LE PLUS ANCIEN DÉVELOPPEMENT DU CULTE DES MORTS — S
Le plus ancien développemenl du cal le des morls.
204. Le culte des morts lui aussi, sous la forme typique où il s'est maintenu pendant une période de civilisation éo-yptienne qui a duré 35 siècles, est en germe dès l'époque des adorateurs d'Horus. Nous avons étudié plus haut ^j^ 170\ les formes anciennes de la sépulture. L'ensevelissement s'associait déjà à des croyances précises : on pensait (|ue les esprits continuaient à vivre dans l au-delà, dans le royaume du « premier de ceux (|ui vivent à l'occident », c'est-à-dire de C.honti-amentiou, le dieu-chien, et on parlait des heaux champs Jarou où les défunts continuent leur vie leirestre, cultivent des champs dont la fertilité est cenluj)lée, navio-uent sur les canaux, se promènent sur des chemins ombreux. En même temps, Tàme {ijc/i et l'esprit {ka) restent actifs auprès de la tombe: ils désiient retourner dans le cori)S du défunt, reprendre possession des membres et des os disjoints; ils voudraient manger, boire, se réjouir et s'en aller rôder sur la terre, avec toute la liberté de l'esprit qui peut « revêtir toutes les formes (ju'il lui plaît ». Des formules magiques devaient aussi accoinj)agner la mise en terre. Toutes ces croyances se révèlent avec une force encore plus orande lorsqu'il s'agil d'un souverain, surtout à partir du moment oii nous nous trouvons en présence d'Etats développés comme ceux des adorateurs d'IIorus. Puisque le roi est, de son vivant, un dieu sur terre, le dieu (h: la lumière Horus, il ne peut pas ])artager après la moil le sort d(^s autres mortels; au contraire, il va rejoindre dnns le ciel lumineux les dieux auquel il est pareil; puisqu'ils l'ont engendre et protégé, comment l'abandonneraient-ils dans l'avenir? Les poi'tes du ciel lui sont ouvertes et, dans le lirmament nocturne, il apparaît comme une étoile parmi d'autres
étoiles; même, il est parmi les astres « imj)érissables », les constellations circumpolaii-es qui ne descendent jamais sous l'horizon (5^22(1); ou hien, il entre dans la barque solaire de Rê', et il vogue tout le long du jour sur l'océan du ciel. Certes, dans ce somhie l'oyaume de la mort et des ténèbres, bien des dangers le menacent de la pail des malins, des fantômes et des dieux jaloux; aussi faut-il songer à le pourvoir de formules magiques de toutes soiles, d'amulettes, de charmes et de lites (jui lui confèrent un pouvoir sur tous les dieux. Ces foriuules se rapportent toujours aux mythes des dieux, et se com[)laisenl [)our* le reste à des descriptions toujours renouvelées du monde des esprits et de ses mystères.
205. A ces idées se mêle une autre influence, celle qu'exerce déjà la légende d'Osiris, sous la forme qu'elle vient d'acquérir (§ 19.'5, sq/. Le dieu mort de Busiris avait été transformé depuis longtemj)s en un roi puissant qui avait régné dans l'antiquité, ettoul le monde connaissait sesaventures merveilleuses, (ju'on mettait en scène à ses jours de fête, ainsi «pie le pouvoir bienfaisant et mystérieux qu'il exerçait du fond d(^ sa tombe. Si Osiiis a succombé à la perfidie de Séth et a du descendre dans le rovaume de la mort, il en ira de même de son successeur, le roi terrestre. Mais Osiris a un fils, que, d'après une version de cette légende, il engendra d'Isis, dans son tombeau même, après sa mort ; cet Horus a vaincu les ennemis de son père, fait triompher la cause d'Osiris avec l'aide de Thout, a rassemblé les lambeaux du cadavre démembré et leur a rendu la vie par la magie. Aussi, Osii-is règne-t-il désormais, justifié et triomphant, non seulement dans le royaume des esprits (c'est pour cela qu'on l'a confondu j)lus tard avecChonti-amentiou), mais aussi sur terre, où il déploie une activité nouvelle, quoiqu'il ait les apparences d'une momie et d'un dieu mort. Gha(|ue année, à Husiris, on érige à nouveau le j)ilier qui