‹ Histoire de l'architecture de Th. Hope Texte. 1Chapitre 19 sur 126 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

SCniSME ENTRE l'ÉGLISE GRECQUE

et l’église latine; effet de ce schisme sur la dernière,

LES STATUES s’ï MULTIPLIENT.

Les premiers chrétiens, auparavant juifs et gentils, éprouvaient un extrême éloignement pour les images; leurs successeurs , presque tous Romains , dont la dévotion était entretenue et l'imagination échauffée par la vue des objets sensibles, les rappelèrent dans les lieux consacrés au culte. Le ciseau représenta successivement le Sauveur, la Vierge, tous les saints et toutes les saintes du calendrier; et ces images de forme humaine , que l'on regardait comme de véritables portraits , se placèrent auprès des dessins d’animaux et de plantes, dont on a déjà parlé.

Parmi des hommes dont l'imagination l’emportait de beaucoup sur le jugement, la copie devait, peu à peu , obtenir le culte qui n’est dû qu’à l’original ; c’est ce qui arriva aux Grecs , jusqu’à ce que le remède sortit de l’excès même du mal. Ce mal était tel qu’il éveilla les craintes du clergé et donna lieu aux fureurs des iconoclastes. Le clergé défendit toute espèce d’images sculptées , les iconoclastes les détruisirent ; enfin, elles furent frappées d’anathème dans un synode tenu par Constantin, fils de Léon l’Isaurien, ce qui

amena leur entière disparition des églises grecques.

Mais les évêques latins avaient refusé d’accéder à ce synode. Et ce refus n’était pas leur premier acte de rébellion contre l’autorité , légitime ou usurpée , des empereurs d’Orient.

Si Rome avait toujours eu, comme Constantinople, un chef politique particulier ; si l’empire d’Occident eût subsisté comme l’empire d’Orient, le pontife romain serait resté sujet de son prince , comme le patriarche de Constantinople resta soumis à l’empereur; mais il était difficile de maintenir et d’appuyer par une force réelle l’autorité imaginaire que les souverains de la Grèce s’étaient attribuée sur le pape de Home , depuis la chute de l’empire d’Occident. Assisté par des évêques dont les intérêts s’accordaient avec ses vues , le pontife romain eut pour but constant de secouer le joug des empereurs grecs, et de rompre toute communion avec l'Eglise grecque ; le décret contre les images lui permit enfin de mettre h exécution ce projet longtemps médité. Un concile d’évêques latins anathématisa le décret rendu par le synode de Constantin, excommunia ceux qui l’appuyaient, et déclara le siège de Rome désormais indépendant de celui de Constantinople.

Au commencement, les images avaient été introduites avec précaution dans les lieux saints ; on s’était imposé une sorte de discrétion sous ce rapport ; mais après le conflit qui avait servi de motif ou de prétexte à une entière séparation entre les deux Eglises, la dévotion et l’orgueil exigeaient également que le droit fût bien établi, la distinction nettement tranchée , et le triomphe signalé par l’admission illimitée des images.

C’est ce qui ne tarda pas à arriver. II est vrai que Rome, la ville sainte , celle qui avait donné une sanction solennelle au culte des images, en profita peu dans son architecture. Rome surpassait bien encore toutes les villes d’Italie en étendue, mais c’était là son seul avantage ; la Cité gigantesque n’était plus que le cadavre d’un géant. En population, en industrie, en ressources , en activité , elle était devenue inférieure à beaucoup d'autres villes de la péninsule, qui , à leur tour , s’étaient élevées au rang de capitales ou de résidences royales, comme Milan, Ravenne, Venise, Vérone, Padoue; et tel était le mépris qu’inspiraient ses habitants, que, chez les Lombards même, le nom de Romain était une injure.

Aussi , depuis la basilique primitive élevée à Rome avant la chute de cette ville , jusqu’à l’église, demiantique, demi-moderne, du xv® siècle, bâtie au moment où l’ancienne capitale du monde sortait, pour ainsi dire, de ses ruines, nous n’y rencontrons aucun monument religieux de quelque importance appartenant au style d’architecture intermédiaire, et déployant, par conséquent, la profusion de statues qui caractérise ce style. Mais la sculpture domine, pendant cette période, dans toutes les autres villes de l’Europe où l’on construisit des églises de forme latine, quelque altération que l’architecture ait pu d’ailleurs éprouver à d’autres égards. Examinez quelques bâtiments fort anciens, en Italie et hors de l’Italie, St.-Ciriaque , à Ancône; à Vérone, la cathédrale et St.-Zeno; àPavie, St. -Michel; à Arles, St.-Trophiine; à Toulouse, St. -Saturnin; à Bordeaux, l’église de Ste. -Croix; à Angoulème, celle de St. -Pierre; à Poi-

tiers, celle de Notre-Dame la Grande; ne vous semblet-il pas, en vous arrêtant au* portiques et aux autres parties extérieures de ces édifices , que ce sont des monceaux de statues, plutôt que des subdivisions architectoniques ornées seulement de sculptures? par le nombre de leurs statues de toute dimension, ces monuments l’emportent sur les plus riches églises gothiques.

On doit avouer, il est vrai, que l’intérieur de ces anciennes églises est généralement nu, en comparaison de l’extérieur tout surchargé de figures; peut-être faut-il attribuer cette différence à quelques restes de scrupule; on craignait toujours de nuire par ces images au culte réel. Les saints et les rois de pierre et de marbre restent encore , comme les anciens pénitents, sous le portique de l’église; on ne leur a pas permis de pénétrer dans la nef, ou d’approcher de l’autel.

Les plus anciennes églises latines , postérieures à la basilique , présentent généralement, sur leur portail , la figure de Notre Sauveur, de la Ste. -Vierge , ou du patron, placée dans une niche, ou sous un dais saillant formé de deux petits piliers, ou sur un modillon qui supporte un fronton en arc. On en voit de cette espèce aux Dômes de Modène et de Plaisance; à l’église circulaire de Ste. -Marie degli Ângioli , près de la porte romaine à Sienne ; à l’église St.-Antoine de Brescia; à celle de St. -George de Ferrare; et dans d’autres villes de Lombardie. Quelquefois la figure est renfermée dans un médaillon ou vesica piscis , à Arles, par exemple , dans le portail de St.-Trophime ; à Angoulêmc, dans celui de St.-Pierre; à Poitiers,

dans celui de Notre-Dame la Grande ; et au-dessus de l’entrée occidentale de St.-Cunibert, à Cologne.

Souvent on disposait en carré ou en losange, autour du dais ou du médaillon , les quatre figures emblématiques des évangélistes; on peut les voir sur le portail de face et sur le portail latéral du Dôme de Modènc; sur les frontispices de St.-Ciriaque à Ancône, du Dôme à Spolète, de l’église de St. -Gravier, près d’Arles , de la cathédrale d’Angoulêrae , et même de la vieille église de Barpeston en Angleterre ; mais dans ce dernier édifice les figures sont tellement altérées qu'elles sont à peine reconnaissables.

Des événements et des personnages de l’Ancien et du Nouveau Testament, ou de la légende, paraissent encore à l’extérieur des églises. Tantôt, chaque image est renfermée à part dans une niche carrée ou plein cintre ; tantôt , plusieurs images sont réunies et disposées sur une ligne horizontale ou perpendiculaire ; quelquefois alors, il n'y a aucune division entre elles, quelquefois au contraire , elles sont séparées l’une de l’autre par des compartiments de même nature ; ces lignes ou bandes de figures coupent à diverse hauteur, comme autant de zones ou de frises, le portail d’un édifice, ou courent le long des jambages, ou bien encore circulent autour des fenêtres et des arcades du portique. On en voit ainsi dans les principales églises de Vérone (pl. 6); à St.-Michel de Pavie ; à St.- Ciriaque d’Ancône; dans une église de Brescia; à St.-Trophime d’Arles ; à Ste. -Croix de Bordeaux ; à St. -Pierre d’Angoulême; à Notre-Dame la Grande de Poitiers ; et dans une foule d’autres édifices.

Quelquefois même ces bas-reliefs présentent le

portrait et les hauts faits des laïques qui ont fondé l’église.

Au commencement du vie siècle , Vérone appartenait au royaume des Goths en Italie, et à la fin du vin', Charlemagne l’enleva aux rois lombards, avec le reste de leur empire. Or on voit sur le portail de la vieille église de St.-Zeno, un bas-relief qui représente, dit-on, le roi goth Théodoric à cheval et à la chasse; un autre bas-relief (pi. 27), sur le portail du Dôme , rappelle les fameux paladins de Charlemagne, Roland et Olivier son compagnon ; on les reconnaît au nom de l’épée du premier , la célèbre Uurandal , qui est écrit sur le fourreau. On voit , sur un troisième basrelief, des hommes combattant contre des griffons. A Pavie , ancienne capitale des rois de Lombardie, la vieille église de St. -Michel représente aussi des combats et des chasses ; on en trouve également dans d’autres églises lombardes.

A ces sujets tirés de l’Écriture et de l’histoire, on en ajouta d’autres purement moraux ou allégoriques. On voit à Toulouse, sur la porte latérale de St. -Saturnin, et à Bordeaux, sur la principale entrée de Ste.-Croix, les quatre Vertus cardinales et les Vices qui leur sont opposés. Une autre église représentait tout le voyage du roi Dagobert dans le purgatoire , jusqu’aux portes du paradis. Plus tard , ce fut encore autre chose. Un ordre monastique avait-il quelque défaut dominant ? les ordres rivaux le rappelaient fidèlement , non-seulement à l’extérieur des églises , mais dans les stalles mêmes du chœur et sur les murs du sanctuaire.

Dans les lieux qui devaient être mis particulièrement à l’abri de l’influence des esprits malins, à l’entrée des

églises, des sanctuaires et des cloîtres, autour du trône des évêques, de la chaire des prédicateurs, de la tombe des morts , on plaçait , comme sentinelles protectrices, des images effrayantes et monstrueuses, des lions , des sphinx, des griffons, des chimères, tous les êtres enfin que l’on supposait doués d’un pouvoir spécial pour éloigner les ennemis invisibles, ou pour paralyser leur mauvais vouloir; on les représentait souvent occupés à terrasser quelque autre animal , et l’on imaginait que les piliers élevés sur leur dos, avaient plus de force que s'ils eussent reposé sur les plus solides fondements.

A Rome , les portes des cloîtres de St.-Jean-de- Latran (pl. 25) sont gardées par des lions et des sphinx. Des sphinx sans ailes , comme ceux des Egyptiens , dominent le portique de St. -Antoine, et des sphinx ailés, comme ceux des Grecs, planent en cercle autour de l’ambon de St.-Césaire; des chimères supportent le trône de l’évêque de Ste. -Marie Transtévérine; des têtes et des griffes de lion, celui de Ste-Marie in Cosmedin. La cloison du chœur du Dôme de Modène est défendue par des lions ; celle de la cathédrale de Torcello présente un bas-relief où des lions sont groupés avec des paons. Dans le portique central du Dôme de Ferrare ( pl. 28) , les piliers sont supportés par des figures humaines qui ressemblent à celles du bas-relief de Persépolis ; ces figures sont accroupies sur des lions dévorant des agneaux ; d’autres lions et des griffons défendent les portes latérales. Dans le portail central du Dôme de Plaisance, au contraire (pl. 29), les colonnes s'appuient sur des lions seuls , et les portes latérales , sur des hommes

accroupis. Le portique d'une église de Pesaro présente de même le roi des animaux, monté par des cavaliers grotesques ; l’entrée de la cathédrale de San Quirico, petite ville de Toscane, entre Sienne et Radicofani, offre quatre colonnes entrelacées posant sur des lions, et la porte latérale est flanquée par un chevalier et un homme de loi debout sur des animaux de la même espèce. Dans le portique du dôme de Vérone (pl. 27), les griffons qui supportent les piliers jouent avec des boules ; à la porte méridionale de celui de Modène , ils dévorent des bœufs et dés moutons; dans le portique de St.-Ciriaque à Ancône , ils étouffent des serpents. Dans les cathédrales de Mantoue, de Parme (pl. 30), deSan Donino , et dans d’autres encore, les lions qui supportent les piliers n’ont, autant que je puis me le rappeler, ni cavaliers, ni victimes. Dans le portique de Ste. -Marie-Majeure de Bergame, les piliers s’appuient sur des lions environnés d’enfants et de petits lionceaux. Ce sont encore des lions qui soutiennent les dais à pilastres des tombeaux gothiques de St.-Eustorge à Milan, et d’un grand nombre d’autres églises. En Allemagne même, nous voyons le lion , mais plus petit, moins terrible et ne se détachant qu’à demi des piliers de St. -Pierre (pl. 31) à Gelnhausen et du Rheinhof à Cologne.

Dans la plupart des églises , les jambages et les archivoltes des portes, et souvent les encadrements des fenêtres, offrent une singulière profusion de sculptures. Les églises de St.-Ciriaque à Ancône, de St.-Michel à Pavie (pl. 32), de St.-Tropliime à Arles, de St. -Saturnin à Toulouse, de Ste. -Croix à Bordeaux, de St. -Pierre à Angoulème, et de Notre-Dame la Grande à Poitiers,

HISTOIRE DE I.'aRCHITECTURE . 12

présentent un nombre prodigieux de bas-reliefs circulant autour des portes; à Rome, l’entrée de l’église de Ste.-Pudentienne et une église de Brescia déploient des encadrements de même nature , qui ne le cèdent pas en élégance à ceux que je viens de citer et qui l’emportent sur eux en légèreté ■.

Les bases et les chapiteaux des colonnes , les architraves et les frises, les archivoltes et les corniches étaient souvent ornées de magnifiques sculptures. Des masques et des animaux étranges couraient le long des faces et des cordons , et même sous ces franges festonnées qui, dans les églises de style lombard, couronnent invariablement le faîte de chaque étage du bâtiment ; ils remplissaient les impostes, les arcs, les tympans. On en voit encore de cette espèce à Parme, dans le Dôme, et à Vérone, dans l’église de St.-Zeno.

Partout où il restait quelques fragments importants de l’ancienne sculpture romaine , et où l’on demandait des ouvrages dans lesquels ces modèles pussent être imités, les monuments lombards et carlovingiens , et même les édifices plus récents, présentent, dans les bases et les chapiteaux des colonnes, aussi bien que dans les archivoltes et les corniches , une imitation si exacte du style des derniers temps de l’antiquité, qu’il est difficile de distinguer ce qui est tout à fait moderne.

A Ravenne, dans la nef de Ste. -Apollinaire, lescha-

1 Toute» les fois que je cite des exemples de quelque particularité architectonique , il en existe, sans doute, beaucoup d'autres que je ne cite pas ; mais je ne décris que ce que j’ai observé ; et malheureusement, dans mes premiers voyages, je me suis attaché principalement aux productions de Part ancien ou moderne, que beaucoup d’autres avaient remarquées avant moi , et sur lesquelles tous les guides et tous les livres appelaient mon attention. J’aurais dû peut-être chercher plutôt ces monuments des âges intermédiaires que Pon n’a pas encore assez étudiés, et qui peuvent présenter un grand intérêt aux voyageurs, en Orient aussi bien qu'en Italie.

piteaux des colonnes ne sont qu'une grossière imitation de l'antique; mais à Vérone, le long des murs latéraux et de l’abside du Dôme (pl. 33), les chapiteaux des pilastres , leurs frises et leurs corniches rappellent si bien le corinthien et le composite , qu’on les prendrait pour un des plus élégants ouvrages de la renaissance ; et en France même , à Autun , dont les anciennes portes romaines présentent encore de riches spécimens du pilastre corinthien , la nef de la cathédrale , commencée en style lombard et terminée en style ogival, a des pilastres cannelés, appartenant complètement à l’ordre composite , quoiqu’ils portent des arcs ogives. A Avignon, la coupole lombarde de la vieille église du Don a l’air d’une construction romaine.

En général, cependant, les chapiteaux se composèrent de rinceaux de feuillages bien différents des dessins antiques et beaucoup moins hardis, ou de groupes d’animaux et de figures humaines, quelquefois imitées de la nature , mais plus souvent monstrueuses et grotesques.

On voit de singuliers exemples de ce grotesque dans le monastère de St. -Étienne à Bologne, autour du Dôme de Modène, dans la nef de St.-Zeno à Vérone, dans la cathédrale d’Arles, dans le cloître St. -Sauveur à Aix, dans celui de St.-Germain des Prés à Paris, dont les abbés Ingon et Morard dirigèrent les sculptures, au commencement du xi® siècle. On en trouve également à Gelnhausen en Allemagne, parmi les ruines du palais de Barberousse (pl. 34), et même en Angleterre, sinon dans la crypte ou église française, du moins dans les parties plus élevées et plus modernes de la cathédrale de Canterbury; quant à la

crypte elle-même, que l’on suppose bâtie au ix' siècle, les figures y ressemblent parfaitement à celles de la crypte de St.-Grymbaud à Oxford.

La sévérité de l’ancienne architecture exigeait que les deux parties latérales d’un édifice, situées à droite et à gauche du point central, se correspondissent nonseulement dans les proportions générales, mais dans tous les détails. Dans une colonnade, eût-elle été composée de mille colonnes, il fallait que tous les chapiteaux et toutes les bases fussent exactement semblables même dans les moindres ornements. Les architectes du moyen âge ne furent pas aussi sévères; les basreliefs placés dans les différentes parties d’un seul portail ne correspondent point dans leurs dimensions , et rarement dans le choix des sujets; si l’un renferme des figures, son pendant ne contiendra quelquefois que des feuillages. Les portails de St.-Zeno à Vérone, du Dôme à Modène et de St. -Michel à Pavie sont pleins de ces contrastes. Les jambages de la même porte sont souvent d’un dessin totalement différent ; et quant aux chapiteaux qui contiennent des figures ou qui sont soigneusement travaillés, il semble que c’eût été trahir une grande stérilité d’imagination que d’en faire deux parfaitement identiques.

Si les colonnes de porphyre du palais des Césars, portant les figures entrelacées d’Arcadius et d’IIonorius, en plein relief et taillées dans le même bloc, si les portes de bronze de St. -Paul à Home et de St.-Zeno à Vérone, exécutées par des artistes de Constantinople, sont si grossièrement travaillées qu’on les dirait l’ouvrage des sauvages de la mer du Sud, on peut bien s'attendre à une excessive médiocrité dans les sculp-

turcs plus récentes du moyen âge. En effet, l’impossibilité de vaincre, dans le raccourci des draperies, certaines difficultés pratiques qu’on ne peut surmonter sans la plus grande habileté, donne aux statues exécutées pendant la décadence , la ressemblance la plus frappante avec les productions de l’enfance de l’art. L’église de St.-Ciriaque à Ancône, celle de Torcello et celle de St. -Saturnin à Toulouse présentent des bas-reliefs qui pourraient passer pour des échantillons du style grec à sa naissance.

Dans les arabesques, les médaillons, les feuilles, toutes choses d’exécution moins difficile, on trouve plus d’élégance. A Rome, les cloîtres de St.-Paul et de St. -Jean présentent des frises qui n’ont pas la hardiesse de l’antique, mais qui ont autant de grâce ; la porte de Ste.-Pudentienne est d’un goût exquis dans la succession alternative de ses arabesques et de ses médaillons; il en est de même des dessins du portail de St.-Ciriaque à Ancône , de l’église de San Donino, et du baptistère de Parme, de ceux de la cloison qui entoure le chœur du Dôme de Torcello ; de ceux des murs latéraux et dufond de St.-Zeno et du Dôme, à Vérone; des fenêtres de St.-Abondio, près de Côme, et des niches de St.-Pierre à Angoulème ; on peut citer encore en Allemagne les travées de la cathédrale de Spire (pl. 35).

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