LA V" DYNASTIE ET LE CULTE DU SOLEIL — § 2W
nous voulons apprécier les individus, elle montre du moins ce que l'opinion altendaitd'un fonclionnaire ou d'un propriétaire, et quelle conduite celui-ci devait tenir pour mériter une vieillesse heureuse, de bonnes funérailles, une épreuve favorable au jour du jugement iîJ2iî9 et une vie bien heureuse dans l'au-delà. Pour le reste, si Ton voulait l'aire son chemin dans la vie et réussir, il fallait observer avec soin les préceptes du savoir-faire, et se comporter dans ses fonctions avec tact et délicatesse, ainsi que dans les rap{)orts avec les supérieurs et les égaux : nous avons des recueils de maximes dans ce genre qui furent rédigées vers 1(» commencement du Moyen Empire ^papyrus Puisse), mais on les met dans la bouche des vieux vizirs de la IV' et de la V' dvnasties Kagemni, Ptalihotepi que la tradition rej)résente comme les a sages » de ranti(jnité.
La V' dijnaslie et le ciille du soleil,
241). La IV' dynastie est gouvernée par une seule idée, celle du Pharaon. La civilisation de cette épo([ue tourne ses regards uniquement vers les jouissances matérielles de cette vie terrestre ({u'ello cherche à prolonger pendant toute l'éternité; c'est mal la juger (jue de vouloir trouver dans son culte des morts des idées transcendantes, ou même des aspirations à une existence meilleure et plus haute.
Mais en l^gypte, comme ailleurs, la théorie n'a pas été d'accord avec la réalité des faits. Le Pharaon n'est pas un dieu sur terre, c'est un homme, (|ui partage toutes les faiblesses de Phumanité. Sans doute Snofrou et Cheops furentils des personnalités énergi(jues, à la volonté tenace, mais les défaillances de leurs successeurs durent paraître d'autant plus sensibles (jue leur pouvoir était illimité. En théorie, les intérêts des sujets se dissolvent et disparaissent devant la volonté du pharaon; en réalité, nous ne cessons pas de
les discerner, et leur poids devient plus lourd à mesure que le fonctionnarisme se développe dans l'État et que le fonctionnaire se dégage de sa condition subordonnée pour ac- (juérir une existence indépendante. Nous avons vu déjà qu'à la fin de la IV' dynastie s'élèvent des troubles graves et des rivalités dynastiques (§ 235); les causes qui amenèrent cette décadence, nous pouvons peut-être les deviner, mais non [)as les démontrer, parce qu'à la lumière de nos documents insuffisants, nous ne voyons qu'un côté des événements. Après le règne éphémère de Thamphthis, le successeur de
Sepseskaf, c'est une nouvelle génération qui arrive sur le trône, la \''' dynastie; d'après Manéthon. elle est originaire d'Eléphantine; une légende, (jue nous a conservée le papyrus W'kstcah, la tait sortir au contaire de Sachbou, dans le nome de Letopolis ^au-dessous de Memphisj. Elle commence par trois souverains : Ouserkal qui régna 7 ans , Sahourè' (12 ans) et Kakai ([ui régna au moins 10 ans . La légende citée plus haut, dont la rédaction date de la fin du Moyen l]mpire, raconte que c'étaient trois frères jumeaux, (|ue le dieu lié' avait engendrés de la femme de son prêtre Ouserrê* à Sachbou ; et qui devaient monter l'un après l'autre sur le trône. Mais ceci n'est qu'une fable; peut-être, en réalité, n'étaient-ils pas même frères. Il est probable (ju'ils ont renversé en commun la vieille dvnastie et se sont assuré réciproquement la succession au trône. C'est Kakai qui serait donc le vrai père de la dynastie nouvelle ; aussi le papyrus de Turin, dillérant ici de Manéthon, place-t-il la coupure de la dynastie à Kakai. Celui-ci est, en même temps, le premier des pharaons qui, outre son nom d'Horus, a pris à son couronnement un autre nom royal : Nefererkerê. Après lui se placent deux règnes courts, puis le long règne de Neweserrê' lui. (^e dernier resta M) ans sur le trône, de sorte que, après une longue interruption, la fête Set put enfin être célébrée de nouveau. Son successeur est Menkeouhor qui règne 8 ans; après, viennent encore deux longs règnes :
L ANCIKN KMIMHK
celui de Tctkeré' Asosi 2S ans) et celui d'Ounas (30 ans . La durée totale de la dynastie e<>ni[)oi'te assez exacteuienl [40 ans, environ de 2080 à 2540 avant Jc'sus-Chrisl.
l'jtMw : Die Manhrn (h-s l'up. Wi'slmr (Milteil. ans den orient. Samnil. (les Berl.Mus., V, 1890 ; traduit ('également ap. : \//.s- <l('n Papyrui^ dcr Ki,nujL Minscrn); M\siM:it(>, Contre [ioijubtircsrli sq. — Dérrets royaux: 5^ '211 n. — I.<'s preniici's rois oui construit leurs pyramides [nt'sd'Abonsir, et trois de ces [)yrainides,avec lenr leniple funéraire el leur portique,oui été déblayées, sous la direction de H()iu:n\iu)T,par la Deutsche Orientgesellscliart, et publiées par Houcuaudt : Grabdenhinul ilrs /\o/<///s .V/' /^s/'/•-/v'^1907; Gnibdcnli. des l\. \c/c/v/7.vn'', UH)^J;(jrahd.desK. Stdmrr', vol.l, I!»10. ; 1IJÎ)IM. Le temple de Sahouré' a été terminé encore sous son règne ; NetererUeré',au contraire, n'a pu achever ses constructions et son successsur les a finies tant bien que mal, en briques. Les villes des pyramides et les t<'nq)les solaires étaient situés en général un peu au nord de la pyramide ; plus tard les derniers rois de la dynastie on! construit leurs pyramides [)lus au sud, vers Sakkara. (V. Hm i;u dans hlio, \ IIL ()l>sq.. prétend cpie siu' la pierre de Païenne on a essayé de grattera dessein les ainiales de Sahouré' et de Nel'ererkerè' ; cela esl inipossibleàadmettre; l'usure de la [»ierre est un lait accidentel, résullaid peut-éti'e de ce qu'on l'employa comme seuil île porte, ou autre chose seml)lal>l<'.) La l'été Sel l'ut célébrée égah'ment par \sosi Sirm;, Url*. f/cs \. Ii.,t)l); il nv s'ensiiil pas qu'il ail vraimeid régné /{O ans. Pour la suilcdes rois. v. \r(j. Cltnuiol., liS s(i. ilnid. p. ^202) Une rertitude absolue man(pie pour le i'" et .V rois. J'ai voulu rap()rocher le roi \keouhorde (^ha'nerei-rè'. mais Poucmmidt, \./..^2,9. vient de l'identiller avec Menkeouhoi", car les [)yramides de tous deux poiteid le même nom. Le nom royal Asi, <pji s(^ présente abs(>lnmenl isolé (ScMvKKii, PricsIcnimlH'i', p. Il; PoucnAUDi , \^c//.s/'nv'', p. 72),eslpeulétn' le nom personnel de Ouserkaf ou de Sahouré'. Sur ww sceau de la lin de cette dynastie (Berlin, n° '20I-584), on trouve le nom Ouser-neler. — Leschitïres de l'ègnes nous ont été presque tous conservés j>ar le papyrus de 'l'uiin, mais d(^ tous les noms des l'ois il n'en subsiste <pie trois.
250. Kn apparence, la nouvelle dynastie continuer les traditions de ses [)rédëcesseurs, cébd)re le culte funéraire des anciens rois et, à leur exemple, bâtit des j)yianiides. Mais une évolution d'autant [)lus signilicative s'accomplit dans le
LISTK 1)L:S IIOIS 1)K LA V' DVNASTIK