LES PRÉDÉCESSEURS DE MENES
Il t
tlucticm artisticjue. Aux (I<mix bords supérieurs, elle est décorée de têtes de vaches, svmboles d'Hathor f^ 11)9 n.), entre lesquelles s'inscrit le nom du roi; sur la face ant<'rieure, au centre, nous voyons deux animaux fantastiques amenés à la corde par des Egyptiens, et dout les cous s'allongent et s'enlacent autour de la petile cavité à fard. Sur la face postérieure, le roi, coillé d(^ la couronne de llaute-Egy|)te, s'avance d'une puissant(î alluie, suivi de son porteur de sandales, silhouette plus |)ehle. Le roi a saisi par la ciievelure un ennemi tombé à t(M*re, el l'assomme de sa massue, et cet ennemi esl désigné par les signes du harpon et du lac qui indiquent un représentant du VIT' n<nue de Uasse-Egypte, où était située la ville de j^outo, au sud-ouest du lac de Hourioiis. Au-dessus, il} a une scène dontle sens symbolique est |)oussé encore plus loin : le faucon llorus lient une corde qu'il passe à travers la lèvre supérieure d'une lèle qui surgit du sol; cette tète signifie, comme en témoignent les chillVes, inscrits à côté, (i.OOO ennemis. Au bas de la palette gisent deux hommes assojumés et nus, el,à coté d'eux se trouvent les noms de leurs lieux d'orioine. Uevenons à la face antérieuie: au bas, on voit le taureau royal fouler aux pieds un ennemi el, en même temps, défoncer, avec ses cornes, le mur d'une forteresse. Eu haut, on c<''lèbre son triomphe : le roi porte ici la couronne de la Basse-Egypte qu'il a gagnée à la guerre; à ses côtés se tiennent son vizir et son porteur de sandales, et on porte devant lui (jualre enseignes dont deux sont le faucon Horus, une autre le loup, une autre un fétiche en lorme d'outre; en avant de ces enseignes, s'alignent des rangées de cadavres, dont la tète, détachée du tronc, a été placée entre les jambes. Au-dessus, un faucon détruit à coups de bec les harpons suspendus à une barque du Nil, tandis qu'un autre s'attaque à un panneau de porte: ce sont les emblèmes des nomes vaincus. Des scènes de la même guerre sont gravées sur la masse d'armes; celle-ci, du reste, le cède au sceptre du Scorpion
pour la grandeur et le soin de l'exécution. Ici encore, Narmer, porte la couronne de Basse-I^gypte. 11 trône sous un dais placé sur une haute estrade; au-dessus de lui plane Nechbet, la déesse-vautour de Haute-Egypte; il est entouré par toute sa cour, et son fils est dans une litière ; (juatre enseignes se dressent devant lui. On nous dénombre encore le butin: 400.000 bœufs, 1.422.000 chèvres, 120.000 piisonuiers ; on sent la joie naïve (jui inspirait aux Egyptiens primitifs de telles exagérations. Ces monuments nous permettent de suivre avec assez de clarté les événements historiques: Narmer est un roi de Haute-Egypte qui a conquis le delta occidental, abattu ses forteresses et gagne lacouionne rouge — le ])ommeau du sceptie représente sans doute la scène du couronnement — et sa victoire a été suivie d'une répression sanglante. Les Libyens, voisins des habitants de Hasse- Egyj)te, les ont aidés dans le combat; en effet un petit cylindre d'ivoiie nous montre le nom du roi surmonté du faucon Horus et du vautour de Nechbet; ce nom, d'après les principes de l'ancienne écriture idéographique, allonge des bras et frappe avec un bàlon sur des files de i)risonniers nus (pii portent les cheveux à la mode libyenne, et (|ue l'inscription désicrne sous le nom de « Zehenou », c'est-à-dire Libyens de Marmarica ^ 165^ Il existe d'autres cvlindres où l'on voit les Égyptiens empoigner par les cheveux des prisonniers nus pour leur défoncer le crâne; ils se rapportent sans doute à cette même guerre. Ln autre fait à retenir de ces scènes, c'est que les anciens Égyptiens comme les Babyloniens, l'etiraient toujours les vêtements à huirs priscmniers et aux hommes tués. Outre les leliques dMli(M-akonpolis, on trouve des tessons au nom de Narmer parmi' eux un fragment d'une table-annale (|ui mentionne le nom de la forteresse rovale cà et là à Abvdos, dans les tombes royales les plus anciennes, et à Negade, dans le tom])eau de Menés ; ceci prouve cjue Narmer est chronologiquement très proche de Menés.