L.\ CIVILISATION DE l'aNCIEN EMPIRE. L ART — i
qui les prenaient à leur service. Aussi n'est-il pas rare de voir l'artiste se nommer, du moins dans les reliefs des tombeaux, et introduire son nom avec son portrait dans la scène (ju'il représente. (Vest le cas de Ne'ancli])lab. Tauleur du tombeau de Ptabhotep (Ji 257, (pii a ajouté sa propre efligie à la (in d'une scène tirée de la vie des paysans et des pécheurs; il s'exhibe lui-même, son travail fini, assis confortablement dans une barque, faisant honneur au repas qu'on a dressé devant lui, en récom])ense de son travail, et buvant largement, à môme une grande cruche ([ue soulève pour lui un jeune garçon, l'n autre artiste, auteur du tombeau de Mererouka.à Sakkara, s'est portraicturé peignant devant son chevalet les tableaux des saisons, mais son nom est malheureusement détruit. 1) autres artistes firent de même, (.eci est le premier cas où nous voyons s'éveiller dans l'individu la conscience de sa faculté créatrice ; l'art plastique, et plus tard l'architecture, sont restés en Hgyplo les seuls domaines — autant que nosconnaissancesnous permettentd'en juger, |)uisqu(Mlans la littérature aucun nom d'auteur léel n'est mentionné — où l'artiste déclare son nom avec l'orgueil d'avoir créé une œuvre que d'auti'es n'étaient pas capables de produire. Toutefois cet art ne s'est dévelo])pé (|ue dans la seule ville de Memphis, résidence de la cour et de Ptah, devenu parla suite le dieu des artistes (35 247'. A partir du milieu de la V*^ dynastie, nous voyons, dans d'autres parties de ri^gypte, apparaîtie des tombeaux pourvus de décorations artisti(|ues, mais ce sont évidemment des artistes venus de Memphis qui les ont exécutés. I.'art n'a donc jamais pu prendre racine en province, et nous l'y voyous disparaître dès que la monarchie tombe eu décadence. D'ailleurs, l'art en Éo-yple est toujours resté dans une complète dépendance des événements politiques. C'est uniquement grâce à la protection d'une cour, qui était riche et leur proposait des travaux importants, que des artistes de distinction ont pu se former.
L ANCIEN EMPIRE
C'est EuMAN,!. 7., 3i,97,sq.,H8, 107, (|iu a su rocoiinnîlro avec perspicacité SU]' les niofimnonls les artish'S nommés ilansle fextr. On Iroiivc également le nom dn peintre et celni de rarchitecle, par exemple dans le tombeau d'un fils de Chephren, Sktiik, Urk. des A. H. tG (/./>., il, 1-2 c); aucontraire, l'artiste n'est pas encore mentionné dans ce tombeau de Hà'l.iotep (ScTMF, Le. 7 = MAun:rTi;, Mon. <liv., 17; Pkthik, Mediim, 3i)on l'on vanle le caractère impérissal)le des tableaux représentés.
260. Avec les prop^rès de la civilisation, les conquêtes des sciences teclnii(|ues ont dfi dépasser de Ix^aiicoup les résultats ac(|uis sous les Thinites {^ 226). Il fallait connaître les math^niaticjues élémentaires pour transporter des blocs énormes de pierre, pour mesurer les champs, pour établir le compte des revenus et des dépenses; il fallait des connaissanc(^s astronomicjues pour déterminer les proportions et Torientation d'un plan d'édifice, en observant les règles prescrites par le rituel. En médecine, le trésor des connaissances empiriques a dû s'accroître en raison delà considération dont jouissaient les médecins à la cour. Il existait en outre une littérature traditionnelle (jui servait d'instrument à chaque métier pour s'exprimer et se raconter ; citons par exemple la « Sagesse •> des magiciens, répertoire qui se transmettait, alors comme dans la suite, de bouche en bouche parmi le peuple, et que l'on consultait souvent dans la vie pratique. Mais ce qui nous est parvenu de celte littérature est aussi fragmentaire que ce qui nous reste des livres de lois, des rituels religieux, des chants et de la musique de cette époque; le seul fragment que nous ayons est d'un traité théologique i?^ 272). Ily avait aussi un recueil de règles de civilité et de morale que les époques postérieures ont attribuées à des vizirs vivant sous l'Ancien Empire; nous en avons déjà parlé au ^ 24S.