‹ Histoire de l'antiquité [microform]Chapitre 84 sur 172 · ETAT ET A · texte numérisé non relu

ETAT ET A

DMIMSTRATION SOUS l'aN(.1EN KMPIHE — i; 241

sculpturv et sans inscriplions. Les (liiolcjucs exceplions qu'()n peut rencontrer conlirniciit la rè<rl(. ; pnrlout ailleurs en Egypte, où se présente par hasard un niasfaha de la IV'- ou de la pn^mière inoifié de la V" dynastie, il sera sonw niairemenl décoré, le plus souvent sans reliefs ni inscriplions, rarement pourvu de statu(>s, souvent même inachevé. Tout cela mofitre avec quelle lenteur les innovations de In cour ont pénétré dans le reste du pays; d'ailleurs (,uand la bonne volonle ne manqui.it pas, c'étaient les moyens d'exécution qui étaient insuffisants. Cet état de choses ne se uïodifiera (ju'avec la fin de h, V" dynastie; le changement est en lapport étroit avec la Iransformation des conditions politiques et sociales qui s'o[)érera à ce uioment. La concentration des tombeaux autour de Mempliis exprime de la façon la phis tangible, le caractère politicpie de FAncien Kmpire : chez les ULorls comme dans la vie réelle, nous constatons la centralisation complète d'un état, composé defoncfionnaii-es, autour d'un [)haraon omnipotenl.

On a trouvé des luastahas «le la 1\ • et \' «lynnstics, en nsscz o-i-jind nombre, à Kl Knh (éd. O, ,n,:M, , 1898., mais pres(|ue tous sans inscnption. I.cs plus anciens inaslaluis, ;iii dehors de la nériopole de Memphis, sont sans doute ceux, pour la phipiut inachevés, qu'on a Irouvés à Teneh lau nord de Minje, l'itvsiu. .\nn. <l,i ^rm., m, \<m\2, (h S(i., \n sq.;: c'est dans l'nn d'eux, du début de la Y dynastie, qu'on a découvert un acte iniportant de fondation ({ui se rapporte au culte d'Ilathoret des morts (Maspkho, //>., l;il sq. ; Sy.niE, Urk. tUs Mtni lirirhs, t>>{sq.). Les mastabas de Desase, Der et (iebràwi, Demlera, les hypogées de SchechSaïd et Zawijet et Meilin, etc., ne remontent guère au-delà du nnlieu de la \'- dynasiie. Il est à supposer qu'on en découvrira encore d'autres, et peut-être même un tombeau de la I\' dvnasliv ; néanmoins les nouvelles découvertes ne changeront rien au lait que, sous la 1V« dynastie, le mastaba pleinement développé se rencontre dans un seul endnnt : près de la résidence de la cour. La pyramide (ILI-Koula, près de Kl Kab, qui a[)partient à l'Ancien Kmpire présente encore une énigme ( Hm>i;ki:i5, 4« éd., IV.. lîH i, :^:{(J), Dans la nécropole d'Abydos, les tombes qui dateid de celte époque ont conservé les formes anciennes.

Éldl elddniinhlrnlion sons rAncien Empire.

1241. Sous les rois de TAncien Empire, l'I^gypte reste encore un rovaume double, unilié sous le sceptre d'un souveraiu ; nous vovons subsist(^r comme auparavantlesdoubles bureaux, les doubles magasins, les doubles titres des fonctionnaires. En réalité, cependant, ce dualisme n'esl plus (pi'une fiction; toute Tadministration est centralisée et comporte des règlements uniformes ; les mêmes fonctionnaires sont envoyés tantôt dans le Sud, tantôt dans b^ Nord. Depuis la \\V dvnastie, le centre de gravité de l'empire est exclusivement dans la région du « Mur lUanc », (ju'on appellera plus lardMem[)his. Là, en plein pays de culture, autour du temple de Ptah, une ville populeuse s'est développée, mais les rois n'v demeurent pas : ils ont installé leurs résidences ambulantes au pied du plateau désertique, au-dessous de leurs pyramides. Nous connaissons déjà les attributs du roi, le caractère de son pouvoir, et aussi les traits principaux de l'organisation du royaume», la hiérarchie des titres de cour, toutes choses (|ue nous voyons à présent arrivées à leur point de perfection. La volonté du roi est toute-puissante, et, dans toute affaire d'importance, ou doit recourir à sa décision; celle-ci est alors publiée dans un édit écrit, scellé en sa présence, puis expédié aux fonctionnaires. Son premier agent est le « vizir et juge de la grande porte » parfois désigné aussi sous le nom du « directeur de tout le pays, du Sud et du Nord », ou encore de u conseiller privé du ciel (c'est-à-dire du roi;, qui contemple le secret du ciel ». Les [>haraons de la IV' dynastie semblent, d'une façon régulière, avoir investi de cette fonction un prince de leur maison; sous la V dvnastie, elle est restée pendant (juelque temps le privilège héréditaire d'une famille; puis, son titulaire a varié 1res frécjuemment. En général, ce titre est réuni à un autre, celui de « chancelier igarde du sceau)

KTAT ET

ADMINISTRATION SOUS i/aNCIEN EMPIRK — !^ 2i2

du roi de liasse-Hgvpte -, à <i..i .esso.liss.it l adnun.st.atiou des finances et la rédaction des décrets. Il y avait encore deux <■ chanceliers du di.u. » cVst-à-d.re <lu roi <le la Haute-KRvpte, cf. S 2:^2); ils semblent avoir été ce (|ue U..US appellerions les intendants oénéranx de l'année ; aussi portent-ils souvent le titre de .■ cluf des soldats .. et „ .lircctenr <l<-s n.a-asins d'arnu-s « ; ils dirigeaient en même temps la constrnction .les édifices, Texploitation des carrières, etc. iM.e cl.arge .listincte est celle d." «■ -lirecleur des travaux .>, sorte de nnnislredesTravauxpnl.lics:iladm,n,slre

les bâtiments et semble être comptable des .lépenses. — Le uiaintieu de l'ordre dans le pays est assuré par des soldats et des gendarmes !<2r.V, recrutés parmi les nègres de Nubie; les contingents de guerre sont levés parmi les paysans des nomes etceux<|ui appartiennent aux domaines des l.mples.

C'est IM.MAV nxù. <\:u,s so» .>,;/,,',,(,■„, a pose les l.as.-s .!.■ nos c.m- „ais<anccs sur roi^anisalion .le l'iUal ; j'ai dével..p|..-t .-orlams .l.-lails ,|nns ...a .;-•».•;..>/,/,■ U;,,v,,/,.,,... el il la.,! n,j....l,.r l.^s .-oi.lr.l.uhons .1.. Ms.vnw (/.. r,„Tii;;' <nlmi„i:'ln,tirr <lr 'l<;,x h.wU f..n,li,.nnn,rr.. a|.. /••7,»/,.s n,.v/</ II, -i ./.""•»,.; „^i<,luinr 1890, .-t plusle.uvs milr.'s Iravna.vi .'1 celle aeS,:.,u:. (Jans son .'■lu.le sur le vi/ir. UA. "iH, IW.O. Depuis..,,, n-a guère fait .!.• travail systéiuali<iue sur .'e sujel, .•I pourtant il y

aurait .le Leaux résultats à altcn.Ire dune .Hu.le uut Ii.pie .le .es

,„at,-.nanx (p.i sont n..n,Ur.-UN mais aussi -lun n.aniem..nt ,l..l,.-al. Maints liln^s rest.'.onl l..uj..nrs .,l.s.:.irs. .rajout.- tout <!.■ s.ut.' n. la remar.|ue .pu- Mm.u.ti.: a altribu.- un.- -laie erronée à la plupart .l.-s uiastal.as .le Sakkaru ; l.eaucoup .le .eux .p.il alliil.ue à la 1\' dynastie apparlicnucnl à la V-. et I.- plus grand nombre date .le la s.-con.le m..itié de la V- dynastie, ép.-.pio où les r.,is élablissaieut leurs pyran.ides à Sakkara. Nos connaissances o.d été l.eaue.uip accrues par a .lécouvcrte .redits royaux .le la V, VI' .:t Vil» .lynasli.-s : ,lab..rd I.d6crctdePepiI"surIaville.leSnolVouàl)al.i.mi:ap.I!oiu;uM.i.i. i/-, 2 t sq. ; puis trois .lécrcts .fAbydos : ai». I'ktuu;, \/..v,/.,s. 11, IS(Ncleivèvk.-re-. aussi ap. Win,,., p. (m s.,.,., 17 (Tell). 4'J . l'cpi IL. Ira.luits par (Iriflilb : puis encore sept .l.:-cr.-ts de Koi.los.cf. A.-.l. l!.;l^^.l.. K"/'n..rls.urlrsr„„ill,: ,;,..:.,,,/.-..• 1910.; fuu est .le IVpi 1-Mrois autr.-s de l>epi 11, trois antres .1.- la VIII' .lynastie ; ils ont été étu.l,.-s en .1.lail parWiMi. : 1rs luWrh my,,,,,- de l\\„nen Em,nr,'. t!H-2. l.'u décret

mutilé .1.- Neferl'r."-' (I.-11<- "sl la leelurc pr.ip.>sée par (i. M.m.i.kiu ap. l--|ixsKH, Hn-sheh, 11. .'17. l'.-lils IVagm.-nts de .lé.-rels sur les villes des pyrami.les (le Mykeriu.>s .-I de Sal.iourè' : lion. muii>t, r.rnhdenkmaldes S. 1, UW. Cf. aussi les d.-.-i-ets piddi.-s par Siiin;. ( W.'. ''''■-. »• " . P '2S. 9i (Tehnei, 00, li-i, etc. C.-s .l.'-.ii-ts conti.-nn.-n-t souvint .l.-s listes .!.( lonclionnaircs ; .le in.^ni.-, linscriplion .Iduna. Sur 1.- rapp.ul qui existe .-ntie les deux ■• liés.)ii.-rs du dieu » (dont dépendent les tailleurs de pi.-rre) et le ■• .lir.-cteur .l.-s travaux ■■ et son bureau .le scribes, cl'. S<;iii;i in, C /.., '*0, 7fi s.].

2'i2. Les fonclioiinair.'s .ommencent l.'iir carrière soit à la cour du roi, où ils sont élevés pendant leur jeunesse avec les enfants r.iyaux, soit <lans les écol.'s de scribes, qui ' dépendent des temples : aussi port.-nl-ils t.iiis le titre de scribes. Ensuite, ils entrent .lans une .les n., mineuses " maisons», c'est-à-dire bureaux .le radministralioii par exemple la <c maison des vivres », la « maison des armes ,., etc., ou les nombreuses .. mais.ms de l'agriculture », cf. 5(244). C'est le point de .lé|>art, d'.)u ils sont pr.)miis, par la laveur du IMiaraon, à des situations plus hautes, soit dans l'admiuis- Iratioii centrale, soit .lans ra.lministraliou provinciale. Les biographies que nous avons conservées t.-moignent souvent d'un chaugemeut rapide dans la situation : il existait certainement unebiérarchie bien défi nie u.m seulement dans chaque

catégorie de fonctions, mais .-iicore entre les administrations; il y avait même .les nomes d.mt les .harges jouissaient d'une considération i)lus grande .ju.- celles des autres. Tout.- l'administration se fait par écrit, tonte allaire s'expose suivant un formulaire «léfini, se transmet par vol.- hiérarchi.jue à l'aiil.>rilé supérieure et remonte jusqu'au Pharaon. Les baillis nomarques des nomes portent presque toujours comme sous les Ihiniles, le litre '««cr, mais souvent aussi, celui de sehem-lo, « gui.le <lu i.ays .., avec radjoncti.^u «directeur des messages» mero oupoul. On fait une distinction administrative entre la ville qui est entourée d'un mur rectangulaire Q désignée sous le nom .le

'^^tÊÊ^^^ÊÊÊÊÊm»-

l'ancien emimhe

liaVot, u gi-aiule t'orteresse ») el le plal pays, mais cepenclant lein administration reste dans les mêmes mains; c'est le même personnage qui est par exemple « Régent :hqa) de la grande l'orteresse de Houto et hailli ' anez) des habitants de Uouto », << régenl de la grande forteresse des deux Cliiens et bailli du nome de Mendès », « régenl de la grande forteresse de Ferma ;.' et bailli du uonre de Sais », ou encore « régent de la giande forteresse delà ville de la Vache, nonuir((ue de la montagne du déserl (Hemit et « grand-maitre de chasse ». Cela montre (|ue les villes des nomes, au point de vue du droit administratif, occupaient une situation autre que le reste du pays, les localités innombrables de la campagne, villages ouverts ou entourés d'une enceinte, (lue l'on désigne toujours sous le nom de noiit employé plus lard dans l'acception de « ville », et où habitent les paysans. Le nomar(|ue préside à l'administration, aux impôts et en outre à la justice ; aussi porte-t-il constamment le titre de « juge » yuabj et de « prêtre de Ma'at ». U a sous lui de nombreux u juges des champs » et c( scribes des champs »>, (|ui ont a percevoir lescorvées et les redevances en nature des paysans, et (|ui font la [)olice du pays. Pour les serfs, il est probable (|ue les fonctionnaires rendent la justice selon leur bon plaisir; mais dans les villes siège un tribunal {z azal^lï^^. (|ui, dès les temps les plus anciens, jouissait d'une haute considération; il connaît par exemple des achats et ventes déniaisons. Dans le tribunal siègent, pour dire le droit à coté du collège des fonctionnaires, les citoyens les plus estimes ; les procès entre Egyptiens libres (et aussi, ceux (jui ne sont liés (jue par une obligation déterminée, par exemple, le culte funéraire) se déroulent « devant les propriétaires fonciers {seroiij », ou a dans la salle des propriétaires ft)nciers ». U existait iKissi une juridiction d'appel régulière ; h* tribunal le |)lus élevé était « la cour des six grandes maisons », siégeant dans la capitale, etijuise com[)osait des dix « grands du sud » —

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(sous le Moyen Empire, ces dix font place à un jury de trente fonctionnaires) — sous la présidence du «vi/ir». Celui-ci est assisté par le ^« juge de Nechen (Hierakonpolis' » à qui incombait le soin de faire ren([uête et de rédiger le procès-verbal.

Procès devant les scmii : Sktiii;, Lrk. il. \. li., p. 13, t, l(j, s., el à ce sujet A. Moui;T,y<^'('., ^21), tîG sq. ; cf. en outre les deux grands décrets de IVpi II el l'inscription de l.lenqou, Sktiii:, /. r., p. 77, 8, cf. i:^ ^268. II est évident que ser correspond à l'héhreu '^Mm et désigne le propriétaire foncier libre (y compris le choiiiioiisr = fermier, i^ 244). La u position » sociale ou le « rang •> que chacun occupe dans la société et que chacun désire (* léguer à ses enfants » s'appelle 'aout, qu'on rend souvent par « fonction », ce (jui est un contresens. Inscription sur l'achat d'une maison, datant de l'Ancien iùni)ire, eUpii est u scellée devant le inçfj/. de la ville de la pyramide de Cheops •, ap. Sktui:, lîrr. S<irhi;.(jt's. phil. I\l., ()3, 1911, helt 0.

243. La situation de fonctionnaire, comme toute autre profession, se transmet en général du père au fils; ceci n'a rien que de normal. Dans les représentations des tombeaux, nous constatons souvent que les fils d'un haut fonctionnaire occupent aussi des fonctions publiques, mais moins élevées, et il arrive fréquemment qu'après la mort d'un serviteur dévoué. Pharaon transmette la charge au fils du défunt. C'est ce qui rend le contraste encore plus sensible entre l'organisation nouvelle qui se forme dans l'Etat depuis la fin de la V dynastie, et l'Ancien Empire : celui-ci, dans sa forme primitive, ne connaissait ni caste fermée, ni aristocratie, ni fonctions privilégiées, ni ayants-droit sur les fonctions de rÉtat. (Certes, la société égyptienne prétend être une société fondée sur le droit, mais le droit s'incarne dans le dieu qui la gouverne; si celui-ci veut bien adliiettre^ quand il les trouve équitables, les us et coutumes, sur lesquels se fondent les privilèges des diverses classes et des diverses localités, il n'existe en principe aucun droit individuel, en dehors de celui de la couronne. Le roi, quand il distribue des postes à ses fonctionnaires, n'est lié en droit

l'ancien empire

par aucune ohlig.tion. Aussi rAncieu Empire ne connaît-il (l'autre genre de titres (|ue ceux des courtisans et des fonctionnaires. Il n\ a point d'iuscripliou funéraire de la IV" ou de la V^' dynastie (exception faite des récits purement biographi(pies) qui fasse mention des ancrtres, ou seulement du père d'uu fonctionnaire, a moins (|u'il ne soit de sang roval. Les princes royaux forment un contingent assez imp"ortant dans la hiérarchie des fonctionnaires, et, sous une monarchie absolue, ils preniu^ut naturellement une place à part. Pas davantage les fonctionnaires ne nous apprennent-ils rien sur le nome cpii les a vus naître et où ils possèdent peut-ètrr de grands domaines; quand nous le devinons, c'est grâce a ([uelquesacerdoce local (lu'ils exercent

en même temps, ou ])arce que tels et tels villages, (|ui leur appartiennent, s'appellent de leurs noms. Les fonctionnaires des nomes sont envoyés d'un nome à l'autre, et Meten |)ar exemple, (jui vivait sous Snofrou, fut successivement nomarc^ue et régent de ville dans 10 nomes du Delta et dans le nord de la llaute-Lgy pte. On ne prend donc pas égard à l'endroit où ils ont des domaines, et cela est en opj)ositiou la |)lus rappante avec ce (pii se i)asse sous la VI" dynastie et sous le Moyen Empire. Aussi, à peu d'exceptions près, les fonctionnaires passent-ils sous silence, dans leurs tombeaux, les nomes (ju'ils ont administrés et se contejilent-ils d'un titrer o-énéral : « juge et nomarcjue '(tnez ». C'est ce qui exi)li(|ue qu'ils se fassent tous enterrer dans les nécropoles des résidences royales, et non pas sur le sol (|ui leur appartient et où ils ont leur château. L'Ancien Empire est donc éminemment une monarchie absolue, d'une centralisation complète, telle que peu d'autres l'Jats l'ont connue; elle est gouvernée par un cori)S de fonctionnaires qui relèvent uniquement de la couronne, et dont la seule raison d'être estd'exercer une charge publique, apprise sous la direction de LEtat.

I.a somTf In plus iiHport:n»t(» (pii nous rciiMM-no siu'ln rnrrifVo drs

ÉTAT ET AUMINISTRATION SOIS L'aNCIEN EMPIRE — ^^ 2\\ 213

fonctionnaires de l'Ancien Empire est la biojxraphie de Meten, />/>., IL 3 s(|.,cr. Mvsi'Kiu). Eliidc>> ('iiynl.y II (./. (i^idlifliir, 1890) ; Bui:astki), \nr. reconh, I, 170 sq. ; Moiu i, lier. ^29, 57 sq. ; nous lirons les autres renseignements des titres (jue cumulent les lonctionnaircs dans les diverses inscriptions. Un fonctionnaire du nonui d'Apluoditopolis rl^-l'' nome de Haule-Kgyptej et de Mcmpliis : Xrtj. ln>^r}inficn <le^lU'v\. Miix., L p. 3L n° 13503. Sur les noms des nomes dans l'Ancien Kmpire (nombreuses citations à propos des domaines, dans les toml)eaux de Kchouhotep cl de Saljou, et aussi à Tclnie {\im. du sc/r., IlL 75 ; po\u- le « Fa-

youm méridional » 6SV rh), v. (iuii i ini ;<p. Dvmi s, Ma^lahas uf Ptahholcp nnd Mdtclliolrp, II, p. ^25 sq., cl'. i< 177 n. Les titres r/)7/ et hc'li'o , qui plus lard servent à désigner les piinces héréditaires «les nomes, ne s(Md sous l'Ancien Ijupire que des litres de coui' très élevés et qui apparaissent dans un fort petit nombre de cas. notamment appliqués à «les princes (cl. i:< 22:2 n.). Ce n'est que vers la fin de la V- dynastie que le vizir porte ces titres régulièrement ; et avec lui d'autres, connue le i^rand-piètre de Mempliis et plusieurs ti:rands seigneurs.

244. Les revenus du Pharaon consisbmt soit dans les produits <le ses domaines, soit dans les redevances en nature et les corvées de ses sujets. Il semble (pie, comme auparavant, on ait fait un « recensement » (^ 224) tous les deux ans; souvent celui-ci sert à désigner l'année: on dit « Tannée après le premier ou le deuxième recensement »,etc. Mais ce reccMisement est maintenant limité au bélail. La propriété foncière n'est donc plus matièic^ imposable, soit (ju elle appartienne au Pharaon lui-même, soit que le sol soit devenu ï)ropriété libre entr(^ les mains des propriétaires fonciers ou des dieux. 1andis(|uela masse des paysans étaient des serfs attachées à la glèbe, il y avait, à c«)té d'eux, cela ne fait aucun doute, des proj)riétaires fojiciers libres (Sé'ro//, ^242) dont le nombre et les possessions ont été en s'accroissant par les fondations faites par le pharaon en faveur de ses fonctionnaires ^;^ 215). Néanmoins, la plus grande j)artie du i)ays était, à n'en pas douter, (humaine royal [se). Ces domaines du roi étaient affermés ; les fermiers sont appelés souvent dans les textes « chontioii-se du lliaraon », et sont placés sous le contrôle d'un haut fonctionnaire. Ils ont à leur ser-

L ANCIEN EMPIRE

vice des serfs disséminés dans d'innonibrahies petites localités où ils cultivent les champs, et les scribes du pharaon arrivent pour percevoir une redevance en blé, lin, etc., (|ui est calculée « comptée ») chaque année d'après la récolte. Les serfs-paysans doivent en outre une redevance eu bétail (celui-ci appartient soit à eux-mêmes, soit au fermier) ; et il y a aussi un impôt établi sur les puits des champs et les arbres, comme il v en a certainement un autre sur le travail des artisans dans les villes des nomes. En outre, sous l'Ancien Em|)ire, comme à toutes les époques postérieures, on a sûrement prélevé des taxes sur les marchés et par tête d'habitant, etc. Les représentations dans les tombeaux ne nous apprennent presque rien sur l'activité ouvrière dans les villes, et ce n'est qu'à partir du Moyen l'mpire (jue nous avons des documents sur les recensements faits dans les domiciles particuliers, avec mention du rang social des individus ; si nous ne possédons pas de documents analogues de l'Ancien l^]mpire, c'est la faute du hasard. Enfin les paysans étaient soumis, outre les redevances, aux services de corvée; ils devaient des « heures » pour les grandes constructions ou autres travaux entrepris par le roi; les fermiers étaient encore tenus de fournir des vivres et des soins aux messagers du roi, aux gendarmes recrutés parmi les Nubiens 5^254; et de les transporter par voie (Teau ou de terre. Les femmes et enfants du roi, et les grands seigneurs ont même le droit de faire venir les paysans d'autres localités pour cultiver leurs champs et, au besoin, de les ré([uisitionner de force, en (employant la « presse ». Toutes ces « heures » et « impositions » « qui sont comptées dans la maison royale » dépendent, dans chaque nome, de (piatre « maisons » (bureaux) que nous pouvons classer ainsi : le l)ureau des scribes ^(\\i\ prescrit et perçoit les corvées et impositions) ; le bureau de l'agriculture qui s'occupe dutravail rural et de l'élevage du bétail) ; le bureau du sceau (qui expédie les affaires judiciaires), et le bureau des archives.

ÉTAT ET ADMINISTHATION SOUS LANCIEN EMPIHE — j::; ^4i 215

Au-dessus de ces bureaux, il y a, dans la capitale, une administration centrale, doni dépendent les magasins. Par privilège royal, on peut être exeni|)té des obligations dont nous venons de parler. Depuis les temps anciens, les villes des nomes semblent jouir d'un certain nombre de privilèges, et ce régime spécial ressort des titres qu'y j)ortenl les fonctionnaires S 242 ; des faveurs analogues fui-ent par la suite accordées aux habitants des villes des pyramides, pour les dédommager des charges, telles que fournir d'ofîrandes la tombe du roi, et entretenir son culte funéraire. Enfin, ces privilèges furent étendus i\ des temples et à leurs prêtres. Reste à savoir si, plus tard, ces privilèges ont été toujours reconnus ou tolérés par les lois successeurs, ou si, par empiétement, ils ne sont pas tombés à Toubli, entraînant avec eux toutes ces obligations ({ui avaient été imposées (( pour Téternité ». Le roi jouit de bien d'autres prérogatives: ainsi, quand nous voyons subsister côte à côte la coudée ordinaire qui mesure 450 millimètres et la « coudée royale » qui est plus grande d'un sixième et mesure 525 millimètres, nous devons penser qu'il y avait une mesure spéciale employée au bénéfice du roi, la plus grande.

Nos connaissances sur les questions 'traitées ici ont été beaucoup angm(Mitécs par la découverte de l'édit de Pepi I^"" sur les deux villes des pyramides de Snofrou, dont Bohchahdt, à. Z . 4-2, i sq., a donné une excellente édition; à cet édit, il faut en ajouter d'autres, §241 n. Les rhontiouse sont des fermiers, cela est évident et a été prouvé par Mohet qui a reconnu, /?<'c.,29,62sq., que 's^, dans l'inscription de Meten (A. i:^, 14;C. 4,5ap. Skthi-) désigne le domaine de la couronne, peuplé par les serfs du roi. Wkim., Décrets royaux, p. 44, i, n'est pas de cet avis, mais j'estime qu'il a tort. Cf. Guikutii, V.Z., 4S, 149 s.,d*aprèslequerie verbe <- chontise ». sous le Moyen Empire, signifie « to live at one's ease », « to enjoy oneself », c'est-à-dire vivre en gentilhomme. Ron\e: dans le décret de Pepi doit se traduire tout simplement pai* « Égyptien » par oi)position aux « Nehésiou hotep », gendarmes Nubiens. Ce décret nous apprend en même temps que les Égyptiens domiciliés en ces endroits prenaient part an culte et recevaient une part des otïrandes. Liste

LANCIKN nMPlRE

d'un grand nombre de corvées dans les décrets H et C <te l\^pi H. ap, Wkii.l, p. !29. — Sur la coudée égyptienne primitive, V. Ij.ksils, \hli. Berl. \k, ISfi^; r\'. aussKiiui rrrn, PSBA., \iV, 403 sep

245. Bien (ju\)n emploie le cuivre et l'or |)our évaluer la valeur (les objets {^ 225), le coiniuerce ne se fait ([ue par échan<^n'seri nature, et par conséquent les salaires des fonctionnaires se payent aussi en natur(\ S'ils sontà la cour, ils (( vivent de la table du roi » : à la campagne, des produits en nature cpii leur sontattribués; le nombre de ceux-ci dépend de leur grade, et il faut (jue sur ces produits ils entretiennent leur maison et leurs serviteurs. Naturellement, les allocations ne suffisent pas aux besoins des liants fonctionnaires et favoris, des i)rijices et des femmes préférées du bare/n ; et il n'v a qu'un seul moyen dr les recompenser ou de les (bnlommager, c'est de leur donner des terres avec d(^s colons et, le cas échéant de leur faire aussi présent d'un tondjeau). C'est là un usage ([ui s'est praticjué sous les Pharaon de TAncien []mpire aussi largement qu'au moyen âge dans les royaumes romans et germanicjues. Il sembb» (ju'en Kgy pte la terre soit, ou bien abandonnée par le suzerain pour devenir la [)ropri(Hé indépendante et libre du bénéficiaire ; ou bien donnée en fermage héréditaire, aucjuel cas elle conserve sa (|ualité de domaine de la couronne. Les deux catégories de pro[)riété sont léguées par le possesseur à ses descendants, le plus souvent après un inventaire (ju'il a dressé à la façon d'un testament aml-pcr,; les femnuîs aussi [)euvent posséder des teires en pleine propriété et <'n disposer librement Inscription de Meten, I^ 14 scj.V Toutes dispositions prises de cette sorte reçoivent force de loi pai* un décret royal, c'est-à-dire (ju'cdles sont enregistrées dans unbureau roval, et ti-ansformées ainsi en acte d'administratien officielle. L(.' fonds en terres comprend toujours le bétail et les valets, dont on dresse inventaire. Meten, qui vivait sous le règne de Snofrou, se vante d'avoir construit une

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grande villa entourée d'un étang, de vignobles et jardins plantés d'arbres, dans les domaines (ju'il avait acquis par héritage, achat, ou par la faveur du Pharaon. Il fait entendre aussi qu'il a converti en < hamps cultivés des terrains de pâturage, par exemple, ceux (pTil a hérités de son père,et(|u il a fondé de nombreux villages de paysans /70/// , (jui portent son nom. A douze de ces villages, il impose des redevances pour son culte funéraire, 'i'ous les tombeaux nous montrent (railleurs régulièrement sur les murs des paysans et paysannes en longues files rej)résentant les localités soumises à une obligation de ce genre : le j)ropriétaire, autorisé par le roi, a établi (pie tels villages seront tenus pour tout l'avenir à livrer certaines fournitures à sa ce maison d éternité .), c'est-à-dire à sa tombe ; un grand nombre de serfs, et souvent même ses descendants juscjue dans les générations les plus lointaines, sont constitués pour être les serviteurs de son ka « hni-kn ») ; en récompense de quoi ils recevront sur la fondation funéraire des allocations déterminées. Il arrive fréciuemment que les villages portent le nom dû roi (lui en a fait donalion à son fonctionnaire. A l'origine, ils sont disséminés à travers tous les nomes d'Egypte; tel est le cas pour Meten; mais, par degrés, la propriété foncière semble s'agglomérer en un domaine cohérent par suite d'hé-, ritaf>-e, achat ou échanges. I.es terres concédées par le roi ' semblent être exemptées d(î rim|)ôt ou du moins d un urand nombre de charges; mais dans celles-là mêmes qui ont o-ardé le caractère de domaine roval, il arrive, (ju'au cours des irénérations, les redevances à paver au fisc tombent en désuétude. C'est ainsi que les fonctionnaires de l'Ancien Kmpire se sont transformés en grands propriétaires fonciers et([ue leurs descendants, occuj)ant désormais une situation personnelle et non plus liée exclusivement à la faveur du Pharaon, exigent d'être traités avec égards. Dès la fin de la IV dynastie, nous trouvons déjà un nombre respectable de . grands seigneurs, enterrés à Gi/eh ou Sakkara, (|ui possé-

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daientde grands domaines, el jouissaient d'une grande considération auprès du roi, sans avoir rempli aucune fonction dans Hhat Leurs titres ne correspondent à aucun service déterminé ; ils se disent par exemple : « ami intime du Pharaon, conseiller privé et fonctionnaii-e du palais»; en même temps, ils ont un sacerdoce auprès de la pyramide du roi. Ils occupent un grade dans la hiérarchie de la cour et reçoivent de la cour de grands revenus, de même cjue , dans les monarchies absolues des temps modernes, certains grands . seigneurs reçoivent des pensions, bien qu'ils n'aient à s'ac- (juitter ([ue d'wn service de cour. Inversement, le domaine de la couronne qui primitivement embrassait la plus grande partie (h3 ri^gypte peut-être l'Egypte tout entièie, à l'exception des domaines des temples va toujours s'anioiudrissant; c'est la raison princi[)ale (jui nous explique j)()uiquoi après lïouni, Snofrou, ( Jie()|)s et Chephren, aucune tombe royale n*a pu atteindre les anciennes dimensions. L'évolution se poursuit régulièrement, vers un nouvel état de choses, et nous allons en voir tout de suite les conséquences décisives.

lioucHAïun a uxamiiK' dans li's KiiYpIuiifi les rragmriils d un livre de comptes ayant trait à l'administration agricole, à la cour d'Asosi; Na- 'vii,i,i. a en sa possession des comptes analoîjues, datant de Xeiererkerè'. (^f. pour le Moyen Empire, Houciivhut, A.Z..''i8, (Josq. :37,8î)sq. : 10ilHsq, Les propriétés foncières de Kchontliotep,'qni était vizir d'Asosi et (ils du célèbre Ptahl.iolep, sont situées dans les trois nomes les plus au nord de la Maute-Éi«:ypte et dans cinq nomes du Delta (Guifutm, ap. Davies, Mastabas of Ptahliotep and Akheihoiep II, p. 25 sq.); une des terres provient déjà de Tetefré', d'autres terres, des pi-emiers rois de la V'' dynastie, mais le plus ii^rand noml)re, de beaucoup, provient d'Asosi. — lien est de même pour Sahou, Mauii:tti:, Ur/si., 383;i)i;Hol<;k, Insir.liicrA)^. Dans lesénumérationsdu l)étail, nous remarquons les exagérations usuelles, toujours énormes.

24G. Sur ces grands domaines des seigneurs, comme sur le domaine royal, nous trouvons que l'activité agricole qui

embrasse aussi la construction des barques pour la navigation sur le Nil et le transport des marchandises^ s'accompagne d'une industrie laborieuse, qui a dû faire une forte concurrence aux artisans des villes. Dans le tombeau du grand propriétaire fonciei* Vï i inilieu de la V' dynastie) à Sakkara, nous voyons sur les murs des tableaux représentant des menuisiers, corroyeurs, tailleurs de pierres, ouvriers façonnant des vases de pieri e;dans d'autres tombeaux, nous voyons des fondeurs de cuivre, des hommes (jui fabri- (juent des cylindres à sceaux, etc., et on nous peint, en outre, des scènes du marché, des achats et ventes de marchaiidises; on nous montre des sculpteurs modelant les statues du propriétaire de la tombe, et les reliefs sur les murs. Ces artistes étaient certainement des hommes libres qu'on faisait travailler movennant salaire. Pour ces diverses branches du travail les grands domaines ont leurs bureaiix privés, avec un giand nombre de surveillants et de scribes. A la cour du phai'aon, toute cette administration est encore bien plus vaste et c()mpli(|uée. Ici, les directeurs des divers services sont eux-mêmes des seigneurs d'impoitanccs p^^i' exemple, nous avons le directeur des préparateurs d'onguents, ou des travailleurs sur cuii-, le perrucpiiei- en chef, le directeur du chant et le maître de chapelli^ ; en outre, les médecins personnels du roi, etc., même le nain de cour, tous reçoivent des honneurs du roi et parfois des dons en terres et la concession d'un mastaba.

t247. Ces fonctionnaires de l'Ancien Empire com))reniient encore les prêtres attachés par carrière aux grands temples el (jui se distinguent de la foule des « Purs » vj 189 qui prennent part au culte. Les rois de l'Ancien Empire ont construit un grand nombre de tem|)les dont malheureusement pres(|ue rien ne nous est parvenu ; le domaine des temples n'a cessé depuis lors de s'accroître par des fondations en terres et colons, et par des riches présents (par exemple, on attribue au temple des rations d'olTrandc^s déterminées, qui

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sont ensuite partagées selon leur rang aux ayants-droits Le bien des teni[)les est exempté des corvées et redevances ; en revanche, le grand-prétre est tenu de lever des troupes en temps de guerre et de marchcM* à leur tête, tout comme les « nomarques et cliefs des villes ». 11 était donc d'un extrême intcM-ét pour TP^lal de tenii* eu main le bien des temples. Aussi trouvons-nous toujours, du moins sous la IV" dynastie, des princes royaux institués grands-prêtres des sanctuaires les |)lus riches et les plus importants ; celui d'Atoum-Rê* à Hélio[)olis, de Thout à Ffermopolis, de «Ptah, au sud de son mur », c'est-à-dii-e à Memphis. Dans la plu- [)art des cas, ce titre se combine avec une haute fonction officielle, comme celle de vizir (»t de chancelier; sauf cette exce[)tion, les fondions publicpieset les fonctions de prêtres sont très nettement séparées sous l'Ancien Empire si nous voyons parfois {juel(|ues seigneurs présider à un culte local sans importance, et leurs femmes [)oiter régulièrement le titre de [)rêtresses d'Ilathor (^tde Neit,cela est un fait négligeable par rat>portà rensemble). Nous constatons même (jue les titres de cour ((u'on donne aux fonctionnaires d'I^tat ne sont pas donnés aux prêtres. — Parmi les trois gi'ands dieux dont nous venons de [)arler, Ptah doit son importance unicpiement à deux circonstances: il est le dieu de la capitale, et il comprend dans ses domaines les carrières de pierre de l'roja miontagne du Mokattam près du ('aire); de même celles de Syène ont été données eu présent |)ar Zoser à Chnoumou criHéphantine Îj230) ; cellesde VVadi llammam;\t dans le désert, surla route de l\oj)tos à la mer l{oug(\ (jue Ton exploite depuis la lin de la \ ' dynastie, appartiennent à Min(ni de Koptos. Pour les pyramides et les maslabas, toutes les pierres sont donc fournies ])ar le grand-piêtie de Ptah ; elles sont extraites et taillées par les ouvriers attachés à son temple. 11 se forme ainsi dans le temple de Plah,à M(Mnj)his, une école d'art qui est la plus importante de rKgy[)te, le centre où les arts plastiques ont reçu tout leur développe-

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ment, et dont rinfluence est restée directrice dans la suite des temps. Aussi IHah passe-t-il pour être le dieu des arts (grec: Hephaestost — plus tard les théologiens ont fait de lui le dieu (jui a créé et façonné le monde i:^ 272 — et son grand-prêtre porte un titre qui est significatif: u le grand directeur des artisans de la])ierre ».

248. Malgré son caractère al)Solu, le gouvernenuMit du pharaon et de ses fonctionnaires est empreint (Tune bienveillance patriarcale. Certes, lors(jue les « maires de villages comparaissent pour rendre les comptes » dans le bureau des scribes du seigneur, rexj)lication ne se j)asse jamais sans couj)S de bàlou, (coutume (jui se continue dénotée temps lors(ju'il s'agit de percevoir l'impôt ; de même, dans les a\idiences du tribunal, on a recoui'S régulièrement à ce moyen, qui réussit toujours. Néanmoins, un sentiment d humanité imprègne, sous rAncien Empire, toute la vie de la société» ; une aspiration domine tous les esj)rits, c'est de jouir agréablement dr Texistence ; il s'ensuit cpie chacun cherche à traitei* lesauti'es, selon leur position, avec justice, et à les aimer, à les récompenser, plutôt (ju'à les châtier. Souligner aprement la j)uissancc sans bornes du Pharaon, et le cout<Mitement déréglé de tous ses caprices vJ219 , c'est le fait d un passé déjà ancien, (|ui ne se survit j)lus (jue dans les textes magicjues. A la vérité, on ne peut approcher du roi (jue comme on approche d'un dieu, mais les dieux eux-mêmes sont devenus cléments, et les inscriptions des tombeaux ne se lassent pas de répéter combien le roi est rempli de mansuétude envers ses serviteurs, comme il les loue, les aime, les cond)lede dons. A partiidu milieu de la IV' dynastie, les inscriptions fuiuM'aires deviennent plus lo(juaces; le défunt se vante qu'il n'a jamais fait de mal à personne, qu'il n'a dérobé à autrui ni ses biens ni ses gens, qu'il n a pas abusé de son autorité et qu'il a toujours agi avec justice: l'amour conjugal, la piété filiale sont des sentiments souvent exprimés. Si cette apologie de soi-même a peu de valeur cpiaud

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