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JUMENTS SOCIAUX ET COMMENCEMENTS DE l'ÉTAT — | 4
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Car si nous admettons, dans l'histoire de l'évolution, que rhoinme est sorti d'un animal supérieur, et pouvons nous attendre à voir s'accroître, grâce à de nouvelles trouvailles (v. § 600), le peu de Iraces d'un tel anthropoïde, qu'on a jusqu'ici découvertes, il ne saurait faire de doute ([u'un être ayant la nature j)hvsique de riiommene pouvait absolument se pioduire et se conserver que si l'évolution intellectuelle marchait de pair avec l'évolution organique, l'une réagissant continuellement sur l'autre. Cette évolution intellectuelle, — on peut dire, en termes physiologiques, le développement de la substance corticale, — forme l'indispensable complément de la constitution organique et supplée aux grands défauts qui s'y attachent; en première ligne, peut-être, doit-on considérer ici Textrème lenteur du développement de l'enfant, qui rend singulièrement plus difficile la conservation de l'espèce. Mais l'ensemble de révolution intellectuelle de l'homme suppose l'existence de grouj)emenls délimités. Avant tout, l'outil le plus important de l'homme, le langage, qui seul en fait un homme, et (jui seul a permis h^ développement de notre pensée formulée, ne s'est pas créé chez rhomme isolé ni dans les rapports des parents avec les enfants : il nait du besoin de communication entre égaux, grâce aux intérêts communs et aux relations réglementées entre des êtres unis. Mais, en outre, l'invention des outils, l'acquisition du feu, l'élevage des animaux domesti(|ues, l'établissement dans des habitations, etc., ne sont possibles qu'à l'intérieur d'un groupe, ou du moins n'ont acquis d'importance que pour cette raison, que ce qui a pu tout d'abord réussir à un individu devient propriété du groupement tout entier. Que, de plus, les mœurs, le droit, la religion et tout autre bien spirituel n'aient pu prendre naissance qu'au sein de tels groupements, c'est ce ((u'il est inutile de montrer plus au long. Par conséquent, l'organisation en de tels groupements (hordes, clans), que nous rencontrons, empiriquement, partout où nous connaissons des hommes, n'est pas seule-
ment aussi vieille, mais beaucoup plus vieille que l'homme : elle est la condition préalable de la naissance même du genre humain. Cette considération met en lumière la contradiction interne ({ue renferme la conception, issue de représentations mytlii(|ues, (jui fail descendre d'un couple uni(|ue le genre humain tout entier, ou même un peuple unique.
\. Entre les groupements où s'est eirectuée révolution du reure humain, a-t-il existé, dès l'origine, des diflérences physi(|ues et psychiijues de race ? Ou bien y a-t-il eu un temps où tous ces groupements étaient aussi semblables ({ue plusieurs troupeaux de la même espèce animale? Nous n'en savons rien (cf. S :U>). Ce qui, en revanche, ne fait pas de doule, c'est que l'évolution ultérieure a, sinon créé, du moins continuellement accentué une telle dillérenciation. Chaque groupement (hnieni possesseur d'un fonds héréditaire, li'.'uismis et accru de génération en génération, de propriétés à la fois physicpies et, surtout, spirituelles : acquisitions matérielles, ithn^s, coutumes et institutions, (^ue nous ein])rassons sous le nom de civilisation. En dépit d'une concordance dans les traits essentiels, ce fonds ditTère spécilicpiement, dans le détail, d'avec celui de tout autre groupement. Ainsi s'ajoute à la séparation extérieure des groupements une différence intrinsèque : contrairement à ce qui a lieu pour les animaux, pour une bande de cerfs, par exemple, ou une troupe d'abeilles, cha(|ue groupement humain possède un caractère propre, une individualité déterminée. Cette évolution trouve un contre|)oids dans le constant échange physi<pie vX spiiituel (|ui s'accomplit d'un groupement a l'autre, et (|ui les réunit à nouveau en groupes plus étendus, essenliellement homogènes [^ iî5 et suiv.V Mais les mêmes lendances opposées s'exercent également au sein de chaque groupement particulier; la civilisation, en se développant, crée des diflérences, à la fois dans la situation des individus ([ui en sont membres, et dans leur capacité de s'approprier el d'accroitre le bien Iransmis eu héritage ; elle
L EVOLUTION POLITIQUE ET SOCIALE