LA PLUS ANCIENNE CIVILISATION
170. Les |)lus anciennes habitations, dont il nous reste des débris, sont placées vers l'endroit où le Nil se rapproche le plus de Test et d'où h'S routes du désert viennent aboutir à la Mer lîoiige ; ce sont les sites de Negàde el <le Ballàs, sur la rive occidentale du llcuve, en face de QiVs Apollinopolis parva et de Koptos ; plus en aval, le site de Hou Diospolis |)arvai, el la région d'Abydos où, sur la lisière du désert couinie sur la rive orientale, on continue à exhumer de nombreuses agglomeiations sériées Tune conire l'autre, et enfin la région de .Memphis. Les habitations sont pour la plupart des huiles enjoués ou en palmes tressées, dont on a consolidé les murs avec de la terre battue, pour les recouvrir ensuite de nattes et de peaux. A l'usage des fanullesaisées, onconstruisait des maisons plus solides avec des briques rectangulaires, fal)ri(juees avec le limon du Nil et sé'chees au soleil : on renforçait les murs au moyen de poutres de bois. Les rondins (|ui soutenaient le plafond étaient parfois etayés |)ar des piliers de bois, au milieu de la [)ièce ou l'on habitait. Très probablement, les villages se retranchaient tcmjours derrière un mur de terre. Tout à côté s'étendaient les cimetièies: on y trouve les cadavres enfouis dans des fosses circulaires ou rectangulaires, accroupis dans la position (|u'on [)ren(l pour dormir; souvent ils sont cousus dans une |)eau d'animal, un linceul de cuir ou de toile, ou bien cachés dans un grand vase d'argile. Ou enterrait fré(|uemment plusieurs cadavres dans la môme tombe, et après qu'ils étaient tombés en poussière, on recueillait soigneusement les os et (Ui les disposait en bon ordre, coutunu' encore piali([uée en maint endroit de l'Africpie. Il arrive souvent que, grâce au sable set: du désert, ces cadavres se soient conservés intacts [)en(lant des millénaires. De bonne heure, les <>-ens aisés se firent creuser, dans le sol d'argile onde cailloux, une fosse rectangulaire recouverte d'un toit formé de fibres tressées ou de poutres. Sur les vases déposés à coté des cadavres, il y a des peintures qui nous montrent les
COMMENCEMExNTS DE LA CIVILISATION
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gnintles ])ai(|ues sur lesquelles \r cadavre passait le Nil |)()iir èti-e coiuhiil à sou loruheau : au-dessus de ces l)ar(|ues, des pleiirejises élèveiil leurs luaiiis. A coté du luoil, ou trouve des \ases pleins d'aliments et des hoîles d Ou^^uculs eu albâtre ; il tient dans sa main une bourse de cuir el il est muni également de la palclte en schiste sur hujuelle <>n broie le fard ^î:i J()7 . On trouve aussi d(^s vivres, des reproductions d'ustensiles de ménage, couteaux, aiguilles, harpons [)our attraper le poisson, jeu (Téchccs et aulres accessoires ; [)ari'(>is aussi à coté du mort il y a (les|)etils modèles de maisons et de |)elil(^s barcjues d'argile, des poupées de pierre ou d'aruile, Ijouianl des serviteurs et surtout des remines: celles-ci en geiu'ral n'ont |)as de pieds, sans doule pour les empêcher de se sauver. Au moment de la mort, rame vivante sous la l'orme (Tun oiseau /;<'// ^^^i abandonne le corps, mais rénergie spirituelle d(î ce corps, son moi, continue à subsister à l'état de fantôme dans la région des esprits el reste en relaticm avec le cadavre cf. Ji 7)8 s(j. : celte croyance ('tait, déjà à cette éj)0(]ue, réalisée et vivante. Non moins ancienne est la croyance ({u<' l'homme est accompagne par une image de lui-même, image spirituelle pleine de force magicpie, l'esj)rit Iia\Ji , (jui grandit et \it avec lui, qui le protège, et lui confère — avec la nourriture — ce ((ui constitue la force vitale personnelle; a|)rès la mort, il continue de |)our\(>ir à son existence, et réside par conséquent près du tombeau. Les funérailles s'accom|)agnaient aussi certainement de formules magi({ues, (jui p<'rmettaient au mort de jouir des dons ((u'on lui offrait et de s'éveiller à une nousclle vie artificielle, lui et les figurines déposées à son coté. C.ertes, c'('*tait là une existence d'un genre plutôt spectral : et c'est pour(|uoi l'on pouvait se contenter de grossièr("s imitations des vraies baiHjues et de poupées d'argile. Il est certain (|u'à l'origine, on immolait sur la tombe du riche ses serviteurs et ses femmes ; mais aucune trace positive de cette êoutume ne se retrouve plus en l]g\ pte.
Sur les lial)italioiis éi.!:yplieniios : Mvsi'Kiuj, Arckèoloyu' éyyptieiute, p. J. Ilestosdun ancien villac^eàAlawnijeprès dWbydos : Garstax;, U«hnsiut (111(1 H('( l\h(iH(tf\ ') sq. On voit encore dans les luittes des fours et aulres ustensiles). Ancien modèle de ville : I^ktuik, l)io!<f)olU pnrrn. \)\. tJ, lond)e 83: Cvroci, D('lnils de Vari (•ij., VX\. I/usage de brûler les cada- \ l'es, dont in; Moiuiw avait cru trouver un exemple dans la tombe de Menés à Xegàde ne s'est jamais V('rifié. — Piruti: a cru aussi trouver à Xegàde et à liallàs des traces danlhropophairie, mais il a fait erreur (.M v(i\i;it and M vci;, /;/ \nu'(ih. p. 7 i. Sur l'usage de découper le cadavre en rassend>lant les os dans un ordre systématiiiue (usa^e quon retrouve à I^al)ylone), dans les tombes anciennes réutilisées par une autre génération v., outre Nnqndd c Hallns, les notes de El. \nir(ih. p. 7, sq. Une survivance de cette pratique se retrouve, semble-l-il, dans la léijfende <lu démembrement d'Osiris et dans les lorniules correspondantes du Lii^re des l/or/.s. Pi/nui. a soutenu, noyai Tonihs, /. li, <pie dans la IcmuIk' du roi Oa-sen de la K'' dynastie, les serviteurs enterrés avec le roi on! été sacriliés sur sa tombe, mais celle hypollièse est sans t'ondemenl. ~ Des ligures de i)Ieureuses se li'ouvent par exemple sur le vas(^ puldié par Cvi'Aicr, p. 118. C'est à Li: \\u.\: Hi;n(>m\ et surtoul à M\spi;ko, que nous devons l'hypo- Ihèse aujourd hui dominante ([ue le lui, est un «< double » de l'homme, son sosie, et «pi'il réside dans les statues placées tians les tombeaux, dette hypothèse a été combattue par Stkindohff, A. /., 48, 152 sq., peut-être avec l'aison, car le Ka, lorsqu'il est (iiruré, n'a pas le n)ème aspect que les statues; pour Stkindoiu-i, le Ka est plulôt un esprit protecteur qui naît en même temps cjne Thomme (ou le dieu) et qui lui sui-vit cf. Si'iKGKLHKiu;, !i. /., 120 où Ka est rendu parle grec ivaOô; oâi'Kov. 1 )e ses bras levés (d'où le signe |J) il protège Thomme (d lui prèle sa force. Mais STi.iM>ouiKa tor! lors(|uil conteste limpoilance du Ka dans le culte des morts. Kilo se vérifie justement dans les temps anciens par le nom sous lequel on désigne constamment le prêtre des morts : /*//;-/.7/ « serviteur du Ka » ; par la chapelle du bnubeau a()pelée .' maison du Ka .> ; par l'épithète donnée au mcn-t a[)jM'lé /.v/ jr/(/<o(/, .< Ka glorieux » sur les stèles funéraires de rèj)0«pie Ihinite (1*1 rail . //r/.Vf// Tunihs, I, pi. Mk Plus lard cette im()orlance s'atteste encoi'c dans la Cornnile des offrandes par bupielle les mets sont transmis au Ka du défunt. Mvsn.iu.a récemment soutenu s;i première hypothèse, en réponse à Srri.MKHu r, ap. Mcninon, VI, lasc ^S, lîU-i. \'<)\ lbssiN(; i]ersurh ciiirr uciwn EridiiruiKi des hai, lier. Miimli. Ahtd.. 1911 , a raison de rattacher le Ka au mot Iukui, mets. Kumw explique, 'i. /., «, 11,2 que le Ka est en elTet « la force vitale qui est
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conférée à Ihominr ;. sn nnissmice et lui est conti.iuéo parla nourriture )>; grAce aux rites funéraires et à la formule de rotVra.Hl., W Ka apporte au mort sa nourriture par unr Noic n.a^:u|ue, lui assurant ainsi la continuation de son existence. Mais il ne faut pas ehercl.er do la logique dans les conceplicuis de ce içenre.
17t. Lacivilisation (jui s Oltiv a nousdaiis ces toiiibes,ne se (Mstiiiouc guère, dans les plus aneiens gisements, des inamlestalionscmalogueschez les autres peuples ((ui cmumeiuent à se dégager de l'étal de barbarie primitive. Les matières qui siu^veut a fabriquer outils, armes, ustensiles, sont le bois, la pierre, l'os — 1res souvent aussi ou reucoulre livoire - et leurs reproductions sont faites eu argile. On a doue raison d'applicjuer à cette civilisation l'epilhetc^ ^ âge de pierre » — ikmu ([u%>u donne aussi à la civilisaliou u troyeuue » - eu dépit du fait qu\)u rencontre parfois, même dans les plus anciens tombeaux, des outils en cuivre et des objets de parure eu or. C'est que, pendant une longue période, et même sous les premières dynasties, le métal reste au second rang; exce[)tiou faite de quebiues liaclies de o-uerre eu cuivre ^^ Hw; ou n'assiste à aucune tentative de remplacer par du cuivre les armes et les instruments de pierre et d'os. Uien au contraire, a partir de la couche médiant^ des gisements, ([ui correspond à une sorte (ra[)Ogée de la culture u prehistori(iue », la technicpie de la pierre atteint à un degré de perfection (pi'aucun autre peuple à Tàge de pierre n'a jamais égalé. C'est un des traits caractéristiques et originaux di^ cette vieille culture égyptienne. Les couteaux de silex sont taillés avec la plus extrême délicatesse, d'une épaisseur uniforme, d'un poli tinement aiguisé, avec un tranchant découpé en dents de scies, et, de même travail scmt les pointes de lances, les flèches, les harpons; quant aux haches en rognons de silex et aux tètes de massues, elles sont polies à plat. Mais la pr(»duction la i)lus étonnante, ce sont les vases de i)ierre. On arrive, avec la pierre la plus dure, à lui donner une rondeur uniforme, à la polir ;
j)uis, au moyen de sable et d'outils en pieire, (jiron fait pénétrer à rinteri(Mir par une étroite ouverture, on parvient, au prix d'un labeur infini, à us(*r d'une façon égale et à amincir la [)aroi tout autour. A côté de grandes cruches et de mignonnes coupes et écuelles en albâtre translucide, on en fait d'autres en granit, en schiste, en pierres de nature et de couleurs variées. Les poignées, les anses pour suspendre, les b(^cs d'écoulement, sont exécutés à la perfection. Souvent ces vases imitent des formes d'animaux — par exemple, l'un représente un chameau accroupi, comme en avaient les Bédouins qui visitaient Tl^gypte ; — parfois ils reproduisent en pierre les corbeilles de jonc tressé ; on trouve également des animaux sculptés en pierre ou eu ivoire, aux formes correctes, étudié'es soigneusement par un (eil observateur. Ou bien la partie plate d'un [)eigne recevra comme décoration un oiseau, et la palette de schiste, sur larjuelle on broie le fard, re[)roduira la forme d'un animal. Mais vers la fin de cette pétiode les formes dis[)araissent sans (|ue la technique excellente change sous les premières dynasties. La fantaisie artistique se donne libre cours dans la fabrication d'objets précieux, tels que cassettes à bijoux en ivoire ou en ébène, chaises et lits de re|)os montés sur des pieds d'animaux en ivoire ciselé, |)alettes à fard richenK^nt ornées de scènes historiques ^§ 200 sq.\ têtes de massues pour sceptres rovaux, enrichies de scènes analogues; enfin, colliers poui- hommes et pour femmes, travaillés en or et en pierres précieuses telles (pie améthyste, laznlite, turquoise, que l'on retirait très [)i'obabbMneut des mines du Sinaï, déjà expbulëes par les Egyptiens ^212). Parfois même, ou s'est enhardi à des (cuvres plus ambitieuses ; témoin, les trois colossales statues en calcaii-e deMiuou de Koplos ^nJj^ 160 n., 180) idoles géantes aux bras grossièrement ébauchés et au |)hallus [)uissaut; sur leur dos sont gravés le signe symbolique du dieu et une troupe de bœufs et d'éléphants gravissant une montagne.
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172. L'indusliic (!<' Tarj^ile ikî présente pas un développement moins riche, mais ici les formes sont plus indécises. Les plus anciens vases d'aigile présentent unr teclini(p«e primitive assez spéciale : une l'ois le pol faeoniié avec la main et poli avec une pieire, ou le plonge, l'<)U\ erliue en avant, dans un tas de charbons hrnhints ; celle parli(^ par conséquent se carbonise et devient noire, landis (pie la moitié inléii(Mire, non léchée j)ar les flammes, ti)urne au rouge vif. Plus lard, on expose les vases;» un feu hom«»gvt)e; les medleurs exemplaires sonl décor(''s de layui-es rouges, brunes, ou noires. Peu à peu s'inli-oduil ensuile Tusage du toura potier, grâce au(piel <m pcMil donner aux vases une rondeur eo-ale. Pour les formes, c'esl an (l(d)ul, huile la variété et le désordre de rimagination primitive î^ 96; : vases bizarrement accouplés, on reproduisant des silhiuietles animales, etc. ; |)iiis, peu à j)eu, un cerlain nombres de formes simples devienn«'nt prépondérantes. A un moment, les parois extérieures se décorent — comme on a ciselé Tos et le bois — de dessins, gravés, ou rehaussés de noir et blanc, dont le modèle est donné par le déccu* des ouvrages de vannerie ou la trame des tissus : lignes simples, Iriangles, spirales, enroulemenls en zig-zag, déroulements de rubans et mailles de filets, et [)arfois, au milieu d(^ tout cela, des branches de palmiers et de grossières re[)résentalions de quadrupèdes, (hielqnes-uns de ces vases ressemblent à ceux qui étaient en usage, à la même épocpie, sur les bords de la mer Egée et que nous ont révélés des fouilles abondanles dans les couches les plus anciennes, (^ néolilhi- ([iies », de la Crète (^ 509). Les échantillons en sonl assez rares : ce sonl de [)etils vases, où des lignes tracées en blanc, sur un fond noir, forment des damiers i^black incised pottery, Xagada and Ballas, pi. iU); El Amt-ah, p. !\\\\ Ca- PAKT, p. 104) ; nous pouvons peut-être y ajoutei* les écuelles à fond rouge, les cou])es ornementées de plantes ou de lignes tracées en blanc i\(i<j<ida and Bfdlns. pi. 28, 29; El Anirah,
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pi. 15; (^AiwHT, p. 103). Mais il est encore douteux qnon puisse les expli(pi(U' par une importalion de la Crète, qnoi- (pi'il soit presque cerlain (pie la navigalion sur mer ait élé pratiquée dès ces temps très anciens. — Vers le milieu de la période « préhistorique », cette décoration géométrique fîiil place sur les vases à des dessins, qui empruntent leurs motifs soit au rètriK- véofétal et animal rosaces, branches de palmiers, buissons, troupes d'oiseaux aquatiques, crocodiles, hi|)popotames, élé])hants, girafes, antilopes, autruches) soit à l'activité humaine; c'est surtoul le mouvemenl des bateaux sur le Nil qui est le thème traité de la façon la plus vivante. Cette nouvelle mode n'a pas eu non plus une longue durée; vers la fin de cette période, ce sont les vases simples non décorés, à l'imilation des cruches de pierre. Dans le même temps, un tombeau à Hierakonpolis (pi. 75 sq.) nous offre pour la première fois des peintures innrales ; celles-ci reproduisent en grand les scènes qui n'étaient figurées jus(|u'ici que sur les parois des vases d'argile.
Sur l(is tessons de poterie néolithiciue trouvés en Civie et qui sont IcitMiliques à ceux de l'Éu^ypte, v. par exemple Mackknzik, ./. Ilrll Stud., 23 (1903), p. 157 et tabl. IV. —Je considère comme un écliec complet les tentai iv«-s toujours renouvelées de IH:tuik de ramener k's signes linéaires, qu'on trouve sur les tessons de p(>terie égyptienne de tous les temps «période préhistorique, l•^ Xll^ et XVlIb' dynasties) à une sorte d'alphabet primitif, pour établir un rapport entre celui-ci et l'écriture Cretoise et pour montrer que beaucoup de ces signes se sont conservés dans Talphabet ultérieur usité en Carie, en Espagne et en Libye, (halinn, (iiiroh niul. Ilainara, |d. ^27 ; Illahtm, pi. 16 ; Xaqadn, p. 44; Royal Tonihs, 1, p. :^l sq., etc. ; voir aussi Capaut, p. lil sq., et au contraire, Wku.l, Rt^v. Arck., tlHK}, I, 213(1'. sq.i. Il sairit là bien plutôt de marques de fabrique ; cf. Dahkssy, \iiit. du senuicc, \ 1, 103; voir .Knkku, Cralnuuicn auf dem l'riedhof in Turali (t)eutsch. Wien. Ak., :J5, 1912,p. U sq.).— C'est à M. Bciu.haudt que je dois l'explication concernant les poteries exposées au feu pour les rendre rouges au bord inférieur et noires au bord supérieur. Cf. aussi v. Bissing, Pniehisloriche Topfe ans Indien und 'iiis Aefiyph'n, lier. Munch Ak., 1011, 7 ; voir spécialement p. 10 sq., le très instructif article de .lag(»r sur la ma-
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iiière dont on fabrique ces pots (ians l'Inde. — Celte poterie ju'imitive, de môme que la forme de la tombe |)rimilive, se i-encoiilre paiini le baspen()leen llaiile-Kgyple jusque sons le Moyen ljn[)ire, et on Nubie (avec des variétés localesqui se développent depuis rAncien Kmj)ire) partout jusque sous le Nouvel Empire; on la retrouve aussi dans les nombreuses tombes que les Anirlais désii»-nenl sous le nom de « pangra\es »; voir les matériaux rassrn)blés par Wi;i(.\i.i-, AnUiiiiilirs nf Lonwr Suhia, 1907, (;t Hkis.m;u, Arrhcol. Surrcy {^ jii') n.) ; en ouli'e, v. G \usTAN<; et ses fouilles à Kostamne et aussi \/<//. du sern., \ill, I3'2 sq. \Vi:i(;\i.i. atlribue ces lombes, sans aucune raison sérieuse, aux mercenaires nubiens qui étaieni nombreux en M^y|)te : sans doute cette matière (4 cette forme de tond»e étaient-ils aussi en usage cbez eux, c<mime chez les j)auvi'es parmi les Mgypiiens. De même, les dessins de girafes, éli'plianls, Injuimes et barrpjes, (Uc., qu'on trouve sur les parois de l'ocbers en Xulne cl (jui sont de style archaïque (\Vi;i- (iM.i., j»l. I)i^, I ; '-^7, 38, riO, i>7, G7, 7rV) n'appaitiennenf qu'<Mi pai*li(^ à la j)ériode préhisloi'ique : la j)luj>arl de ces dessins ainsi (pie les inscri[)lions qui les accompagnent, proviennent de la \'^" dynastie et du Moyen ljiq)ii'e, même paifois du .Nouvel lùnpire, pai- exenqile les chevaux, pi. .'^7, î).
\1'*>. A travers ce (lévelopjx'menl arlisli(jue, nous pouvons suivre une lenchmce particulière (|iii est resiée durable et ])i*opi*e à la culture c^\ [)t u;nne : pour Iboiunie du coinniun, on ne fabrique plus (jue des articles à bon marche, d'un ail médiocre et pau\ le, et si la main-d'(»'uvre et le; goût artistique vont en se perfectionnant, c'est au bénélic(3 des grands seigneurs et surtout du roi, de ses femmes et de sa maison. Alors le sens artisli(|ue, sei\ i par une techni(jue accomplie, cré(* un style j)leiu d^'iuotion et de finesse et un langage bien défini |)our r(î\pression esthétique. (]'est |)our- (juoi, à toutes les époques, nous Irouxons en Egyple cote à cole des formes (jui, au premier coup (r<i'il, sembleraient aj)j)arlenir a des tcMups absolument (hfférenis. (]e n'est que j)eu à peu (jue les |)roductions réservées a Télite et, en même lem])s, lesidt'esqu'elles représeulenl, |)énèlrent dans la jnasse et deviennent le bi(Mi commun de tout le |)(Miple. tandis que d(*s formes nouvelles sont adopl('»es à ce