‹ Histoire de l'antiquité [microform]Chapitre 55 sur 172 · LES EGYPTIENS ET LEURS V01SLN · texte numérisé non relu

LES EGYPTIENS ET LEURS V01SLN

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pliiffiie (io TK^yptr moderne, acconijiîitrnée des meilleures (•jirt(;s. dans le guide I^aedeUer Actiypirn, par Sthindouff.

H)5. Si rintéiieur de rAfricjiie est lial)ité par des races nègres, eu revanche tout le litloral du nord appartieuL à des lamilles de la race caucasiemie élroilenieut aj)pare!itées entre elles, et (jue nous désignons sous le nom de liainites, emprunté au tableau des races de la (ienèse. I.e désert et la égion du nord-ouest sont occupés par les Iribus libyo-mauresques ly compris les (iuaiiches des îles C.anaries;, (jue les l^^gyptiens rassembleni sous la dénomination Zemhon. A ces peuples appartiennent les habitants de Zehenou ou Marmarika, les Libyens en égyptien Hhoii. pron.: Lihoii (\n'\ habitent le plateau de Rarka, et dont les (irecs de (Arène oui étemlu le nom à toules les tribus apparenl('^es et à tout le continent; plus loin vers Touest, dans la régi<»n de Syrte, les Miisaouasa, (Maxyens des (irecs . Ilnsuilc;, nous trouvons les l^gyptiens, et au sud-est de ri'.gyple, jus(|ue vers le pays (b^s Somalis, de nombreuses tribus nomades et guerrières, parmi lesquelles il faut mentionner surtout les Ma/oi [)lus tard Alaloi , habitants du j)lateau gréseux de Nubie et cjui sont les ancêtres des modernes Hischarin ou Hedja Hc^a, no'JYa£'.rat, zz des inscriptions d'Axoum;. A eux se rattachent plus loin les habitants de Pount, le pays de l'encens, qui s'étendait probablement sur la côte des Somalis; ils sont toujours re[)résentés comme très ressemblants aux l]gyj)tiens. de couleur ocre foncé comme ceux-ci, avec une chevelure ou perruque luxuriante et une courte barbeau menton, celle que portaient les Kgyptiens depuis la première dynastie. 11 faut les considérer comme les ancêtres nu les plus proches parents de ces races hamites (Somalis, (iallas, Masai, etc.j que Ton trouve aujourd'hui installées aux abords du haut plateau abyssin et plus loin encore, au sud de ce dernier; souvent mélangés avec la race noire, ils ont parfois réagi à leur tour sur le type nègre. Hnt'in, api)arliennent encore aux Hamites les

lountiou ou Aountiou (pion lisait autrefois AnouU A la basse épo(jue, ce nom désigne de misérables troglodytes dans la région a|)|)elée désert arabicfue, à l'est de ri'^gyple ; aux temi)s ant<'rieurs, ils apparaissent comme un peuple guerrier, contre lesquels les llgyptiens eurent souvent à combattre. Il semble donc (|ue ce nom désignât à la fois les habitants du désert à l'est et les peuplades apparentées du sud de l'Egypte, en Basse-Nubie.

Depuis la précédente édition de cet ouvraijre, les problèmes etluiof^n-aphiques, au lien de f^'ai,nier en clarté par raccioissement des documents, se sont plutôt compliipiés. Dans le temple de Sahonre' i HokciiARDT, (jnilKh'iikuHil «h's Koni<is Stiliiirr, vol. 1, p. S et dans celui de Newesene' (I^)iu:ii\HnT, CrnhdniUmnl <U'^ hiinifix Xrweaeri'p, p. 58) nous voyons un griffon (lion aile avec tète doisean) représentant le roi (pii, dans uni' altitude typitpic, renverse les ennemis de; ri:gypte : or, à ses pieds, gisent non seulement des Sémites et des IJhyens, mais aussi des personnages qui présentent de grandes aftinilès avec le type égyptien (ils portent aussi des bracelets caractéristiques (;n pierre ruhanée) : nous croyons quil s'agit d'habitants de Pounl, car sous le Nouvel Kmpire, ces derniers sont décrits ou rei)résenlés sous des traits à peu près identiques. I.a même cou]»c des cheveux etdela barl)e se retrouve chez le serviteur, appelé du nom de Xehesi (cf. i^ Ki^i n.i, qui accompagne un nis de Cheops llarzesi (L D, II 28) ; ce serait un serviteur amené du pays de l^ount, d'après Tinlerprétation d'EinivN et de W. M. MuLLKu ( \cj/.v/>/c// et Asien niid Kuvopa, 109, 070). Borchardt adopte la même interprétation pour les personnages aux pieds du griffon ; mais elle ne s'impose pas avec une certitude absolue. Ces personnages pourraient, comme me le suggère le D' Moller, être tout aussi bien des lountiou ou Troglodytes. La légende du griffon de Salioure' porto : Le dieu « Thout, seigneur des lountiou » et le dieu « Soptou, seigneur des pays étrangers, qui renverse les Senziou » {\ . ^Ti n.). Dans une autre représentation (Bouciivudt, p. 11), nous voyons plusieurs dieux amener des prisonniers; parmi eux, Sèthd'Ombos avec4in Libyen etim «le ces prétendus hal)itants de l»ount, et le « seigneur des pays étrangers », Soptou, avec deux Sémites ; la légende explique qu'on amène au roi (^ tous les Sen/iou avec leurs denrées n et o tous les pays étrangers de Touest et de l'est, avec tous les lountiou et tous les Men/iou (v. 1^ 227) qui habitent dans tout pays étranger .). Il est vrai (pie ce texte n'est pas en relation précise avec les trois peuples, ipii appa-

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raissent siii- le bas-relief, d'autanl moins cpie les Libyens ne sont pas nommés; — il faut remanjuer cpie dans la liste des peuples des Nent Aies (î^ ^2-27) les habitants de Pounl ne soid. pas me!iti<»nnés ; pcnirtant leurs rap|)orts aver les Égyptiens nous sont attestés par les documents depuis la \ '' dynasli<', et remonlent rertaineine?it encore plus haut; en revanche, la liste cite les lountiou, les Menziou et les Zehenou. Orcommeon s'attend à trouver la Nubie du nord dans celte liste, il est vraisend)lablequ"à elle s'api)lique le nom des lountiou ; celte désignation est confirmée par le nom de la forteresse Ouronarti (î:j 2«7 n.). — Je suis, prescjue sur tous ces points, en désaccord avec Xaviif.k, /.es A />(>//, ap. lier, de h'., 3:2.

I(>r)</. La seule, l'omimmicalion eiilrc le lilLoral du nord et Hiitériciir (l(* l'At'ri([ue est loiiinie par la vallée imhicmic (lu Nil, uii lerriloiic fort étroit uiais encore piopie à la civilisation : le |)ays est a|)pelé par les Kgy|)tiens Kenset ou Toseti (ancienne leeturtv Khent . Plus liaul, vers les vastes territoiri^s du Soudan, au dcdà de l'eiuhourbure de TAthara, et déjà sous le régime des pluies tropicales, !U)US trouvons installées les races nègres, ('elles-ci se sont avancées à travers la Nubie juscpTà la frontière de l'l']gy[)le et luènie au delà, el, depuis les temps de l'Ancien Empire, ont pénétré en l'Egypte en nombre toujours croissant, soit comme captifs devenus esclaves, soit comme scivileurs, soldats, geiularmes ;j^^ 254, 274); aussi ont-elles fortement altéré le type égyptien. La parlie méridionale de l l^gypte, cette étroite vallée (|ui ress(Muble déjà à la vallé(» nubienncN entre la barrière rocheuse de Silsilis et la prcunièiM^ cataracle, est la ré'gion où,dans Tanl i(|iiil('' comme d<^ nos jours, a prédomine une po|)ulation négroïde : le m)mar(|iie IN'pinacht d Klé[)liantine ^sous IVpi II, ^j 265) est représente dans son tombeau avec le ly[)e nègre <d la peau d'un biMin foncé. Ce territoiie, ([ui géogra[)lii((uemenl a le caractère de la Nubie, fjil cerlaiiKMuent un pays fronlière, annexe el colonise par les Égyptiens ; aussi [)orte-l-il le nuMue nom '/'ose// (jue la Nubie propre. Au contiaire, a répo([ue la plus ancienne, le tvi)e nègre ne se rencontrerait i)as, si Ton accepte les ré-

sultats des recherclies aulhropologi(HU's dans les nombreux lombeaiix de liasse-Nubie : les cadavres exhumés |)résentcnt les mêmes pari icularilés physicpu^s (jue ceux de Tl^^gypte primitive ; sous rAncien P:mpire seulemenl el a |)arlir de la lll' (Ivuasiie eu\irou, commeiu'e le mélange de sang neore, (|ui ira touj(Uirs et très vile en augmentant, (.es lombesde Basse-Nubie sont semblables à celles (ju'on trouve

en lv>v|)le a la même epocim', sauf (jue la civilisatM)n, connue il est naturel, y apparaît nH)ins devcdoppee (ju'en Liuvple; il semble donc bien (lua l'origine, ce soil une populali(Mi hcuuogene, de lype physi([ue et de civilisation analogues, (|ui ha])ilàl TÉgypIe el la Hasse-Nubie, jus(|u\\ la hauteur de la 2'' cataracte environ ; mais ceux (jui residauuit eiiNubies^ippelaient peul-élre les lountiou, el les nègres du Sud ifonl commence à se mêler à eux ({ue depuis le début du troisième millénaire. Ce fait expliiiuerail pourcjuoi les texies des Pvramides nous parleni si souvent du pays de Nubie [^Kensetjel de son dieu Tetweii, tandis (jue les Nèo-res irapparaissenl ni dans ces textes, ni dans la lisle des Neuf peuples de TArc î^ 227/, ni dans d'aulres représentations plus anciennes. ( .e iTesl pas à dii-e (|ue les rappoils avec le peu])le nègre aient jamais fait défaut; même au temps dit a j)réhistori(|ue », on peut I rouver des exemples isolés de mélange de races; mais à cette époque les nègres résidaient beaucoup plus loin dans le Sud, el n'étaient point connus encore comme des voisins ennemis. Depuis le commencement du ii*" millénaire jus(|u\i m)s jours la vallée nubienne du Nil est devenue, partout où elle se prête a la civilisation, le séjour des Nègres, tandis (|ue les tribus hamites ou Bedjas menaieni uim' vie nonuule sur le plateau déserticjue et attaquaient, pour les pill(M' ou pour les soumettre, les laboureurs du pays cultivé. Aussi, à partir de ce moment les Égyptiens les combattent-ils sans cesse. Ils appcdleiil les nègres o Nehesiou » et les représentent avec leur lype caractéristique et leur peau noire (cf. L. D. III,

COMMHNCEMKNTS DE LA CIVILISATION

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117); ers r(»[)réseiiliili(His, iioiiibiN'usrs sons le NouncI EnipiiM', iiKM'ilcMil (raiilanl plus (ratlriilion (|n'('ll('s iTappaiaiss(Mit imllciiicnl dans les l('m[)s aiitciicurs, par exriiipir dans le poncif (|Mi nons inonlio lo lion aile on grillon, s\ in- I)«>lo (In roi >i H)") n. , jolant à terre ses (MiTHMnis ; c'est (pK» ces [)oiicil*s fnrenl inventes dans un teni|)s on les Nègi-es iTiHaient pas encore en giierre avec les l^^gvptiens. Ils s(î divisenl en de nonihrenses petites Irihns, pai* exemple les Onaonat, les Jer/et; de[)nis le Moveii Empii-e, <»n nous parle snrtonl des Konshiles (A'a'-oz/s, A7>.s\ dont le nom Inl pins tard applicpie à la Nnhie tout enliere; les (jrecs leur ont eusnite donne le nom (ri^lhiopiens, emprunte à la mvllioloo'i,». Ils sont les ancèlres des Nnhaih's des temps |)ostérieurs, les Nubiens et Berberins d anjonrd'lmi, (jui ont conserve'' lenr langue dans la vallée du Nil, de Napata à la frontière (TÉuvpte et dans le Kindcdan: mais ils se sont telle-

ment nu'dangt's avec les S<'Mnites et les llamit<'s, cjn ils ont perdu en jiartie le type noir pur. Dans ranti(|uile, ils s'étendaient jnstjn à Aloa sur le Nil bleu, en amont de Kliartonm. \]\\ Nubie, ils sont devenus des laboureurs; ils habitent de misérables villages siir les liaut<'urs de la berge, et vivent de culture, d'cdevage, ainsi (pie de métiers primitifs, t(d (jue le tressao-(» de corbeilles et de nattes, (pTils font avec beaucoup de goiit. Pendant longtemps, néanmoins, ils ont garde un tempérament giierroyeur; aussi les Egyptiens de TAncien et du .Moveii J']m|)ire recrutaient-il cliez eux, de force «m (le(»-r('', des soldats, t(ds (jim* les Uedja ou Ma/oi. Le maître ('traii^'el- était suivi docilement , faute de pouxoir lui résister ; il avait ainsi à sa disposition une ccdonie (resclaxcs. D'ailleurs, leur pays, tout pauvre (pTil est, a de tout teni|)s attir('> les envaliisseurs : Tivoire et les peaux de ses fauves (lions et lé(>[)ar(ls , étai(Mitun article très recherche, non moins (pie Tébène (pTon importait du sud, et Toi* cpie Ton trouve dans les montagnes orientales du plateau gréseux.

l*()ur les origines de l'histoire r'I de la civilisation de la liasse-NuIjit»

corisullez les nombreux documents quoÏÏveThc (inhncithKiirnl Snrrryof \iihix, l\ei)ort l'or tî)07-l9()8 Cairo 1010); le vol. I de 1' ln7<. HrporI de Hi:ism;k ; le vol. H du Ib'itnrl on Uw liiiDidii rcindins par Ki.i.iott Smitii et \V. JoNKs. D'après ces rainiorts, la Hasse-Nul»ie dans les temps primitirs, est, au point de vue culture et anlhropoloiifie, complètement analo£rue à l'Kgypte ; mais tandis (jue celle-ci continue à progresser, la civilisation nuhienne sous T Ancien et Moyen ICmpire reste stationnaire (à siufnaler seulement un proijrrès isoh' dans l'art de décorer les poteries) et en m^'iue temps rinflllratioii de l'ék'îment mjgre est toujours plus forte. On trouvera un iM'sumé dans: Hoiinit, l>ie (iefirhichlc \nhi('tts und des Siuhin, Klio, XII, — Kli.iot Smitii nous dit (/or. c. 11 M) que pour les races prédynastiques, les cadavres exhumés à Naga ed I)èr en particulier len face de (iirgeh) sont dans une proportion de 'i p. 1(10 absolument négroïdes, mais qu'en dehors de cette proportion on ne peut prouver de mélange de sang nègre qui, au contraire, se rencontre très fréquemment à partir de la 111' dynastie. —La dénomination tietiesiou s'ai)plique peut-être à l'origine à l'ensemble des peuj>les du Sud, car ou l'emploie aussi jiour désigner les habitants de Pount(>5 *^>^^ '• <'' aussi W. M. Mi i.m;k \.s/r// //. Knrupa, p. iH); néanmoins il est certain que dans les textes de rAncien Empire, le mot a déjà la signilication de u nègre ». — Lirsiis dans sa Siihisrhc (ivammatik, 1880, nous guide à travers les races de Nubie, mais avec des hypothèses aventureuses sur rethnographie de l'Afrique : ses équations Pouna (correctement Pounti) et Poeni ; Kefa (correct. Kefti) et Kr.^dù;, etc., ne se prêtent même ()as à une discussion. Ij.i»sn s n'admettait pas que l(;s Kouschites, qui londèreni a[)rès le huitième siècle le grand royaume éthiopien de Napata et de Méroé, fussent des Nubiens; il les tenait j)(nn* des Bedja et croyait que les inscriptions <( méroïtiques » en hiéroglyphes, en ciirsive ou en lettres grecques doivent s'interpréter à l'aide de la langue bedja. Mais, depuis 1900, on a trouvé des manuscrits vn langue nubienne, contenant des textes chrétiens écrits en caractères grecs iH. Sciivkfku et K. Sciimidt, lierL \A., 1900, 77i; 1907, ()()'> sq.) et H. SciivKKKu a montré que les inscriptions de Nubie et d'Aloa, qui sont rédigées en caractères grecs et en dialecte indigène, appartiennent à la langue nubienne ; il est donc pres(|ue certain cpie le nubien a été la langue des Kouschites et du royaume éthiopien et le lait est confirmé par les inscriptions hiéroglyphiques des premiers rois éthiopiens où apparaissent de nombreux mots nubiens. D'ailleurs, le type nègre se rencontre, b)UJours plus accentué, dans les monuments du reyaiime étliiopien, à partir de Talira(ja. (iiniFnn, quiacompiencé av(^c succès le décliinVement d«'s inscriptions méroïtiques (en

COMMKNCEME.NTS DE LA CIVILISATION

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liiéroij^lyplies et en une cursive spéciale), nous (Ixci'a avec (M^rlitnde sur celte ((ucslion d<'s lauirucs. Pour les tribus liedja (Ma/oi, Maloi, tlrnoiniuatioii ancienne d'où est dérivé lUnlja dapiès riiypollièse île S(;h\i:i i:u), rX. ronvrai;e de celui-ci : hir m-UtutitUrhc Ixtmufsitistlirifl (l('.-< licrlinrr Muséums, p. :^8, il sq. i'M). — Le lunn Kous est écrit à rorit.nne K's, et même parfois \\s (J^ 287 n.) plus lard Ks, dans les tablettes d'Amarna 97,9; 137, IT) Kasi, hébreu -^'2, babyl. KiUou ; assyrien Kùsi. Ce mot a été introduit à tort par Si/mi: dans une inscii|>tion de la V'I^ dynastie (l rl>. <h's \. H., 1 iO n" 29); linscriplion donne plutôt khn (Byblos) (v. Sktui;, \. /., ir>, Ith. Le tableau des races, dans la tiadition jehoviste de la(ienèse, J(),8,faitde Kous le père de Nenirod elle li-ansporte de Lybie à Habylone (sans doule à caus<' des Kossi'ens, comme il est dit dans la (ien. 2 i'^\ ; de |)lus, le code des prêtres attribue à Kus la paternité de beaucf)U|) d'autres Iribus arabes (en contradiction avec la dm. 10, 28 : 29; 2.'), 3); aussi ce nom îles Kouscliites a-t-il été pendant loni»:temps I écueil néfaste de tous les anciens ethnoiirraplies ; il exercail sui- les dilettantes une attraction iriésistible : aujourd'hui, ouest devenu plus raisonnable. — Les populations sémitiipies (Ge'ezj du haut plateau de l'Abyssiine, du royaume d'Aksoum, qui n'ai)paraissent nulle pari avani l'époque chi'étienne et n'ont pas été connues des Kgyptiens, ont usur[)é plus tard, comme on sait, le nom d'Lthiopiens ; c'est une dénomination cpiMl faut se izai'der d'employer avec ce sens dans l'hisloire ancienne.

161). L<'s r-ac(»s (In noi-d de r.\fri(iii('. ou IIanMli(|U('s, sont proches parentes des Sémites, ainsi (|iren lenioionc Icuilangue. On incline (b)nc à |)ensei- (lue dans les temps anciens ils émimèrent en Africpie, soit en une, soit en plusieurs expéditions, ((unnie le devaient faire les Arabes, des millénaires plus tard; Llix pollièse conlraire, (jue les Sc'mites soient originaires (rAfri(pie, paraît peu vraisemblable. Au point (le vue liistori({ne, seul importe le l'ait suivant : rimmense zone (b'seil i(|ue, (|ni s'étend de TOcean Atlantique an golfe l^Msi(pie, ])arsemée çà et là de teriitoires prô[)res à la civilisation, est habité pai* des peuples [)roches parents, qui se divisent en un rameau africain, les llamites, et en un rameau asiatique, les Sémites. D'après I^hman, il faudrait attribuer à Liidluence (Lune autie race celle des Nègres) Lalteration profonde et continue (|ue la langue

('gyplienne — comj)ar('M' aux langues sc'mil i(pies - montre dans sa \ ocalisalion etsesformes grammaticales, (d (|ui est déjà \isible dans les monuments les pins anciens: c'est là une h\p(dliese ingénieuse, (ju Mhman a de\(dopj)e(' avec sagacile; mais (die est à peine (bd'endable. Même si elle dexail se \<'rifiei-, (die ncjus reporterait à des événements (|ui se ju'rdenl dans des temps si lointains (jue nims n Cn a\(ms aucune ncdion histori(|ue. Lors(nn', pour la pi-emièi-e fois, on a mis au jour le:à plus anciens monuments d(> la i-oyaule egy pli en m-, (d ceux du tein j)s dit « prcdiisloricjue •>,oiï a émis anssil(M rh\ p(dhese (jue les L]g\ pi ien s avaient immigre dans le pays peu a\anl Menés, (d (|ue la fondation de la mo- JiaiH liie pliaraoni(|(ie signifiait le triomphe des compuMants asiali(|ues « la race dynasti(|ue » sur un peuj)le afiicain pins anciennement (dabli : mais c(dte liy|)olliès(' ne re|)osait (pu* sur des impressions Irompeiises. Les l*]g\ pi ions (daient (dablis dans la \allee du Nil an moins un millier d années avanl Menés (Ce (|ui n Cxclul pas l'arrivée d'un aulr*e Ihd en\ aliissenr, Jii même la pénétration |)ar une antre famille de race libNcnne ; leur culture est antothlone: (die a iiTandi sur ce s(d (d na point (de imporlee de l^drangei*: les premières (dapes de son (le\('lo])pemenl nous apparaisscnl \)]'ccis(îmenl dans ces monuments « ])r(dMslori(jues (d pi-eds nasti(jnes » (v^ l(JUi. Us se préseidenl dans l'histoire connue un peuple (Lune imite abscdiie, dont le Ivpe, d'après h^s monuments, (d'fre un ccmlrasle fra])panl axcc c(diii des peuples voisins. Les nègres de Xiibie à la peau noir(», (Lune part, (d, d autre part, les Sémites de la j)res(nrile du Sinaï (d (h la Palestine, a\('c leiii- peau jaune, exh ibeiil dans les plus anciennes représentai ions ces pari icii laiiTes phvsi(|nes (|u ils ont c(Miser\ (M's jus(jira nos jours ; an contraire, les Mgypliens (d les habitants du pays de l'cmnl ont, dans les peintures, la |)eaii duii rouge fonce jaiiiu' clair- chez les lemmes, (|ui vivent siirlout a linterieu r- des maisons ; ils Juonlrenl des traits fortement imxhdes. aux jnminKdles sailli. 4

COMMENCEMENTS DE LA CIVILISATION

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laiiles, mais sans aucun iai)i>orL avec le faciès nègre ; les honmies Bedja, par contre, sonl l)runs ^les leimnes plus jaunâtres) el se lappioehenl (lavanlagc du lype nèoïc ; les Libvensonl la peau claire avec les ve«ix bleus et l("S cheveux blonds, Ivpe (|ui se renconlre assez l'réqucuHucnl clie/ les Maures-- peul-èli'c y a-l-il chez ces Libyens un nudan-v (run clémenl liaini-scinil Icjuc avec une pi)[)ulalion piiiuilive venue d Kuiope (ou d'Lspa-ue :>). En loul cas, ces conhasles prouvent ([ue les llaïuiles formaient une race prof^mdement diffcrenciée des autres et dont relablissemeiil en Afri<|ue remonte [)ar conséquent a des temps très anciens.

La parenté (les laii-nes égyptienne et séiniliqur a déjà été recoiuiue parH.,N..a, Biu;s.;cn, etc. ; Kuman Vu déinoiitrée, en s'appnyant sur les plus anciennes formes vérifies et <le nomt)reuses ressenit)lanc^s dans le vocabulaire très ancien : voir ses disserlMions <lans /.i>m.. 16, !>-2 sq. ; />ic rirjion des nuiyplisrln'ii \erhnm.s dans lirr. lirrl. \/.-., 1Î)(U). —

et le nubien des concordances de lexicpie, qui ne prouvent pas grand'd.ose.-R. IIautman, Z.J. l'AUmAuu'u-, 1, montre (pie les Kgyptiens d'anjourd'hni sont un i)eui)le africain authenti.ine ; Vuu.i.ow (f>>t> U^/mV// \ler neij. Konige, lier. Berl. A/.., 188, etc.) prouve (pie le type égyptien est totalement dilTérent de celui du nègre, vue ([ui semtde conlirmée par tontes les recherches faites depuis. - Naturellement, les Kgy|>tiens se regardaient comme un pcuide autochtone et ont fait naître tous leurs dieux dans la vallée du Nil. Lo[)inion de Diodorc, 111, :5, que ces dieux viennent d'Kthiopie, s'explique parce qu'on croyait que la vallée inférieure du Nil ne s'était formée |»ar alluvions qu'à une cpoque hisfori(pie ri'cente :Hérodotc 11, 4) et ensuite i)arce que dans les royaumes éthiopiens de Napata et de Méroé, à la basse épo(pie, le sacerdoce lu-it un caractère beaucoup i)lus inqjortant «pren Kgypte. — Les imaginations de llommel (Geof/. und Cwsrh. drs alicn orienis, 2' éd., 1904) sur l'origine babylonienne des Égyptiens, de leur langue de leur culture et de leur religion, ne sauraient se prêter à une discussion sérieuse. — Sous le Nouvel Kmi)irc, nous voyons souvent des rei)résentations des (quatre races: Égyptiens, Libyens, Sémites et Nègres, en particulier dans la tombe de Sethos 1, /.. /^ , 11, 1^26.

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