‹ Histoire de l'antiquité [microform]Chapitre 93 sur 172 · DE TRANSITION · texte numérisé non relu

DE TRANSITION

Le développement de la féodalité et la VI dynastie,

261. Vers le milieu de la V^' dynastie l'accroissement de la propriété foncière dans les grandes familles de fonctionnaires commence à opérer une transformation notable dans la société (§245). Le roi continue à faire des dons de terres; ils sont particulièrement nombreux sous Asosi. Dans Padministration des nomes, au lieu des changements fréquents de postes en usage sous la IV" dynastie, on constate l'hérédité des fonctions. Les nomarques de la Moyenne Egypte commencent à se faire creuser des hypogées dans le voisinage de leur ville et à les faire décorer dans le style des mastabas, autorisés sansdoute par le roi qui contribue toujours aux frais delà sépulture et aux oiïrandes funéraires. Au cours de leurs inscriptions, ils placent maintenant, avant tous leurs titres, le nom de leur nome : « Dans le nome du Lièvre (ou :dans le nome de la Chèvre) fonctionnaire royal, gouverneur de la ville, exécuteur des messages (royaux), administrateur du nome», etc.; leur fils aine porte, déjà du vivant de son père, une partiedes titres qui sont attachés aux fonctions paternelles. Cette puissante aristocratie locale qui vient de

FIN DE ï.'aNCIEN EMPIHE. ÉI>()yi;E DE TRANSITION

de se former trouve son contrepoids dans nno nouvelle institution rovalo : le roi a créé un poste de « directeur du Sud » chargé de représenter le pouvoir central. Tous ces indices annoncent qu'une transformation de TKtat se |)ré pare, l.e fait que les deux derniers rois de la dynastie, Asosi et (Junas, n'ont construit, malgré leur long règne, aucun temple au Soleil, est encore un autre signe d'un état de choses nouveau,

Los tomhcanx de la V' dynastie, décoivs de scènes <'t d'inscriptions sont à ma connaissance: à Dcsase (J^ :25:-5, :>(!" nome, du I^dmiei' suprlieur, Hcralvléopolis) ; à Zaouijot-el-Moitin (toml)eau -2, /./>, 11, tOo-109 probablement antérieur à la VI'* dynnslie, iO** nome, de la Chèvre. Hebonou); à Schoch Saïd (Dvvn:s, Hork Tomhs of Shcik Slnul, tombenu 'H et2o--r L/>., 112, \:\' nome, du Lièvre, Hermopolis ; dans ce incme nonu', los tombeaux [)lus anciens <le Herse, (iiuinTu and .\i wm:uKY, Hl-Berslieh. 11, j). 57 et (il, appartiennent à la mémo cpocpie . Le tondjeaux de Tohne (17'' nome, Cynopolitei dont le propriétaire porte des titres semblnbb's à ceux du nomarcpie de Schech-Saïd, date (\\\ début de la V^ dyunstie. Au contraire, le groupe des tombeaux nu nord de Her et Gebrawi M2' Home, " Mont-Seri)cut ; Dvvns. Iturh- Toinhs oj Deir ri (irbranu 11 1 appartiennent seulement à la tin de la VL' et [)eutètre même n la VIII" dynastie (g 208^ ; cette opinion est contraire à celle de Davies, p. :^9, qui est suivi par Sitmi., / /A. '/es \. I{. 7<) et par Rkkastki), Ane. Rer. 1, 2H0 ; le titre que porteid tous i<Mirs propriétnires : hri :n:o'o n Toii-hofi, serait un titre t^ncore insolite aucommenceuieiit de la \'l" dynastie. Sur le couseutenu^id dj'divré par le loi pour la sépulture et sa contribidion rf)yale (c'est lui qui fait livrei- le cercueil, riuiile, les vèb'ments, etc., par les <■ maisons blanches ••) V. rinscriptiou de Za'ou, Deir ri (irhnuri IL \'A ; Sirrm:, Urk. 145 ; l'inscription d'Ouna, 1. 5, nous dit la même cbose pour la région de Memphis.

262. î.a V'' dynastie prend fin avec Ounns, vers 2530 avant Jésus-CJu'ist. Nous ignorons si la nouvelle famille de souverains — qui, d'après Manethon, est aussi originaire de .\fem[)his — • est arrivée au li-one pai* di'oit dci succession ou par usurpation. Le fondateur de cette dvua^fi^ est Teti ^dont la prononciation est probablement .\loli:che/ A[an«'»thon,

LE DÉVEI.OPI'EMKNT OE LA FÉODALITÉ J^ 262

Othoes; qui paraît avoir eu un long règne. H a un successeur éphémère, Ouserkerè\ qui est suivi par Pepi ^^ dont le nom de couronnement est Merirè\ Le papyrus de Turin lui attribue 20 ans de règne; en réalité, il semble qu'il ait réoné plus longtemps, et, on tout cas, il acélébré la fête Sel. Son fils aillé, Merenrè' L ' Melhesouphis h'') pst mort dans U rv' année de son règne et il eut pour successeur son frère Neferkerè^ III Pepi II, (jui régna d'abord sous la tutelle de sa mère. D'après Manéthon, monté sur le trône à 0 ans, il aurait vécu 100 ans; d'ailleurs le papyrus de Turin lui attribue aussi 04 ans. Si c'était là une vérité historique, nous aurions avec lui le [)lus long règne (|ue connaisse l'histoire du monde env. de 248ôà2a00 av. J.-C. lia célébré au moins par deux fois la fête Set. Son nom apparaît tiès souvent sur les inonuments de l'époque : mais après lui, ils sont pour ainsi dire absolument muets.

Pour la liste des rois, voir i^ 2(>7 n. Jusqu'ici, Ouserkerè' n'était coimuque par la tablette d'Abydos, mais il était mentionné aussi au papyrus de Turin, quoicpie sans chillres d'années de règne ; on a récemment trouvé son nom sur un sceau à Abousir. Il se pourrait qu'il soit identique avec ce roi Ati, pour la pyramide duquel on va cbercher des pierres à HammamAI dans la ju-emière année de son règne, LD., lî, tl5 s. ; SiTHi;, (//•/.-. r/cs \. li. Sur le roi Imhotep, //'. 115 li. ; v. î:^ 2H5 n. Au lieu de sou nom de couronnement Merirê', Pepi P^'a porté, au début de son règne, celui de Nelersal.ior qui est encore conservé en plusieurs endroits de sa pyramide (Skthi., Pyramidenlextr, L p. XII i; c est sous ce nom (piil apparaît sur une plaipiette d'albàlre i Pktiui:, /7fsL, L 10(m et sur un papyrus de Sakkara (/'^//>. dr nouJnq, n« 8, vol. 1, pi. H9), de mémo que dans des inscriptions rupestres, à TomAs, en Nubie 1^ 2()5) ; comme les noms dllorus étaient les mêmes, MAllku A. /., IL 129, avait déjà conclu à l'identité de ces rois. Nous ne savons comment expliquer ce changement de nom. - Le décret de Pe|^il' à ,I)ahsour, À. Z., 42, 1 sq. (5^ 241 n. ) est daté de sa 21- année et une inscription dans les carrièresde Ilatnoub. si la lecture de la date est correcte, seuait de la 25« année de son règne (Skthi:, Urk. dm AM., 95». — Statue de bronze de Pepi I""-: i^ 257. Inscription deTanis, ap. m. Roi <;k, //»*vr., 75. - Tète de la momie de Merenrè', d'aspect jeune, ap. M isriuo, duidr du Mnsredu Caire, 2^" éd. 1912, p. 292.

FIN DE L ANCIEN EMI>inE, EPOÇJUE DE THANSITION

263. La nouvelle dynastie n'a pas brisé avec les traditions de ses prédécesseurs; elle a continué de célébrer leur culte funéraire et a renouvelé leurs privilèpres. Dès son avènement, le roi s'occupe d(î construire sa pyramide et envoie chercher les pierres dans les carrières de calcaire de Troja près de Meniphis, dans les carrières d'albâtre de llatnoub, situées dans le déserl du 15*^ nome, dans les carrières de granit de Syène et de Nubie, enfin dans des carrières exploitées seulenn^it depuis Asosi à Wadi iïainnianiat (Rohanou , à Test de Ko[)los v^S 247), et (jui fournissent une pierre noire très estimée. (Vesl tant(')t le « chancelic^r du dieu », ou « l'architecte en chef », tantôt (juelque favori, le directeur du sud, ou ({uelcjue nomar(|ue, qui est chargé par le roi d'aller rassemblei* les matériaux de sa demeure éternelle. Le roi fait don de tombeaux aux ronctionnaires de la cour, il accorde des concessions d'onVandes funéraires à ses nomarques. Des restes de temples construits |)ar Pepi b*' nous ont été conservésàTanis, Ihibastis, Abydos, Dendera et Koptos. Quand le besoin s'en fait sentir, Pharaon intervient par des édits dans l'administration, la justice et l'organisation du culte. Mais c'est à bon droit que le papyrus de Turin fait, pour la première fois, dans la liste des rois une grande coupure après le règne d'Ounas, et qu'il compte le total [)erdu pour nous) des années écoulées depuis Menés; en effet, l'évolution qui commençait à s'accom[)lir sous la V*^ dynastie arrive à son terme avec la dynastie nouvelle. Dans les grandes nécropoles, auprès des [)yrami(les, on n'enterre [)lus guère que des grands-préti-es et des fonctionnaires de Memj)his, ainsi (jue les plus hauts fonctionnaires d(^ la cour et de l'I^tat résidant auprès du roi; encore faut-il qu'ils n'aient pas suivi la coulume, qui devient en vogue, de se faire construire un lombeau à Abydos. I]n effet, la croyance (pi'Osi ris est idenh(jue avec le dieu des morts de la ville rovale des Thinites et iiuil est enterré à Abvdos {^ 17<S n.) a déjà pc'uélré dans I ou les les classes ; et on

Page 1