‹ Histoire de l'antiquité [microform]Chapitre 91 sur 172 · LA CIVILISATION DE L ANCIEN EMPIRE. L ART · texte numérisé non relu

LA CIVILISATION DE L ANCIEN EMPIRE. L ART

sance qu'augaieiite encore l'absence de décoration dans les diverses parties de l'édifice. La pierre ne comporte ni ornement, ni moulure, ni tableau ou rclit'f sur les murs, décoration qui se développe déjà pourtant dans les mastabas de répo(|ue; par contre, on voit appli(|uées aux murs des statues du roi, du travail le plus soigné, et, dans le temple de Mykerinos, une série de hauts-reliefs représentant le roi entre la grande déesse llathor et d'autres divinités (|ui personnifient les nomes de rEgy()te. Le contraste est des plus frappants entre ces édifices et les poiti(|U(^s et temples funéraires de la V^ dynastie, dont le [)lan fondamenlal est pourtant analogue. Ici, chaque partie de l'édifice reçoit son dévelop[)einent architectural; la corniche s'orne d'une gorge (jui fait une vigoureuse saillie ; les [)iliers sont imcore des monolithes de granit, mais ils s'élancent comme des plantes, tiges de pa[)yrus, de palmiiMs, de lotus nouées en faisceau et à corolles ouvertes ; ils se transforment ainsi en colonnes; d'ailleurs, on em[)loie aussi des colonnes en bois. 1^'eau de pluie coule du toit du temple entre les grilles de lions accroupis. Les murs des salles et des couloirs sont décorés de reliefs peints. i)e même, la structure massive des mastabas primitifs se morcelé en une série de chambres et de salles, dont les murs, décorés de tableaux, reflètent tous les aspects bigarrés et divers de la vie terrestre. Vers la fin de la Y*' dynastie, les hypogées commencent à prédominer dans la ^Ïoyenne-Egypte, et les chambres des mastabas avec leur décoration sont maintenant (aillées dans le roc.

Surle^' roriiies de colotuies im Kgypte, cf. I>()uciiaui)t, hic <u'(iyijUsclie PjU(ii:cttsaule, 1897; en outre Wii.ckk.n, l./.,39, GG; Houcii viiin, l. /., 40, yOsq.; et Pi chstkin, Die ioinsclu' Siuiley 1907. Sur l'évolution des l'ilifices luuéraires, v. Lkpsils, hcnhiu., T<\rl 1, :2i5 sq. ;à Gizeh, on trouve déjà des hypogées sous la IV'' dynastie. Nous pouvons nous faire une idée approximative de Tarchiteeture profane, uotamuienl des |)alais du roi construits eu l^ois et en briques de limon, par les sarcophages et les tlécorations «les fausses [>oi'l(»s daus les loud)eaux (cf. Piiuior et (lui-

iMKz, //. (le Tari, 1 ; Kkman, \c(iyph'ii, ^244 sq.). Depuis le déhui du Moyeu Kuipire, nous possédons, en outre, de nombreux mod(Mes de maisons (ju'ou dépose dans la toud»e. I^our les temples ordinaires, qui ne sont pas non plus construils en pierre, les signes hiéroglyphiques que nous rencontrons à l'occasion (par ex. Mariette, Mnsl. V 12, temple de Sêth de rOxyrynque) ne constituent qu'une reproduction très insuftisante.

2r)7. Ce qu'on demande à Tart de la statuaire, c'est de fournir des portraits du roi et de ses grands, (ju'on placera dans leurs tombeaux, afin (jue Tàme ou esprit du défunt puisse y établir sa demeure, en remplacement du corps où la vie est abolie. Il faudra (|ue l'attitude soit empreinte de solennité et de dignité et que le portrait reproduise avec fidélité les traits du visage : toutes les statues égyptiennes présentent ce caractère. Dans les commencements, au temps de Snofrou, les univres témoignent encore assez souvent de la gaucherie qui avait caractérisé l'époque antérieure; on ne s'est pas encore rendu tout à fait maître de la matière, surtontquand il s'agit de piei'res dures le granit par exemple, etc.) ; ainsi, dans la statue de Meten,les traits du visage montrent, malgré la fidélité de la ressemblance, une exécution lourde; le tronc et les membres sont tout à fait mal venus et, par endroits, à peine ébauchés grossièrement. Mais, moins d'une génération plus tard, à cote de ces statues nous en vovons d'auti*es exécutées en calcaire, matière plus facile à travailler; malgré le caractère conventionnel de la pose, elles s'animent déjà d'uni* vie ardente, ])ar exemple celles de Uahotcq) et de son épouse, Nofret, à Medoum. Dans les arts mineurs, citons la statuette d'ivoire de Clieops (§ 234) dont les traits énergiques et très vivants sont rendus par un ciseau incisif; cette œuvre égale les meilleures productions de répo({ue thinite. En outre, la statuaire s'essaye pour la première fois à des œuvres de grandes dimensions, en l'honneur du roi, et y témoigne d'un progrès remarquable. Les grands artistes qui travaillent pour la cour sont arrivés à se

L ANCIEN EMFIRK

LA CIVILISATION DE LANCIEN EMMRE. l'aRT — jl; ^')7

rendro maîtres des matières mêmes les plus dures; ils n'ont pas cependant d'antres instruments de travail ipiela pierre, le sable et le cuivre^ durci. Ainsi, le maître (|ui a taillé dans le diorite la statue assise de Chepliren, pins grande (jue nature, avec le faucon Noms étendant ses ailes derrière sa nu(jue pour le protc'ger, a su réaliser, malgré la raideur conventionnelle de l'attitude, une umvre tie premier ordre ; les autres statues de ce roi ne sont [)as, en certains détails, d'une exécution moins parfaite. Les dernières fouilles nous ont livré la |)artie antérieure d'une tète de roi, en diorite, (|ui est un portrait merveilleusement vivant du souverain vieilli. Les pommettes en forte saillie, le nez épais, la Ixmclie large, et surtout rex[)ression des yeux, suscitent Timprc^ssion d'un es[)rit aux idées étroites, mais bienveillant, (jui devait bien être celui d'un dieu sur terre. De même valeur artistique sont deux têtes de Mykerinos, maintenant à Boston, dont l'une représente le roi en la fleur d(^ sa jeunesse, l'autre à un âge avancé. Il faut mentionner aussi les groupes en haut-relief où sont représentées les divinités des nomes (^ 2r)()), dont on a imaginé les ligures, indéniablement, à la ressemblance du roi. Peu à peu, les artistes font pour les grands seigneurs ce (ju'ils ont fait pour le roi, et leur inspiration est d'autant plus libre (ju'ils n'emploient pas [)our eux la pierre dure, mais le calcaire et le bois, et (|ue ces statues nesontjamais de grandeur natui*elle. i^n réalisme plus grand y vient animer la pose ; à côté des figures assises, traditionnelles, nous en trouvons d'autres en marche ; dans ce mouvement, la jambe gauche se porte en avant, entraînant avec elle la déviation de l'épaule gauche ; voyez encore tel fonctionnaire du roi, qui se fait représenter en sa fonction de scribe, accroupi et les jambes repliées sous lui, avec un rouleau de; papyrus déployé sur les genoux, l^es chefs-d'œuvre» de cet art plastique, — (jui s'accompagnent naturellement de productions d'une moindi'e valeur — se trouvent dans les mastabas de la V'' dynastie; c'est là cjue les l^gyptiens se ré-

vèlent à nous dans révocation spontanée et naturelle de leur vie,avec des (igures telles que celles du Schêch-el-Beled, du scribe accroupi du Louvre, d'un autre scribe au Caire, et de tant d'autres chefs-d'ieuvre. A cette liste ajoutons un autre chef-cro'uvre de la techni(jue [)rimitive du métal au temps de la \[' dynastie: ce sont les statues de Bepi I'' et son lils, trouvées à Hierakonpolis ^pL 50-56) et qui sont faites avec des plaques de cuivres repoussées et rivées ; l'impression de vie qu'elles éveillent est encore rehaussée par les yeux incrustés en pierre blanche, avec pupilles noires, (|ui projettent l'éclat de leur regard siii* le spectateur. En généial, le corps est rendu coriectement , même dans la transition diflicile du buste au tronc inférieur. Certaines fautes de détail s'expli(ju(*nt par les j)articiilarités du style égyptien : pai* exem[)Ie, dans les Hgures debout, la jîiinbc (|ui se porte en avant est toujours trop grande. Nofre esthéti(jU(» s(» choque encore davantage devant les grou|)es très fréquents dV'poux, où la femme se tient, dans une attitude raide, debout ou assis(% à coté du mari, rt, néanmoins, l'enlace d'un bras qui va rejoindre l'épaule la plus éloignée et dont, par conséquent, le mouvement est forcé et la longueur exagérée ; l'art égyptien n'a jamais pris sérieusement à tàch(» de résoudre les difficultés de ce genre, mais s'est accommodé de c(^s lacunes dans la statuaire et aussi dans le relief, ou plutôt n'en a eu aucun sentiment. Nous sommes en plein réalisme, au contraire, avec la statue d'un nain de la cour, avec certaines figures de serviteurs et d'ouvriers, de femmes occupées à moudre ou à cuire au lour, qu'on déposait dans la tombe du défunt.

('/est une question très eontroversée de savoir si l'Ancien Kmpire a connu les outils eu fer. H es! déjà fait nienlion du fer(égy])t. />/) dans les textes des pyramides, et des IVaguients de 1er (cf. Oi.shalskn, /. /. Hlliiutl., 11)07, 3(i9 sq.), ont été retrouvés, par exemple par V^si:, dans la niaronnerie de la grande pyramide ou par Pktuik à Abydos, avec des vases de bronze de la \l dynastie (v. Hall, ap. Mon, 111, 1903; Kin(; and

L ANCIEN EMPIRE

LA CIVILISATION DE l'aNCIKN EMPIRE. l'aRT ï; 2^)8

Hall, /:f/yp/ and Western Asia in theliyhl of récent rfiscorpn>s,lt2sq.; billes doter oxvdô provenant des temps anciens, ap. Wm^w-iucut, Hev.nrch., 4sér. XIX, 19Ii>,2:h. Pointe de javelot en fer de la XI l« dynastie, à Wadi Halfa, ap. Macinkii and Wooli-y, Bulwn, 1911, j). :>11 et pi. 88;; mais le ter que l'on a trouvé n'est que du fer doux qui est répandu en Afrique, comme v. Lusciian Fa signalé. Des outils en fer, propres à travailler la pierre dure, les Kgyptiens de l'Ancien et du Moyen llmpiren'en ont pas possédé. Kn revanche, ils s'entendaient à durcir le cuivre et à tailler la pierre avec des outils en cuivre, comme nous le voyons dans les représentations figurées. (Juand il s'agissait d'un travail plus soigné, on se servait de sahic et de pierres à aiguiser.

258. Si l'art |)lnstiqiie, depuis le commencement de la IV*" dynastie, a réalisé, dans un Jiiinimum de temps, des progrès tellement prodigieux qu'il nous cause, à chaque nouvelle trouvaille, une nouvelle surprise, la décoration des tombeaux, (jui commencesousSnofrou, et se généralise àtous les fonctionnaires de distinction, impose» à l'art des taches nouvelles. Toutes les règles générales de rornementation des murs, tant dans le choix des scènes représentées que tlans la manière de traiter les ligures, sont déjà fixées; en pratique, elles ne font ([ue déveloj)p(M' les [)rincipes qui se S(mt imposés dès répocpie du second roi de la 11* dynastie S 216. Maintenant, comme avant, ce qu on cherche en dessinant le corps humain, c'est d'en rendre les difï'érenles parties le plus clairement possible, en exprimant la valeur complète de tout leur volume; ces parties se coordonnent ensuite, tant bien (|ue mal, poui' composer l'ensemble de la ficrure. Il en est résulté une foule de formules traditionnelles qu'on a codifiées dans un canon des proportions, tenu pour inviolable, que tout élève devait cq)[)rendre et qui servait de schéma à toute composition. On se sert de la même méthode pour rendre le dessin compliqué d'autres objets, tels que la table d'ollVandes garnie de mets et de feuilles de palmier dé[)osés à sa surface, pour représenter le mobilier funéraire et les collVets destinés au mort plus tard on s'en sert même pour les édifices). En même temps, on

commence à chercher un système qui puisse assurer plus d'unité aux proportions en adoptant leprolil de trois quaits ; pour représenter, |)ar exemple, des oiseaux volants, on traitera d'une manière difléiente Pinsertion des ailes; dans le corps humain, le nombril esl ligure non sur le trace du profil, mais à (juciquc distance du contour. Néanmoins on ne cherche pas à rendre la perspective : le sens de l'espace, les effets de profondeur maïKjuenl, et les l^gyptiens n'en ont [)as conscience; bien au coniraire, la [)erspective serait en contradiction avec leui* but et fausserait la vérité des objets (ju'ils tiennent à représenter sous leur aspect réel, ('/est pourquoi ils dessinent leurs ligures toutes sur le même [)lan, au risque de mêler leurs contours: c'est ainsi (ju'ils représentent sui* un même plan les deux pieds d un homme, ou le moissonneur et les blés, les valets et les ânes qu'ils chaigent, ou les greniers dans lescjuels ils jettent les gerbes, et juscju'aux têtes pressées tles troupeaux de bu'ufs, d'ànes et d'oies, dont les contours antérieurs et parallèles se trouvent représentés de face dans un mouve* ment ol)li<|ue. S'il s'agit de plusieurs groupes et (ju'il soit ini|)ossible de les rapporter sur le même plan, i)ar exemple des chasseurs tenant en laisse des chiens couplés ou des lions enfeiinés dans deux cages, alors on les dessine tout simplement l'un au-dessus de l'autre, chacun dans lin plan indépendant; toutes les scènes à figures nombreuses se placeront ainsi en registres superposés. Du moins, dans le détail, le rendu est-il d'une observation scrupuleuse, surtout s'il s'agit d'animaux; mais camper correctement une silhouette humaine en lui imprimant le mouvement de la vie, c'est un effort auquel les Kgyptiens n'ont jamais réussi. Évidemment, les artistes n'ont jamais travaillé d'après le modèle vivant, mais ont eux-mêmes imaginé la pose, en toute ingénuité. Aussi lorscju'ils sont obliges de dessiner un homme de profil, la difliculté est-elle pour eux insunnonlable: ils n'osent s'écarter de la formule-type, le

L ANCIEN EMPIRE

LA CIVILISATION DE l' ANCIEN EMPIRE. l'aRT — § 258

le corps humain aux épaules symétriques, et quand, tout de même, ils l'essayent, c'est au prix des dislocations les plus bizarres. Par exem[)le, [)Our montrer un ouvrier ou un |)avsan de profil, ils rabattent les deux côtés du torse l'un sur l'autre, de sorte que les deux bras s'emmancheront au môme point; ou bien, l'épaule la [)lus éloignée se détachera du reste du corps sans souci d'articulation, tandis que dans une figure voisine, elle sera dessinée plus correctement. Les l'^gyptiens ne sont jamais arrivés à maîtriser ces difficultés; pourtant ce qui donne un grand charme à toutes leurs productions, c'est qu'ils aiment à pénétrer et à rendre tous les détails de la vie. Ici encore, le progrès a été considérabh', depuis les débuts de l'art sous Snol'rou et (>heops(eten particulier dans les mastabas de Medoum et de Gizeh; jus(|u'à son apogée, que nous constatons au mastaba de Ti et surtout dans celui de Ptahhotepà Sakkara, et aussi dans les tombeaux analogues et les reliefs des saisons du temple solaire de Neweserrê. Ce progrès s'expli(|ue, une fois de plus, par l'encouragement venu d'en haut ; en effet, on a adopté dans les édifices royaux, au commencement àc la \ ' dynastie, la décoration murale par tableaux en reliefs. Au début, la facture de ces tableaux est caractérisée par la raideur, le style schémati([ue, oii le sentiment de la vie réelle fait presque complètement défaut; au contraire, dans les reliefs de la Y*^ dynastie, nous suivons, avec un intérêt charmé, les mille spectacles divers d'une vie abondante et lal)orieuse que l'artiste dé[)('int avec humour et avec bonheur, soit dans les scènes d'animaux, soit dans celles où il nous présente le peuple des valets, des paysans et des matelots. Enfin, avec le tableau guerrier de Désàse (§ 253) et les reliefs deSahourè', un thème tout nouveau vient rompre le cycle des tableaux de la vie paisible. Toutefois, dès que le sujet à reproduire est un personnage de distinction, le seigneur de la tombe, son épouse, (*t, en particulier, le Pharaon, l'étiquette exige le retour à une dignité solennelle qui i*es-

pecte rigoureusement les conventions établies; et la raideur de ces figures s'augmente encore du fait qu'il faut les exécuter en très grandes dimensions, car elles doivent dépasser d'environ six fois toutes les figures environronnantes. Par là, elles deviennent évidemment la note dominante dans la composition et l'impression d'ensemble : en elles se concentre l'unité idéale qui donne un lien à toutes ces scènes juxtaposées ou superposées sur les murs, car leur spectateur, c'est le seigneur de la tombe, dressé au-devant d'elles de toute sa stature gigantesque ; c'est pour lui qu'elles sont là, et de même, dans les bas-reliefs du temple solaire, ce sont les divinités des saisoiis, aux proportions surhumaines, qui font défiler les autres figures, (^es décorations murales sont j)our la plupart des reliefs; mais en leur appliquant ce nom de reliefs, nous transportons dans ces tableaux une conception qui leur est complètement étrangère. Elles n'ont rien de commun avec les vrais reliefs, comme ceux du temple de Mykerinos, où les figures se détachent du fond et donnent l'impression de la vie réelle ; au contraire, on se défend de produire aucun efl'et de profondeur. Les anciennes palettes de schiste, notamment celle du taureau royal (S 201), nous montraient encore des figures traitées avec un relief assez prononcé et un modelé vigoureux, style que la sculpture babylonienne a conservé et qu'il a encore développé. En Egypte au contraire, il fait déjà place, sur la palette de Narmer, à un relief [)lat qui s'est maintenu par la suite ; l'effet qu'on veut [)roduire est purement celui d'un dessin. Bien entendu, tous ces reliefs sans exception étaient polychromes. Tantôt les scènes sont traitées, comme dans la peinture à fresque dont l'emploi est assez restreint à cette époque) avec des couleurs plates, sans dégradation de nuances, car la peinture égyptienne, non plus que la peinture grecque primitive, jus(iu'à l'apparition du « peintre d'ombres » ApoUodore, n'a connu les ombres ; tantôt on rehausse Teflet des

L ANCIEN EMPIBE

couleurs en ceniaut les contours d'un trait qui les fait apparaître en relief ou en creux, ouen modelant les muscles, ou, par exemple, les [)lumes d'un oiseau, d'une façon assez plasti([ue pour ((ue l'ombre et la lumière viennent jouer dans le tableau; mais ces recherches n'ont (ju'une importance accessoire : ces œuvres l'estent avant tout des tableaux. Aussi l'elï'et est-il plus grand encore là où le relief est laissé tout à fait j)lat, les muscles modelés par louches très légères, comme c'est le cas dans les figures des peuples vaincus par le lion royal, sur les sculptures (|ui (b'corent le couloir de la pyramide de Neweserre.

S\u- les règles observées dans le relief et la peinture, v. les histoires de l'art et siirlout Ekmvn, \^;/yp/r'//, oSOscf. C'est à II. SciiUku cpiejedois d'avoir i)U ni'iiiitici' plus [)rofon(lénient au caractèi'e et an développement de l'art égyptien; il publiera prochainement les résultats de ses investigations très pénétrantes ; en attendant, il a traité une question capitale dans son article : Sclu'inhihf n<lcr WirkIichhrUsfnhl ? \. /., i8, \'M sq. Pour des essais très curieux dans le dessin de pi'ofil, sous la V« dynastie, cf. M ai3Si:n, i. /., 4^2,65 s. Sur le canon des pr(>|)ort ions, voir l'étude tondamentale de Lirsius, Denknidh'r, Text. l. 2:W sq. : ensuite l.DGxn, Itcc. '21, 137 sq. C'est à la (in de l'xVneien i:mpiie qnapparait le relief dans le creux, caractéristique de Tari égyptien, grâce auquel la peinture trionqdie effectivement du relief. Dans la décoration mu raie des édifices royaux, il y a une grande dillérence pour le rendu entre les scènes stéréoty[)es, telles f[n'elles ont été déjà formulées, dans leurs traits essentiels, par la 1'® dynastie (fêle Set, fondation de temples, prisonniers amenés par les dieux, etc.) et la conception artisticpie du monde propre à la \ ' dynastie, réalisée dans les reliefs des saisons. Ces dei-niers sont en relation très étroite avec les re[)résentations (^ue nous trouvons dans le tombeau de IMahhotei).

25U. A ces productions, il faut ajouter celles des arts mineurs, déjà très dévelo[)pés sous les rbii>iles, et concernant la parure, le mobilier. Nous comprendrons facilement que dans ce domaine les artistes eussent une pleine et orofueilleuse conscience |](* leur valeur; ils recevaient sûrement de grandes récompenses des rois et des seigneui's

Page 1