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A l'époque de la chute du royaume d'Akkad et de la

LE ROYAUME DE SUMER ET D AKKAD

brève dynastie d'Uruk s'épanouit à nouveau Lagaè, qui, au moment où tous les autres documents manquent, nous offre encore une fois dans une série de monuments un tableau brillant et vivant de la civilisation sumérienne. On mena vie tranquille sous les rois d'Akkad lorsqu'on eût remis de Tordre dans les affaires; les effets des ravages de Lugalzaggisi diminuent sous le gouvernement des patésis qui se succèdent, investis par les rois. Quelques petits monuments nous ont été conservés, sceaux, gobelets de pierre ou briques de construction. Aucun des souverains ne nomme son père et nul n'a pu avoir un long règne. Urbau ressort avec quelque importance dont le règne marque un réel essor. Il reconstruit plusieurs temples en grandes briques cuites ; dans Tun d'eux on a trouvé sa statue en diorite consacrée à Ningirsu, moitié grandeur nature ; la tôte est perdue. L'usage de la diorite de Magan a été introduit depuis les guerres de Naràm-Sin. Mais on n'est pas encore devenu complètement maître de cette manière dure : la statue paraît donc plus compacte et plus massive que les statuettes en calcaire et en albâtre de Tépoque arcbaïque tardive deTello(§ 389). Le vêtement n'est pas rendu avec ses plis et l'on ne se hasarde plus à séparer les bras du corps. A cela s'ajoute la caractéristique de Tart sumérien, le manque complet du sens des proportions, qui a créé dans quelques autres monuments de diorite de cette époque les formes les moins souples qu'on puisse voir.

Les deux gendres d'Urbau, Urgar et Nammahni, lui succédèrent; le nom du second a été souvent intentionnellement etïacé sur ses monuments. Suivent peut-être encore quelques patésis éphémères; seul le gouvernement de fiudéa aura de nouveau une plus longue durée. On évaluera à environ cinquante ans l'intervalle qui sépare la fin du règne de Naràm- Sin de l'avènement de Gudéa : ce dernier arrive au moment de la décadence des rois d'Akkad et de la dynastie d'Uruk, donc à une époque où le sumérisme était en état de se relever luimême.

GUDÉA ET LAGAS — S 407

Il faut placer peut-être aussi à cette époque le patési Galubabbar de Umma, Thureaii-Dangin, SAKI, p. 150. — Documents de Tello ; Thureau-Dangin, Ikcueil de Tablettes dans Rrv. d'Assyr., V, p. 67 et suiv.; les dates y mentionnées, Thureau-Dangin, .SMA7, p. 226 et suiv., les inscriptions, ibid., p. 58 et suiv., cf. Découv., p. 347 et suiv. En tout nous connaissons jusqu'à maintenant 10 patésis allant de Narâm-Sin à Gudéa (les noms, § 412 note), parmi lesquels seuls Urbau a eu un long règne. La suite des patésis n'est pas très sûre et nous ne pouvons pas connaître tous les noms; malgré cela Tévaluation de cette période à un siècle en chiffre rond que l'auteur donnait dans la précédente édition est déjà très élevée. Nous savons maintenant que l'intervalle entre Narâm-Sin et Urengur d'Ur comporte au moins 170 ans environ ; donc Gudéa ne peut être abaissé jusqu'à l'époque d'Urengur. Le plus vraisemblable est de le placer à la fin du règne des rois d'Akkad et aux temps de la dynastie d'Uruk, avant l'invasion des Gûti. On comprend maintenant qu'Urningirsu, prêtre de Nina sous Dungi (Thureau-Dangin, SA Kl, p. 194 x), auquel appartiennent probablement aussi la brique (Thureau-Dangin, iôid., p. 146 a) et un petit gobelet de pierre {Découv., 26,5), ne peut être identique au lils de Gudéa qui porte le même nom (§ 410), ce qu'on admettait généralement à la suite de Winckiev {Unters. z. Gesch. d. ait. Or., 42) (ainsi dans la précédente édition). Il est d'autant plus étonnant qu'aucun de ces patésis ne nomme son père, contrairement aux anciens souverains, que les deux filles de Urbau et de même Urningirsu, le fils de Gudéa, nomment leur père; on revient donc à l'ancien usage aussitôt qu'une dynastie commence à se former. Donc tous ces patésis ont probablement été investis par un suzerain. D'après une supposition de Thureau-Dangin, complétant l'inscription de la statue de femme B {Rev. d'Assyr., VII, 185), Gudéa a aussi épousé une fille d'Urbau; d'où il suit qu'il faut placer avant Urbau les patésis Urninsun, Ka-azag et les autres. — Quelques pans de murs des constructions d'Urbau ont été trouvés sous la forteresse d'Adadnadinahê (S 383 note). - Statue d'Urbau, Découv., pi. 7, 8. La statuette de diorite intacte et de moitié plus petite, aussi avec le manteau sumérien, est considérablement plus rude. Coll. de Clercq, II, pi. 11 ; la tête a encore un front très bas. La statuette de Berlin est d'un style un peu meilleur, Sum. u, Sem., pi. 8. Mais la plus lourde est

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