IRRUPTION DES ARIENS. LE CUEVAL. LES CASSITES
par exemple, est attelé d'ànes, tandis que le char de procession du dieu Ningirsu est tiré par des animaux fabuleux (§ 410). Dans le Code de IJammurabi aussi on ne nomme pns les chevaux, mais seulement les bœufs et les ânes, les moutons et les porcs, soit dans rénumération se rapportant au domaine (§ 7, 8), soit dans les prescriptions relatives au vétérinaire (§ 224 et suiv.). Un peu plus tard les chevaux apparaissent dans un document privé qui contient un ordre de leur livrer du fourrage; les premiers chevaux peuvent être venus en Sinéar environ vers Tan 2000. L'écriture idéographique du mot pour cheval {sisû) : « âne de la montagne », laisse clairement reconnaître leur lieu d'origine; ils remplaçaient en eiïet réellement l ane. Ils ne sont jamais employés comme monture, mais sont toujours attelés aux chars, surtout dans la guerre. Le char de guerre s'est répandu pendant les siècles suivants sur toute l'Asie Antérieure, également en Egypte, en Crète et en Grèce. Depuis le xvi'^ siècle il a imprimé à la guerre un tout nouveau caractère; par contre Téquitation est encore restée complètement inconnue dans ces pays pendant des siècles.
Sur la première apparition des Ariens dans l'histoire, voir le mémoire de Meyer, Ber. Berlin. Ak , 1908, p. 14 et suiv. et plus détaillé dans Z. f, vergl. Sprachtviss., XLIl [Die dltesten datierten Zeugnisse der iran. Sprache u. d. zoroastr. Beligion)^ p. 16 et suiv. Ce que nous pouvions déduire auparavant uniquenient des noms propres et d'autres indices a été confirmé de la manière la plus surprenante par les documents de F^oghaz-Keui découverts et étudiés par Winckler, MDOG, XX, 35, 1908 : ils montrent que dans le royaume du Mitanni, au commencement du xiv'" siècle, on adorait à côté des dieux indigènes des divinités purement ariennes et que la dynastie a été sans aucun doute arienne. D'après les données de Winckler, les éléments ariens dans le Mitanni sont désignés par le nom Harri, OAZ, XIII, p. 291 et suiv. Winckler attire l'attention sur le fait qu'aussi dans la version susienne des inscriptions de Darius le nom des Ariens est écrit avec une aspirée initiale Harrija (cf. § 467 note). — La plus ancienne mention du cheval en Babylonie : Ungnad, OAZ, X, 638 et suiv. (document u d'après l'écriture de
HITTITES, ARIENS, CASSITES, ASSYRIENS
l'époque de Hammiirabi environ ou de Samsuiluna »). Attelage à 4 chevaux dans une empreinte de cachet sur une tablette cappadocienne, § 435 note, cf. ,^ 520 note. A Tépoque cassite le cheval est souvent nommé.
456. Pendant les siècles suivants nous rencontrons en Mésopotamie et en Syrie (§ 468), de nombreux dynasles avec des noms ariens; ces territoires ont été submergés non seulement par des asianiques-hittites, mais aussi depuis TEst par des tribus ariennes. Mais, bien avant déjà, les Ariens ont influencé la tribu des Kaésû habitant les monts occidentaux de l'Iran. Dans une expédition militaire de Sénachérib (Sinabôriba), en 703, ces Kassù apparaissent comme tribu guerrière dans les parties les plus sauvages du Zagros, adjacentes au pays EUip (territoire de la Kerbà supérieure = Ghoaspes, SO d'Ecbatane). Là précisément, sur la route de Babylone à Ecbatane, habitait d'après les rapports grecs la tribu guerrière des Cassites domptée temporairement par Alexandre; elle pouvait mettre en ligne 1300 archers. Lorsque le roi des Perses transporte en hiver sa résidence d'P]cbalane à Habylone, il doit leur oftrir des cadeaux comme droit de passage sur leur territoire. Il ne peut donc y avoir aucun doute que les Kassû ne soient identiques aux Cassites. De nombreux noms propres et beaucoup de mots de leur langue, avec leur sens, nous ont été conservés. Plusieurs de ces mots reviennent dans les noms propres des tribus voisines du vaste pays montagneux entre l'Assyrie et la Médie. Les similitudes avec les noms propres des Mitanni et des Hittites semblent fréquentes, de sorte que les Kassû sont peut-être apparentés à ces peuples d'Asie Mineure. Par contre, ce ne sont ni des Indo-européens, ni des Sémites, et ils n'ont eu pour le moins aucune affinité étroite avec les Elamites ou les Sumériens. Mais ils subirent certainement une influence arienne : s'ils adorent, en efl'et, un dieu-soleil Surias, qui apparaît parfois aussi dans leurs noms propres, à côté de nombreuses divinités qui ne sont pas ariennes, il est impossible de séparer' ce nom du mot arien sûrja « soleil » (avec la terminaison s du