‹ Histoire de l'antiquité [microform]Chapitre 149 sur 172 · LES ÉLAMITES DE SUSE · texte numérisé non relu

LES ÉLAMITES DE SUSE

gile est aussi étrangère à la Habylonie qu'à TEgypte, depuis l'époque thinite.

L*art de l'écriture aussi et le matériel pour écrire la tablette d'argile sont empruntés par les Elamiles aux Sumériens ; mais ils se sont constitiié une écriture propre. Les signes graphiques remontent ici aussi, à ce qu'il semble, à des images hiéroglyphiques; mais ils sont défoiinés en combinaisons de tiaits complètement dilTérentes des signes babyloniens. En dépit de cette divergence, la dépendance ressort avec une évidence particulièr'e en ce que cette écriture est une pure écriture syllabique avec peu de déterminatifs. Ici aussi, comme dans l'écriture sémitique babylonienne, la plupart des signes svllabicjues ne se composent que d'une consonne et d'une voyelle, et les syllabes comme tik et ras sont exprimées par li-ik et ra-as. Cette écriture est conservée sur des monuments de pierre au nom du souverain Rasasusinak (s^ 416). postérieur à Naràm- Sin. Ce roi emploie en même temps la langue et l'écriture accadiennes (sémitiquf^s). Môme écriture sur de nombreuses tablettes de comptabilité, qui atteignent à peu près l'épojjue du royaume de Sumei' et d Akkad. Il résulte encore de ces documents que le système numéral, comme les chillresde l'écriture susienne, est décimal, non sexagésimal comme en Sin(''ar. A l'époque suivante, dans la deuxième moitié du troisième millénaire, l'écriture indigène disparaît; dès lor*s on Elam c'e<t le cunéiforme babylonien qui est exclusivement emplo\é.

Scheil a publié les inscriptions « protoclamites » de Basasusinak et les sculptures qui s'y rapportent, Dt^l/'ij. en Perse, VI [Textes élnm.sémit., Ill) pi. 2 ; X (Textes éL-sém., iVj, pi. 4-5; liev. dAssyr., Vil, pi. 2. Pour les tablettes (plus de 30î)). iOid., VI, p. 59 sq. D'après les empreintes de sceaux sur le n*» 5242, pi. 24, elles atteignent l'époque du royaume do Sumer et dWkkad. Scheil a correctement distingué le système numéral, tandis que sos essais de déchiffrement sont malheureux. Par contre, Frank a réussi k fixer sur le bilingue de Basasusinak la valeur des signes élaniiles et à poser ainsi la base du déchiffrement {Zur Enlzi/ferung der allelamit. Inschriften^ dans

LES TEXTES SUMÉRIENS ARCHAÏQUES

Abh. Tierl. Akad., 1912), ce qui assure en même temps l'identité de cette langue avec la langue indigène, qui, écrite en cunéiforme a partir du deuxième millénaire, apparaît dans les inscriptions et les briques de Suse ; Scheil l'appelle anzanite. Le plus ancien établissement sur la colline fortitiée de Suse appartient déjà au commencement de l'âge du cuivre : vases d'argile tine avec peintures noires soignées.' Cette première assise est séparée de la seconde par une couche de terre (probablement un remblai pour une nouvelle conslruclion?). Les vases de la deuxième assise sont d'une technique moins parfaite, mais portent beaucoup plus de ligures d'animaux ; la peinture est noire et rouge. La même assise contient entre autres Aé nombreuses tablettes votives et des vases de pierre ornés de figures, qui correspondent à l'époque d'Eannatum et dEntemena ; ainsi le plus ancien établissement remonte ici aussi sans doute jusqu'au delà du troisième millénaire.

Tableau des assises : de Morgan, A=%. en Perse, Xlll [ArcheoL, V). La céramique y est traitée par Poltier, les sceaux par Pezard (vol. XII). Céramique contemporaine de Tépé Moussian, 100 kil. a lest de Suse, Gautier et Lampre, dans le vol. VllI. La portée et l'originalité des découvertes de Suse sont souvent exagérées. La décoration géométrique des vases parait fort répandue en Asie ; mais il n'y a pas de relations spéciales entre la céramique susienne et celle d'Anau au Turkeslan par exemple. - Les ligures imberbes, avec une longue chevelure sur les reliefs publiés Délég., XIII, 33, 5; 37, 8; 40, 9 (et 34, 4 et 5 ?) représentent sans doute le type indigène ; par contre, les figures barbues, pi. iO, 3, sont peut-être importées; cf. §362 note. L'habillement est semblable à celui des Sumériens; dans la scène symbolique de culte pi. 37, 8 les deux hommes sont nus comme en Sinéar.

Cf^

LE ROYAUME SEMITIQUE D'AKKAD

Les Sémites d^Akkad,

393. Tandis qu'au sud de Sinéar la nationalité sumérienne accentuait la marche progressive de sa civilisation particulière, au nord les Sémites se sont de plus en plus consolidés. Nous avons déjà vu (§ 382) qu'ils étaient arrivés à dominer dans le royaume de Kis, et de mt>me, ce semble, à Opis, sans doute peu après la victoire d'Eannatum. Le siège principal des Sémites est formé par le territoire oii TEuphrate entre dans le pays marécageux et envoie vers le Tigre les premiers grands canaux. Là se trouve la ville de Sippar, aujourd'hui Abu Habba, près de laquelle Sargon (Sarru-Kîn), le fondateur du royaume akkadien, construisit sa capitale Akkad, dont le nom s'écrit Agade (§§ 398.403). Le nom est le même pour le pays et pour le peuple qui l'habite. Sippar est le siège du dieu -soleil Samaè, que les Akkadiens honorent comme le dieu principal, tandis qu'Akkad est habité par la déesse Anunît, désignée le plus souvent simplement comme Istar, (c'est-à-dire 'Athtar, Astarte S 346) : c'est pourquoi Akkad est souvent appelée « Sippar d'Anunît ». Les Akkadiens sont aussi de zélés adorateurs du dieu-lune Sin ; ce nom divin est peut-être purement sémitique et désigne un dieu que Ton doit distinguer du dieu-lune sumérien d'Ur (§ 368). Le dieu Siti se trouve aussi chez, les tribus

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LE KOYALME SÉMITIQUE D'aKKAD

(lu siitl (le l'Arahio, mais il peiil avoir pénétré chez eux en partant de Babylonie. Plus au su<l d'Akkud, Horsippa avec son dieu des oracles, i\ebo (Na[)iu, Nabù) « le prophète >•, est probablement aussi d'origine sémiti(|ue; car Nebo est un nom purement sémiticjue. Il en est de môme de la ville voisine, Hàb-il, Babel, *< la porte du dieu », siè«;e d'un dieu local, Marduk. Ce n'est san;^ doule (ju'un hasard si ces deux divinilés n'a[)paraissent pas dans les textes et les noms propres de la première dynastie babylonienne; ces localités n'ont joué jusque là aucun rôle historique important et nous ne possédons aucun document ancien qui en provienne. Dans les noms propres akkadiens conservés en grand nombre par l'obélisque de Mauislusu (§ 399), l'emploi du mot brl « seigneur » (§ 347) est très fréquent pour désigner la divinité. On y trouve aussi fréquemment Dagan (J:> 396), puis le dieu local de Kis, et naturellement beaucoup d'autres dieux sumériens parmi lesquels le dieu du ciel, Anu, est beaucoup plus en évidence (jue chez les Sumériens, ce (jui correspond aux conceptions des Sémites (§ 3i8).

La ville Ivasalla, située au nord de la Babylonie, a aussi son souverain sémitique à l'époque de Sargon (Sarru-Kîn) (§ 401). De même Ma'er, tout au nord, près de la steppe mésopotamienne, conquise par lùuuiatum (§ 386), fut sémili(|ue. Nous possédons la statuette sans tcMe d' (( un roi de Ma'er, grand patési d'h]llil », ex-voto au dieu soleil : le roi porte le vêtement sumérien comme sur les monuments de la dernière époque archaïque de Tello; mais l'inscription (le nom est détruit) doit être probablement lue en sémitique.

La position de Sippar a été tixée en 1880 par fiassain fcf. Pline, VI, 1-23 : Hipparenij; sur les fouilles de Scheil, |^ 385 note. Pour Sippar et Akkad (écrit Agade, cf. Bezold, Caiai. of ihe Koiujuiidjik CoUection, Kl, 1049; Gen., X, 10 : idn) et leurs dieux, voir Delitzsch, Wo liif/ dus Paradies, 210 et suiv.; Zimmern, /iAT\ p. 399 et suiv., 4-22 et suiv. — De même que Nabû et Marduk le dieu Nergal de Kuttia, qui est certainement sumérien, n'apparaît jamais, re

LES SEMITES 1) AKKAD

semble, dans les textes anciens. — Statue de Ma'er au Brit. Mus. : King, Hist. of Sumer and Akkad, pi. face p. 102, cf. p. 98, 1. Thureau-Dangin, SAKI, p. 170. La ville doit avoir été située dans le voisinage de Suhi, c'est-à-dire dans le steppe de l'Euphrate, ainsi que l'indique l'inscription de Samasresusur, Weissbach, Babylon, Misodlen^ p. 9 et suiv. C'est pourquoi Kannatum, galet A, 6, 22, la nomme à côlé de Kis el d'Opis. Voir aussi la destruction de ses murs par Hainmurapi, King, LIH, III, p. 230. — Poebel pense que Ton doit lire Zam a-ma le nom divin an-A-mal, que mentionnent fréquemment les inscriptions des plus anciens rois sémitiques [OLZy XV, 484), ce ne serait aussi qu'une ancienne manière d'écrire le nom du dieu local de Kis. 11 se trouve encore dans l'inscription susienne de Naràin-Sin (§ 402 a) en compagnie de dieux purement él ami tes.

394. Nous pouvons tracer aujourd'hui un tableau plus vivant que ces dernières années de la civilisation des Sémites d'Akkad, car maintenant les éléments de son apogée sous Naràm-Sin sont connus au moins par quelques monuments. L'influence sumérienne est des plus puissantes, mais les Sémites n'ont pas emprunté mécaniquement la civilisation archaïque : ils se la sont appropriée et l'ont développée en lui imf)rimant des caractères distinclifs. De même que leui* particularisme a pénétré au travers de la religion, de l'Etat et de l'art militaire, ils ont, en même temps, continué à développer l'écriture qu'ils avaient reçue des Sumériens. Sans doute, ils emploient souvent simplement les mots ou groupes de mots sumériens pour désigner des expressions propres à leur langue; non seulement dans les signes des mots on conserve par exemple pour sarru « roi », le signe sumérien lur/ai, pour ilu « dieu » le sumérien dinc/ir [an)^ et de même pour les noms des dieux el des villes; mais ils ont souvent pris des groupes entiers de signes précisément pour les substantifs et les verbes les plus usités : ils écrivent par exemple pour i^niq « il dédia » le mot sumérien a-mii-rii, et pour napislii « vie » nam-ti-la. Par cela, ils ont introduit dans l'écriture un nouvel élément

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LE ROYAUME SEMITIQUE D ARKAD

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idéographique d'une nature très compliquée, qui rend très difficile pour les petites inscriptions le choix d'une lecture en sumérien ou en sémitique. Mais à côté de cela l'élément purement phonétique et l'écriture composée de signes syllabiques simples (§ 376 a), dont le nombre augmente considérablement, l'emportent de plus en plus. Nous le constatons dans les éléments de formation, prépositions et suffixes entre autres, mais aussi dans beaucoup de mots et de noms, et cela dès les plus anciens rois sémitiques. Dans le détail les signes diffèrent beaucoup des signes sumériens (ainsi le signe pour « roi ») ; ils montrent un gros trait accentué qui manque aux inscriptions sumériennes archaïques. Déjà les plus anciennes inscriptions sémitiques sont beaucoup plus nettes et mieux ordonnées que les inscriptions sumériennes contemporaines. De même Sarganisarri et Naràm-Sin emploient aussi bien pour écrire que pour bâtir de grandes briques polies, rectangulaires, et non plus la petite tablette ovale et la brique de construction planoconvexe des Sumériens. Les Sémites ont donc dépassé leurs maîtres, mais cela est surtout visible dans Tart plastique. Si les prototypes sumériens sont certainement au début de leur essor, il est d'autant plus facile de marquer immédiatement leurs tendances à se dégager de leurs formules étroites et de leur lourdeur, à atteindre une plus grande exactitude et par cela môme à une vie morale plus riche. C'est pourquoi les productions artistiques de l'époque de Narâm-Sin laissent bien loin derrière elles tout ce que les Sumériens ont créé jusqu'alors; elles témoignent d'une allure plus libre et d'un sentiment artistique beaucoup plus vif.

Dans leur aspect extérieur les Sémites se distinguent nettement des Sumériens par la forme du visage, mais aussi par leur chevelure longue et frisée et leur barbe soignée (§ 362); c'est pourquoi, au regard des Sumériens, ils s'appellent souvent dans les textes « les têtes noires ». L'habillement est aussi différent : les Sumériens ne portent qu'une robe de laine et laissent nu le haut du corps {§ 368) ; les Sémites portent

une courte robe drapée en larges bandes sur les épaules et retenue par une ceinture, surtout dans le combat; ils s'entourent le corps d'un long chàle rayé, en larges bandes placées les unes sur les autres, dont la pointe est jetée par dessus l'épaule gauche, tandis que la droite reste libre. Ils emploient aussi les sandales. Chez eux également les insignes de la royauté sont une faucille recourbée et une masse d'arme ; le souverain porte encore des bracelets. Au lieu de combattre en phalanges fermées comme les Sumériens ils adoptent l'ordre dispersé, comme on le voit sur un relief guerrier du royaume d'Akkad provenant de Tello (§ 404). L'arme principale est l'arc; une longue houppe comme une queue pend du grand carquois; ils emploient encore la lance. Tous les guerriers portent de courts javelots et quelques-uns une hache d'arme. Ils se protègent la tète par un casque à garde-nuque comme les Sumériens. Leurs batailles constituent donc une série de combats isolés.

Les matériaux sont réunis et analysés par E. Meyer, Sum. u. Sem.

Depuis, les monuments de Sarrukîn e\ de Manistusu ont réellement fait avancer nos connaissances et nous ont révélé les plus anciennes formes de l'art sémitique, qui ne pouvaient qu'être supposées dans la précédente édition de cet ouvrage. Sur l'armement, voir maintenant Scheil, Varmut^e aux temps de Naràm-Sin (Nouvetles Notes^ XVI, Recueil de Travaux, XXXV), étude fondée sur une tablette de livraisons d'un fabricant de Suse.

Sémites et tribus montagnardes du Nord, Subari, Amorrites,

395. En deçà d'Akkad commence la plaine mésopotamienne. Précisément dans les territoires contigus à Sinéar, le pays entre les deux fleuves, est un vaste désert dénudé et sans eau, dont le sol pierreux ne se couvre d'herbe qu'après une

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LE ROYAUME SEMITIQUE D AKKAD

chute de pluie, tout comme dans le désert qui, par delà FEuphrate, se prolonge jusqu'en Arabie. Seules d'étroites bandes de sol cultivable bordent IKuphrate; elles sont un peu plus étendues le long du Cliaboras et du Tigre; et au Nord-Ouest, dans les collines aux sources du Cfiaboras et le long du l^alih, les terrains capables de culture s'élargissent, et se prolongent vers rOuest par delà l'Euphrate jusqu'à l'Amanus ; mais ils sont cependant partout coupés par des déserts et des steppes herbeux. Tout ce territoire est occupé à l'époque archaïque par des ti'ibus apparentées aux peuples du haut pays asianique et arménien, surtout aux Hittites Plus tard le peuple Milanni qui apf)artient à cette population parvint à dominer sur le pays du Balih. Les Babyloniens englobent ces tribus sous le nom de Subari; le pays s'appelle Subartu. Les localités sont ordinairement gouvernées par des dynastes locaux ou « rois » ; Ma'er aussi peut déjà leur appartenir (s^ 393). Mais ce pays dut avoir une plus grande unité, peut-être sous l'autorité d'un roi de clan. Dans la vaste littérature des présages, (jui se développa en Babylonie les siècles suivants (§ 426a), le roi de Subartu est régulièrement cité à coté de celui d'Akkad (=^ Babylonie), d'Elam et du ()ays Amorrile. Dans la suite, des clans sémitiques ont aussi pénétré dans ces territoires, soit comme nomades dans le désert, soit en sédentaires dans les localités sur l'Jjiiphrate et le Tigre : ainsi la ville d'Assur fut à l'origine fondée par une pof)ulation niitannienne (§ 433a). Ce développ(îmeut doit avoir commencé dès l'époque des rois de Kis ; en tout cas la civilisation de Sinéar a pénétré très tôt dans ces contrées et l'écriture s'y est propagée.

On peut faire les mômes observations sur les nombreuses tribus du pays montagneux à l'Est, dont les plus importantes sont les Lulubi sur la Diàla supérieure et les Gûli plus au Nord. Dans les inscriptions isolées de l'époque suivante (§§41ia, 431), ils écrivent en sémitique, honorent des dieux sémitiques (Istar, Sin, d'autres encore), et le roi des Lulubi, Anubanini, porte un nom sémitique et un costume sémitique. Les Gùli d'après leurs

SEMITES ET TKIBUS MONTAGNARDES DU NORD — 8 395

noms propres étaient une tribu étrangère, caractérisée par une teinte de peau claire (§ 423). Les Lulubi pouvaient être une tribu sémitique fixée dans la montagne. Des Sémites de ce genre paraissent avoir aussi pénétré en LIam.

D'après leur langue ces tribus sont étroitement apparentées aux Akkadiens. Mais les Assyriens, de môme que les Gutécns, se distinguent pourtant d'eux en ceci qu'ils prononcent, (ainsi les Amorriles), différemment les sililantes. Il ne serait pas impossible que les Akkadiens (et surtout la population primitive de Sinéar au cas où elle aurait été sémitique et les Sumériens des envahisseurs) forment une couche plus ancienne de Sémites sédentaires, et que les Sémites de Mésopotamie, y compris les Assyriens et les tribus montagnardes, soient une migration postérieure de tribus bédouines, grâce à laquelle l'élément sémitique en Sinéar lut renforcé et prit une vigueur nouvelle.

Sur Subari voir Ungnad, Unlers. zu d. Urk. aus Dllôat, (Beilr. z. Aasyr., VI, 5], p. 10 et suiv. Subari est la forme babylonienne, qui apparaît donc aiissi dans les lettres d El Ainarna, 109, iO éd. Knudlzon [108, 17 Suri est une erreur]; les Assyriens écrivent surtout Subari avec le changement correct de signe, mais souvent aussi Subari. Ungnad a apporté beaucoup de clarté dans la question, prouvé 1 extension de la population mitannienne, de leurs noms et lappartenance des plus anciens rois d'Assur à cette population. Plus tard Subari est la désignation générale des tribus nomades de Mésopotamie; c'est pourquoi Nat)opolassar (XabiVapal-usur; et Nabrt-na'id emploient le nom pour désigner l'Assyrie, cf. Langdon, die neuhabyl. Kœnigsiuschr., traduct. R. Zehnpfund, p. 60, 1, 29; 272, 1, 35 et 2, 18 où la note p. 273 contient beaucoup d'inexactitudes. Le pays s'appelle Subartu, écrit Su-edin-ki, c'est-à-dire avec la consonne initiale de la prononciation véritable, à laquelle sont joints les idéogrammes pour désert et pays. Winckler, s'appuyant sur Strassmaier voulait lire ri l'idéogramme edin et considérait Suri comme la prononciation exacte. Suri aurait été un nom pour tout le pays du Zagros à la nier Méditerranée et à l'Asie Mineure orientale, d'où serait sorti aussi le grec i:jpia. Cette opinion n'a

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LE ROYAUME SEMITIQUE D AKKAD

aucun fondement, comme Meyer Ta montré, Israël, u. Nachbarst., p. 469 et suiv.; cf. aussi Weissbach, ZDMGy 53, 662 et suiv. La défense de Winckler, OLZ, 1907, embrouille la question. — Les matériaux tirés des présages peuvent être facilement empruntés maintenant à Jastrow, Helig. Bab. u. Ass., vol. II, cf. Ungnad, loc. cit. La division en contrées célestes, Klam-Sud, Akkad-Nord (!), Subartu-Est (!), Amurru-Ouest, est assez arbitraire, comme beaucoup de choses dans cette littérature. Les Gûti, les amman Manda, tribus nomades de l'Iran septentrional, et d'autres royautés locales de Babylonie y sont souvent mentionnés. — Anubanini de Lulubî écrit dans son inscription (§ 431) les sifflantes comme les Babyloniens, Lasirab de Gûti par contre écrit presque toujours s pour le babylonien s, suivant la prononciation assyrienne. Cela arrive quelquefois aussi chez Hammurabi (ainsi isattar), peut-être sous l'influence amorrite, car les Amorrites disent aussi samsu et sumu, par exemple pour le babylonien samsu et sumti.

396. Dans la première moitié du troisième millénaire apparaît un nouveau peuple sémitique, les Amorrites (Aînurru). Les informations babyloniennes les placent dans le « pays de rOuest », vers la Syrie; c'est là, dans les districts du Liban, l'arrière pays de la Phénicie, qu'ils forment un Etat distinct au xvi« et au xv« siècle. Cependant ils paraissent s'être étendus alors encore beaucoup plus loin. Et un millier d'années auparavant ils étaient sans doute un peuple bédouin en train de devenir sédentaire ; leurs invasions se dirigèrent vers Sinéar et vers la Syrie, comme ce fut le cas plus tard pour les Araméens et les Arabes. Peut-être que le mouvement provoqué en Syrie par les « habitants du sable » aux temps de la VP dynastie égyptienne est en corrélation avec leur extension (§ 266). Les Amorrites se distinguent extérieurement des Akkadiens par le port de la chevelure : dans la suite les Akkadiens portent la chevelure longue et la moustache, comme les Sémites sédentaires de la Palestine (g 354), mais Maniètusu a encore pourtant la chevelure rasée (§ 399). Les Amorrites, par contre, coupent suivant la mode bédouine leurs cheveux ras sur le cou

et rasent leurs lèvres. Leur langue paraît avoir été très proche parente du cananéen, c'est-à-dire du phénicien et de l'hébreu. Lorsqu'ils pénètrent plus lard en Sinéar, leurs noms propres se distinguent nettement des noms akkadiens. Ils honorent comme principal dieu Adad, qui marche dans Porage, comme le Yahwé des Israélites, et brandit Téclair ou encore un puissant marteau (cf. g 490). Les Akkadiens l'ont admis dans leur panthéon et le désignent souvent par l'épithète Bamànii « le hurleur (celui qui tonne) » ; de là il pénétra aussi dans le panthéon sumérien, chez les Lulubi et surtout chez les Assyriens. A côté d'Adad se trouve un dieu, qui comme Assur entr'autres (§ 343), porte le nom de tribu Amurru. Sur les cylindres babyloniens il est vêtu d'un costume guerrier, il tient dans la main droite un bâton recourbé et dans la gauche un épieu. Ce dieu marche parfois sur un cerf (une antilope?) ou bien un bouc se tient derrière lui. Il est donc un dieu du combat ou de la chasse. Plus tard il est souvent identifié avec Adad et peut-être n'estil qu'un autre nom de ce dieu, par lequel il est désigné comme dieu spécial de la tribu. Son épouse est Asera-Asrat, c'est-àdire l'être divin qui siège dans le pieu sacré érigé près de l'autel divin. Un autre dieu amorrite est Dagôn-Dagan, dont la nature précise nous est inconnue. Son nom est souvent employé déjà sous Manistusu pour former des noms propres ; il fut donc peut-être commun aux Amorrites et aux Akkadiens. Il faut probablement mentionner encore un dieu qui a joué plus tard un grand rôle en Sinéar comme chez les Assyriens : il pénètre en particulier dans le culte de Nippur, où il est un fils d'Ellil et dont l'épouse est Gula. Son nom est écrit idéographiquement avec le signe Nin-ib. La prononciation était probablement quelque chose comme En-mast, d'après une transcription araméenne postérieure. Ce nom a un aspect essentiellement sumérien, ce qui est en opposition surprenante avec le fait qu'il n'apparaît jamais dans l'ancien panthéon sumérien, mais ne commence à être honoré qu'à l'époque du royaume de Sumer et d*Akkad. Par contre, il se trouve aussi en Syrie et en Phé-

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LE ROYAUME SEMITIQUE D AKKAD

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nicie ; donc il sera sans doulo un dieu amorrite, (jui comme Hadad, Amurru, Asrat, Da^an a suivi les Amorrites en Sinéar. Il est aussi un dieu de la chasse et de la guerre, qui passe dans Touiagan ; son domaine spécial est formé par les pierres des montagnes, dont il détermine l'emploi comme oulils, armes et sculptures. Il n'est pas surprenant que son nom s'écrive idéographiquement pour ce dieu, car Adad et Amurru sont aussi écrits idéographiquement. Il a aussi peut-^tre un nom sumérien que cache Eumast ; malheui-eusement celte prononciation est encore très incertaine. Donc le plus sage sera de conserver provisoirement la transcription reçue Ninih môme dans les nombreux noms propres où il se trouve, bien qu'il soit lout à fait certain qu'il n'a jamais été prononcé de cette manière.

Le nom des Amorrites est écrit dans les lettres d'Kl-Amarna souvent A-mu-ri, A-inu-ur ra, le plus souvent A-miir-rii, ce qu'on lisait par erreur autrefois A-Ijar-ru ; à l'époque archaïque en particulier il est écrit surtout idéographiquement Mar-tu(ki) ; de même le nom du dieu ; mais pour ce dernier, on trouve aussi l'idéogranime Kurgal, qui le désigne comme dieu de la montagne. Ce nom est transcrit dans les noms propres de l'époque perse en araméen par Ils* Awur, c'est-à-dire la prononciation babylonienne d'Amurru : Clay, B^\ X, p. 7 et suiv., XIV, p. vni et suiv., cf. Clay, Aramair Indorsements on thc doniments of Murnsu Sons (Old Tfst . and Seniitic Studies in Memory of W. II. Harpor), n°' 7, it-Wl. Totl'teen, Hesearches in Assip\ Geogr.^ I, i0()8, p. 29 et suiv., fait remarquer que sous Ammisaduga A-mu-ur-ri-i, c'est-à-dire Amurî, est le nom d'un territoire près de Sippar iMeissner, Beïtr. z. althab. Privatrechf, n" 42); mais cela ne prouve nullement comme il le prétend que le nom est parti de là ; mais bien au contraire, qu'à l'époque de la première dynastie babylonienne des Amorrites y ont résidé. Les lettres d'El-Amarna ont apporté d'abord des éclaircissements sur les Amorrites, en hébreu ^T?2N, en égyptien Amor. Les matériaux se sont considérablement accrus par les découvertes de Bo^hazkeui, mais les communications provisoires de Winckler ne sutïisent pas pour émettre un jugement (W///. />. Or. GeselL, 35, 24 et suiv., 42 et suiv.). Les combinaisons aventurées et les hypothèses de Clay

semblent en grande partie erronées à l'auteur (Clay, Amurru, tho home ofthe northern Sémites, 1909). — Le port de la chevelure des Amorrites apparaît de façon caractéristique chez Hammurabi, voir Meyer, Sum. u. Sem., p. 14 et suiv. - Le nom du dieu fLadad nm, babyl. Adadu, souvent al)ré^é en Addu ou Dadu), écrit avec l'idéogramme Im ou U fut longtemps une crux interpretum, ^nsqu' au jour où l'écriture phonétique du nom du roi assyrien A-da-di-ni-ra-ri en fixa la lecture (Lehmann et Belck, Berichle Berlin. Ak., 1899, 119). La prononciation /{a{m)-ma-nu (Rimmôn, cf. Hadad-Rimmôn ]ia-| TTi, Zach , 12, 11 et dans les noms araméens) a été en même temps sans doute employée. Voir pour plus de renseignements Zimmern, AAT\ p. 442 et suiv. Hommel a le premier mis en évidence que ce dieu n'a été introduit en Babylone que par les Amorrites. 11 apparaît aussi dans l'inscription d'Anul)anini de Lulubi, à coté d'ïstar. Thureau-Dangin, Koenigsinschr., p. 208 c, avait lu le nom Immer dans les textes sumériens: cf. l'inscription de Untasgal de Suse(§ 462)qui emporte le dieu Immiriva du roi Kastilias (DH en Perse, X, Textes élam.^sém., IV, p. 85). Hroznv indique une prononciation Iskur (Z. Ass., XX, p. 424 et suiv... Ce dieu se trouve isolé ment d'abord dans les comptes privés de Tello § 389) puis chez Utuhegal d'Uruk (^ 411 b). Ainsi il semble que les Sumériens ont identifié le dieu étranger avec un dieu indigène. Chez Gudéa, Cyl. A, 'i6, 21, il a lépithète « tonnant au ciel »; on compare le fracas des lourdes portes de cèdre du Temple. Sur ses rapports avec le dieu hittite Tesub, cf. ,§.^ 481. 490. - Pour les noms Amorrites de la première dynastie, § 436 note, et pour ceux de l'époque antérieure, du royaume de Sumer et d'Akkad, E. Huber, Personennamen (§370 note). — Représentation figurée du dieu Amurru ;Mar-tu). Meyer, Sum. u. Sem., p. 66; il est très fréquemment employé dans les noms propresde même Winckler, Mitt. /). Or, Ges., 35, 4i mentionne un roi amor^ rite Abi-Martu. Sur un cylindre de Saint-Pétersbourg, Sayce, Z. Assyr., VI, 161, on trouve le dieu Ra-mn-a-nu-um, comme le lit Zimmern, KAT\ 433, 3, suivant Jensen, à côté de la déesse As-ra-tum, qui apparaît ordinairement comme épouse d'Amurru. Elle est peutêtre invoquée dans Tinscription votive, écrite en sumérien, d'Ilurasdum (le nom est ainsi lu par Ungnad) pour Hammurabi (King, UH,

m, p. 194) « roi des Amorrites » comme « ratum, fiancée d'AnJ

(le dieu du cielj ». Voir d'ailleurs Zimmern, KAT\ p. 432 et suiv.

LE ROYAUME SÉMITIQUE d'aKKAD

qui mentionne aussi une épithète « maîtresse du désert ». Elle n'apparaît pas dans les noms propres. Chez les Amorrites du Liban la déesse Asera se trouve dans le nom royal Abd-asirta (ou asrat). - Dagon est, comme on sait, le dieu d'Asdod ; on a aussi le nom du dynasle palestinien Daganlakala (Amarna, :U7-318 éd. Knudtzon). Sur robélisque de Manistusu on trouve les noms Gimil-Dagan et III- Dagan, puis plus lard les noms de deux rois de la dynastie d'Isin (§ 4i6/et en Assyrie, au xix« sièle, le nom du patési lème-Dagan. 11 est le dieu principal de Hana (§ 433 note], et apparaît sous Hammurabi (^Ul). H n'a rien avoir ni avec les poissons (dag) ni même avec le démon-poisson des reliefs assyriens (Oannès?), ni non plus, ce semble, avec les céréales. — Dans les noms de Nippur de Pépoque de Darius H (Babyl. Exped.. X), Nin-ip est rendu par nttj™, Glay, J. Amer. Or. Soc] XXVIIl, 1907. Le babylonien //' correspond à un m plus ancien, et ]N paraît être m « seigneur ». Mais il est encore très douteux que mast puisse être réellement une variante pour martu, comme Glay le prétend; le nom signifierait alors pour lui (( seigneur du pays occidental (des Amorrites) ». L'idéogramme fréquent BAH pour le nom doit-il être lu mas et indique-t-il la prononciation? Le dieu se trouve dans les toponymes Bit-nin-ib, dans le domaine d'Abdasvita (lettres dKl-Amarna 74, 31 Knudtzon) et près de Jérusalem {ihid., 290, Iti) ; dans le nom d'un homme au service de Ribaddi de Byblos, Abd-nin-ib {ibid., 84. 39). Dungi déjà lui construit un temple, Thureau-Dangin, SA Kl, p. ^229, 1,2; 220, 17. Mais, au contraire de Marlu, Ninib est encore très rarement employé dans les noms propres théophores de la première dynastie babylonienne; par contre son épouse Gula est souvent nommée. Sur NtvE^ en Cilicie, voir § 476 note. Mythes et hymnes à Ninib : Hrozny, Mythen von d. Gotte Ninrog {Ninih), 1903 [Miith. d. Vorderas. GeselL); Radau, Sumer. Hymns and Prayers to Ninib [Hab. hxped., XXIX, 1) 1911 et Ninib the Déterminer of Fates [ibid., ser. D, V, 2), 1910.

Les conquêtes de Sargon {Sarru-khi) et de ses successeurs,

397. Le grand royaume sumérien de Lugalzaggisi succomba après une courte existence, vers 2775, entraîné par un nouveau

soulèvement des Sémites, que dirigea le roi Sargon (Sarrukîn) d'Akkad. Ce dernier représente pour Tépoque suivante, lorsque l'élément sémitique domina complètement même dans le populaire, le fondateur de la puissance sémitique et le modèle de tous les rois postérieurs. C'est pourquoi son nom apparaît dans Touvrage qui traite de la science la plus indispensable à un souverain, la science des présages fondée sur la forme et les signes du foie de l'animal sacrifié. Pour de nombreux présages favorables on rapporte une action de Sarrukîn, ou de son fils Narâm-Sin, accomplie sous ces auspices. C'est là naturellement une combinaison tardive qui rattache habilement ces événements à un présage qu'on pouvait leur rapporter. Mais les données mômes sont empruntées à une chronique constituée avec des matériaux authentiques. Nous connaissons aussi un extrait d'une chronique semblable, rédigée à la basse époque babylonienne. Le fils de Sargon, Narâm-Sin, se présente ici également comme ayant achevé son œuvre. Nous avons en outre des textes oii Ton a donné à la tradition la forme des inscriptions royales, dans lesquelles les anciens souverains racontent eux-mêmes leurs exploits. On a pu d'ailleurs utiliser de véritables inscriptions de ces rois, comme il nous en a été conservé, soit dans Toriginal, soit dans des copies postérieures. Mais les textes mentionnés, comme d'ailleurs la Chronique, se distinguent des documents authentiques par les récils légendaires qui y sont mêlés aux faits historiques. La tradition rapporte les succès de Sargon (Sarru-kîn) à la faveur de la déesse Istar, qui protège son bien-aimé. De basse extraction, elle l'élève à la dignité de roi très puissant. Dans la rédaction de la légende, Sarrukîn raconte qu'il était fils d'une pauvre femme et d'un père inconnu; son oncle paternel vivait dans la montagne. Sa mère le mit secrètement au monde dans la ville Azupiràn sur l'Euphrate et l'exposa dans une corbeille de roseaux sur le fleuve. Puis « le jardinier » Akki l'éleva et par l'amour d'Istar, il acquit la seigneurie sur les « têtes noires » (§ 394). En terminant, il engage les rois postérieurs à

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LE ROYAUME SÉMITIQL'K D AKKAIl

tenter d'imiter ses exploits. La liste royale de Scheil donne le même récit : il fut jardinier et échanson dans le temple de Zamama, dieu de Kis. Ce texte donc, conformément à la tendance de la tradition historique babylonienne, attribue une basse origine au héros et transpose sur son nom une légende qui est souvent daillcurs appliquée aux héros et fondateurs de royaumes chez différents peuples. Ainsi dans l'Inde Krsna, chez les Israélites Moïse, chez les Grecs Persée et les Jumeaux Néléc et Pelée; de là la légende a été transportée sur Romulus. La légende de Cyrus aussi et d'autres encore sont proche parentes. Ainsi Sarru-kîn pénétra dans le cercle des rois primitifs mystiques, ce qui explique que les savants de Nabû-na'id fassent régner Narâm-Sin, son fils, 3200 ans avant leur roi, c'est-à-dire environ 1000 ans trop tôt (§ 329 a).

Données de la chronique : King, Chronicks concerning early Rah: Khujs, 1907 (i^ 318 note); là aussi la légende de la naissance (auparavant m R 4, 7; KB ni, 1, 101 dont la traduction n'est pas en tous points exacte) et les omina (IV R 34, 1; KB 111, 1, 102) avec les fragments d'un duplicat babylonien. Fragment d'un texte semblable : a Je suis Sarrukîn, qui ai traversé les 4 parties du monde... » Clay, Amurru. p. 19i. Fragments d'une histoire de Narâm-Sin également dans la forme d'une inscription royale, Cwi. Texts, XIll, 44. Les données sur Babylone et Marduk (§§ 403, 413) en particulier, enseignent que la chronique, à laquelle sont pris aussi bien les omina que l'épitome de King (tous deux concordent mot pour mot en plusieurs points), est non pas contemporaine mais une œuvre historique d'époque postérieure. A hi base cependant sont les dates contemporaines, qui étaient condensées déjà sans doute comme plus tard dans les listes chronologiques. Jastrow a ouvert la voie à l'interprétation des présages du foie (cf. § 4-26 a), cf. ReA. Babyl u, Assyr,, U, p. 227 et suiv. - La prétention défendue avec beaucoup d'énergie autrefois, surtout par Winckler, que Sarrukîn n'était nullement une personnalité historique, est maintenant démentie par les documents contemporains. — Pour la liste Scheil, sa note supplémentaire Revue d'Assyr., IX, p. 81 a une réelle importance.

LES CONQL'KTES DE SARGON ET DE SES SUCCESSEURS — § 397 a 195

397 a. Aucun roi d'Akkad n'est nommé dans cette tradition, hormis Sargon (Sarrukîn) ot Naràm-Sin. La liste Scheil par contre compte 12 rois de cette dynastie, mais malheureusement les quatre noms qui suivent Sarrukîn, son fondateur, sont brisés. Le sixième nom est Saiganisarri qui jusqu'à maintenant était identifié à Sarrukîn. Les monuments nous font connaître ri souverains appartenant à celle série : Sarrukîn I,

Urumus, Manislusu, Sarganisarri et Naràm-Sin. Mais alors surgissent de nombreuses difficultés. Les trois premiers rois sont sans doute plus anciens que Nâràm-Sin, aussi bien par Me style de leurs monuments que par d'autres indices. L'art akkadien est chez eux encore à ses débuts, tandis que, sous Nàràm-Sin, il a atteint l'apogée de son développement. D'oii il suit que Naràm-Sin ne peut avoir été le fils et le successeur de Sarrukîn I et qu'il doit y avoir eu un assez grand intervalle entre lui et Manislusu. De plus Sarrukîn, Urumus et Manistusu s'intitulent « rois de Kis » ; ils ont donc pris le litre des anciens rois suzerains de Sinéar. Malgré cela il est impossible de leur assigner une place dans la dynastie de Kis : sur une tablette de Nippur en cU'et, des inscriptions de Lugalzaggisi, Sarrukîn 1, Urumus et Manistusu sont ordonnées dans cette suile désignée justement comme chronologique; de plus il y est indiqué que Sarrukîn a l'ait prisonnier Lugalzaggisi. 11 porte aussi ici parfois le titre do « roi d'Akkad » à la place ou à coté de celui de «« roi de Kis ». Les trois rois écrivent encore toujours leur nom sans le déterminatif divin, bien que leur divinisation soit déjà exprimée dans les noms propies dérivés des noms royaux (§ 402). Le signe divin se trouve isolé dans le nom de Sarganisarri qui se nomme partout « roi d'Akkad ». Naràm-Sin f)ar contre a toujours le signe divin et est désigné comme « dieu d'Akkad » ; son litre est « roi des 4 régions du monde ». D'où il suit que Sarganisarri doit avoir été le prédécesseur de Naràm-Sin ; mais il ne peut être identique au sixième roi de la dynastie ; ce dernier est un roi postérieur qui portait le même nom. 11 faut ajouter encore que Sarganisarri

LE ROYAUME SÉMITIQUE D AKKAD

et Naràm-Sin ont tous deux travaillé au temple de Nippur, que tous deux sont nommés dans les nombreux documents de ïello et que sous leur règne, fait unique parmi tous les rois de la dynastie, l'art de la gravure sur sceaux se tient à la même hauteur. Ils forment donc un groupe étroitement uni. Si Sarganisarri nomme son père Ittiellil, ou Datiellil (?), sans lui donner le titre de roi, cela prouve aussi qu'il ne fut pas rhéritier légitime du trône, mais un usurpateur, ou issu d'une ligue collatérale de la dynastie. D'un autre côté les noms des années qui nous sont conservés sur les documents de l'époque de Sarganisarri le montrent en lutte avec les mômes peuples, Elamites et Amorrites, que Sarrukîn I a vaincus suivant la tradition. Gela peut naturellement ètie la suite de ces rébellions ; mais on est bien près de la vérité en supposant que la tradition

a confondu Sarganisarri et Sarrukîn 1 et fait pour cela de i\aràm-Sin le fils du dernier, ce qui est unV erreur. Seules de nouvelles fouilles donneront une solution délinitive à ces problèmes. Provisoirement l'opinion la plus probable est que Sarganisarri 1 (Sarrukîn II), fils de Ittiellil, a suivi les trois premiers rois de la dynastie d'Akkad et que Narâm-Sin fut son fils et successeur. Le sixième roi devrait alors être désigné comme Sarganisarri II (Sarrukîn III) et serait probablement un fils de Narâm-Sin. Ces 6 rois ont régné ensemble 158 ans d'après la liste Scheil, c'est-à-dire de 2775 à 2620.

En opposition à Scheil, Thureau-Dangin, 0/>Z, 1908, 313 ; et Rev, d'Assyr.y IX, p. 33 et suiv. ; 73 et suiv. ; et Hrozny, WXKM, XXIII et XXVI, l'auteur a cherché à prouver que Sarrukîn I, Manistusu et Urumus appartenaient à la dynastie de Kis antérieurement à Lugalzaggisi {8er. Berlin. Ak.^ 1912, p. 1064 et suiv.) et que l'opinion admise depuis la publication par Hilprecht des inscriptions de Nippur [Bah. Exped,, 1) était juste : Sarganisarri a bien été le fondateur de la dynastie d'Akkad et le père de Naràm- Sin. King, PSBA, 30, p. 235 et suiv. et Hist. of Sumer and Akkady a défendu le même point de vue. Mais cela est faux comme le prouvent les communications de Poebel, OLZ ^ XV, 481 et suiv.,

sur une tablette de Philadelphie, qui contient des copies d'inscrip-

lions de Lugalzaggisi, Sarrukîn, Urumus et Manistusu : ce texte assure les noms et la succession des trois premiers rois d'Akkad.

D'où il suit que Narâm-Sin ne peut être fils de Sarrukîn, le fondateur de la dynastie, comme l'indique la tradition ; ici l'auteur ne voit d'autre issue que celle proposée plus haut. Mais, de plus, tant par sa titulature que par le style artistique de ses monuments Narâm-Sin appartient à la fin de la série. De soigneuses recherches techniques par exemple des constructions de Sarganiéarri et de Narâm-Sin à Nippur devraient apporter la pleine lumière. — Poebel a de plus reconnu que les signes de la liste Scheil, qui paraissent conserver le nom du sixième roi, se rapportent plutôt aux 4 rois qui suivent avec un"e durée totale de 3 ans et disent « qui fut roi et qui ne fut pas roi (ne peut être décidé) ». Donc le premier nom

conservé dans la liste, Sar[ganisarri], n'est pas le cinquième, mais

le sixième roi et entre lui et Sarrukîn I il y a place pour un premier Sarganisarri à côté de Urumus, Manistusu et Naràm-Sin. Le sixième

roi, Sarganisari II, sera le prince Sarganisarri que mentionne un compte deTello (Thureau-Dangin, Rev. d*Assyr.y IX, p. 81) à côté de son frère Binganisarri, un fils de Narâm-Sin (Thureau-Dangin, SAKI» p. 168, l et 3 a). — Le nom de Sarrukîn est écrit Sa-ru^gi dans les documents contemporains et plus tard Sar-gi-na ou Sar-DU. Ce sont des écritures idiographiques pour Sarru-kinu « le roi véridique ». [Le texte cité § 397 note, dans Clay écrit Sa-ru-ki-in; un vieux roi assyrien Snr-ki-in, fils de Ikunum, § 463]. Sarrukîn d'Assyrie écrit son nom de la même manière ; mais la transcription hébraïque Esaïe, 20, 1 le rend par paiD, Sargon. Donc il est prononcé Sargani comme le premier élément du nom Sarganisarri. Cette lecture est adoptée partout maintenant, au lieu de -sar-ali. Boissier, se fondant sur l'écriture Sar-ka-li-e-mr dans les textes de présages, Cun. Texts, XX, 2-18, veut lire Sarganisarri. De même Hrozny et Poebel Le sens serait « le roi du Tout est mon roi » ou « roi de la totalité des rois ». Mais cette signification, d'ailleurs très problématique, tombe, car la syllabe sar est écrite avec des signes différents dans la première et la troisième partie du mot. — Hrozny veut lire Rimus le nom Urumus; il a peut-être raison.

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