‹ Histoire de l'antiquité [microform]Chapitre 150 sur 172 · Nous manquons de toute donnée historique sur la · texte numérisé non relu

Nous manquons de toute donnée historique sur la

LK ROYAUME SEMITIQUE D AKKAD

manière dont Sarrukîn est parvenu au pouvoir et a fondé sa puissance. Car malgré ce que la légende rapporte de sa basse extraction il pouvait très bien appartenir à une famille noble, môme à l'ancienne famille royale de Kis, aussi bien que Cyrus ou ArdesirI, par exemple, bien qu'il ait pu aussi commencer par être le chef d'une bande de pillards coinme beaucoup de fondateurs de royaumes orientaux. Il est en tout cas certain que ses succès signifient en môme temps un soulèvement des Sémites d'Akkad contre la domination sumérienne. Nous savons en outre qu'il a fait prisonnier Lugalzaggisi et relevé le vieux litre de roi de Kis, ce qui exprime la prétention à la suzeraineté sur tout Sinéai*. Il n'a pas lixé sa résidence à Kis, il est vrai, mais s'est construit une nouvelle capitale près de Sippar, avec le sanctuaire de sa protectrice Islar (Anunit, § 393). Il devait ôtre en relation avec Nippur, car son successeur se nomme « oint [)ar Anu, patesi d'Ellil ))>Mais Samas de Sippar apparaît comme le dieu principal, particulier du royaume; à côté de lui on invoque, ainsi que sa « fiancée » Aya, le dieu Amal, peut-être identiijue au dieu Zamama de Kis (S 393 note).

Mais Sarrukîn a poussé ses conquêtes bien au delà des frontières de Sinéar : il a vaincu l'Elam et rendu tributaires ses princes. Il faut sans doute compter [>armi ces combats les trois campagnes « dans le pays de la mer », dont il se glorifie dans rinscription légendaire : c'est alors qu'il prit Dilmun, une île du golfe Persique à Temboucbure des grands fleuves, et « la grande Dêr (Dùr-ilu) » en deçà du Tigre. Il a soumis le pays de Subartu « dans sa masse » c'est-à-dire sans doute dans toute son étendue, vaincu ses « tioupes nombreuses » et emporté le butin à Akkad. Lorsque le dynaste Kastubila au Nord de la Mésopotamie se révolta, il fut dompté et sa ville si complètement détruite « que môme les oiseaux ne pouvaient plus y nicher ».

Mais le plus grand succès de Sarrukîn fut la soumission des Amorrites ; c'est par cette -victoire qu'il acquit « la domination

i'Sfi^r^r

sur les 4 parties du monde ». Les documents sur les présages mentionnent trois campagnes contre les Amorrites, par quoi il faut sans doute comprendre le centre de la Syrie. Dans une autre expédition, il soumit « le pays du couchant jusqu'à son extrémité » ; il faut songer ici à la partie septentrionale de la Syrie et à l'Asie Mineure Orientale. Il s'attarda pendant trois ans dans ces contrées et érigea en divers lieux ses images comme signes de sa domination (cf. § 400). Il franchit aussi la mer du couchant et rapporta de riches butins dans sa capitale. Il a probablement passé dans l'île de Chypre : depuis l'époque du royaume d'Akkad, en effet, on y trouve des cylindres babyloniens, dont l'un d'eux contient le nom d'un fonctionnaire de Naràm-Sin (§ 498). La figure d'argile de la déesse nue, déesse de la vie sexuelle (§ 373) a passé alors dans l'île et y est souvent reproduite. De là elle s'est répandue au loin dans la mer Egée. Cette déesse, qui attribuait une consécration religieuse à l'acte naturel, a exercé, ce semble, un attrait particulier sur les représentations des peuples de l'Occident. Ces campagnes militaires tombent à peu près à l'époque où les pharaons de la 1 V« dynastie (depuis 2840 environ) étendaient leur puissance sur la Palestine et la Phénicie (cf. § 232.253) ; il en résulta sans doute de nombreux contacts entre eux et le royaume d'Akkad, qui n'ont probablement pas provoqué de

contlits armés.

Ainsi Sargon (Sarrukîn) a réuni par la conquête un royaume qui s'étendait bien au-delà de celui de Lugalzaggisi. On a trouvé dans les ruines de Suse, où ils avaient été emportés par un roi postérieur comme butin pris sur Sinéar, les restes d'un bloc triangulaire de diorite avec son nom ; les sculptures rappellent la manière de la stèle des Vautours : dans le registre supérieur, des scènes de combat et des prisonniers nus, dans le registre inférieur le roi est assis sur le trône, devant lui se tient le porteur du parasol et la cour ; là se termine le champ de batailk avec les cadavres qui sont dévorés par les vautours et les chiens. Un autre fragment qui appar-

E ^-iJ

. 'ri

'■'kî

LE ROYAUME SÉMITIQUE d'aKKAD

tient probablement au même monument représentait un dieu armé de la masse d'arme, tenant comme sur la stèle des Vautours un filet où sont entassés des prisonniers ou des ennemis tués ; sur le revers une figure assise. Si l'emprunt des vieux motifs sumériens est ici évident, d'un autre côté la musculature n'y est pas exagérée; la bataille est divisée en une série de combats individuels; le roi porte une longue barbe en pointe et la moustache, une chevelure soignée et relevée, de môme qu'une partie des ennemis, tandis que sa suite a la tète rasée et ne porte pas la barbe ; elle est donc en partie tout au moins composée de sumériens. Nous ne savons pas qui sont les ennemis, car l'inscription est presque complètement détruite. On peut d'autant moins émettre une hypothèse que les sculptures n'ont pas encore été publiées, et que nous ne possédons toujours qu'une description du monument.

Il est clair que l'ordre des actions de Sarrukîn indiqué par la chronique et les omina ne peut être chronologique. Ainsi l'assujettissement de Subartu est rapporté après la rébellion contre Sarrukîn devenu vieux. La campagne contre les Amerrîtes (Martu) n'est pas mentionnée dans la chronique, pas plus que celle contre l'Elam, mais les omina en parlent trois fois de suite (n<" 2, 4, 5). — L'expédition dans le pays du Couchant (omina, n*» 7j est au commencement dans la chronique, placée à ce qu'il semble dans Ja li'^ année; dans la légende on en a tiré u j'ai assiégé trois fois le pays de la mer ». Au lieu de < franchir la mer du couchant » comme les Omina l'indiquent, la Chronique parle de « la mer du levant » ; il est douteux que la chronique contienne le texte original, comme King l'admet. — Construction de la ville d'Akkad avec le palais royal : Omina 3 et 8 et Chronique II. 18 et suiv. en relation avec la ruine de Babylone, citée pour la première fois; les détails ne sont pas clairs. Il est absurde de prétondre avec Winckler qu'il fonda Babylone et l'éleva au rang de capitale. — Tilmun ou Dilmun (écrit Ni-tuk-ki) se trouvait d'après l'Assyrien Sarrukîn, Annales, 370, à 30 Kasbu (= 22 1/2 milles) loin « comme un poisson » dans la mer orientale. Il faut donc la chercher à l'embouchure du Satt el Arab actuel comme Delitzscti, Parad., 178.218. [L'auteur abandonne l'opinion exprimée

dans la précédente édition]. Jensen, KeUinschr. Bibl, III, 1, 53 et ZA, XV, p. 225 et suiv., la cherche sur la côte persane; on l'identifie ordinairement avec la plus grande des îles Bahrein (Tylos chez les Grecs); en effet, l'inscription babylonienne d'un bloc de basalte qui y fut trouvé (Durand, J. of the Royal As. Soc, New Ser., XII, 1880, p. 193] mentionne un dieu Enzag qui apparaît parfois comme dieu de Tilmun. Mais les îles Bahrein sont éloignées d'environ 60 milles même de l'embouchure actuelle du Tigre, donc beaucoup plus que ne l'indique Sarrukîn ; la pierre y a donc été apportée. — Kasalla fut de nouveau combattue par les premiers rois de Babylone (§ 437 et suiv.), donc doit avoir été située au Nord. Elle est mentionnée aussi dans la liste de dates de Dungi (Hilprecht, Bab, Exped., 1, 125; Thureau-Dangin, SAKI, p. 229, 8) et dans une liste des patésis fonctionnant comme officiers mensuels (Radau, Early Bah. Histonj, p. 302). — Monument de Sarrukîn trouvé à Suse : Gautier, Recueil de rravau.v, WWl, p. 170 réimprimé dans Scheil, Del. en Perse, X, 4 et suiv. Seul le nom du roi est visible. Il conserve le titre u roi de Kis » dans l'inscription de son fils (ij 399). L'auteur a montré (^^r. Berlin. Ak., 1912, p. 1075 et suiv.) que ce litre marque la suprématie sur la ville et le royaume de Ki§, comme chez les anciens rois sumériens, et non, avec Hrozny, Thureau- Dangin et d'autres, sar Kissati « roi du monde » ou quelque chose de semblable, comme plus tard chez les rois assyriens.

399. « Plus tard dans sa vieillesse (1), raconte la chronique, tous les pays se révoltèrent contre Sarrukîn et l'assiégèrent dans Akkad. Mais Sarrukîn marcha contre eux, les battit et anéantit leur grande armée ». Une inscription de son fils, gravée sur un bloc en forme de prisme cruciforme, nous donne de plus amples renseignements sur cette grande rébellion. Nous apprenons que « quelques pays, que mon père Sarrukîn m'avait laissés, s'étaient révoltés contre moi, pas un seul ne m'était resté fidèle ». Mais le roi a son armée à sa disposition; il bat le roi dWnsan et de Kurihum, donc un dynaste élamite qui se trouvait probablement h la tête du soulèvement, le fait prison-

(1) L'expiiiplairp assyrien des omina a écrit faussement « les anciens de tout le pays ». (V. King).

. , ri

LE ROYAUME SEMITIQUE D AKKAD

LES CONQUETES DE SARGON ET DE SES SUCCESSEURS — îj 399 203

nier et le conduit « devant son seigneur le dieu soleil » auquel il offre de riches présents dans Sippar. Ce fils de Sarrukîn, dont le monument ne conserve pas le nom, ne peut être un autre roi que son successeur Lrumus, ou Rimus, car la prononciation véritable fut certainement différente. Plusieurs vases de pierre voués par ce roi à iNippur et la copie postérieure d'une inscription mentionnent une expédition plus importante contre l'Klam : il vainquit alors le roi Abalgamas de Barahsu (cf. § 432a) près de Suse et anéantit son peuple : ainsi « Urumus, roi de Kis, devint souverain d'Elam ». Dans une autre inscription il se vante d'avoir fal)i'i(jué sa statue en plomb, ce que personne n'avait fait auparavant, et de l'avoir érigée devant Ellil. Cette inscription est rédigée en sumérien et en sémitique, c'est la plus ancienne bilingue que nous possédions. Elle prouve que ces souverains sémitiques se préoccupaient aussi de leurs sujets de langue différente. Comme en témoigne le relief de Sarrukîn, les Sumériens paraissaient à sa cour; on pouvait difficilement se passer d'eux à cause de leur grande connaissance des affaires.

Nous avons encore l'indication qu'Urumus fut assassiné par ses courtisans. Son successeur fut Manistusu. On a trouvé à Suse un fragment de statue en albâtre de ce roi, de gros yeux en calcaire et des pupilles noires y étaient enchâssés. La barbe longue pend plus bas que chez Sargon (Sarrukîn \ et les cheveux sont coupés ras à la manière bédouine, autrement qu'auparavant. Le travail est encore très maladroit et lourd; la tête, comme dans les statues sumériennes, est maladroitement posée sur les épaules, presque sans cou ; le front est encore très bas, mais le corps est vraiment plus dégagé que dans les statues précédentes, comme sur le relief de Sarrukîn. Elle fut vouée au dieu élamite Naruli par un fonctionnaire de Manistusu; l'Elam lui fut donc soumis. C'est pour cela que, lorsque plus tard, vers 1200, le roi Sutruknahunte de Suse, saccagea les villes d'Akkad, il rapporta à Suse de nombreux monuments de cet ancien souverain de sa patrie : notamment 3 statues de Sippar

et de Tuplias, (Esnunnak, § 413 note), située à l'Est du Tigre, sur la route d'Elam ; puis un obélisque de diorite que le roi avait érigé à Sippar : il y avait fait graver le grand acte d'achat concernant de vastes terrains dans les quatre villes Diir-Sin, Kis, Marad et Sidtab (la prononciation de ce nom est inconnue). Parmi les 49 témoins apparaissent, à côté des neveux du roi, les fils des patésis de Lagas, d'Umma et de la ville inconnue Hasime. Quelques-uns sont appelés « fils d'Akkad », c'est-à-dire bourgeois de la capitale Akkad à laquelle ils sont incorporés par une fiction juridicjue. Les fragments d'une autre inscription sur les restes de deux blocs de picire érigés à Sippar et de deux statues de Suse mentionnent les combats heureux du roi : <( 32 rois des villes en deçà de la mer » s'étaient coalisés contre lui; mais il a les vaincus et a conquis leurs villes. On cherchera sans doute le théâtre de ces combats dans les contrées

où Sarrukîn a livré des batailles au bord de la mer et où il l'a traversée, c'est-à-dire en Syrie, en Asie Mineure et peut-être à Chypre. Donc il semble que Manistusu a de nouveau rétabli dans ces contrées la domination de Sarrukîn ébranlée par le grand soulèvement.

Inscription du prisme cruciforme, Cun. Texts, XXXll, pp. 1 et suiv. Figure dans King, Hist. of Sumcr and Akkad, face p. 224; elle est complétée par une copie postérieure : Thureau-Dangin, liée. d'Assyr., VII, pp. 179 et suiv. King et Thiireau-Dangiii voulaient rallribuer à Manistusu; cela est impossible, puisque d'après Foebel nous devons placer Urumus avant Manistusu. — Urumus : deux inscriptions en copie postérieure, Thureau-Dangin, Hev. dWss., VIII, pp. 135 et suiv. Inscriptions votives : Thureau-Dangin, .SM AT/, p. 160 et suiv. (Hilprecht, Bab. Exped., 1, n" 5-8, 13). Sa mort, Jaslrow, ZA, XXI, p. 277 et suiv. d'après les textes de mantique. — Statue de Manistusu de Suse : Dél. en Perse, X; ibid., p. 2 et suiv. sur les autres monuments qui y avaient été transportés. Obélisque, ibid., 1, avec corn- • mentaire de Scheil, vol. 11. Recherches exhaustives de Hrozny sur ce monument, WZhM, XXI, p. 11 et suiv.; XXIII, p. 192 et suiv. Le but de cet achat de terrains n'est pas indiqué; Hrozny pense au

'lî

Vf

LE ROYAUME SEMITIQUE D AKKAD

creusement d'un canal, mais il doit s'agir plutôt d'un grand domaine. — Victoire sur la coalition, Scheil, Rev. d'Ass., VII, p. 103 et suiv. Fragments des monolithes de Sippar, King, Hisi. of Sum. and Akkad, p. 211 et suiv., publiés maintenant CT, XXXII, pi. 5. Inscription d'une masse d'arme et d'un vase de Nippur, Thureau- Dangin, SAKI, p. 162.

400. Le roi éarganisarri I, fils dlttiellil, paraît avoir succédé à Manistusu; la tradition postérieure l'a probablement confondu avec Sarrukîn, le fondateur de la dynastie (§ 397 a). Un grand nombre de tablettes datées, provenant de Tello, appartiennent au règne de ce roi et de son fils Naràm-Sin. Ces deux rois, dont le gouvernement forme l'apogée du développement du royaume d'Akkad, nous sont beaucoup mieux connus par les monuments que leurs prédécesseurs. Leur règne n'a pas

non plus manqué de guerres. Les dates des années de Sarganisarri mentionnent un combat avec Uruk et le lieu voisin Naksu, donc une insurrection des Sumériens dont le centre fut la capitale de Lugalzaggisi. Puis nous avons une attaque des Elamites contre Opis, qui fut repoussée, et une victoire sur les Amorrites près de Basar ; la défaite des Gûti dans les monts à TFiSt et l'emprisonnement de leur roi Sarlak. xNaràm- Sin eût à soutenir des luttes semblables. Une copie, conservée par la bibliothèque d'Assur-bâni-apal, d'une inscription royale où le roi parle à la première personne (§ 397 note), résumait toutjs ses actions ; malheureusement les fragments conservés sont insutiisants. Il y était question de ses combats dans les montagnes, contre l'Elam, les Gûti et les troupes des Manda, tribus barbares du Nord-Est, puis contre Subartu et le pays de la mer, Tilmun, Magan et Meluhha. Il subjuga une coalition de 17 rois avec 90000 guerriers, prit sous la protection d'Ellil et d'Iètar les villes ennemies et abattit ses adversaires. Il n'est pas surprenant qu'il combatte fréquemment dans les mêmes régions que ses prédécesseurs : car dans tous ces royaumes les soulèvements reviennent régulièrement à chaque changement de prince surtout, comme cela se répète plus tard sous les rois

Assyriens. L'exagération est évidente ; mais Narâm-Sin parle aussi dans l'inscription d'une statue emmenée à Suse, aujourd'hui détruite, d'une coalition de 9 rois qu'il défit en un an. Nous avons des détails plus précis sur ses guerres contre les tribus montagnardes. Une stèle, transportée à Suse 1500 ans plus tard comme butin de Sippar, montre le roi à la tête de son armée, où figurent à la fois des guerriers barbus et d'autres sans barbe, des lanciers et des archers, pénétrant dans les hautes montagnes du Zagros. Narâm-Sin vainquit les Lulubi et d'autres tribus alliées. Les ennemis ne tentent plus de résister, mais brisent les pointes de leurs lances et demandent grâce. Le roi l'accorde : lui et ses guerriers qui se pressent sur ses pas se tiennent au milieu du combat et tiennent leurs lances en arrêt. Une autre expédition conduisit Naràm-Sin dans la plaine du haut Tigre entourée de montagnes. On a trouvé une stèle de basalte avec son image, quelques milles au Nord-Est de Diârbekir, sur un alfluent du Tigre. Il semble qu'il y établit aussi une forteresse. Les images que Sarrukîn éleva à l'Ouest (§ 398) doivent avoir été semblables. Un autre texte nous renseigne sur la défaite de Harsamatki, roi d'Aram et Am, qui lui permit de pénétrer dans les monts Tibar, où il y éleva aussi sa stèle qu'il consacra à Ellil. Un troisième mentionne la conquête du pays Arman. La chronique et les omina parlent d'une guerre contre le prince Ris-Adad d'Apirak, dont la ville fut assiégée méthoquement et obligée de se soumettre; nous devons sans doute la chercher en Mésopotamie ou en Syrie, car le nom du souverain est formé avec le nom du dieu amorrite Adad.

Inscriptions de Sarganisarri et de Narâm-Sin : Thureau-Dangin, SAKI, p. 162 et suiv.; dates des documents, ibïd., p. 225 et suiv. (auparavant Thureau-Dangin, CRAc. Inscr., 1896, p. 335 et suiv.; Rec. Tabl. Cun.; aussi Radau, Early Bah. Hisi., p. 158 et suiv.). — Naksu près d'Uruk se trouve aussi dans l'inscription d'Utuhegal, col. 3, 12 (cf. § 411 h). - Les matériaux de la chronique et des omina sur Narâm-Sin et les inscriptions, Thureau-Dangin, SAKI, p. 164 et suiv. (une date, p. 226, g). Stèle de victoire : Morgan, DéL en

fi

il I

LE ROYAUME SÉMITIQUE D AKKAD

Perse, I (llech. Arch., I), p. 144 et suiv. ; II (Textes rlam. sém., I), pi. ^2 [prise à Si-ip-pir = Sippar, par Sutruknahunle, id., III (Textes élam. Anzan., I), p. 40], cf. Meyer, Sum. u. Sejn., p. 11 et suiv. Il est urgent que nous possédions une publication exhaustive et approfondissant tous les détails de ce magnifique monument. — Combat contre le roi d'Aram : Thureau-Dangin, /fev. d'Assyr., VIII, p. 199 (copie postérieure de son inscription); contre Arman : plaque de Tello, Thureau Dangin, SA Kl, p. 16G d. Stèle figurée de Diàrbekir : Hilprecht, liab. Exped,, I, pi. X; Meyer, Sum. u. Sem., p. 10 et suiv., pi. 3; la localité est donnée par King, Ilist. of Sum. and Akkad., p. 244 et suiv.

401. Le principal exploit de Narâm-Sin est la conquête du pays de Magan : c'est un pays montagneux qui livrait surtout la diorite noire et apparaît déjà sous ses prédécesseurs. Dès lors, on le tire en masse des carrières et on l'emploie pour faire des statues, parfois aussi des vases. Son roi, qui fut fait prisonnier, est appelé Mannudannu, nom probablement sémitique. Cela cadre avec la supposition que Magan désigne l'Arabie ou la partie orientale de la péninsule ; mais nous n'en serons sûrs que lorsque nous aurons Irouvé la terre d'origine de la diorite des statues conservées. Il est plus difliciio encore d'identifier Meluba, indissolublement lié avec Magan. Meluba ne fut pas conquis, mais entra en relation de commerce permanent avec Sinéar. H livrait surtout du porphyre et de la poudre d'or ; on tirait, en outre, de ces deux pays diverses essences, surtout du bois usu. Nous ne pouvons être certain que de leur position, ils devaient toucher à la mer. Plus tard, déjà dans les lettres d'El-Amarna, Meluba est toujours le nom babylonien pour la Nubie ou Kus ; le nom Magan est donné parfois à l'Egypte par Assur-ah-iddin et Assur-bani-apal dans une formule archaïque. 11 est clair que ces deux identifications sont fausses pour l'époque de Naràm-Sin et de Gudéa : une soumission de l'Egypte est peu probable et la diorite ne provient pas d'Egypte. Il est de plus tout à fait inconcevable que la vallée nubienne du Nil soit entrée en relations commerciales avec Sinéar. On peut

Page 1