CARACTÈRE GÉNÉRAL DES SÉMITES
tombeau une pierre comme marque {îieseb) dans laquelle survit le nom du mort (cf. II Samuel, XVIII, 18); il est significatif que les Araméens nomment directement nefes « âme >> cette stèle funéraire qu'habite l'âme du défunt. Mais c'est là tout ce que peut exiger le mort. Toute pensée d'immortalité, tout essai d'assurer au corps mort une survie durable au moyen de pratiques magiques selon la mode égyptienne, sont complètement étrangers aux concepts sémitiques qui reposent sur des notions trop réalistes. Mohammed même, en un temps où les représentations religieuses avancées des peuples civilisés avaient profondément pénétré en Arabie, a suscité la plus vive opposition avec sa prédication de la résurrection des morts, c'est-àdire que le cadavre puisse être ranimé, car le mort est bien mort. Il s'est tiré d'embarras par un appel au miracle de la toute-puissance divine, qui peut rendre possible ce qui parait irréalisable. C'est pourquoi les pratiques funéraires nont jamais eu une très grande importance chez les Sémites; il est d'autant plus étrange que des savants modernes aient voulu faire dériver la religion sémitique du dogme du culte des ancêtres.
Caractère général des Sémites.
352. Les conditions dans lesquelles se sont développés les peuples de race sémitique expliquent les particularités qu'ils ont conservées et qui distinguent si nettement leur génie et leur physique de ceux des autres peuples. Les tribus devenues sédentaires sont toujours restées en contact étroit avec lancienne patrie et ont été submergées à diverses reprises par de nouvelles migrations qui en sortaient, ce qui a fortifié cette tendance conservatrice et a rendu durables, par exemple, les liens de famille et l'organisation politique aristocratique des villes de Syrie et de Phénicie. Un trait marquant du caractère
LES SEMITES