BASES GEOGRAPHIQUES. PEUPLES DU NOKD ET SEMITES
monuments égyptiens (cf. Meyer, Sumer. u. SnmUen, lOOG, p. 90), dans les sculptures de Sendjirli et ailleurs. V. Luschan croit découvrir encore la pénétration de celte race chez les Assyriens et les Juifs actuels, qui se distinguent les uns et les autres de façon caractéristique notamment par la conformation du ne/ du type plus pur des Arabes et des Babyloniens vraiment sémites. Cela paraît justifié et, d'ailleurs, pour l'Assyrie le mélange d'éléments asianiques et sémitiques est aujourd'hui prouvé historiquement. Eu Palestine par contre, ce mélange doit remonter à une population primitive préhistorique qu'il est difficile de définir historiquement aujourd'hui. Car si nous trouvons encore au xv^ siècle dans la Syrie septentrionale une population antérieure aux Sémites, déjà au IV*' millénaire la Palestine et la péninsule du Sinaï sont habitées par des Sémites du même type (cf. les figures de Sémites du tombeau de Sen, §§ 167 note, 227 note), que nous retrouvons plus tard dans les représentations du Nouvel Empire, en Palestine et en Phénicie et chez les
Israélites et les Juifs de Sesonq, et dont l'identité avec le type juif actuel ne peut être niée. Sur le type des Sémites de Babylonie et la particularité de la coiffure et du costume des tribus nomades, voir Meyer, Sumer. u. Semilert, et plus loin § 330. Au reste les recherches sur le type physique des peuples et des races sont encore toujours et partout à leurs débuts tant pour l'histoire (|ue pour l'anthropologie.
331. Les conditions de vie dn monde sémitique sont impérieusement déterminées parla nature : le grand désert d'Arabie forme son centre. Il n'y a sans doute de contrées inhabitables que les grands déserts de sable, soit au Nord de l'Arabie (Nefûd), soit à l'Est et au Sud, où un immense territoire jusqu'à rocéan Indien et au golfe Persique est presque complètement inaccessible et n'est traversé que par (|uelques routes de caravanes. Mais TArabie englobe encore, surtout au centre, le grand plateau du Nedjd et au Sud-Ouest (le Yemen et T'Asir) de vastes contrées où les plantations de palmiers, l'élevage du bétail et en partie même l'agriculture sont possibles, et où exista par suite^ de tout temps, une civilisation plus élevée de sédentaires, mômes parfois avec des villes fermées. Le Nord
de l'Arabie occidentale, le Hidjâz, est beaucoup plus stérile, étant constitué par un plateau rocheux, en partie couvert de volcans et de scories volcaniques fort étendues (la Harra), avec des monts dénudés et des rivages brûlants. Dans la partie intermédiaire, quelques oasis dans lesquels une population de paysans cultivant surtout le palmier-dattier peut se développer comme celle de Yathrib (Médine). Mais des villes telle que la Mecque ne sont devenues possibles que par le développement commercial particulier à l'Arabie et l'évolution religieuse qui s'y rattache. Le désert syro-mésopotamien, qui s'enfonce profondément, comme un vaste plateau calcaire fréquemment coupé de chaînons de montagnes, entre les pays cultivés à l'Est et à l'Ouest, n'est pas sans analogie avec les territoires désertiques du nord de l'Afrique. Il s'étend d'Alep au bord du haut plateau de l'Arabie centrale, de l'Antiliban au bord et au-delà du Tigre, contourne la Palestine au Sud où il devient vers l'Ouest la solitude désolée de la péninsule sinaïtique. L'Euphrate, qui coupe le désert dans un lit étroit et profondément encaissé, avec des sinuosités sans nombre, ne peut fertiliser comme le Nil en Nubie qu'une étroite bande de terre en bordure du fleuve et de plus n'est pas navigable en amont, à cause de son courant rapide.
Le Ilaboûr, son affluent le plus important, coule par contre à travers une vallée fertile, large d'environ une lieue et habitée autrefois par une population très dense. Au bord du Tigre aussi, entre l'embouchure du grand Zab, au sud de Ninive et de Kalah, et l'entrée dans la profonde plaine babylonienne vers l'embouchure de la Diàla (Opis), le pays cultivé n'a toujours été que fort restreint. Il manque à tout ce territoire des sédiments suflisants et par conséquent des cours d'eau sans intermittence. Indépendamment des rivières coulant des monts d'Arménie au Nord-Est, de l'Euphrate, du Tigre et de leurs affluents, toute l'Arabie, y compris le désert syro-mésopotamien, ne possède aucun fleuve propre. Les ruisseaux qui descendent des montagnes ou les sources qui sourdent, tarissent partout après un
LES SEMITES