‹ Histoire de l'antiquité [microform]Chapitre 66 sur 172 · LES ÉTATS PRIMITIFS DE L EGYPTE · texte numérisé non relu

LES ÉTATS PRIMITIFS DE L EGYPTE

LA FORiMATION DE L ECRITURE

(^ 171;, avec les figures analogues que nous connaissons en Asie Mineure ; entre celle-ci et les premières il n'y a nalurellenient aucun lien. Cf. aussi ^'■liH n. — Il y a matière à un rapprochement sùi- tians le l'ait (démontré par Huoz.N^, Uher das Hier ini nUen lUibyUnden and Ae(/y/)len,{.{ii:ei(jerder Wien. Ak. riiil.. Cl. VMS, I)ez.)que les Babyloniens comme les ÉgypHens connaissaient depuis très longtemps la bière, et la préparaient de la même façon avec la drèche de mail morcelée el mise à fermenter dans l'eau ; Hiozny indique aussi une sorte de bière dont le nom sémitique est huiou, ce qui concorde avec régy()tien hql ; il montre de même que l'égyptien botct u épeautre n est identique avec le babylonien houIpuUon ; mais sa conclusion, d'après lacpielle ce seraient les Égyptiens qui ont emprunté au\ autres (il piébîud que liîqoii dérive de Iu'kjou, u mélanger »} n'est nullement prouvée.

201. Aux scènes de la vie réelle, gravées sur les palettes à fard, s'ajoute la représentation, (juc j'ai déjà {)lusieurs lois mentionnée, des guerriers partant pour la chasse § 1G7). Nous faisons un pas en avant avec une autre palette de schiste, décorée, sur un coté, de deux girafes, et sur Tautre, d'un chanij) de bataille. Des cadavres de guerriers nus, dont la plupart portent des chaînes, gisent à terre ; l'un est dévoré par un lion, l'autre est la proie de vautours et de corbeaux ; au-dessus, apparaît un Égyptien à robe longue (c'est probablement le roi, la tête a disparu ({ui conduit un [)ri sonnier nu et enchaîne, aucpiel on a attaclic une pierre au cou. Plus haut encore, nous voyons des enseignes portant le faucon llorus et ril)is, et ces enseignes allongent des bras et des mains pour saisir les prisonniers nus. Cette tablette, évidemment, est déjà un monument commémoratif de certaine grande victoire. Nous sommes également en pleine histoire avec le fragment d'une autre pierre dont le revers montre des troupes d'animaux au pâturage : bœufs, ânes, béliers, parmi lesquels s'élèvent des arbres ; sur Tautre face, on voit se[)t murs d'enceinte couronnés de créneaux ; ils renferment, (Uitre des masses carrées qui sont des maisons, les armes héraldiques de certaines villes : un hibou, une plante, deux hommes qui luttent, deux bras qui

se lèvent (le signe syllabique Aa), etc. ; et voici que des animaux héral(li([ues, munis de boyaux, sont occupés à démolir ces murs ; de ceux-ci, on a conservé le faucon, le lion, le scorpion, deux faucons sur des enseignes. C'est là une descri[)tion purement symboli(|ue crune guerre, ou un certain nombre de nomes alliés — on distingue à ses deux faucons celui de Koptos — ont concjuis et détruit sept localités, l ne troisième palette à fard exhil)e sur ses deux faces un taureau, symbole du roi victoiieux, (jui perce à coups de corne un ennemi renversé à terre ; cet adversaire est dislinctement un l'égyptien [)ortant le costume décrit plus haut (^^ iG7 . Au-dessous, on voit d'un coté deux murs d'enceinte, avec le nom de la ville ; de Tautre côté, cinq enseignes munies de mains deux loups, ibis, faucon, cl le symboh^ de Minou de l^anopolis) empoignent une corde au bout de laquelle un ennemi estamené; le reste du morceau man(|ue. Telles sont les plus anciennes sources de 1 histoire d'Egypte ; il s'en ajoute d'autres (|ui [)ortent déjà des noms de rois et de vérital)les signes (Técriture (^^ 207 ; elles nous ont conservé les noms de (juel([ues rois qui furent les derniers souverains du Sud.

Les palettes de sclii^U* dont il vient d'être question sont : I. Lujia;, /'SRI., 22, pi 7; Cm'akt, pp. 23(1-233 . 2. Stkindukfi dans les .litjyijluudy (». 123 -- i)K M(»KG\N, Hechrr., Il, pi. 3-- PSJ).\., 22, pi. 5 = Capaut, VArl Cffyplien, p. 228 s. ;3. Sikindoui f, [). iiG=:z BCIJ, W'I, pi. 1 =;- di; Mou(;an, II, pi. 2 - P.S/M., 22, pi. i -^ Cm'akt, p. 234 s(|.

La formation de récriture.

202. Les derniers monuments (jue nous avons examinés témoignent d'un progrès : au lieu d'employer dans un but purement décoratif des figures et des scènes empruntées à la vie, comme sur les peintures des vases préhistoriques ^^ 172),

LES ÉTATS PHIMITIKS DK L ÉGYPTK

l.\ FORMATION ])E I. IJCRITrWK

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OU a essaye cl'exi)riiner des symboles par ces images, de (ixer par elles tout le développement d'une aelion et d'en faire saisir le sens au spectateur. Ce sont ces derniers essais qui préparent l'écriture égpytienne, et celle-ci a été inventée^ sous le règne des adorateurs d'Ilorus, puis(|ue, à Tépoque de Meurs, nous la trouvons déjà pleinement développée.

L'écriture est en germe dans ces images très anciennes, dans ces dessins symboliciues au trait ou nons avons déjà reconnu des reproductions de bateaux, des blasons de nomes et de localités, puis encore des amulettes, etc. ; quant a ces combinaisons de lignes variées que l'on trouve à toutes les époques sur les tessons des poteries .^ • /^ *^- ^ ^e sont aussi probablement des mar(|ues de propriété. Vers la lin (b' répoque prébistoricjue, on emploie, comme sceaux, des eylindres ; ils sont ornés de ligures animales et luimaines (parmi les([uelles parfois des monstres fantastiques, de l)raucbes et de traits ; on les inq)rime, en faisant rouler le cylindre sur l argile molle (pii sert de bouchon nux cruelles devin, d'huile, etc. On utilise aussi comme signes symhnlicjues les attributs, sceptres et couronnes des dieux et des rois, et les représentations ligurées de la divinité en général. V)ans tous ces cas, en elFet, l'objet ligure sert en même temps a personnifier une idée, et c'est dans le symbole cpie réside sa signilication. Cela devient très clair lors(,ue Ton met entre les mains du dieu ou du roi rinerogU plie de la vie ^ ou d'autres signes |)ris comme amulettes. Voila les idées qui ont conduit aux représentations (pie nous avons vues sur les palettes de schiste ; elles prétendent moins re[)roduire un événement que provo(|uer [)ar leurs images nue traduction en paroles: antrement, elles n'auraient pas de sens. Elles ressemblent aux débuts de lecriture chez les Indiens. Ce genre de représentations symboliques, qui ne sont pas les images (lévénements réels, mais qui cherchent à exprimer une pensée, s'est maintenu en Egypte à toutes les épocpes ; il y en a des exemples nom-

bi-eux : ainsi la scène où Pharaon frappe de son glaive les représentants de peuples étrangers, jetés à terre, (Ui celle de la réunion des deux pays, etc. Les signes syllabiques que comporte Técriture développée ont également la même origine. On r(q)résente un mot ou une idée |)ar rima<>-e d'un objet ou d'une action qui désigne ce mot ou cette idée ; par exemple, u aller » s'exprime |)ai' (b^s jambes en mouvements A, une action violente, I idée de b)rce, etc., par un homme qui fiapjx' ^ ; le faucon (rHorus désigne Hoiiis, mais

aussi «dieu » ou « roi » J; 199 . Ensuite, on emj)loie les images poui- désigner d'autres mots qui contiennent les mêmes sons parexemple l'oie sel s'emploie aussi pour h mot .s^ « fils .> • l'd'il /ri s'emploie aussi pour//* .. faiiu; » ; le panier /zt'/>/ poui" nch, « seigneur » ; la maison per pour/)/;/, « sortir dehors». Les hiéroglyphes de villes, qui sont sur les palett(»s de schiste, contiennent sous un(^ forme héraldique, les commencements (h» l'écriture des syllabes et des mots ; celle-ci est aussi en germe dans l'éci-iture des noms de i*ois les plus anciens.

On croynil nntretois (|ii«' ce cvlindrc. percé <l'ini Ircui el atlacliéà un liiMi, (pii servait à inipi-imer les sceaux, était caractéristique de la Hal>v- Iniiie, mais il apparaît nininteiianl qu'il remonte en Kgypie à lui temps |)oiir le moins aussi ancien. Les sceaux eu forme «le scarabées n'euirenl en usaii'e q«ie peu à peu sous le Moyeu Ijupii-e. Sui* ce suiel eu ,ir<''néi'iil, (T. le irrnml recueil syslémalicpic de Ni-win.Hin : SrarnbK, J906. Le mot étrypiien <|ui veut du-e sceau, c/ilm, ;i été, il est vrai, en nsaye «liez les Sémites occidentaux, mais connne il ditï'ère complètement du mot l)ahylonien Jamnoukhoii, il n'y a aucune raison de croire à un emprunt de la pari îles Égyptiens. Les sceaux les plus anciens, ornés de représentations figurées (V. par ex. PKTHn., lUtynl 'A>//j^6', IJ, 13, 94 sq., 14, toi sq.) font place peu à peu, sons les premiers rois, à des sceaux gravés de signes d'écriture. — Hc^préseutation de la fahrication d'un cylirjdre, (pi'on perce d'un trou, sous la W dynastie, dans Ni:wni;ni!>, l*sii\. 27/2S() 11 est plus nisé maintenant de se rendre compte de la manière dont sest formée l'écriture égyptienne et de la combinaison de deux princijjes opposés, grâce dune pari aux textes des Pyramides, ((ui nous présentent la forme la plus ancienne dune écriture à peu près II. 9

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LES KTATS IMUMITIKS I)K CÉi.WTK

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