et le culte de Séth à Aouaris et à Tanis (Hechet) puisque Nehesi adore ces deux dieux. Donc, l'invasion remonter a (jU(d(jues années auparavant ; peut-être eut-elle déjà lieu sous le roi Ai vers llli). Foules ces dates se coid'irment donc au mieux, réciprotjuement. Au contraire, les dates de Manéthon en diffèrent absolument. 11 é^numère (Tabord G rois-pasteurs fXV'dvnastie): Salitis, l>iu)n, Apaclinan, A[)opliis, lannas, Asetli (dans Tl-lpitome- Arcliles) avec un total de 251) ans et 10 mois. l*uis, dans TMpitome conservé seulement |)ar TAfricain, suit une deuxième dynastie de Pasteurs (la XVI' dynastie) avec 'S2 Pasteurs et 518 ans, et une troisième dynastie la XV II') où 43 Pasteurs et VA Diospolites régnent simultanément pendant 151 ans, juscpTà l'expulsion des Hyksos par Amosis. Ces chiffres donrieraient pour la durée totale de la domination étrangère 929 ans. C.oncurrenuiuint avec ses chifTres, il y a dans Josèphe une variante ([u'il prétend einj)runtée à Manéthon, mais (jui est une version fortement interpolée d'après laquelle les Pasteurs auraient régné sur ri]gvpte pendant 518 ans au total, aj)rès (jue les rois de la Thébaïde se seraient soulevés contre eux. Il n'est pas besoin de démonlrer que ces données sont sans valeur en face des dates certaines données par les nu)nnments. Elles sont en contradiction formelU avec Textième rareté des monuments f)endant là

LE ROYAUME DES HYKSOS

période des Hyksos et avec l'étroite similitude que nous constatons entre les Thébains de la XïIPetceux de la XVII« dynastie. Au total, la souveraineté des Hyksos dans la vallée du Nil n'a pu durer qu'un siècle environ, de 1680 à 1580 av. J.-C.

Pour la stèle d(3 l'an 400 (Makikttk, Rev. arch, noiw. sér. I\\ im sa.) • Lanzone, Dizionnrio di Mitologia, pi. 38i : voir ChronoL, 65 sq. trnrl. p. 95' Sur la liste de Barbanis, cf. i^ 309 n. La liste manélhonienne de la XVP dynastie n'a été transmise correctement que par Josèphe ; ctie'z l'Africain, elle est faussée par des inadvertances (il omet les dates d'Apachnan et le nom d'Apoptiis qui est ensuite reporté à la finchez Eusèbe et dans le Livre de Sothis (Syncelle, p. 495, 204, 232 1 elle est gâtée par d'autres fautes encore. L'Africain n'a gardé que la XVI« et la XVir- dynasties. Cf. ma ChronoL, 72 s., 85 sq. trad p i04sq' 121. (Weill, ^ 303 n.; XVH, 254 sq.) suppose que les 518 années de l'a XVI* dynastie proviennent d'un redoublement des 259 années de la XV« dynastie ; ainsi s'expliqueraient les 514 ans, attribués par le Manéthon interpolé de Josèphe (c. Ap., I, 84) à ta durée totale de la domination des Hyksos, jusqu'au soulèvement des Thébains. Cela est possible mais nullement certain. La liste est comme suit :

Page 1