‹ Histoire de l'antiquité [microform]Chapitre 79 sur 172 · RAPPORTS DES EGYPTIENS AVEC LEURS VOISINS · texte numérisé non relu

RAPPORTS DES EGYPTIENS AVEC LEURS VOISINS

reconnaissaient dès cette époque la suzeraineté du Pharaon, car leur bien-être dépendait essentiellement de leur trafic avec la vallée du Nil ; entre autres marchandises, on tirait de Libye une huile parfumée que l'on prisait fort. A l'est, les Égyptiens, après avoir soumis les Troglodytes (5^212), les avaient placés sous le gouvernement d'un « administrateur des montagnes du désert » {Ahijdos, lU, U, 8) ; de même ils s'assujettirent les Sémites nomades [Menzion) établis près des mines du Sinaï. La route très ancienne qui conduit de la vallée du iNil en Syrie à travers le désert du Sinaï, était appelée « les chemins d'Horus », parce qu'Horus avait poursuivi Sèth jusqu'en Asie, et infligé une défaite aux habitants du désert ; cette route passe sui* « le pont du pays » à i:i-Qantara, entre les lacs Menzàleh et Ballàch. Ici s'élevait la forteresse de Zarou (à l'époque romaine S/7^), qui était la capitale du quatorzième nome de Basse-Egypte, la « pointe de l'orient ». Il y avait, plus à l'écart, une seconde route d'accès en Egypte : elle parlait plus au sud du lac Timsâh, et conduisait à travers l'oasis de Wâdi Tùmilât (colonisée bien plus tard seulement) versGosen (Saft el Henné) et Bubastis. Celte route, elle aussi, était aux temps anciens protégée par une forteresse, que l'on appelle plus tard le « mur du prince pour repousser les Asiatiques Setioii) » ou bien (c pour ne pas laisser rentrer les Sémites (\4mow) en Egypte >>. — (juant à la Nubie, nous avons déjà mentionné plusieurs expéditions qui eurent pour résultat d'incorporer à l'empire tout au inoins la région de la cataracte. Ici s'élevait dans une petite île, au-dessous des rapides du lleuve, la « ville de l'ivoire », Jêl) Éléphantine), la ville frontière de TEgypte proprement dite, siège de l'administration du nome le plus méridional (§ 165 n.), et, en même temps, entrepôt pour le tralic d'échanges avec la vallée nubienne. De tous ces peuples, qui sont soumis ou censés soumis aux rois d'Egypte, on a fait dans les temps très reculés une liste de Neuf peuples, caractérisés par le port de l'arc de guerre (§167) et à la

tête desquels se placent les sujets Égyptiens eux-mêmes, le royaume du sud et le royaume du nord.

(lette liste des « Neuf peuples de l'arc » a été étudiée par Brugsch, Die nltnegyp. Vôlkertafel, Abh. des Berl. Orientalistenkongresse, 111, 75 sq., d'après les interprétations des temps postérieurs dont maintes ne méritent aucune confiance ; puis, par \V. M. Mllli:h, Asieniind Europa, p. a sq., qui cherche à retrouver leur signification primitive, et avance, à cette occasion, des hypothèses par trop hardies. Cette liste, cpii n'apparaît pas avant le Nouvel Empire, est extrêmement ancienne ; son contenu même l'indique, ainsi que les nombreuses allusions (luy l'ont les textes des Pyramides. - On n'a pas encore identifié les Pettiou-Sou ni les Satiou (en Nubie?i; les sept autres peuples sont: le pays du Sud, le pays du Nord, les lountiou (Troglodytes) de Nubie, les Menziou de Setet (c'est-à-dire d'Asie), les Zehenou, les habitants des oasis {Sechetioa am ?) elles Hanebou (§ 2^28). Les Nègres et les habitants de Pount ne paraissent pas dans cette liste (cf. §§ 165 n. et 165 n.) Setet désigne l'Asie comme dans les temps postérieurs ; preuve en est, malgré l'opinion contraire de W. M. Millkk et de Navilli:, la légende inscrite sur une fij2^urine en ivoire trouvée dans le tombeau de Sen, !i. T. 1, l:i = M {^ 167 n.), qui re])résenle un Asiatiipie dont les traits sont absolument sémitiques. Les habitants de la péninsule du Sinaï s'appellent sous Cheops LU, 11, !2 c »< Troglodytes (lountiou) » ; sous SahourôS LU, H, 39 sq., Newoserrô', LU, II, 15i> a, et Pépi I, LU, H, 116 a, « les Menziou de tous les pays étrangers » ; de Snofrou, Ll), 11,2 a, et d'Asosi, Skthk, Urk. des A. /?., p, 56, on dit seulement: « celui qui vainc tous les peuples étranj^^ers ». Sur le texte qui accompagne les prisonniers, au temple funéraire de Sahourè', nous lisons à la suite du nom de peuple Menziou, l'autre nom Senziou, déterminé parles mêmes signes ; il en est de môme dans l'inscription du griffon où So[)lou assonune les prisonniers; ceux-ci viennent par conséquent de l'Orient, v. § 165 n. ; y a-l-il là deux peuples différents, ou s'agit-il d'une variante dans l'écriture ? Ou bien les Senziou appartiendraientils aux pays civilisés de Syrie, du côté de la Palestine ? — KCthmanis (Die Ostgrenze Aetjypiens ; Diss. Berlin, 1911) a fait la lumière complète sur ces [)roblèmes relatifs à l'Orient. Contrairement à l'opinion très répandue, qui repose sur de fâcheuses méprises, que, dans l'antiquité, la Mer Bouge s'étendait jusqu'au lac Timsàh (voir ce tracé dans les caries de Snuii.iN el dans le Bibelatins de (iuriiK, 1911), Ki tjimann a démontré que la configuration de l'isthme dans l'antiquité était,sauf quelques modifications apportées par le canal (Je Suez, exactement la même

l'Egypte sous les thinites

qu'aujourdhui ; de plus le inniie d.. Ihnpon onentul(nome 8), celui de Pithom-SukUolh, est d orij^nue plus réceute ; la W Adi TinuilAt n a été colonisée (pi'après le Moyen Kinpiiv ; enfin, Zaïon est sitné i)irs d Kl- Oantaia (ruines de Ahou Sète) et s'identifie avec l'cniplacenieut de la g..mison romaine Silc C'est près de Zaron cpie sont les u chemins dUonis n, V. EuM VN, V. Z., i3, n s., mais Kiu, vn sif ne Zanm prèsdlsma'ilije de meme(pie D. mi. ukn et S<'.n\i .:u, A//o, IV, l.VJ); cela est contredit par lu ruMANN. - La pyramide de l'eti, m sq., donne les iM)ms de cinq mers (cf. Kuman, i'./., ^ii^ H) Kenww'r : les lacs amers (en particulier le lac de Timsàh); (hid^oiirr, la mer l^ouge ; Senourr, l'océan (Indien ?) ; Tehen psr llancbou, a le cercle qui entoure les llanebou -, la Méditerranée, et Sen'oseh. <■ le (Irand (Jcéan », c'est-à-dire, sans doute, cet océan universel qui, d'après les conceptions égyptiennes, entoure la terre (cf. à ce sujel II. S....Û.U dans M/o, IV. p. m, dont l'hypothèse se trouve en partie justifiée par l'iiderpiétation donnée par Kuman du conte du Naufragé, \. /., W). Le nom /vc//io//«'r est déterminé par un mur de forteresse ; il faut croire que celte fortification, «pi'on rencontrait à la sortie du Wadi Tùmîlàt, au bord du lac de Timsàh (près d'isma'ilije) était très ancienne; elle est nuMdionnée d'ailleurs à mandes reprises (Sinoiihcl ; l'(ii>yrns t/tMloi.i:M<:sm;i »• à Pélershourg, -i. /•, 1 i-, 110 ; Ht'c, i:i, 80, i^ "280 n.).

228. Aux races citées par la liste des peuples appartiennent les llanebou (prononciation incertaine peuple dn nord, habitant les iles de la Méditerranée. On est tenté dépenser tout d'abord à la Crète, dont nous avons déjà vu les rapports extrêmement anciens avec l'Kgypte ^^ 172;, peut-être aussi à Chypre, etc. Entre ces régions et l'I^gypte, il a toujours existé un commerce par mer cjui, déjà sous les Ihinites, a pour point de départ le delta, mais, inversement, noml)re d habitants de ces côtes lointaines venaient aussi vers rÉgypte soit comme pirates, soit en marchands paciti(|ues ; ces derniers rendaient hommage au Pharaon en lui apportant des présents. Les tombeaux de Client, Ousaphais et Semempses à Abydos contiennent ])eaucoup de débris de vases d'argile (|ui n'ont point un caractère égyptien ; ils sont tantôt (run rouge brun, tantôt d'un brun tirant sur le jaune inat, et décorés de lignes rouges et de triangles remplis d'un

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semis de points. 11 est probable (pi'ils venaient des centres de culture de la mer Kgée et que ce sont les Ijanebou (pii les importèrent en l^gypte.

A la basse époque, on désii^ue les huiiens (Tirées) sons le nom de Miuiebou ; la preuve ({u'ils habitaient la Médilerranée est dans le noui même que porte celle-ci en éorypiien (^^lll n.i. Surla poterie égéeinie, v. PiTiui:, n. 7\, U, oi et p. 4b; \/m/os, l.Seti). il; pour les vases noirs {hydox, pi. 12, 5()T sq., il, 20 s(p : ri'. pp.'2H et H8. Les vases de pierre étryptiens que Ton trouve encore assez souvent dans l'île de Crète (d qui dat(Md iiarfois de l'Vncien Kmpire, ne proviennent pas, connue le croyait Kvans, des anciennes couches miuoénnes, mais de couches beaucoup plus récentes (aux environs de KiDO); (dles ne peuvent donc servir de témoii>-nage (mi faveur de rapports très anciens ; cf. Fimmkn, Zrif und Ihtnrr dcr hrelif^rh-Diykcn. l\nJfin\ p. î)H sq.

229. La listedes Neuf peuples est loin d'embrasser toutes les régions qui sont connues à l'époque ihinite. Si déjà le roi Snofrou envoyait des vaisseaux en Syrie pour y chercher les poutres de cèdre nécessaires à ses constructions 5:^232;, il est probable que ses piédécesseurs en avaient fait autant ; le port où on embarcjuait le cèdre était cette ville de Hyblos, au |)ied du Liban, déjà familière aux Kgypliens depuis des temps anciens (^ 357 . Les résines et l'encens, dont on avait besoin pourle service des dieux et le culte des morts, faisaient l'objet d'un commerce régulier- d'échanges, mais il est probable qu'on ne s'en est pas tenu à ces produits. Ce n'est pas par ouï-dire seulement que les h:gyptiens connaissaient le pays dOrigine de ces aromates, Pount, sur la côtedes Somalis (^ 165), le lointain « pays des dieux » S^ 187), leurs vaisseaux v firent certainement (|uel(|ues visites. Il est vrai (jue nous en entendons parler pour la preirrièref ois sous la V^' dvnastie ; mais c'est par hasard, car nous voyons déjà un homme de Pount parmi les servit(Mirs d'un seigneur de la quatrième dynastie (LD, IL 23, ^ 1^7 n.). L'Lgypte, pays des dieux et de la civilisation, se croyait située au centre du monde, ({u'elle imaginait entouré d'un océan, ou

l'Egypte chez les thinites

le Nil hii-même, au dire de quelques égyptiens, prenait source. Eu fao(^ âos autrc^s peuples étrangers, riiomuie d'Egypte se considère comine le seul être civilisé; sans doute, les autres lui pouvaient apporter tels et tels produits ([ui ne croissent pas dans la vallée du Nil ; mais combien inférieure était leur race de Harhares! Eux-mêmes, ces étrangers, en ont conscience : dès l'époque thinite, les nomades des pays du désert, les nègres de Nubie, les pirates de la mer, et même les tribus de Syrie et les iiabitants de ses cités, auront regardé rem[)ire d'Egypte avec des yeux j)leins d'admiration, tout en préférant ne pas échanger leur liberté contre la domination du f^haraon.

Au delà de ces réorious s'étendait la Babvlonie, et, vers l'époque thinite, commença de s'y développer une civilisation arrivée à peu près au degré où en était TEgypte au temps des deux royaumes des adorateurs d'ilorus. Il est hors de doule que les rapports de bi monarchie pharaonique s'étendaient jusque-là, car de tous tem|)s, l^gypliens et Babvloniens ont du se rencontrer sur les marchés de Syrie et dans h^s lentes des chefs Bédouins. Comme Hhozny l'a montré, on a fait de la bière, en l^^gyple comme en Babylonie, depuis les temps les plus anciens, avec le mail provenant de l'orge germée, que l'on brise en morceaux pour les faire fermenter dans l'eau ; le mot hqt. qui en égyplien signifie bière, s'emploie également pour désigner une autre espèce de bière qu'on fait à Babylone, hiqoii. De môme, on trouve dans les deux langues un mot identique j)Our désigner r « amidonnier », le genre de froment très répandu dans le pays ; égyptien botei; babyl. houtouitou Avec les progrès de la science on découvrira certainement beaucoup d'autres rapports entre les deux pays, et on pourra également déterminer, dans chaque cas particulier, le(|uel des deux pays a donné ou emprunté à Tautre (cf. îij 200). La priorité est du côté des Égyptiens : cela ressort dès à présent de la chronologie : cela n'empêche pas qu'ils aient

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