MANETHON IV'* DYNASTIE, 8 MEMPHITES
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L'addition des chiffres partiels donne 284 ans.)
L ANCIEN EMPIRE
LES TOMBEAUX DE l' ANCIEN EMPIRE
dans le leinple funéraire; ils assiiient ainsi à son esprit une vie éternelle.
Je signale encore une fois (jue le culte des nioils en i.ii^ypte ne consiste [)as du tout dans l'adoration d'un dieu dont on espère la protection et le secours, ou dont on cherche ù apaiser le courroux (comme le prétend la théorie qui l'ait venir la i-eligion du culte des ancêtres; ; bien au contraire, il s'agit toujours de l'animer, par des moyens artiliciels, unespritqui est en soi-même impuissant, que Ion veut rendre pareil aux dieux, mais qui, après tout, n'en est pas un. Ce n'est qu'à partir du Nouvel Empire »|ue quelques rois défunts, peu nondjreux (tel qu'Amenophis !«•■) et certains autres l)ommes(tels Imhotep et le «sage » Amenophis)se sont parfois mués en dieux secondaires. — J'ai présenté un(^ esquisse de l'Ancien Empire et de sa civilisation dans nH)n mémoire Aeyypteii :ur Zeit der Pyramidcnbauer, 1908.
237. Comme déjà sous les Thiuites, de même chez les Mempliites, les épouses el enfants du souverain, ses courtisans et les plus hauts fonctionnaires de son royaume sont admis à ce privilège de riinmorlalité. Le roi leur donne uu emplacement pour h^ur tombeau, soit auprès de sa propre pyramide, soit près de la pyramide d'un de ses prédécesseurs, dont ils fissurent le culte; il donne Toidre au grandprètre de Ptah(S^23oj de leur livrer dans ce but des stèles de pierre; il lui prescrit quelles offrandes il faudra présenter au défunt « à tous les jours de fête de Eannée el chacjue jour »), sous le nom d' « ollrandes du roi », par l'eut lemise d'iVnubis, le seigneur des tombeaux, par celle du dieuchivn de Toccident et d'Osiris; le roi accorde aussi à ces privilégiés les amulettes, (jui àTorigine étaient réservées à lui seul. Les riches, à leur tour, s'occupent de construiie it d'équiper leurs propres lombeaux; tout comme le roi, ils se choisissent des « serviteurs de Ka )),et établissent avec l'autorisation du roi, pour le service des offrandes funéraires, des fondations à perpétuité ([ui comprennent des terres et des gens. Si le vivant a négligé ces précruitions ou n'a pu achever sa tâche, c'est au lils qu'il incombe, j)ar j)ieté filiale,
de s'occuper du défunt. Tout autour dos pyramides s'étendent ainsi des nécropoles où tonil)eaux après tombeaux s'ali-nent e.i rues régulières. Sous la III'' dynastie, la pyramidr royale avait la iorn.e d'un tertre gigantesque en pierre X-my c'est cette forme primitive delà tombe royale .(u adoplent maintenant les gens de la cour. I.e cadavre est enfoui dans un puits recouvert d'uu amas de terre amoncelée; le tertiv <le forme oblongue, avec des cotés oblKjues, est ceint d'un revètemeni de pierres ; les Arabes lui ont donne le nom de madaha « banc ». Sur le côté est «le ce tertre, on introduit <lans la maçonnerie une gran.le stèle de pierre nui a la forme d'une porte de maison fermée , c'est ce qu'on appelle l.> fausse-porte) ; elle donne accès ,lans le monde <les Esprits; par-devant celle porte s'étendait à l'origine une cour entourée d'un mur de briques, on bien s'élevait une chapelle pour le service funéraire. Bientôt ciiapelleel porte sont r.'portées dans l'intérieur même du mastaba et, peu a peu, cette chambre primitive a donné naissance à un système de chambres de plus en plus nombreuses.
C'est \Iu,.,,rn.(|uia le premier *...l>l<'yé le terme de m.,M„U„. pour désigner une grande .onstru.'lion, près ih- .Sakkara. -Ion! la .lesln.alion reste encore énigmatique, et qui s'appelle 1/,,./,.^,/ W-F.r.ou,., » banc du Pharaon .. Us spéculations l'antaisisles de Kkaiss, /;m;<„ (il-, m sq s't'-c roulent <lonc .levant rette explication. ~- I1ui,:<.:.h..i. r„'abdc„h,u,l<ie.Chei,l>n;,,v 'î^- 'ail remarquer que le portique dans la vallée, qui se relie au temple funéraire des rois, est issu <le la lorru.' du mastaba.
238. De génération eu génération, on é(|uipe la tombe avec un luxe toujours croissant. Ce qu'on désire tout d'abord c'est protéger le cadavre contre la corruption ou la destruction par violence, el lui assurer, gràc.> au culte des morts, une nourriture abon.lante pendant toute l'éternité. On embaume donc le cadavre pour le conserver, on le cache au fond d'un sarcophage en bois ou en pierre, .|ui a la forme
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LES TOMBEAUX DE i/aNCIEN EMPIRE — § 239
d'une maison, et on renfoiiil dans un puils inaccessible, obstrué (le pierres énormes. J^n oulre, on enferme dans le tombeau la statue (bi défunt, en bois, en calcaire ou en schiste (celle du roi es( souvent en pierre dure). S'il s'agit d'uji mastaba, on [)lace celte statue dans une chambre spéciale arabe r^ scrdah , commuiii(juant avec bi chambre funéraire par une ouverture droite, ou passe la tumée des sacrihces. S'il s'agit d'une pyrauii(K% la stalue se |)lace (btns le temple funéraire; Tespril (bi (b'funt pourra à son gré venir résider dans cetle statue; mais, bientôt, on trouve (ju'une seule statue ne suftil pas el (ju'on procédera |)Ius sûrement en en faisant fabriquer uu grand muubre; c'est ce qui explique la multitude des slalues dausie tempb' (b' Chephren. Pour les offrandes, on place devant le mort des trépieds, des vases, des labiés munies de cavités pour recevoir les onguents et les liquicbs. Les lem|)les rovaux ont comme annexes de grands magasins. Le portrail du défunt est souvent reproduit sur la fausse porte du mastaba, lantùt sculpté en ronde bosse, tantôt gravé à bi bicon d'un basrelief; on ajoute son nom et son titre, ainsi que les formules des offrandes; parfois, on nous donne encore d'aulres détails sur la carrière du défunt, les charges qu'il a remplies, le tombeau qu'il s'est fail construire et les fondations qu'il a laites pour son culte. Mais cela ne sufhl pas encore : celui qui liabitera cette tombe (b^sire vivre un jour dans sa c. maison déternité » comme il vivait dans sa juaison terrestre, (mtouré de sa famille, de nombreux serviteurs et de tout le confort possible; il veul contempler, dans sa vie future, ses serfs travaillant aux champs, paissant ses troupeaux, chassant les oiseaux ou péchant le poisson; il veul les voir exerçant leurs métiers, conslruisanl des barques, naviguant sur b^ Xil; il veut voiries paysannes de ses domaines apportera leur seigneuries redevances dont on fera offrande au mort, et ses valels aballre sous ses yeux des chèvres et des ixenls; lui-même enleiid, coniiue aulre-
fois, s'asseoir pour ses repas aux cotés de son épouse, servi par ses enfants, et se distraire^ en chassant dans le désert ou dans les marécages du Nil. Les murs des chambres funéraires se décorent donc, de plus en |)lus, de tableaux (|ui mettent sous nos yeux la vie el les faits et gestes des gens distiinniés et de leuis serviteurs. Aussi ces toml)eaux sontils pour nous une source abondante de ienseign(Mnents ; ils nous font connaître dans tous ses détails la vie à celle époque. Celte décoration funéraire n'arrive à son plein développement que sous les derniers rois de la IV* et surtout sous ceux de la V' dynastie; néanmoins la lomi)e de Melen, sous Snofrou, nous en fournit déjà les formes essentielles qui se multiplient el s'enrichissent dans le tombeau à peine plus récent de Ha'holep, à Medourn, el dans plusieurs tombeaux de (jizeh, datant du règne de Cheops et de Chephren.
239. Toutefois l'intention qu'on poursuit en décorant les tombes cache mal un désaccord (jui gouverm^ toute la vie morale de l'Egypte. Nulle part ailleurs sur la terre, on n'a de[>loyé tant d'énergie el d'opiniàlie |)ersévérance pour essayer de rendre |)0ssible rim|)ossible, pour faire de notre brève vie humaine et de ses plaisirs une existence prolongée jus(|u'à rélernilé. Que cela fùl réalisable, les Kgypliens de l'Ancien Empire ont du en être imperturbablement convaincus, sans quoi comment, généralion après génération, aurait-on orienté toutes les ressources de l'Etat et du pro grès vers ce but? Pourtant, derrière celte conviction, nous découvrons le sentiment, que toute celte splendeur de vie future n'est qu'a|)pareuce, que tous ces formidables moyens i)ar lesciuelson la garantit ne parviennent, en mettant les choses au mieux, (ju'a créer une ombre, un fantôme d existence, el qu'en réalité notre sphère humaine reste ce qu'elle est. Tous les procédés magiques ne font pas que le cadavre redevienne vivant, recommence à se mouvoir et puisse prendre de la nouirilure. Donc on pourra se contenter
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(J'avoii- une slaUie à la place du cadavre, ou un sim[)le portrait sur les murs du tombeau ; au lieu d offrandes rôellrs et de serviteurs du culte, on aura des imnges peintes sur* les murs, ou bien on déposera [)rès du morl d(îs figurines, (jui re|)résenteronl, par exemple, des femmes occupées à uioudre ou à cuire les repas; il suffira même, en princi[)e, de réciter les formules de l'offrancb' et de les inscrire sur les montants de la porte du tombeau. (Cependant on n'arrive pas encoie, il s'en faut même de beaucoup, à tirer les conséquences extrêmes dv celle façon de voir; on ne nie pas positivement la réalité des actes du mort; les formules, le monde illusoire peint sur b's murs, sont une mauière de donner au mort ce qui bii manque, de hii garantir une compensation éventuelle. Vaï même tem|)s, on atteint un autre but : on assure une survie non seulement au défunt, mais encore à ses serviteurs peints et sculptés dans sa lombe, surtout si on inscrit leurs noms. Ivn réalité, l'idée de vie future (|ui anime et guide ri:gv ptien cultivé dill'ère totalement cbis croyances bizarres (|ui dominent dans les forinub^s magiques du culte funéraire et que les Chrilieb (^218 continuent à développer avec zèle. Certes, il se réjoirit en faisant bâtir son tombeau de voir reproihrit son domaine, et il espère bien qu'un jour il le verra, |)ar- b»s yeux de sa statue ou de son image gravée sur* le nurr, et qu'il le contemplera avec un sentiment de joie; mais, par ailleurs, quand il prie les dieux des morts, ce (ju'il leur (bMuande, c'est d'arriver à « une longue et belle vieillesse err état de dévotion vis-à-vis de tous les dieux» (^ou « vis-cà-visdu dieugrand ») etil implore encore « un beau lieu de sépultur-e dans la rréciopole dcî l'occident »; cela veut (hr*e (ju'il parle de sorr tombeau comme jx'ut le faire un homme vivant et non du point de vue d'un mort. Il sait (jue dans Tau-delà il aura à rendre compte de ses actions devant « le dieu grand, le seigneur drr tribunal » et que c'est uniquement par une vie laite de piété et de justice (ju'il peut se pi-omettre une sirr'vie lieur<^use. Alors
son espoir sera de « se promener en paix dans les beaux sentiers du royaume de l'occident, où se pi^omènent les hommes pieux devant le dieu grand >>, et de contempler les dieux dans leur gloire. Ces formules, que nous voyons répétées constamment depuis la fin de la IV' dynastie, prouvent bien que, même en Egypte, en dépit du fatras des superstitions (|ui environnent les morts, ce sont des vires saines et limitées par une sage appréciation des conditions terrestres, ((ui prévalent dans la masse des hommes cultivés. Les représentations sur les murs des tombeaux prennent alors le sens de tabb'aux de la vie réelle; elles servent à fixer la mémoire du disparu et à rappeler les événements qui ont rempli soir existence.
240. Mais — et c'est là un ti'ait important pour- Thistoir-e politique et letude de la civilisation — le culte des morts, à la belle époque de l'Ancien Empire, n'a pris cette forme (jue dans l'entourage du Pharaon, dans sa ville royale et à sa cour-. Pvramides et rrrastabas sont en relation étroite : on ne les trouve (|ue dans la nécropole immense qui, sur- une lorr- »>-ueur de plirs de (juatre lierres, d'Abou-lîoàs à Dahsour, occupe le rebord du plateau désertique, à l'ouest de Memphis, comme au sud de celte région, vers Medourn et la pyramide de Snofrorr. Les hauts fonctiorrnaires eux-mêmes, ceux qui administraient les nomes et y possédaient de grands domaines, adoptent pour dernier lierr de i'(q)Os le voisinage de la cour; si la forme de tombeair qu'ils choisissent est un mastaba, décoré de sculptures et d'inscriptions, nous sommets sirrs que ce mastaba sera installé j)rès de la pyramide du roi régnant ou d'un de ses |)rédécesseurs. Toutefois, dans le reste du pays, l'ancienne forme de -sépulture prévaut encorc^ ; ce sont, pour les classes moyennes et pour les pauvres, des tombes sans ap|)arence où le cadavre est enseveli dans une position accroupie; parfois nous rencontrons isolément, pour des personnages riches et distingués, la lombe à escalier de la 111' dynastie, .mais sans aucune
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