‹ Histoire de l'antiquité [microform]Chapitre 36 sur 172 · ARTS TECHNIQUES ET SCIENCES · texte numérisé non relu

ARTS TECHNIQUES ET SCIENCES

combien de fois un peu[)le inculte, n'ayant que des armes primitiv<'s, n'a-l-il pas vaincu et r(*nversé un peuple de haute civilisation, bien supérieur en t(^clini(|ue militaiie; sans compter, (|ue les inventions technicjnes, comme, par exemple, les armes à fcni, se j-épandenl très vite partout, et par là su|)j)iinient la dilléitmce extérieure! — c'est l'état de civilisation des peuples en lutte, resj)rit qui vit en eux, et (jui exploile à ses fins les moyens technicjues. Même pour ce qui est des grandes découvertes techniques de la science moderne, (jui mettent au service de la volonté humaine des forces naturelles nouvellement révélées, le changement des formes extérieures de vie est, eu soi, historiquement, de peu d'importance ; à cet égard, elles passent avec une étonnante rapidité dans l'héritage traditionnel de civilisation, qu'on recueille comme chose allant de soi. Ce qui importe, c'est la transformation que beaucoup de ces découvertes provoquent dans les conditions de l'existence historique et de l'action réci[) roque des peuples civilisés, c'est la modification que d'autres apportent à notre conception scientifique de la nature et de ses lois. Mais l'essentiel, pour cela, c'est que la civilisation générale soit assez avancée |)our ])ouvoir mettre en valeur de telles découvertes et les accueillir dans son sein ; en d'autres temps, où le hasard ou encore le travail scientifique d'un chercheur isolé a conduit à des découvertes semblables, elles sont passées sans laisser de trace et ont été rangées au compte du savoir mort. Mais cette influence des progrès techniques, nous l'avons déjà considérée en traitant de l'évolution [)oliti(|ue et religieuse, et n'avons pas besoin d'y revenir ici. 1)3. Du dévelo|)pement techni(|ue des épo((nes ancicMines, ce que nous connaissons avec le plus ch» précision, c'est le mobilier, ce sont les ustensiles, armes et parures, (|ui se sont conservés en grand nombre dans tjes tombeaux et sur les sites cranciens établissements. C'est là, par suite, ce que la conception populaiie regarde comme l'objet véritable et

l'Évolution intixlectuelle

principal de l'anthropologie. En réalité, ce (|ue nous apprenons par là sur l'évolution générale de riioninie se réduit à assez peu de chose. Car, ([ue les plus anciens outils consistent en pierres, en os et en l)ois grossièrement taillés; que Ton ait ensuite appris peu à peu à les aiguiser et à les polir avec soin, et à faire en pierre les vases et les armes les plus compliqués; qu'apparaissent en outre, d'une part, l'imitation en argile des ustensiles de pierre, d'autre pari, la parure, et, en vue de celle-ci, le travail des pierres précieuses,de l'or et de Fargent; qu'ensuite, avec la découverte du cuivre, et surtout de son renforcement par un méhuige d'étain (bronze), une nouvidle épo(|ue commence, où les armes et ustensiles sont d'abord imités en métal, puis où prend naissance une civilisation du métal indépendante, d'un riche développement, jusqu'à ce qu'enfin, déjà dans la pleine lumière de l'histoire, le fer remplace le bronze; —ce sont là tous faits qu'il est très agréable de voir confirmés par des trouvailles, mais qui, en eux-mêmes, ne nous apprennent pas grand'cliose de nouveau, et auraient pu, pour l'essentud, s'obtenir par déduction régressive en partant des plus anciens stades de civilisation à nous connus. Bien plus important est le développement de l'ornementation [^ 96), parce qu'une portion de la vie intellectuelle s'y laisse apercevoir. Mais l'intérêt principal ck^s trouvailles « préhistori(|ues » réside bien moins dans les découvertes ([u'elles ont fait faire à l'anthropologie que dans le fait ([u'on a réussi, grâce au travail énergique et sans cesse en progrès de savants (uninents, à mettre les divers groupes de trouvailles en connexion avec des civilisations historiquement connues, et aussi déjà, pour une part, avec des peuples particuliers, individuellement saisissables, et à obtenir par là de nouvelles indications relativement à leur évolution. Ainsi ce qu'on nomme la préhistoire est devenu de plus en plus une conquête de l'histoire, au profit de (jui elle a considérablement étendu les sources dons nous disposons.

Page 1