L EGYPTE SOUS LES THINITES
Les prédécesseurs de Menés.
200. Le roi Menés, ori^^iuaire de 'Hiinis eu llaule-10<rv|)te et foiulalem* de la première dynastie, est regaidé par ton le la tradition coaiiiie le prejuier souverain d'Kgypte ([ui ouvre la série continue des pharaons. Comme il fallait trouver une raison pour e\pli(|uer une entiée dans 1 histoire aussi marquante, on supj>osa (jue c'était lui ((ui avait « réuni les deux royaumes », et pour- la pn^mièrc t'ois associe sui- sa tète la couronne rouge et la couronne hlanche. Présentés sous cette forme, les faits ne sont prohablement pas exacts, car nn certain roi Narmer, qui porte déjà les deux couronnes, fut probablement un prédécesseur de Menés ; mais il se peut (jue l'évolution commencée sous ce règne ait été menée par Menés à bonne fin. La réunion fut Iceuviedu Sud; c'est pourcjuoi, dans le [)rot()cole, le royaume du Sud esl toujours nommé avant celui du Nord. Des doutes sur la réalité liistoi-i((ue de Menés et de ses successeurs immédiats, lurent souvent e\[)rimés autrefois ; rien ne les justifiait, pas môme le fait, (|u'en dépit des recherches, on ne découvrit, pendant longtemps, aucun vestige des premières dvnasties el que les plus anciens monuments, alors conmis, ne
remontaient pas, sauf la |)yramide à degrés du roi Zoser, au delà de Snofrou et de la I\' dynastie. Les choses ont change depuis 189(i ; dès lors, on a ramené à jour de nombreux lestes des premières dynasties et du roi Menés lui-même. Entre autres, oji a trouvé beaucoup de petites tabl(4tes (Tt'bene ou d'ivoire poi'tani mention des événements advenus en c<'rtaines années cï.^ it)Oj, fêtes, guerres, constructions, et qui servaient, en même temps, à désigner Tannée. Une chroni(jue sur pieire, de la \' dynastie, dont nous avons déjà parlé au § t92,et dont un fiagment est conservé à Palerme, donnait à [)artir de Menés, une liste complète de ces notices annu(dles, et, si la [)ierre eut été conservée intacte, nous aurions eh elle un résumé continu de l'histoire des |)remières dynasties. Là donc, nous sommes sur un terrain solide, quelles que soient encore les lacunes de notre savoir, nous voyons se dc^ssint^r devant nous, en traits |)alpables et historiques, l'antique silhouette de remj)ire égyptien.
La découverte' «les nionuiiieiits (ios deux premières dynasties coiuinence avec les lonilles d'ÀMi'i.iMvr dans la plus ancienne nécropole (Uuîni el Gaab) située (l;ms le désert, en arrière d'Abydos (1895 sq. ; «'est là que plus lard on venait adorer le tombeau «TOsiris dans le tombeau du roi (Client § 211). Les fouilles (TAmi-iim a» ont été mal conduites, et publiées de façon tout à fait insuflisante {Le linnhcau r/'O^/m, 189U ; Les nouvelles fuiiilles d'I/m/os, l, 11 1899,1902). C'est Pktiuk qui, en recommençant les fouilles, nous a fait connaîti*e ces matériaux, du moins ceux qui n'avaient pas été détruits entre temps. (Uoyal Tombs, l, II, 1900 s.; suppléments dans Abydos Mil, 190-2 sq.). Les fouilles d'Abydos ont été complétées par la découverte de la tond)e de Menés à Negade, par di; Moiuiw [lieckerclies sui' les oruiines, 111, 1897 ; compte rendu par BoucuAiun et DourucLiyr, \. /., 'M'y, 87, sq. ; cf. G\us- I A.Nt;, .1. /., ^2, 61 sq.), et les fouilles de ij\ iijili. à /y/V/v/Ao/</>o//.s* (publiées en 1909 sq). H existe une autre nécropole de cette époque à Xag'a ed Der près de Girge J:? 109 n., et une autre à Toura, au sud du Caire (près des grandes caiiières de pierre) ; v. Jcnkkk, Grahmiyen ans deiii i'riedhof in Tunili, Denksvh. Wien, \k. phil. Cl. 56, 1912. Les premiers noms de rois onl été li'ouvés par Sktuk ( \.Z., 35), L. Houcuvkdt {lier.
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