‹ Histoire de l'antiquité [microform]Chapitre 20 sur 172 · LA MAGIE — I · texte numérisé non relu

LA MAGIE — I

pulsion, issue du caractère personnel de l'individu, qui l'entraîne à adopter celte profession. Normalement, la profession est héréditaire; mais, à côté de leurs propres fils, les magiciens trouvent (Fautres gens, qui s'attachent à eux^ et font auprès d'eux leur apprentissage: assez souvent, dans ce nombre, des serviteurs de confiance, habiles dans le métier, qui deviennent leurs héritiers. Ils sont en possession d'une tradition fixe qu'ils transmettent et enrichissent, et qui contient la somme de tout le savoir acquis par la trjbu dans son évolution. C'est là que réside l'importance de cette classe au point de vue de la civilisation. Elle exerce, matériellement aussi bien que moralement, une terrible pression sur la tribu et sur chacun des individus qui en sont membres, et fait obstacle à tout libre développement, un tel phénomène devant nécessairement mener à une rupture avec les vieilles traditions et les conceptions mythiques dominantes ; mais aussi elle renferme et conserve tout ce qu'une tribu primitive possède de vie spirituelle. Les débuts de la réflexion humaine, si maladroites qu'en soient les manifestations, se développent et se cultivent dans ces cercles, les premiers essais bégayants en vue de s'élever des phénomènes particuliers à une image d'ensemble du monde, et aussi les débuts de ces acquisitions, par où l'état matériel et social des hommes se hausse jusqu'à la civilisation, ceux de la médecine et d'autres arts utiles, ceux du droit et de la coutume, — toujours enrayés, il est vrai, et maintenus en dépendance par la masse des représentations traditionnelles où vivent les magiciens et sur lesquelles repose leur puissance.

Entrer dans le détail des représenlalioiis mytliiques et de la magie serait dépasser de beaucoup la tâche qui nous est assignée. Contentons-nous de mettre le lecteur en garde conlre h» sophisme très répandu, consistant à raisonner comme si un événement qui peut être conçu comme magique, comme résultant de l'action d'un esprit, devait, pour cette raison, être conçu comme tel dans tous les cas où il se produit, Au contraire, la conception naïve, qui, ou bien ne se soucie

L KVOLUTION INTELLECTUELLE

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